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 ♠ silent scream, ellie

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MessageSujet: ♠ silent scream, ellie   Sam 29 Sep - 18:13


SILENT SCREAM
clenched teeth, no words. all this distance taking its toll. speaking volumes, silence screaming over your words. i never did you right, i know that. too many sleepless nights, i own that. i said it time and time, i know that. i want to try again. (IMAGINE)

Il avait suffi de quelques mots pianotés sur un écran tactile. Il avait suffi qu'elle le repousse encore pour qu'il prenne le mors aux dents et la rage aux tripes. Perdu au milieu de la paperasse administrative, il avait longuement hésité. Réflexion banale parmis les plus pitoyables futilités, devait-il lui laissé de l'air ou au contraire, devenir son oxygène à défaut de l'être déjà. Il manquait de temps et d'inspiration et quand le tribunal autorisa sa sortie exceptionnelle du territoire, il était déjà trop tard. Avec son air nonchalant et ses lunettes sales, le type lui avait tendu les deux billets pour l'Australie. L'avion était presque complet et il devrait se priver de son parfum pour l'intégrité du trajet. Pas l'choix. Chacun entourés d'inconnus, ils ne se tiendraient pas compagnie pendant le voyage. Peut-être mieux comme ça. L'obligation des discussions de courtoisie était levée, les quelques heures pour réfléchir et l'altitude pour blinder sa poitrine, étouffer son coeur. Elle s'était présentée au rendez-vous avec l'élégance qu'on ne lui connaissait plus. Il en avait fait de même : il avait sorti la chemise cintrée pour l'occasion, tout comme le pantalon de costume qui cache le grossier bijou qu'il porte à la cheville. Les Shelby qui se saluent derrière les portes de l'aéroport, comme si le temps s'était arrêté. Les années n'avaient peut-être finalement, jamais défilées. Il ne se risque pas une main sur l'épaule mais l'accompagne jusqu'à son siège, met sa petite valise en hauteur et part s'échouer dans son siège un peu plus loin. De sa place tout au fond, il peut veiller sur sa lionne. Les heures sont longues et marcher sur cette frontière de la solitude le pèse.

Le soleil tape fort sur le sol de Darwin. L'air est lourd et poussiéreux. Le juif attend patiemment au pied de l'avion et lorsque la brune pose le pied à terre, il avale la distance et s'empare de sa valise. Bien passé ? Elle avant tout le reste. Ils marchent ensemble, lui dans son sillage. Deux ans qu'ils n'avaient pas fait le voyage, la lionne ne voit que très peu ceux qui ont mis au monde son étranger de mari. Une famille juive dans ce qu'il y a de plus traditionnel, ils ont accueillis Ellie comme celle qui a sauvé leur fils, comme celle qui l'a ramené dans le droit chemin. Ils l'aiment comme leur propre fille et elle le leur rend bien. Pourtant louve vivement protectrice, la mère Shelby avait versé des larmes pour leur union et le père, lui, les avait retenues. La soixantaine largement passée et la santé toujours de fer, ils avaient pris l'habitude d'attendre des nouvelles de leur fils, inlassablement muet, et finir par en avoir par Ellie, bien plus assidue dans ses devoirs familiaux. C'est dans un bourg tranquille, dans la campagne de Darwin, que le taxi dépose le couple. Une maison hors du temps, celui qui s'est arrêté au cours du siècle dernier. Des gens qui vivent simplement. Gardant toujours jalousement les valises près de lui, Shelby laisse sa femme passer en première le portail du jardin productif et parfaitement entretenu. De sa main délicate, elle frappe à la porte mais l'impatient lui emboîte le pas pour ouvrir la porte sans attendre de réponse. Ces lieux n'ont jamais eut de secrets pour lui. Il y est né. Il y a grandit. Il entre donc sans invitation. Ils parcourent le couloir et dans le salon, la mère s'était déjà levée. Vêtue d'une longue robe noire, elle leur offre son plus grand sourire avant de venir trouver les bras de son unique enfant. Elle embrasse sa joue et le juif vient poser une main pudique dans le dos de sa mère tandis qu'il écourte l'étreinte. Ana ne se formalise plus de ce manque de tendresse. Elle se tourne vers la brune, laisse une larme s'échapper sur sa joue et s'approche. Je suis tellement heureuse Ellie, les lippes tirées de joie, elle avale le dernier pas avant de prendre sa belle-fille dans ses bras, à son tour. Le grand châle doré qui lui couvrait les épaules tombe sur le sol, elle ne s'en aperçoit pas. Shelby se penche et le ramasse, épargne le vieux dos usé de sa mère. De la porte de la cuisine, la silhouette masculine du père apparaît. Il sourit, lui aussi. On était pressés de vous voir arriver mes enfants. Les mains jointes sur sa poitrine, Calev traverse la pièce. Petit homme généreux et réservé, il s'approche à pas de loup, comme si le moindre mouvement brusque pouvait faire disparaître les deux -les trois- prunelles de ses yeux. Les lunettes rondes au bout du nez, la kippa fièrement sur le haut du crâne, il porte encore l'étoile de David sur sa chemise blanche impeccablement repassée. Sur le chemin, ses doigts effleurent l'imposant buffet sur lequel il s'empare d'un tissu blanc qu'il présente à son fils, tu l'avais oubliée la dernière fois. Isaac inspire profondément, laissa la main de son père en suspens. J'en veux pas Aba, l'attitude butée du fils contraste avec l'expression bienveillante du père qui se tourne alors vers Ellie, plus réceptive. J'espère que tu vas bien, que le voyage s'est bien passé, il s'inquiète pour sa seule fille, celle qu'il considère comme telle. A chaque rencontre, il essayait tant bien que mal de faire accepter à son fils de reprendre avec lui sa kippa. Famille pratiquante et traditionnelle, Isaac avait fuit les conventions depuis bien longtemps et son père, lui, croyait à un lien avec la descente aux enfers de son fils. Alors avec espoir, Calev tient encore dans ses mains l'objet superstitieux qu'il veut rendre à son fils, les épaules droites et le sourire indélébile.            

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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Sam 29 Sep - 22:30



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isaac & ellie

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Le regard fixé devant le miroir de sa chambre d'adolescente, elle contemplait son reflet. Les cheveux détachés et légèrement ondulés, le visage maquillé avec soin mais pas trop, juste assez pour cacher les quelques cernes qui tirent ses traits. Les lèvres rougies par le rouge Chanel qu'elle porte toujours. Une robe bleue nuit qui ne dissimule plus les rondeurs de son corps de femme enceinte. Ellie respirait la fraicheur du matin et la douceur. Un sourire béa lui collait aux lèvres. Sourire qui était devenu pratiquement inexistant depuis des semaines mais qui faisait de nouveau son apparition. De bonne humeur, elle l'était. C'était stupide. Dans le fond, elle se sentait stupide. Comme une ado qui se prépare pour son premier rancard. Voilà la mine qu'elle affichait. Excitée comme jamais à l'idée de le revoir, de le retrouver, pour quelques jours, quelques secondes même. Le trajet vers l'aéroport fut court et rapide, elle n'avait pas vu le temps passé dans ce taxi, bercé par des mélodies et le soleil du printemps qui lui chatouillait le nez. Gênée tout d'abord, Ellie n'avait pas su comment se comporter lorsque son regard avait croisé celui d'Isaac, valise à la main, dans le grand hall de l'aéroport. Sans doute qu'elle s'était faite trop d'idées sur le moment. Sans doute qu'il se servait encore d'elle pour obtenir la paix de ses parents. Sans doute que toute cette histoire n'était qu'une immense blague et qu'il ne lui offrait pas là, un moment juste tous les deux, dans l'espoir de se retrouver plus sereinement. Peut être qu'il ne voulait plus d'elle. Peut être qu'il ne voulait pas l'attendre. Il avait pourtant, l'allure élégante. Celle des grands jours. Celle qu'elle aimait tant. Il n'était plus caché derrière sa capuche et cette casquette. Ellie osa même un sourire et son coeur avait battu la chamade jusqu'à ce qu'elle atteigne son siège, bien loin du sien. Déçue, sur le moment, la jeune femme avait affiché une moue déconfite mais n'avait rien dit, prenant place pour ce long vol vers les terres australiennes. Loin d'Island Bay. Loin de leur enfer respectifs.

Heureusement que la belle avait opté pour une robe, l'air était étouffant et le vol trop long. Quand ses talons touchèrent le macadam brûlant de l'aéroport, ses yeux cherchèrent immédiatement Isaac. Elle avait l'impression de revenir des années en arrière. Bien loin de tous les tracas que vivait actuellement son mariage, ou du moins, ce qu'il en restait. Elle n'eut même pas le temps de s'encombrer de ses bagages qu'il les prit dans ces mains. Un peu long mais oui. Sourire qui étira ses lèvres, tandis qu'une main habile caressait son ventre. Epuisée, elle l'était. La grossesse n'était pas de tout repos, alors avec dix heures de vol dans le nez, ça n'aidait pas. Et toi ? Elle osa poser la question, se voulant plus détendu tandis qu'ils empruntaient ensemble leur sortie. Direction la maison familiale des Shelby. Le trajet en taxi fut court et silencieux, Ellie s'était endormi sur son siège, la tête reposée sur la fenêtre. Et c'est lorsque le véhicule emprunta le chemin menant à la maison qu'elle ouvrit enfin les yeux, contemplant avec sérénité la campagne fleurie de Darwin. Le soleil commençait à se coucher et l'air était beaucoup plus respirable. Ils ne mirent pas longtemps à quitter le véhicule, rejoignant la porte d'entrée. Ellie tapa d'abord, avant de se faire dépasser par un Isaac plus pressé, qui ouvrit directement la porte. Son pas emboita le sien, entrant dans cette maison à l'allure réconfortante. Son coeur se réchauffa aussitôt. Elle en avait presque oublié qu'ils n'étaient plus ensemble. Elle avait tout oublié, sur quelques secondes à peine. Le visage d'Ana fut le premier à faire son apparition dans la pièce et elle vint directement embrasser son fils. Ce qu'il pouvait paraitre petit à côté de ses parents. Touchée par cette scène, Ellie ne put s'empêcher de pencher la tête sur le côté, souriant pudiquement. Rapidement, les bras de sa belle mère entourèrent son corps à elle et elle cru presque apercevoir une larme coulée le long de sa joue. La jeune femme posa une main réconfortante dans son dos. Moi aussi. Peut être que c'était la dernière fois qu'elle les verrait. Ana était comme une mère pour Ellie, alors qu'elle avait perdu la sienne tôt. Inspirant profondément, Shelby laissa son parfum envahir ses narines, fermant doucement les yeux et se laissant aller à cette étreinte maternelle. Etreinte qui dura quelques secondes à peine mais qui lui fit un bien fou. La voix de Calev se fit entendre, chaleureuse. Un doux écho dans les oreilles d'Ellie qui avait laissé ses bras retombés le long de son corps. La kippa. Le sujet houleux des moments de retrouvailles. Ellie ne s'en était jamais mêlé, c'était une affaire d'hommes et surtout, celle d'Isaac et son père. Très bien. Je suis épuisée mais c'est toujours un plaisir de venir vous rendre visite. La pure vérité et ce sourire béa qui ne décollait pas de sa bouche. Ses yeux vagabondèrent sur cette maison qui n'avait pas changé d'un pouce au fil des années et plus loin, sur une étagère, elle se mit à contempler une photo. Celle de leur mariage. Ils avaient fiers allure dessus et respirés le bonheur à plein nez. La mélancolie des souvenirs traversait son échine avec force, si bien qu'elle en frissonnait presque. Son regard se détourna par la suite du cadre photo pour se fixait sur sa main. Main bien vide, trop vide. Son alliance. Elle ne l'avait plus. Bêtement, Ellie mit ses deux mains dans son dos, espérant que cet oublie ne soit remarquer de personne. Elle tourna alors la tête vers Isaac, se pinçant la lèvre supérieure. Est-ce qu'il avait comprit la subtilité de son message silencieux ? Pas vraiment, elle ne savait pas en fait. Mais la belle n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps que les mains de sa belle mère se posèrent sur son ventre arrondi. J'ai presque cru que ce jour n'arriverait jamais. Ellie osa un riren léger et amusé. Oui, c'est clair. Elle non plus d'ailleurs. Ana semblait ébahit devant elle, comme si elle touchait la dernière merveille de ce monde. Il fallait avouer que la grossesse rendait les gens heureux. On a prit notre temps. qu'elle répondit. Après tout, durant de longues années, Ellie n'en avait pas voulu. Elle n'avait songé à l'idée qu'elle serait un jour maman. Vous connaissez le sexe du bébé ? Ana leva direction les yeux vers Isaac, comme si la réponse devait sortir de sa bouche à lui.
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Dim 30 Sep - 1:46


SILENT SCREAM
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Bien aussi, le juif ne s’épanche pas sur son propre voyage. Être humain en pleine force de l’âge, le vol ne pouvait être qu’une futilité. Ce qui l’intéresse, ce sont les sentiments de la brune près de lui, qui fait claquer ses talons contre le bitume en essayant de suivre ses grandes enjambées. Elle se dépêche, se hâte, et quelques années plus tôt, elle se serait agrippée fermement au bras de son mari pour suivre la cadence. Il l’aurait portée, si les conventions ne l’en avait pas empêché. Le taxi attend de l’autre côté du bâtiment. Et il attendra le temps qu’il faudra pour qu’Ellie et sa passagère clandestine avalent la distance. Elle est souriante. Elle est resplendissante. Malgré le temps qui défile et l’air qui étouffe, elle semble avoir mis de côté ses démons. Heureuse comme au premier jour, elle s’adresse à Isaac avec l’aisance d’une reine. Il vacille, ne sait plus sur quel pied danser. Alors entre le soulagement et l’incompréhension, il fait bonne figure.

La porte de la maison se ferme derrière eux. L’étreinte aimante de la mère, la douce réprimande du père. Rien n’avait changé entre ces quatre murs. Rien depuis des années, des décennies. Il y avait toujours ces mêmes photos sur le buffet, cette même tapisserie sortie d’une autre époque, ce même tourne disque qui prend la poussière près du canapé. Et dans vingt ans, cette baraque aura toujours cette même allure dépassée, mais chaleureuse. J’insiste, fils, prends la, une dernière tentative souriante, une dernière main tendue vers la progéniture qui lève sa paume, fou moi la paix avec ça. Le père qui baisse les yeux sur ses deux mains, la mine déconfite, avant de laisser s’échouer le bout de tissu sur le meuble le plus proche. La religion ne sauvera plus son fils, Calev le sait. Alors il priera pour lui, une fois de plus. Son éternel sourire refait surface lorqu’Ellie s’adresse à lui, les paroles réconfortantes. Oh, vous allez manger rapidement, on vous a préparé quelques petites choses à manger, puis vous irez vous reposer tous les deux. Dans la plus grande des discrétions, Shelby écarquille les yeux. La nuit, il n’y avait pas pensé. Le canapé sera sans aucun doute son réconfort nocturne tandis que sa chère et tendre occupera le lit. La galanterie, quoi de plus normal pour un macho. Sorti de ses songes par le regard insistant d’Ellie, il arque un sourcil. Elle se pince la lèvre, tortille ses doigts dans son dos et semble soudainement prise d’une envie pressante. Le message avait du mal à passer. Interrogateur, il ne quitte pas ses prunelles qui insistent, encore et encore, et lorsqu’il tourne enfin le regard vers cet annulaire nu, la lumière arrive au dernier étage. La mère a posée ses mains sur le ventre d’Ellie, bienveillante. Un rire cristallin s’échappe des lippes de la brune, salvateur pour les tympans de son époux. Isaac enfouit ses mains au fond de ses poches avec un naturel relatif. Et moi j’espérais qu’il n’arriverait jamais. Un trait d’humour, il ose, avant que sa bouche se déforme en un pudique sourire. L’enfant reçoit une tape sur l’épaule de la part de sa mère, joueuse, ne dis pas n’importe quoi. Le rire est unanime. Isaac tient entre ses doigts l’alliance de sa femme, celle qui ne l’a jamais quitté depuis ces longues semaines. Il avait espéré pouvoir la rendre à l’intéressée, mais pas dans ce genre de situation. Ana se tourne vers son fils, la bouche interrogatrice. Shelby sort sa main de sa poche et vient la poser sur les reins de sa femme. Derrière cet élan affectif, ses doigts viennent se mêler à ceux d’Ellie pour lui rendre ce qui lui appartient. C’est une fille d’après l’médecin, il s’approche de son épouse, la main toujours dans son dos malgré l’anneau qui a déjà été rendu. Un baiser déposé sur sa tempe, il s’éloigne ensuite. Il avait fermé les yeux, un instant, quelques secondes, juste pour profiter du contact de sa peau, du parfum qui l’enivre. J’espère qu’elle tiendra de sa mère, lance Ana en tournant les talons, jettent un regard amusé au couple par dessus son épaule. Une grande femme à l’autorité respectée et à l’humour fin, madame Shelby avait toujours su remettre son fils à sa place, aussi insolent soit-il.

Accompagnés jusqu’à la table impeccablement mise, les Shelby prennent place. Un repas simple, beaucoup de petites bouchées pour ne pas alourdir les corps et les esprits. Une viande casher, évidemment. Une prière avant le repas, assurément. Ellie avait vite pris l’habitude, s’était pliée au traditionalisme de ses beaux-parents jusqu’à être plus assidue que son juif de mari. Je suis désolé de ne vous parlez que de ça mais, vous lui avez choisi un prénom ? Les banalités lancées, Calev fait revenir la conversation sur la vie qui prend racine dans les entrailles de la brune. Gêné d’importuner Ellie, il pose maladroitement ses mains sur la table, fait tomber un couvert qu’il s’empresse de ramasser. Ana rit, pose ses coudes sur la table et s’adresse à sa belle-fille, assise en face d’elle. Ellie mon enfant, excuse ton beau-père. Il est euphorique depuis qu’il a appris la nouvelle. C’est qu’elle va nous faire grands-parents pour la première fois. Elle a le sourire aux lèvres et porte les rides avec élégance. Avec un calme olympien, elle reprend son repas tandis que son vieil époux essuie la tâche qui orne la nappe blanche, attendant plus ou moins secrètement une réponse de la part d’Ellie.           

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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Dim 30 Sep - 12:56



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Revoir ses beaux parents lui faisaient chaud au coeur et Ellie se rendit compte qu'ils n'avaient pas prit le temps de leur rendre visite assez tôt. Trop occupés par leur vie, trop occupés par leurs soucies. Et pourtant, le temps file et les parents d'Isaac n'étaient plus tous jeunes. Il fallait en profiter un maximum avant de se rendre compte qu'ils ne s'en aillent. Ana était chaleureuse et aimante. Ellie en avait besoin, de ce contact maternelle qui changeait. A Island Bay, c'était elle la maman de ses proches, c'était elle qui rassurait. Hors, ici, elle retrouvait le besoin et l'affection d'une mère. La bienveillance d'un père même si son propre géniteur à elle n'échappait pas à cette coutume. Son alliance ne marquait plus son doigt depuis de nombreuses semaines déjà. Mais il restait toujours cette marque blanche et ce manque cruel lorsqu'elle le tortillait du bout de ses doigts. Vingt ans qu'elle affichait fièrement son appartenance, maintenant, Ellie était toute seule. Une perte d'identité et elle s'était encore plus rendue compte de ce manque ici, auprès de sa belle famille. Ses yeux ronds donnaient des signes silencieux à son époux, les mains dans le dos mais l'allure toujours aussi sûre d'elle. Calev fit une allusion à la fatigue et ... à la chambre. Ellie en avait presque oublié ce détail, futile soit il sur le moment, mais qui avait toute son importance maintenant. Il osa un trait d'humour et Ellie afficha les yeux ronds, tournant son regard vers celui-ci, tandis qu'un rire sortait de sa bouche. Amusée, il avait l'humour noir mais l'humour quand même. Sa mère ne manqua pas l'occasion de le réprimander. Il était impossible et c'est dans un mouvement de tête de gauche à droite qu'Ellie lui fit comprendre. Les doigts d'Isaac se mêlèrent au sien, lui rendant son due et son trône. La bague fila entre son doigt, retrouvant sa place comme si elle avait toujours été sienne. Son coeur se souleva une nouvelle fois alors que la belle garda un instant la main de son mari entre la sienne, caressant du bout des doigts sa peau. Contact apaisant et doux, sourire aux lèvres devant les yeux attendris d'Ana. Il posa ces lèvres sur sa tempe, son palpitant rata un battement. Quelques secondes à peine qu'elle ne l'avait presque pas senti. J'étais pas la plus docile des ados, j'espère qu'elle ne tiendra pas de nos caractères à tous les deux. finit-elle par sortir. Si la petite tenait d'Isaac, Ellie n'avait pas fini de s'en inquiéter et l'inverse était pareil. Autant dire qu'elle promettait une tonne de soucis à elle toute seule. L'ambiance était apaisante, les sourires et les regards amusés et tendres rendaient les soucis externes presque inexistants.

Elle mâchouillait, elle avalait comme si elle ne s'était pas nourrie depuis des jours. Ellie avait le ventre qui criait famine. Enfin, c'était surtout bébé qui semblait avoir faim. Il lui pompait toute son énergie et la jeune femme se mettait à s'inquiéter des mois qui allaient arriver. Le moment où elle ne pourrait même plus voir ses orteils. La grossesse avait des avantages, mais au final, beaucoup d'inconvénients aussi. Elle finirait par ressembler à Mobidique plus vite qu'elle ne le pensait. La prière avant le repas bien mérité. Elle s'était pliée à toutes les conventions de sa belle famille, sans rechigner. Elle respectait leur religion au point même qu'elle avait presque pensé à se convertir, mais avait vite oublié l'idée. A la maison, ce n'était pas pareil. Le sujet du prénom du polichinelle qu'elle gardait précieusement, arriva rapidement sur la table et Ellie avala sa dernière bouchée rapidement. Ils pensaient l'importuner mais il n'en était rien. Elle n'était pas le genre de femme à garder tout ceci secret. Ces parents qui décident de ne pas divulguer le prénom de leur futur enfant, la belle ne comprenait pas. Il n'y avait pas de honte à dire à haute voix le doux nom choisi. Comme si les jugements pouvaient la faire changer d'avis. Aucunement. J'vous en prie. Il n'y a rien de secret sur le sujet. Dans un geste qu'elle n'avait pas vu venir, ni pu contrôler, la belle posa sa main sur celle d'Isaac près d'elle, caressant encore du bout des doigts sa peau qui lui manquait temps. Un geste mécanique mais tellement réel. On a décidé de l'appeler Sara. Enfin, Ellie avait décidé et Isaac n'avait rien dit. Un sourire aux lèvres, elle savait déjà quel plaisir elle venait de faire à ses beaux parents.

Le ventre plein et la fatigue dans les pieds, Shelby s'était laissée trainer jusque dans la chambre comme la loque qu'elle était. Un repas bien complet, une tasse d'infusion et des conversations entamées, cette soirée était passée plus vite qu'elle ne le pensait. Il se faisait déjà tard lorsqu'ils entrèrent tous les deux dans la chambre d'Isaac. Elle n'avait pas bougé d'un pouce. Tout était exactement au même endroit. Elle se sentait comme chez elle et ne loupa pas la case où ses talons finirent jeter sur le sol avec une arrogance certaine. J'suis morte. qu'elle balança tout en se penchant pour attraper ses talons et les ranger. Mais au moment même où sa femme toucha la moquette, la jeune femme entendit un craquement de tissu au niveau de ses hanches. Ou plutôt de ses fesses. Yeux arrondis et bouche entrouverte, elle posa ses mains maladroites sur le tissu déchiré. Oh non. Et merde. Isaac n'était pas bien loin d'elle et elle pouvait sentir son regard amusé et ses gloussements. Relevant le corps et gardant ses mains dans son dos, Ellie tourna les yeux vers son époux. Elle attrapa un des coussins qui trainaient sur le lit et le lui balança dans la tronche. Rigole pas ! Son ton se voulait sévère mais il était plus amusé qu'autre chose, n'arrivant pas à garder secret son rire qui s'y mêlait. Sa robe préférée, elle était fichue. Ellie avait retardé le moment où elle devrait acheter des vêtements de grossesse le plus possible, mais il fallait qu'elle se rende à l'évidence que les siens, elle n'y rentrait plus. Tournant ensuite le dos à son époux, elle désigna du bout des doigts la fermeture éclaire de robe, ramenant ses cheveux sur le côté. Tu veux bien m'aider ? Elle en avait oublié qu'ils n'étaient plus ensemble, que ce n'était plus à lui de lui enlever les vêtements difficile qu'elle portait. Ellie allait devoir apprendre à se débrouiller toute seule.
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Dim 30 Sep - 20:35


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Un raclement de gorge, un regard qui s’enfonce dans le plat de son assiette. Shelby avait bien faillit s’étouffer lorsque sa mère exprima sa joie d’être grand-mère. Pour la première fois. Un coude sur la table, il passe ses doigts devant sa bouche, fuit le regard maternel. Deux frappes du poing sur la poitrine, un grognement guttural, et il retrouve ses capacités respiratoires. Son père s’interroge silencieusement, inquiet pour son fils. Il ne leur en avait jamais parlé, de Bailey. Lui même n’a eut vent de sa paternité que quelques semaines auparavant, par les mots de ce fantôme du passé au visage de sorcière. Une relation qui avait mal commencé. Puis Ellie. Sa grossesse. La taule. La caution. Et enfin Monroe. Trop d’événements qui se sont bousculés. Trop de conneries qui ont fait s’effondrer les solides murs de sa vie tranquille. Il se confond dans l’éternelle excuse : j’ai pas eu l’temps. Un gamin qui se balade dans la nature depuis plus de vingt ans. Les grands-parents, derniers au courant. Ils être déçus, assurément. De manque de responsabilités de leur fils et surtout, d’être passés à côté de l’enfance de ce petit garçon qui aurait dû être le leur. Le juif laisse la conversation s’essouffler, se conforte dans ce plat qu’il avale sans retenue. Demain, il aura une discussion avec sa mère. Demain, il lui avouera tout. Ses parents approuvent le prénom. L’ambiance est légère, comme si rien n’avait jamais changé. Ça f’sait longtemps.

Il regarde sa femme déposer la tasse sur la soucoupe dans un claquement fin de porcelaine. Il n’a pas dit grand chose de la soirée, perdu dans la contemplation de la brune, plus belle que jamais. Ellie se lève et prend congés, fatiguée et le dos douloureux. Calev est déjà dans la cuisine. Ana les embrasse avant de les libérer. Le juif reste dans le sillage de son épouse, aussi fidèle que son ombre. Elle est essoufflée lorsqu’elle arrive à l’étage, usée par la vie qui se crée. La vieille porte en bois grince à leur passage et se referme aussi vite. Ellie soupire profondément en envoyant valser sa paire de talons dont le brut s’étouffe dans la moquette. Une main portée à son cou, Isaac défait les deux premiers boutons de sa chemise. Il avait toujours fait bon dans cette chambre dénuée de toute personnalité. Aucune photo, le strict minimum : même gamin, le juif n’avait jamais été friand de futilités. Il est en train de déboutonner ses manches lorsque la brune se baisse dans un craquement de tissu familier. Il lève les yeux sur cette paire de fesses rapidement mise à nue. Merde. Il contient un rire, ne sait s’il y est autorisé. Ses lèvres se pincent et Ellie se redresse doucement, ses fines mains essayant de rattraper la bourde, en vain. Le sourire elle aussi à demi dissimulé, elle s’approche du lit, se saisit de la première arme à sa portée et n’hésite pas à s’en servir. Dans un réflexe inespéré, Shelby intercepte le coussin et désobéit à l’ordre de sa femme. Un rire franc et libérateur secoue ses épaules qui fait écho à celui de la jeune femme en détresse.

Les rires qui s’estompent, laissant des rictus aux coins des lèvres. Ellie tourne le dos et demande un peu d’aide. Sans hésitation aucune, le juif s’approche et la libère de la fermeture qui la retient prisonnière de cette robe devenue à l’évidence, trop petite. Va falloir que tu songes à mettre des fringues moins près du corps, tu dois t’sentir à l’étroit là ´dans. D’une main, il couvre l’épaule nue de sa femme. La peau toujours aussi douce. Les courbes toujours aussi attirantes. Avec un naturel d’autant, Isaac approche son visage et dépose ses lèvres dans le cou de la brune. Ce parfum. Il y reste quelques secondes, s’enivre de l’unique drogue dont il ne se passera jamais. Ses yeux se ferment. Il savoure cet instant pendant lequel elle ne le repousse pas. Les heures pourraient s’emballer, le monde pourrait s’effondrer, qu’il ne s’en apercevrait pas. Son cœur bat pour elle, indéniablement. Sa vie est rythmée par les colères de son âme sœur, par ses joies, par ses peines. Il surprend des remords au fond de son âme. Elle était tout ce qu’il avait de palpable, de réel. On ne fait pas l’amour à une liasse de billets verts. Finalement, il étouffe les cris du cœur et rend sa liberté à Ellie. Ça t’va bien, la grossesse. Pudique compliment, sincère aveux. Sa robe pendait nonchalamment de ses épaules, elle la retenait sur ses bras. Elle s’était retournée vers son mari et lui, il était pendu à ses yeux, incapable de s’en défaire. Elle avait le charisme d’une reine et lui, n’était plus l’ombre d’un roi. Il s’éloigne de quelques pas, empoigne sa valise et pose sa main sur la poignée de la porte. Si t’as besoin de quoi qu’ce soit, j’suis dans la chambre d’à côté. Même si c’est pour te tenir les ch’veux pendant que tu vomis tes tripes, j’assum’rai mon rôle. Il lui offre un sourire triste, celui d’un père démuni, d’un époux qui se noie. L’humour hésitant, il voudrait rester là, veiller à son sommeil chaque minute, chaque seconde de la nuit. Mais il lui a menti et elle, elle l’a quitté.

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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Dim 30 Sep - 21:25



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L'épuisement guidait ses pas. Elle avait peiné à rejoindre la chambre se situant à l'étage, mais l'effort fut salvateur. Ses pieds sur la moquette chaude lui fit un bien fou. Elle se sentait comme chez elle, malgré le peu de décoration qui ornait la pièce. Elle ressemblait à Isaac et dans le fond, c'était pour ça qu'elle aimait tant cette pièce. Ellie faisait un bon de plusieurs années en arrière, se laissant aller aux pensées les plus joyeuses. Il lui manquait. C'était indéniable. Sa vie lui manquait. Son mari lui manquait. Ellie s'était façonnée, avec le temps, le même moule que lui. Elle faisait les mêmes gestes, finissait ses phrases et inversement. Elle savait quand il fallait crier et quand il fallait l'aimer. Elle le connaissait sur le bout des doigts et pour lui, c'était pareil. Ellie et Isaac, deux âmes soeurs, brisées. Parce que même aujourd'hui, la jeune femme savait que jamais elle ne connaitrait pareil amour avec une autre personne. On ne rencontre son âme soeur qu'une seule fois. Il n'y en a qu'une sur Terre qui nous fait vibrer si intensément. Le craquement du tissu de sa robe la rappela à l'ordre et elle se sortit de ses pensées lointaines. La poisse la suivait partout, jusqu'à ses fringues. Heureusement que ça n'était pas arrivé quelques minutes plus tôt, en bas, dans le salon. Elle en aurait rougis de honte de montrer ainsi ses fesses. Maladroite dans l'âme, elle devait pourtant se douter qu'en omettant de porter des vêtements à sa taille, ce genre de chose aillait lui arriver. Ellie ou la reine incontestée des gamelles en tout genre dans les escaliers, sur le carrelage mouillé et même parfois, sur le dos des chiens couchés sur le sol, qu'elle n'avait pas vu. Isaac en avait rit plus d'une fois, juste après avoir ramasser sa femme sur sol. Il n'était pas étonné, jamais. L'habitude, la routine. Même ce genre de situations. Il échappa un mot, avant de recevoir en pleine figure l'oreiller lancé par sa belle. Et leurs rires finirent par scintiller à l'unisson, comme deux instruments parfaitement coordonnés.

Le tournant finalement le dos, elle lui réclama de l'aide pour retirer ce bout de tissu de ses épaules. Fermeture dans le dos, il lui était impossible de l'attraper. Une des choses du quotidien qui lui manquait cruellement. Isaac accepta, silencieux, libérant ainsi ses courbes. Une grande inspiration et Ellie ferma les yeux, libérée. Les vêtements de grossesse sont immondes. qu'elle répondit, attrapant le tissu qui descendait de ses épaules et le retint au niveau de sa poitrine. La main de son époux venait juste de se poser sur son épaule dénudée et ce contact lui donna des frissons. Les yeux toujours fermés, elle ne lui mit pas de frein, se laissant aller à cette attention certaine et douce. Le manque cruel de le sentir près d'elle. Le souvenir, cette chambre. Tout se mêlait dans son esprit. Son palpitant rata un battement de plus lorsqu'elle senti ces lèvres se posaient sur sa peau blanche. Le sang frappait violemment dans ses tempes et elle en perdait presque pied. Une éternité qu'elle n'avait pas ressenti l'effet que lui faisait son mari. Un contact qui dura à peine quelques secondes, avant que la distance ne se mêle à leurs corps. La brune rouvrit les yeux, retrouvant la réalité de la situation, tandis qu'il osait un compliment pudique. Réconfortant. Elle se pensait énorme, et lui, lui disait le contraire. Merci. Se tournant vers lui avec douceur, elle lui offrit un sourire sincère. Il semblait bien trop loin d'elle à présent, près à quitter cette chambre qui était devenue la leur au fil des années. Ellie hésita, se mit même à rire doucement lorsqu'il parla des nausées. Elle vacillait, entre ce qu'elle voulait et ce qu'il fallait. Toujours. Et pourtant, ce n'était pas dans sa nature profonde d'hésiter entre deux choix. Elle, elle tranchait toujours dans le vif et détestait l'indécision. Il avait la main posé sur la poignet lorsqu'Ellie fit un pas vers lui, puis deux, jusqu'à rejoindre ses doigts. Elle le coupa dans son élan, l'empêchant d'ouvrir un peu plus cette vieille porte en bois. Ses prunelles brunes le fixèrent un moment, mais les mots ne sortaient pas. Une éternité à le fixer de la sorte, comme si les réponses qu'elle cherchait se trouver dans la prunelle de ces yeux bleus. Reste. Un murmure, un songe. Un mot dit à voix basse. J'ai aucune envie de dormir toute seule. La vérité comme écho et la brune finit par retirer sa main de celle d'Isaac, rejoignant avec douceur le pied du lit. Elle attrapa un tee-shirt et tourna le dos à Isaac quelques secondes. Le temps de retirer cette robe maintenant foutue et d'enfiler ce nouvel habit, bien plus confortable. Dans la même foulée, la belle prit le temps d'attacher ses cheveux en un chignon plus que douteux sur le sommet de son crâne et se retourna enfin pour prendre place sur le lit. Assise, les jambes croisées l'une sur l'autre, elle finit par lâcher. Et tu sais, les nausées c'est fini depuis plusieurs semaines déjà. Mais j'suis contente de savoir que j'peux te vomir dessus sans que ça ne te pose de soucis. Elle se voulait plus légère, n'hésitant pas à le taquiner pour détendre l'atmosphère pesante qui s'était introduite dans la pièce.
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Lun 1 Oct - 15:26


SILENT SCREAM
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Les mains de Shelby glissent dans le dos de la brune. Il redécouvre un corps dont il avait été privé depuis trop longtemps. Pas de pulsion de luxure, pas ce soir. Il avait simplement envie de l’enfermer contre son torse, de la serrer si fort dans ses bras qu’elle en perdrait son souffle. De voler cette femme au reste du monde, pour la garder jalousement dans le creux de ses mains. Elle s’insurge des vêtements qui lui iraient le mieux en ces temps ingrats. Il hausse les épaules, ne sachant que répondre. Le vestimentaire n’avait jamais réellement attisé sa curiosité. D’autant plus lorsqu’il s’agit de vêtements de grossesse. Il y a peu de temps encore, il pensait ne jamais devoir s’inquiéter de poitrine qui enfle, de nausées et de contractions. Peut-être qu’elle avait raison. Il n’en savait rien à vrai dire. Il ne savait rien à part qu’il l’a trouvait belle et que ce ne sont pas quelques kilos de plus qui allaient lui brouiller la vue.

Les doigts qui serrent la poignée de la porte, il lui offre un dernier regard, un dernier sourire, presque suppliant. Il fut long, très long, le silence de l’hésitation. La robe nonchalamment retenue sur ses épaules, il voit les mains de sa femme qui s’emmêlent dans le tissu. Elle se bat contre elle même. Dans ses yeux se lit cette guerre sans fin, et sans vainqueur. Sa bouche entrouverte, elle ne le quitte pas des yeux, perdue par ce choix qui s’impose à elle. Et lui, il reste planté là, une main sur la poignée et l’autre soutenant la valise. Il est paralysé, pendu aux lèvres de sa femme, dans l’attente qu’elle le retienne. Ou qu’elle ne le retienne pas. La porte s’entrouvre dans un grincement sourd et la brune réagit enfin. Elle s’avance prudemment, pose sa main sur celle de Shelby qui la suit de ses yeux bleus. L’échine qui se tend, l’espoir qui bat dans ses tempes. Toujours le silence. Et finalement la réponse qu’il attendait. D’accord, je reste. Les mots sortent machinalement, avec la monotonie d’un métronome. Il inspire profondément, et expire ensuite son soulagement. Ellie se détache de lui. Il referme la porte et dépose la valise au sol. Ses désirs sont des ordres. Il s’avance à son tour tandis qu’elle s’attache les cheveux et attrape un t-shirt beaucoup trop grand pour elle. Il sourit. Ce s’rait pas à moi ça ? Il pointe un index accusateur sur le vêtement qu’elle enfile rapidement. Elle se retourne et va prendre place sur le lit, en tailleur. T-shirt noir avec l’immense insigne d’un club de moto, c’est bien à son mari qu’elle a volé sa nouvelle lingerie. Il rit de nouveau, laisse tomber sa main. Attachante comme au premier jour. Ces moments-là avaient toujours été ceux qu’il préférait. Lorsqu’ils n’étaient ni flics, ni truand. Juste deux amants. Isaac retire chaussures et chaussettes, se redresse et commence à défaire sa chemise. Elle l’observe, rit de son dévouement. Il plisse les yeux, rictus au coin des lèvres, c’est pas vraiment c’que j’voulais dire. Bouton par bouton, il termine de se découvrir. La chemise jetée à terre, il n’a jamais été un as du rangement, encore moins du ménage. Boulot d’nanas. La ceinture est la suivante sur la liste. J’préférerai quand même que tu t’laches ailleurs que sur mes godasses. Il rit, comme il le faisait avant. Le pantalon qui tombe à ses chevilles, il l’enlève comme un flemmard d’adolescent, sans les mains, à coup d'habileté talonnière. La rancoeur et la déception avaient fuient la maison. Les Shelby se retrouvaient, se découvraient. Comme si l’espoir d’un nouveau départ brillait derrière la fenêtre, dans la nuit noire.

Shelby contourne le lit et s’y assoit au bord. Il passe sa main sous l’élastique de son boxer, habitude machiste pour vérifier que tout est bien là. Il ne s’en rendait même plus compte. Ellie est en tailleur, toujours, dos à lui mais les yeux qui le suivaient. Un mouvement sur le côté, il s’approche, se colle à elle. Avec la prudence d’un futur père, il passe ma main sous le bras de sa femme, laisse sa paume s’échouer sur son ventre maintenant bien rond. Un nouveau baiser dans le cou, il pose ses mâchoires barbues sur l’épaule de la brune. Contre son torse, il sent le dos d’Ellie qui bouge au rythme de sa respiration. J’ai pas eu l’occasion d’te demander. Ses doigts abîmés par les coups et la clope caressent le ventre de son épouse, le tissu pour seule barrière. Le souffle du juif frappe contre la peau d’Ellie. Les premiers mois se sont bien passés ? Comment tu t’sens ? Il appuie sa joue dans le cou de la brune, absorbé par la vie qui prend sous sa paume. Elle avait dû se sentir seule. Elle avait dû se sentir abandonnée. Isaac s’en voulait. Pour ça et pour tout le reste. Être un père à défaut d’être un époux. Ça aussi, il l’avait raté. Il presse son corps un peu plus contre le dos de la brune, passe son second bras autour d’elle. Il l’attire si fort qu’elle se retrouve presque assise sur les genoux de Shelby. Et tu … Les deux mains sur son ventre, il hésite, ne sait si sa question sera idiote. Aucune culture en matière de grossesse, c’était la pleine découverte pour celui pensait ne jamais être père. Tu la sens bouger ?

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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Lun 1 Oct - 23:04



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Il me manque tes lèvres sur ma bouche. Tes yeux sur mon corps et tes mains qui me touchent. Il me manque ta présence à mes côtés. Ton rire au matin et tes yeux bien trop loin. Il me manque tes silences. Et tes regards insistants qui voient ce que je pense. Des ses prunelles brunes, elle insistait, le fixant sans broncher. Ellie refusait qu'il s'en aille. Qu'il la laisse ici, toute seule. Elle en avait assez de la solitude permanente qui envahissait ses journées et ses nuits. Ellie avait besoin de le retrouver, juste ce soir, quelques heures perdues dans l'espace temps. Faire comme si de rien n'était. Juste tous les deux. Réapprendre à se toucher, à s'apprivoiser. Il était resté suspendu à ses lèvres, attendant la délivrance de ces quelques mots. Il avait répondu du tac au tac, ne cherchant pas à en savoir plus. Lui aussi, sans doute, n'avait pas envie d'autre chose ce soir, que de se retrouver. De reformer un couple harmonieux et heureux. La trêve venait de poser ses pas lourds dans la chambre, transformant l'atmosphère en fine particules douces et éphémères. Il pointa un doigt accusateur en sa direction, lorsque son corps se faufila dans ce tee-shirt encore bien trop grand pour ses courbes. En effet, il n'était pas à elle. A moins qu'Ellie soit devenue fan de moto. Impossible. Elle avait une sainte horreur des deux roues et les seules fois où elle avait baissé l'échine et enjambé la bécane, c'était pour lui faire plaisir à lui, rien qu'à lui. Ce que les gens sont capables de faire par amour ... Le cul posé sur le lit, le sourire aux lèvres. Qui aurait cru qu'ils se détestaient, il y a encore quelques jours ? Ou faisaient-ils simplement semblant ? Dans le fond, la belle n'avait jamais éprouvé de la haine envers lui. Juste une vaste déception. Dans le fond, c'était elle même qu'elle détestait le plus. Lui, elle n'avait fait que l'aimer, encore et encore. Il trainait dans mes affaires. Et je ne rentre plus dans ma lingerie fine. Levant les bras en l'air, elle ajouta, amusée. Je plaide coupable. Depuis des jours elle dormait avec ce tissu, gardant précieusement l'odeur de son époux. Seule chose qui la faisait dormir et la réconforter. Docilement, Isaac vint à retirer ses vêtements et bizarrement, elle se sentait gênée, mais ne fit rien paraitre. Comme si c'était la première fois. Comme si elle ne l'avait jamais vu dans si peu de vêtements. Comme si elle n'en avait plus le droit. Ses yeux suivaient avec attention les gestes de son époux, n'arrivant plus à décoller le regard. Hypnotisée ou juste perdue, qu'importe, Ellie ne se posa pas la question. Y avait juste l'instant qui comptait et rien d'autre. C'est noté. Clin d'oeil et elle claqua sa langue contre ses dents. Ils avaient retrouvé leur humour d'antan et ce besoin respectif de faire rigoler l'autre, sans se demander ce qu'il fallait dire ou ne pas dire.

Il prit place derrière elle, se laissant aller à la prendre dans ces bras. Ellie se sentait en sécurité, prisonnière du seul homme qu'elle voulait. Une de ses mains se posa en premier sur son ventre, tandis que ses lèvres caressaient doucement sa peau. Elle en frissonnait. Des semaines qu'ils ne s'étaient pas touchés, ni même effleuraient. Et ça lui manquait. Terriblement. Elle ne lui mit aucun frein, déposant ses fins doigts sur le dessus de sa main. La belle l'incitait presque à continuer. A quoi bon le repousser ? Elle n'en avait pas envie. Le regard d'Ellie fixait son ventre arrondi, encore plus jolie à voir avec les doigts de son époux dessus. Il n'avait jamais touché aussi prudemment et aussi prêt cette vie qui grandissait. Le souffle contre sa nuque et une deuxième main fit son apparition dans le sillage. C'était calme, apaisant. Neutre et tendre. La tempête éloignée pour la nuit, ils pouvaient tous les deux respiraient plus sereinement. A part le fait que j'ai prit dix kilos, que je suffoque comme un poney chaque fois que je fais des efforts et que je ne rentre que très rarement dans mes talons, dû à mes pieds gonflés ... ça va. Un rire léger sortit de sa bouche. Ellie était bien loin du compte, là encore. Mais dans le fond, il ne voulait pas entendre la vérité. A quoi bon ? Les événements s'étaient déroulés ainsi et ils ne pouvaient revenir en arrière. Isaac n'avait pas envie d'entendre combien elle s'était sentie seule. Combien elle s'était, aussi, sentie en danger après les menaces de Solal. Ellie avait perdu son boulot, sa maison, son intégrité. Elle avait sali le nom Barnes. Elle avait aussi perdu son amie Monroe et surtout, elle avait perdu son mari. La seule chose qui l'avait retenu de partir en vrille, c'était ce petit être qui poussait sous son nombril. Alors certes, y avait eu beaucoup de mal, mais la rancune et la haine, elle en avait assez. Pas ce soir, pas maintenant. J'pensais que ce serait plus simple en réalité. Mais d'après les dires de mon gynéco, j'ai plus vingt ans. Le temps passe, le temps file et n'attend personne. Ellie était plus proche des quarante que des vingt, et pour tout dire, on lui avait assez dit de faire attention à son âge. Comme si elle n'était plus qu'un vulgaire déchet au lieu d'être en âge de procréer. Sans s'en rendre compte, la belle jouait avec les doigts de son époux, les serrant, les caressant, machinalement. Un brin d'hésitation avant qu'il ne se mette à lui poser une question de plus. Une question qui la fit sourire doucement, bercée par le souffle dans son cou. Du bout des doigts, elle tira son tee-shirt vers le haut et y re déposa les mains d'Isaac. Peau contre peau. Père et fille, seulement cachée par la barrière de la chair. Elle s'est manifestée une fois, y a deux trois jours, mais c'était vraiment léger. Ellie était toute aussi novice que son mari en la matière. Elle ne connaissait que ce qu'elle avait lu dans les bouquins et ce que son médecin lui avait dit. Elle découvrait tout, au jour le jour. Et c'était une sensation divine. L'étonnement et la surprise. Dans la paume de ses mains, elle prit celles d'Isaac, les dirigeant soigneusement autour de son nombril. J'crois que sa tête est par ici. De la droite. Et ses pieds par là. De la gauche. Ellie avait rêvé de cet instant de longue semaine, ne pensant même pas qu'un jour, il arriverait. Elle s'était faite à l'idée de vivre cette grossesse toute seule. Après, Ellie avait prit la décision elle même de le mettre en prison et de l'en priver. Elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle. Et toi ? La jeune femme osa, du bout des lèvres, lui demandait. Comment est-ce que tu vas ? Ellie baissa un peu plus la tête, fixant son ventre, tandis qu'elle jouait avec l'alliance de son mari de ses doigts. C'était plus simple de lui demander le dos tourné. Coupable à vie de l'avoir enfermer.
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Mar 2 Oct - 15:17


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Scène ironique que la fliquette aux mains levées en face du truand à l’index accusateur. Les rôles inversés pour quelques secondes, pour quelques broutilles. Mais il ne la hait pas assez pour la jeter en taule. Elle rit de devoir plaider coupable et lui, il baisse la main, lui rend un sourire timide. D’un côté, c’était réconfortant d’apprendre qu’elle ne l’avait pas balancé par la fenêtre. Pas complètement. Un infime espoir, une brève occasion de pouvoir tout recommencer. Il est à toi. Il baisse les yeux sur sa chemise qu’il s’affaire à retirer. Des t-shirts de ce genre, il y en avait toute une collection dans ses cartons. Qu’elle en prenne autant qu’elle le désire, ça flattait l’ego de son mari et le laissait se bercer de l’illusion qu’elle l’aimait toujours. Il se déshabille naturellement, comme il l’avait toujours fait devant les longs cils papillonnant de la brune. Il avait perdu du poids ces derniers temps, entre l’appétit qui s’enfuit et le sommeil qui déserte. La même carrure mais les côtes apparentes, les joues creusées et les mains qui tremblent lorsqu’il défait sa ceinture. Elle le remarquerait les yeux fermés, Ellie, elle qui a passé tellement de fois ses mains sur ce corps meurtri. Le loup qui cri famine, il n’est plus que l’ombre de lui-même.

C’était comme si rien n’avait changé. Elle est assise près de lui, à moitié sur le matelas, à moitié sur ses genoux. Il la sert dans ses bras comme si le temps pouvait la lui arracher. Le compte à rebours a commencé, il craint le moment où elle se rendra compte qu’il était toujours le même bandit qu’elle a balancé en taule. Où elle recommencera à le détester. Il la tient fermement contre lui, empêche cette chimère de se dissoudre entre ses doigts. Elle enlace ses doigts dans ceux du juif, l’incite encore plus à l’attirer dans ses bras. Les pieds gonflés ? Tu t’fous d’moi ? L’innocence d’un homme face à la détresse de sa femme. Aucune notion de maternité, il n’était d’une grande aide, ni d’une grande ressource en matière de nourrisson. Il doute, parfois, avoir le courage d’être père. Tandis qu’Ellie, elle, fait ses premiers pas à trois avec la fierté d’une mère. L’instinct maternel, il est ancré au fond de son âme, depuis toujours. Ça se voit lorsqu’elle baisse les yeux sur le futur enfant, lorsqu’elle ignore les critiques et les envoie promener d’un revers de la main. Elle soulève son t-shirt, appuie les mains de Shelby contre sa peau nue. Il ne s’attendait pas à sentir quoi que ce soit si ce n’est la chaleur de son corps. Il baisse son visage sur les doigts qui s’enlacent, laisse la douce guider ses mouvements. Il observe, curieux et réservé comme le gamin qu’il était. De droite à gauche, elle le présente à sa fille, lui indique ce qu’elle ressent. Il reste muet, les yeux rivés sur leurs mains qui glissent sur le ventre rond. Comment en était-il arrivé là ? Une inquiétude soudaine. Leur sécurité. Il était égoïste de vouloir les garder près de lui au risque de les offrir en pâture aux ennemis du casino. Une femme et un enfant à naître, rien de plus facile pour prendre un homme par les couilles, l’obliger à ployer le genou. J’aimerai venir, au prochain rendez-vous. Trop tôt pour la sentir s’agiter sous ses doigts, il avait le souhait de l’apercevoir en noir et blanc sur l’écran, faire connaissance ce petit être qui lui percerait ensuite les tympans. Et accompagner Ellie, ne plus la quitter.

Elle joue avec l’alliance qu’il porte toujours, qu’il n’a jamais quitté. Il ne savait si elle essayait de l’enlever et de la visser un peu plus profondément. Elle était imprévisible en ce moment, Ellie. Devait-il s’en aller ? Devait-il rester ? La brune elle-même n’aura pas de réponse. Elle lui retourne timidement la question, il répond rapidement. Ça va. Un mensonge de plus. Il lui avait promis d’arrêter. Pris en flagrant délit par sa propre conscience, il revient sur ses mots. En fait nan, ça va pas. Les mâchoires lovées dans le cou de sa femme, il détache une main de sa peau douce. Quelques centimètres à peine, assez pour que les tremblements reprennent de plus belle. Ses doigts qui effleurent sa peau dans des mouvements incontrôlés. La douleur qui refait surface, il réfugie ses doigts entre ceux d’Ellie. J’me soigne plus, j’y arrive plus. L’arrête de son nez qui vient chercher réconfort contre la jugulaire de sa femme, il a honte, pour la première fois. Il s’enfonçait, peu à peu, dans son mutisme et dans le chaos qu’il monte de toute pièce, qu’il laisse l’engloutir. Secoue toi. Il se redresse, sent l’air frais qui remplace la chaleur de la peau. Ellie se retourne, médusée. Il bascule vers l’arrière, s’appuie sur ses paumes, les bras tendus qui soutiennent son corps amaigri. Mais c’est une connerie, c’est pas ce genre de père que j’veux être. Il scrute sa femme, attend une réaction. Une ordonnance chiffonnée qui traîne au fond de la valise, demain, il prendra le volant jusqu’à la pharmacie la plus proche.

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Dernière édition par Isaac Shelby le Lun 8 Oct - 22:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Mar 2 Oct - 16:02



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Elle en avait oublié ce que représentait son mari. Un truand, un chef de meute. Un criminel endurci. Ellie ne voyait que son mari. L'être qu'elle avait aimé profondément et qu'elle aimait toujours. Pourtant, la réalité lui reviendrait en pleine figure, plus rapidement qu'elle n'avait disparu ce soir. Pas prête d'accepter de dormir dans les draps de l'illégalité. Ses convictions mises à rude épreuve, Ellie ne pourrait passer outre. Ce n'était pas sans ses gênes, pas dans sa façon de fonctionner. La justice, le devoir, elle y croyait. Tout le reste, non. Y avait-il une solution, une bonne réponse, une bonne façon de faire ? Certainement que non. Pour le moment, la seule pensée qui lui traversait l'esprit, c'était ce moment doux partagé avec son époux. Rien de plus, rien de moins. Pour une fois et ceux, depuis longtemps, Ellie se sentait pleine, entière. La solitude s'en était allée loin. Le reste n'avait pas la moindre importance. Le coeur d'Isaac battait dans son dos, elle pouvait le sentir, tout comme le sien. Non, j'te promets. C'est une horreur à vivre et d'ici peu de toute façon, je ne les verrais plus. Une fois le ventre bien tiré, il était certain qu'Ellie ne verrait plus rien du sol, à son nombril. C'était une total injustice pour cette femme qui ne jurait que par des talons hauts et une élégance certaine. Les baskets, pas vraiment son truc. Mais depuis peu, elles étaient devenues sa seule source de salut pour une journée tranquille. Elle parlait de ces tracas quotidien, comme s'ils avaient une réelle importance. Comme si y avait plus que ça de grave dans leurs vies à tous les deux, alors que le chaos régnait dans leurs dos. C'était plus simple de s'inquiéter pour ses pieds que pour son mariage, juste une fois, juste une minute de plus. Leurs doigts vacillaient sur la peau tendue, cherchant les endroits fatidiques où ils pourraient sentir bébé. Mais il semblerait bien que la petite Sara ait le sommeil lourd et le besoin de se reposer. Pas née et déjà capricieuse. Douce ironie quand on connait les parents. Ellie était pressée de la voir. De découvrir les traits de son visage. Savoir à qui elle allait le plus ressembler. Pour le moment, seule son imagination lui donnait ces détails. Elle n'avait que ça. Son coeur se souleva, une fois de plus, à l'entende des paroles de son cher et tendre. Elle n'avait rêvé que de ça. Qu'il lui dise un jour. Un fin sourire étira ses lippes. Les échographies, le rendez vous que la belle attendait toujours avec une grande impatience. Mais pour tout dire, ça n'avait pas été aussi amusant. Non. Parce qu'elle les avait fait toute seule. Maman à en devenir, maman célibataire, qui n'avait pu partagé la joie de voir son enfant derrière un écran, avec un papa. Avec plaisir, j'attendais que tu le proposes justement. Du bout des lèvres, elle avoua, qu'elle n'attendait que lui. Qu'il fasse le premier pas. Trop peureuse à l'idée qu'il ne lui refuse ça. Préférant vivre dans l'ignorance de sa décision, que dans la réalité d'un abandon.

Ellie osa lui demander, comment ça aller. Comment il se sentait. Jouant avec l'alliance de son mari, du bout des doigts. Elle ne cherchait pas à l'enlever. Voir sa main avec la sienne, ça lui faisait du bien. Sentir sa peau sous ses doigts, ça lui donnait des papillons dans le ventre. Mais la réponse était bien trop rapide. Elle n'avait pas d'impact. Du moins, pas celui qu'elle souhaitait. Il semblait avoir répondu plus machinalement, qu'avec le coeur. Mais au bout de quelques secondes, il changea sa réponse. La belle fronça les sourcils, se pinçant la lèvre inférieure. Tout comme elle, il avait mal. Il suffoquait de cette vie solitaire, sans l'être aimé à ces côtés. Il détacha une peau de sa peau, montrant ainsi les tremblements qui agitaient son membre. Ellie ne comprit pas sur le moment jusqu'à la deuxième phrase. Pourquoi s'infliger ça ? Pourquoi avoir arrêter ? Il en avait besoin, de ce traitement. Et pourtant, dans le fond, il n'était pas si différent du Isaac qu'elle avait connu, du moins, ce soir. Dans un geste affectueux et réconfortant, Ellie prit sa main dans les siennes, enfermant les tremblements avec elle. Un besoin d'être là, de lui montrer son dévouement et son affection. Silencieuse. Il finit par se détacher doucement de son corps, mais ne s'en éloigna pas pour autant. La brune tourna la tête vers lui et retrouva la couleur bleue de ses yeux. C'était fou comme ils la pénétrait à chaque fois. Hypnotisée. Pourquoi t'as arrêté ? Elle osa demander, mais se doutait de la réponse. Coupable. Elle aussi l'était. Des maux de son mari, comme il l'était des siens. Ils se faisaient du mal. Ils se faisaient du bien aussi. Un mélange d'étonnant qu'il fallait cesser. Ils n'étaient plus tous seuls maintenants. Lentement, la belle se tourna complètement, se mettant sur les genoux, face à Isaac. Prudemment, et seulement guidée par les battements de son coeur qui s'agitaient sous sa poitrine, elle avança ses mains et son visage. Le besoin de le sentir encore près d'elle. Le besoin de l'avoir juste pour elle, ce soir. Ses doigts se frayèrent un chemin jusqu'à ses joues. Visage qu'elle prit en coupe, tendrement. Son front heurta le sien avec douceur, le laissant ainsi poser. Son souffle percutaient le sien. Paupières fermées, rien que comme ça, ça lui allait. J'suis désolée. Un murmure vif qui la prenait aux tripes. Elle s'excusait pour tout, encore une fois. Parce qu'elle savait Ellie, que c'était en partie sa faute s'il n'était pas bien et elle détestait ça. Elle détestait la femme qu'elle était devenue, prise par la colère et la honte d'avoir été duper. Désolée de l'avoir foutu en taule. Désolée de l'avoir priver des premiers moments de grossesse. Désolée d'avoir été aussi égoïste, elle aussi. Désolée de l'avoir trop aimer, à s'en bouffer les doigts. Tu m'manques, c'est atroce. Ma vie me manque. Ses doigts tenaient son visage avec fermeté, presque trop fort, de peur qu'il ne s'échappe. Elle vacillait encore, entre le besoin d'être avec lui et celui de s'en éloigner. Pourtant, ce soir, elle semblait avoir besoin de s'en approcher.
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Mar 9 Oct - 0:04


SILENT SCREAM
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Le tic tac de la réalité qu'il fuit résonne dans ses oreilles. Ca prend le crâne, rebondit sur les os sans s'arrêter. Métronome furieux qui réduit sa conscience et ses tympans en bouillie, il n'y a que la voix de la brune qui sort du vacarme, apaise les sons. Il le sait, au fond, que demain sera un jour différent. Elle sortira de son rêve aussi facilement qu'elle sort de son lit et balayera sa crédulité avec les rideaux de la fenêtre. Tout s'effacera comme c'est apparu et lorsque le soleil se lèvera, il sera redevenu le vieux con aigri qui a laissé partir sa femme. Elle tient trop à la justice de ce monde. Elle tient trop aux grands principes énoncés par les démocraties. Et son putain de mari, lui, il passe ses nuits à marcher dessus avec ses semelles boueuses. Il se fout de la liberté des autres, profite d'un malheur généralisé qu'il alimente un peu plus chaque fois que le casino ouvre ses portes. C'est facile de réduire les muets au silence. Elle n'y arrivera pas, elle ne passera jamais au-dessus de tout ça, de tout ce que le juif pourrait ramener dans ses poches lorsqu'il passera le pas de leur porte. Ca pue le danger, elle le sent d'ici. Elle n'y arrivera pas. Ou peut-être que si. Peut-être que ce qu'il croit voir dans ces yeux bruns, c'est bien un semblant d'admiration, celle qui anime les couples, attise les flammes.

Ce n'est pas un visage accusateur qui se retourne. Les yeux plaintifs et la voix inquiète. Une mèche retombe sur son visage rougit par la fatigue et son mascara commence à couler dans les coins de ses yeux. Pourquoi j'continuerai ? Le regard neutre et les bras toujours tendus sur le matelas, il répond à sa question par une autre. Les secondes passent, lourdes et lentes. Elle ne bronche pas, elle non plus. Habituée à l'insolence de son époux, elle gagne ce combat silencieux. J'ai plus personne à amadouer en passant pour un type normal. Les voix qui se bousculent, les insultes qui fusent, le brouhaha incessant entre ses deux oreilles : tout ça n'était que douce caresse en comparaison à un coeur de pierre qui finit par se briser, morceau par morceau. Punition vaine, courage abîmé, il ne savait pas vraiment mettre de mots sur les raisons de ses actes. Tentatives désespérées de rejoindre la surface ou de se laisser tomber sur le fond, Shelby nageait entre deux eaux depuis des semaines. Se battre ou abandonner, ça n'avait jamais fait partie de ses choix. Les épaules de la brune accompagne son visage déjà tourné. A califourchon sur les cuisses d'Isaac, elle s'excuse. Il fronce les sourcils, s'étonne de ce revirement de situation. Pour quoi ? Il n'attendait pas d'excuses, encore moins cet air coupable qu'elle affichait. Pas encore tout à fait capable de les assumer, leurs conneries étaient quand même les siennes. Ellie avait déposé ses mains délicates sur les joues du juif avant d'avancer son visage. Leurs peaux qui se heurtent encore, elle avait posé son front sur celui de Shelby. Elle le regardait à peine, les yeux baissés sur leurs poitrines. Comme une gamine prise sur le fait, elle avoue à demi-mots. Il inspire profondément, met en cage les démons qui l'assaillent, ne répond rien par virilité. Il lève une main tremblante, comme supportée par un fil elle reste en suspens un instant le temps qu'Ellie relève les yeux. Ses doigts s'échouent sur la joue rosée et ses yeux tombent jusqu'aux lèvres encore rouge artificiel. Une seconde puis deux, les phalanges du juif s'étaient glissées dans la nuque fragile et avait attiré son visage. Il l'embrasse aussi fort que bat son coeur, ferme les yeux et mène la danse. A coups de lippes et de mâchoires, il déballe ses tripes en embrassant l'interdit. Il la tient par les sentiments, l'emprisonne de ces lèvres dont elle ne peut se défaire alors sa main rugueuse dégringole les courbes vertigineuses de sa femme pour s'échouer sur ses fesses. Il sent les bras de la brune tomber sur ses épaules, encercler son cou pour se rejoindre dans sa nuque. L'étreinte est charnelle et les coeurs, passionnés. Prise de conscience, le baiser s'essouffle et ses lèvres dérivent dans le cou mis à nu. Il reste silencieux mais sa bouche contre la peau voulait crier tu m'manques aussi. L'épaule de la brune qu'il effleure de sa barbe, il remonte ses doigts dans son dos, plus décent. On devrait dormir Ellie, t'es naze, ça s'voit. La fuite en avant, un crime dont il se dédouane. Il dormira peut-être enfin cette nuit, apaisé par le souffle de sa moitié même si l'envie lui bouffe les entrailles. L'envie de ce corps qui l'emporte, de cette femme qui l'enivre.

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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Mer 10 Oct - 17:33



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Le remord comme dernière rempart. Elle l'avait balancé. Elle l'avait jeté au trou. Et s'en était mordu les doigts la seconde d'après. Ellie avait tout d'une femme de trahison. Le coeur à l'agonie et l'âme en perdition. Faire du mal autant qu'elle avait été meurtri. Une douce vengeance qui avait écumé ses pensées de longues journées. Pourquoi se faire autant de mal ? Elle n'était pas comme ça. Elle n'aurait pas dû céder à la haine d'avoir été trahi, par celui en qui elle avait le plus confiance. La jeune femme n'aurait pas dû le prouver, par A plus B, que finalement, elle avait tout de la femme qu'il pensait. Si Isaac n'avait rien dit quant à son statut de chef des truands, c'était certainement de peur qu'elle le balance, sans la moindre hésitation. Et il avait raison, elle l'a fait. Alors, qu'est ce que ça faisait d'elle au juste ? La vérité balançait à demi mot. Il ne prenait plus son traitement. Un nouveau coup au coeur, elle s'en pinçait les lippes. Les remords, encore et toujours. Ils ne diminueraient pas. Ou peut être avec le temps, qui sait. Prise de conscience soudaine. Elle l'avait poussé dans le trou. Dans la noirceur de sa maladie, celle qui brouille les pensées. L'interrogation est restée en suspens, quelques secondes à peines. Un battement de cil de plus, un regard franc et sincère. Celui du désespoir, celui de la vérité. Isaac se met à avouer, à demi mot. C'était donc pour elle qu'il se soignait ? Son coeur se souleva une dernière fois et aussitôt, la brune baissa les yeux sur ses fins doigts.

Guidée par les sentiments qui se déchainaient dans sa cage thoracique, Ellie se retourna complètement vers son mari et prit son visage en coupe, calant son front contre le sien. Elle s'excusa, une fois de plus. La dernière. Peut être. Parce que dans le fond, tout ce qu'elle avait besoin, c'était son pardon. Sa respiration chatouillait ses narines et elle pouvait sentir l'odeur de son mari de plus prêt. Le manque cruel de cette présence quotidienne. Il lui manquait. Terriblement. La bouche entrouverte et la respiration haletante, elle colla un peu plus son visage près du sien. Pour tout ce que je t'ai fait. Elle était enivrée, Ellie. Par cet homme qu'elle aimait. Par cette passion qui la consumait depuis leur premier regard échangé. Des secondes qui s'écoulaient comme des heures. Ils auraient pu rester ainsi une éternité, que ça ne les aurait pas déranger. Les lèvres qui s'effleuraient avec une arrogance certaine, cherchant l'approbation de l'autre, dans un silence solennel. Ils finissent par se rencontrer, en un baiser, puis deux. La main du brun collée contre sa nuque, l'incitant à s'approcher d'avantage. Elle se laissait aller à cette étreinte, entourant son cou de ses petits bras. Le souffle heurtant, les coeurs à l'agonie d'être rester trop longtemps séparer. Une bouteille jetée à la mer. Un soupçon de nostalgie. Ils avaient trop l'habitude de s'aimer. Ils savaient pas se détester, Ellie et Isaac. Ils ne savaient pas vivre l'un sans l'autre. Une réalité qui lui revenait en pleine figure alors que sa bouche dansait avec la sienne. Ses phalanges s'engouffrèrent dans ses cheveux, qu'elle entremêla du bout des doigts. Elle collait son corps fragile contre le sien. Promesse d'une protection infinie. Jusqu'à l'épuisement. Jusqu'à l'essoufflement. Les yeux toujours clos, la belle reprit son souffle, tandis qu'il déviait son visage contre son cou. Les frissons lui parcourant l'échine, elle aurait voulu que rien ne s'arrête. Ces mains lovées sur ses fesses. Ce baiser hardant. Elle en avait perdu la raison et ses convictions du moment. La jeune femme était restée silencieuse lorsqu'il avait souligné son état de fatigue. Prise entre deux feux. Encore et toujours. Mais cette fois, elle ne prit pas le temps de la réflexion. Hors de question de se torturer l'esprit ce soir. Il était bien trop fatigué lui aussi. Epuisé par les lamentations quotidienne de la gardienne des songes. La belle tourna alors, doucement son visage, les yeux toujours fermés et les doigts toujours prit dans les cheveux d'Isaac. Elle déposa un baiser sur sa tempe, puis un deuxième sur sa joue. Le troisième vint s'échouer sur la commissure de ses lèvres. Et dans l'élan de ce désir qui lui bouffait les entrailles, elle se stoppa à quelques centimètres de sa peau. Ils ne pouvaient pas. Ils n'étaient plus ensemble. Ils ne formaient plus rien. Ils n'étaient pas ici pour les bonnes raisons. Les pensées, les souvenirs et les cris se mirent à taper dans le fond de son crâne et Ellie finit par cacher son visage dans l'épaule d'Isaac. Pas comme ça. Pas ce soir, qu'elle se disait. Et pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Mais il fallait se montrer réaliste. Ils n'étaient pas prêts. Ou c'était peut être juste elle, qui ne l'était pas. Ils avaient tant de choses à régler pour se laisser aller à l'amour, le vrai. Ses bras finirent par l'enlacer, gardant son visage contre la peau d'Isaac. Un câlin réconfortant. Elle avait l'impression que si elle le lâchait, s'en était fini. Tout ne serait plus que souvenirs, balayés par l'atmosphère. Tout l'monde me déteste, pas vrai ? Elle ne savait pas trop pourquoi, elle avait sortit ça. La vie l'ayant rattraper, bien plus vite qu'elle ne l'avait prévu. La question était stupide. Ellie connaissait déjà la réponse. Monroe l'avait incendié par sms, Solal l'avait ouvertement menacé, plaquant son corps frêle de femme enceinte contre un mur. La haine enivrait les esprits et c'était écoeurant de constater qu'elle en était la principale cause. Son regard s'était perdu sur le pli de la couette, la joue posée contre l'épaule de son époux. Une respiration contrôlée, Ellie se noyait dans les scènes qu'elle se rejouait. Un vieux clip bordélique. Pourquoi tu m'déteste pas, toi ? La haine entraine l'amour. L'amour entraine la haine. Et pourtant, Ellie n'avait jamais réussi à le détester de cette façon. Elle l'avait toujours aimé.
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Dim 14 Oct - 23:54


SILENT SCREAM
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Elle rend les armes, baisse les bras face à l'homme qui caresse son coeur. Elle se confond en excuses, celles qui n'ont pas lieu d'être. Les larges mâchoires du juif ont un léger mouvement de recul. Pourquoi ? Sans une tentative de cacher son étonnement, ses sourcils se froncent et il observe sa femme qui n'ose poser les yeux sur sa gueule de criminel. La culpabilité qui tord les traits de la brune, les remords qui font trembler sa voix et ses entrailles. Isaac reste muet mais son visage refuse. Imperceptible ou presque, sa tête balance en un rapide non. Il aimerait poser ses mains sur ces lèvres rougies, bâillonner la brune de ses bras tout entiers s'il le fallait pour qu'elle arrête de lui déballer ces excuses dont il ne veut pas, ces excuses qui lui font froid dans le dos en le ramenant à sa condition de pauvre con. Elle est assaillie de sentiments dont lui seul est coupable, dont lui seul porte le fardeau. S'il ne voulait pas qu'elle se débatte, il ne fallait pas qu'il lui plante un couteau dans le dos. Le jeter en taule, c'était la moindre des choses. S'excuser, inconcevable. Arrêtes, j'en veux pas de tes excuses. T'as rien à te faire pardonner. Il est impératif, presque autoritaire. Il s'en veut de faire naître en elle tant de tourments qui ne quittent plus les âmes. S'il y a une vie à repentir dans cette chambre, une erreur à réparer, c'est bien la sienne. Ses aveux, ils viendront. Ses excuses aussi. Mais pas maintenant. S'il voulait aussi la bâillonner, c'était pour garder la symbiose de ce moment éphémère.

Le baiser s'essouffle avec l'air qui fuit leurs poumons. Sa main remonte dans le dos d'Ellie et sa bouche s'échoue dans sur son épaule. Le corps de la brune s'effondre de fatigue sur le sien, il l'accueille dans ses bras. L'ardeur s'estompe, les désirs se taisent. Elle dépose ses lèvres sur la peau de son mari. C'est doux. C'est empreint d'élégance. Elle l'embrasse avec la précaution qu'il lui connaît. Elle reprend son élan, arrête cette envie qui lui prend les tripes elle laisse sa joue tomber contre l'épaule du juif. Elle s'inquiète. Le front de Shelby se fronce de nouveau. Il enserre la brune d'un bras et vient s'allonger dans le lit de l'autre. A moitié sur lui, à moitié sur le lit, il laisse Ellie se lover contre son corps. Il l'entoure de son bras, vient tirer les draps sur le corps de sa femme. Eh ben ils te détesteront en silence si ça leur chante. Réduire les gens au silence, une spécialité de la maison. Et il se jure qu'aucun mot de travers ne sera prononcé à propos de la brune dans l'enceinte du casino. Sincères ou contraints, ils apprendront à la respecter, avec ou sans l'usage de la force. Blottie contre Isaac, elle lui retourne la question. Il reste bête, un instant. Est-ce qu'il avait besoin d'une raison pour ne pas la détester ? Il passe son bras libre dans sa propre nuque, bouge ses épaules quelques instants pour installer sa carcasse dans les oreillers. Parce que j'en suis incapable. Les yeux au plafond, il savoure le souffle de la brune qui lui enveloppe la peau. Quelques bribes de discussions, des tendresses échangées et beaucoup de fatigue accumulée, Ellie finit par s'endormir là, sans avoir bougé d'un millimètre. Le juif contemplera le plafond pendant de longues minutes, persuadé que le sommeil l'aura encore une fois oublié. Puis il rendra les armes, lui aussi, bercé par la respiration de sa femme au creux de son bras. Longtemps qu'il ne s'était pas assoupi. Il ferme les yeux sur cette soirée aux airs d'antans. Passée trop vite.

♠️♠️♠️

La maison est vide, Calev a emmené Ellie visiter pour la énième fois la ville qui a connu les premiers pas de son époux. Elle s'en est forcément lassée, la brune, mais elle laisse son beau-père lui répéter les mêmes discours, les mêmes anecdotes, pour le plaisir de voir le bonheur briller dans ses yeux. Ana est assise sur la chaise en bout de table, dans le salon. Elle a les doigts qui s'enlacent, crispés, posés sur ses cuisses qui tressaillent. Le regard haut vers son fils. Elle est silencieuse, avale les mots qu'il lui déballe avec un dédain coupable. Et elle m'a fait un fils. La juive sent son échine qui se tend, sa gorge qui se noue. Il a vingt ans. La salive qui passe difficilement, autant que les mots dans ses tympans. Il s'appelle Bailey. Elle ferme les yeux, lève une paume qui signifie boucle la, c'en est trop. Son visage qui se détourne du fils qui la toise de sa hauteur, elle ne peut en entendre plus. La meute, le casino. La trahison, la prison. Alice, le fils. Elle ravale sa colère, étouffe la violence qui parcourt son corps. Il n'avait donc jamais arrêté d'être le corniaud de fils qu'elle s'évertuait à éduquer. La main sur le ventre, elle se lève prudemment. L'autre vient sceller cette bouche qui voudrait hurler mille injures au rejeton. Les paupières toujours closes, elle s'approche d'Isaac. Cet homme qu'elle a porté. Cet homme qu'elle a élevé avec des valeurs toutes autres que celles qu'il lui présente aujourd'hui. Un faux calme dans ses mouvements, elle fait le dernier pas qui les sépare. Elle le sent, juste en face d'elle. Elle peut sentir l'odeur du crime mêlé à celle de l'enfant qui lui agresse les narines. Ca lui tord les boyaux. L'enfant qu'elle avait tant aimé. Les yeux qui s'ouvrent de nouveau, sa paume vient s'écraser violemment contre la joue de son fils qui ne bronche pas, le regard bas et les épaules fautives. Ca c'est pour le mal que tu as fait à Ellie, pauvre idiot. Les dents serrées et les muscles tendus, elle approche son index, le pose lourdement sur le torse de son fils. Elle l'accuse de tous les mots, de toutes les erreurs et dans sa sèche violence, elle fait résonner la culpabilité dans l'esprit de Shelby. Tu vas réparer ce que tu as fait, tu m'entends ? Comme une reine, elle impose son autorité, fait ployer le genoux au plus valeureux guerrier. Le fils qui ne relève pas le regard, n'ose soutenir l'autorité maternelle. La brune de jaie tourne les talons et s'éloigne dans une autre pièce. Et la prochaine fois que tu mets les pieds en Australie, veille à ce que mon petit-fils soit avec toi. J'ai un million de choses à lui raconter. La porte qui se referme derrière sa robe noire, elle laisse ses ordres se briser sur le sol et son fils seul avec lui-même. Les mains dans les poches, Isaac restera penaud, comme un enfant rabroué. Elle lui pardonnera, sa mère. Parce qu'elle l'aime plus que sa propre vie. Mais pour guider un esprit aussi farouche, faut-il que le sien le soi encore plus.            

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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Lun 15 Oct - 10:53



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L'instant perdu dans les méandres de cette grande horloge de la vie qui tournait. Elle ne s'arrêtait jamais. Mise à part ce soir, cette nuit. Leurs corps à l'unisson, peau contre peau et ce besoin irrépressible de ne pas s'en séparer. La tension du désir s'en était envolée. Ils n'avaient pas besoin de se prouver, par les actes charnelles, qu'ils s'aimaient. Rien que de se toucher, ça suffisait. Il mit un point d'honneur à ne pas vouloir de ses excuses et Ellie s'en rajouta pas plus. A quoi bon ? Peut être que lui, ne voulait pas les entendre, mais elle avait besoin de le dire à haute voix, pour la réalité des actes. Il ne prenait plus son traitement et Ellie savait qu'elle en était la seule fautive. C'était sans doute ça le plus difficile à vivre. Savoir qu'il se détruisait à petit feu. Savoir qu'il n'avait plus de raison réelles d'échapper à la maladie. Savoir qu'elle avait été son seul remède durant toutes ses années. Lover l'un contre l'autre, la belle se laissait aller au sommeil. Les bras de Morphée l'enroulait avec grâce, sa calant sur la respiration de son époux. Une présence bien trop apaisante pour s'en défaire. Des semaines qu'elle ne s'était pas endormie de cette manière. Apaisée. En sécurité. Dans les bras protecteurs d'un être aimé. Derniers mots jetaient dans l'agonie des remords. Il n'arrivait pas à la détester. Elle non plus d'ailleurs. Pourtant, sans le vouloir, ils se faisaient de mal. Un coup l'un contre l'autre et la seconde d'après, ils ne seraient que deux étrangers brisés par l'enfer des mensonges.
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Les derniers jours avaient été un rêve éveillé. Ils avaient dit un au revoir certain aux parents d'Isaac. Une longue étreinte pour Ana, pleine de sentiment et d'affection. Un baiser sur le front pour Calev. Ils allaient leur manquer terriblement. Même le trajet en avion s'était déroulé sous les meilleurs auspices. L'un à côté de l'autre, ils avaient passé tout le vol à parler de tout et de rien. De ce bébé à venir qu'ils étaient pressés d'accueillir. Mais jamais de leur situation à Island Bay, dans leur monde. Sans doute qu'Ellie avait espéré, un instant, qu'elle oublie qu'ils n'étaient plus rien. Que la vie reprendrait son cours et qu'elle serait incapable de passer au dessus des activités illégales d'Isaac. Non. Elle vivait dans le déni de l'amour, de ses sentiments. Sara était leur seul point commun à présent. Main dans la main, les deux tourtereaux marchaient tranquillement dans le hall de l'aéroport, un pied sur Terre, la tête dans les nuages. Ellie avait même posé sa tête innocente contre le bras d'Isaac, savourant cet instant de répit. Et plus ils avançaient vers la sortie, plus la réalité lui revenait en pleine figure. Brutale et chaotique. Jusqu'à ce que ses pieds ne stoppent leur mouvement. La brune resta droite sur ses deux jambes, la bouche entrouverte et le regard fixé sur cette sortie qu'elle ne voulait pas franchir. Deux, trois secondes. Une éternité. Les pensées se choquaient pour ne faire plus qu'une, tandis que son coeur se soulevait pas le chagrin qui s'immisçait sous sa peau. Lentement, les doigts de la belle se détachèrent de ceux d'Isaac et elle tourna enfin la tête vers lui, plantant ses pupilles brunes dans les siennes. Non, elle ne pouvait pas. Si elle avait reculé ce moment aussi longtemps que nécessaire, Ellie ne pouvait plus faire semblant. Elle devait se rendre à l'évidence que son incapacité à passer au dessus de ce qu'il était, ce qu'il représentait dans leur ville. Les lèvres tremblantes et la voix perdue dans un sillage lointain. J'peux pas. Qu'elle commença, baissant par la suite la tête et le regard. Elle ne pouvait plus le regarder dans les yeux. Ce rêve éveillé prenait fin, ici, dans deux mètres à peine, une fois que les portes battantes seraient derrière eux. De ses doigts, la belle jouait avec son alliance. Elle la retira lentement, laissant ce trou béant dans sa poitrine reprendre sa place, comme s'il avait toujours fait partie d'elle. Rien n'a changé. T'es toujours toi, j'suis toujours moi. Est-ce qu'elle n'essayait pas de s'en convaincre plutôt ? Elle attrapa la main d'Isaac et retourna sa paume vers elle, y déposant l'anneau de leur union. Ellie ! La voix de Peter résonnait dans son dos. Il n'était pas bien loin. Devant la sortie, saluant son amie à grand coups de bras en l'air et de sourire. Ellie lui avait demandé de venir la chercher, à son retour. Bien avant tout ça. Se pinçant la lèvre inférieure, la belle tourna légèrement la tête vers lui, le saluant à son tour d'une main tendue avant de rejeter son dévolue sur la carrure imposante de son mari. J'y arrive pas, j'suis désolée. Elle se confondait encore dans les excuses, se cachant derrière des principes. Mais les principes de quoi au juste ? Ceux de la société qui l'avait forgé, qui l'avaient élevé. Ces principes même qui disent qu'Isaac était le méchant de l'histoire et qu'elle, elle avait toujours fait partie des gentils. Historiquement incompatibles, qu'elle se disait. Foutue connerie, en réalité. Il n'y a pas de bon ou de mauvais côté, juste des êtres humains qui font des choix.
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MessageSujet: Re: ♠ silent scream, ellie   Jeu 18 Oct - 0:37


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La chimère qu'ils venaient de construire, qu'ils avaient bâtis pendant ces derniers jours en terres australiennes, ne s'étaient toujours pas écroulée. Le juif marchait toujours sur des oeufs, s'inquiétait de chaque minutes, de chaque seconde. Quand allait-elle s'en rendre compte ? Pour le moment, elle se contentait de lui sourire, de poser ses doigts vaporeux sur son bras et sa joue rosie sur son épaule, pendant le voyage. Les sujets de discussion avaient été anodins, légers. Les gens posaient sur eux des yeux attendris lorsqu'ils entendaient le mot bébé sortir du fil de leur discussion. C'était simple, rien de plus simple que de s'aimer comme ils l'avaient toujours fait. Dans cet avion, rien n'avait plus sa place dans leur réalité, la leur. La douleur de la brune s'était envolée comme la fumée des garrots de son époux et lui, ses crimes n'étaient plus palpables, plus vrais. Un couple comme les autres. C'était irréel, c'était éphémère. Comme à l'aller, Isaac a passé les portes de l'avion avec la valise de la brune dans son sillage. L'hôtesse les avait salués d'un sourire envieux, ceux que l'on sert aux couples heureux qui attendent un enfant. Leurs pas qui résonnent sur le tarmac, Ellie avait une main posée sur son ventre rond et l'autre, libre, elle la glisse innocemment dans celle de son mari. Il n'a jamais aimé ça, Shelby, les marques d'affection à la vue de tous. Il ne la laissait lui tenir la main qu'à de très rares occasions, trop pudique. Mais cette fois-ci, c'était différent. Il voulait que le monde sache que cette femme, sa femme, n'appartenait qu'à lui et à lui seul.

Une petite voix, un chuchotement dans un coin de sa tête. Ca va pas durer, Shelby. Il secoue ses mâchoires, refuse d'y croire. Elle était là, dans le creux de sa main. Il la tenait fermement. Ca ne pouvait pas s'arrêter comme ça. Pas ici, pas maintenant. Et pourtant, il sent les pas d'Ellie qui ralentissent, son bras qui le freine. Le juif continue, essaie d'avancer encore d'un pas, peut-être deux. De passer ces putains de portes de l'aéroport, qu'elle oublie sa peur sur le chemin. Mais rien n'y fait, Ellie s'arrête, refuse d'aller plus loin. Shelby s'arrête, lève le visage au ciel et ferme les yeux. Alors c'est fini. Il anticipe. Une question moins qu'une affirmation, parce qu'il sait ce qu'elle va dire. Il sent les doigts de la brune qui glissent dans sa paume et ses mots qui lui écorchent le coeur. Il l'écoute, patient. Elle retourne sa main et lui, il se tourne vers elle. Un long soupir, il la regarde poser son alliance sur sa peau. Mais, EllieOn s'aime. Les mots ne dépassent pas ses lèvres. Foutue fierté. Foutu ego. Une voix qui fend l'atmosphère de l'aéroport et la main de Shelby qui se referme sur le bijou, violente. Il lève les yeux, se redresse et bombe le torse. Je vois. Cet abruti qui secoue sa main levée, offre des grands sourires à Ellie. Cette même face de cul qu'il hait du plus profond de son être avec une seule raison : la possessivité. Des regards qui l'exaspèrent, des gestes qui font naître en lui des accès de violence : même de loin, même planqué au fond d'un cercueil, il reconnaîtrait l'odeur de merde que Peter transporte avec lui. Qu'est-ce qu'il fout là, lui ? Son esprit qui déraille, sa logique qui interprète, sa paranoïa qui prend le dessus. Il a les dents serrées et les poings tendus mais fait bonne figure, pour elle.

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