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 Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh

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Old Pink
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○ âge : 42 ans
○ statut : Coeur de plus en plus perturbé
○ métier : Travaille pour l'association LGBT de Wellington
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○ DC : Theo
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MessageSujet: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mar 14 Mar - 22:09

Du bout de mon crayon, je vérifiai de nouveau la liste de course pour être certaine de n’avoir rien oublié. Plutôt satisfaite de mon exploit du jour, je reposai le stylo sur le plan de travail et attrapai une tasse dans le placard au-dessus de moi pour me servir du bon café du matin. Mais c’était sans compter sur la nouvelle habitude de ma fille qui prenait un malin plaisir à finir la cafetière avant que je ne sois totalement réveillée. Dire que quelques années auparavant, elle ne jurait que par son bol de céréales, les années passaient bien trop vite à mon goût. Je râlai doucement en nettoyant le filtre après avoir jeté le reste de café moulu dans la poubelle. Si au moins elle pouvait faire l’effort de préparer la deuxième tournée au lieu de remonter s’enfermer dans sa chambre, ça ne serait pas du luxe. Surtout quand elle s’autorisait clairement à me reprocher mon manque d’attention lors de mes rares oublis sur ses demandes. Je reposai le filtre à sa place et tendis la main vers le paquet de café. Du moins, j’essayai de l’attraper avant de sentir mes doigts taper le mur et de découvrir le vide à l’endroit où il aurait dû se trouver. « Lina… » Grommelant dans mon coin, je revins vers mon bloc-note et complétai la liste avec frustration. Je ne supportai pas commencer une journée sans ma dose matinale, mais ce n’était pas comme si j’allais pouvoir créer ma boisson du matin par magie et je ne pouvais pas non plus aller râler sur ma fille sans prendre le risque de me faire rappeler que j’étais bien celle qui avait oublié d’en racheter. A la place, un kiwi gold eut le plaisir de subir ma frustration alors que je prenais un malin plaisir à l’éplucher au millimètre près. Une fois de meilleure humeur, je montai rapidement à l’étage pour faire un tour dans la salle de bain, puis vins toquer à la porte du studio musical. « Tu as bientôt fini de répéter tes morceaux ? Il ne faut pas qu’on tarde trop si on ne veut pas avoir les restes ! » La blonde ne se tourna pas vers moi, elle était trop concentrée sur ses notes pour détourner son attention une seule seconde. Je me posai sur le canapé et écoutai avec un sourire le morceau qu’elle jouait. Jusqu’à ce que les dernières harmonies deviennent plus complexes et que ses doigts ripent contre les touches, la faisant grogner et recommencer plusieurs sans plus de succès. « Ah ça m’énerve ! C’est toujours à ce putain d’endroit que je me goure ! » « Langage jeune fille ! » Je relevai un sourcil menaçant vers elle avant de me lever et de venir voir sa partition. Je grimaçai légèrement en me rappelant la fin de la mélodie. « On vous a vraiment donné ce morceau a travaillé ? Eh, me fusille pas du regard comme ça, j’ai aussi eu à l’apprendre, mais après un peu plus d’années de pratique que toi. Ça m’étonne juste que votre prof espère que vous arriviez à faire ce doigté sans passer par des exercices intermédiaires. C’est le remplaçant ou Mme Prescott ? » « Mme Prescott. Enfin, elle m’a juste donné la partition parce qu’elle nous l’a joué en cours et je lui ai demandé. Ça paraissait pas si dur quand elle l’a fait et je voulais l’apprendre avant qu’elle revienne. Tu sais le faire toi ? » Je ris doucement en posant une main sur son épaule. « T’es bien ma fille toi. Je l’ai déjà joué, mais faudrait que je m’y remette plus sérieusement si tu veux que je t’aide. Mais ça attendra après les courses par contre. Ce n’est pas comme si elle rentrait la semaine prochaine, si ? » Ailina se contenta de hocher les épaules sans vraiment répondre à la question. C’était bien tenté de ma part, mais elle était déjà repartie dans ses essais infructueux et mon portable ne m’était pas plus d’aide pour savoir si Kenlee serait de retour bientôt. Je fus tentée de lui envoyer un message, juste histoire de savoir si tout allait bien et me rassurer sur son retour en ville. Elle avait peut-être besoin d’air et de distance, je ne pouvais pas m’empêcher de penser que ce n’était pas une bonne idée de retourner dans sa famille. « On y va ? » Une furie blonde me passa devant et je n’eus pas le choix que d’oublier mes doutes et de ranger mon portable pour la suivre. Une vingtaine de minutes plus tard, cette même jeune fille pleine d’énergie m’abandonna lâchement dans ma recherche de place de parking pour s’engouffrer dans le marché. Bien entendu, elle ne me laissa aucune occasion de protester. Mon petit manque de caféine me fit de nouveau grommeler, mais une place se libéra pas très longtemps après et je pus me faufiler parmi les marchands à mon tour. Je ne fus pas longue à la repérer et je m’avançai vers elle d’un pas vif. « Lina, faut que t’arrêtes de me… Kenlee, qu’est-ce que tu fais là ? Euh, excusez-moi, Ailina m’a dit que vous étiez absente depuis la rentrée et elle ne m’a pas prévenue que vous étiez de retour. Vos représentations se sont-elles passées comme vous le souhaitiez ? » J’aperçus un regard surpris de la part de ma fille, mais je fis mon possible pour ne pas réagir. Je savais que je venais de faire une gaffe, peut-être même deux, et je devais me reprendre rapidement avant qu’elle pose trop de questions.



Dernière édition par Niamh O'Neill le Mar 23 Mai - 20:19, édité 1 fois
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○ âge : quarante-et-un ans
○ statut : mariée à un homme de qui elle est infidèle, et toujours amoureuse d'une femme qu'elle a quittée il y a près de 18 ans.
○ métier : soliste dans un grand orchestre symphonique et professeur de musique au conservatoire de wellington
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○ pseudo : Tinkerbell (Vicky)
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○ DC : Tawny, Parker, Cameron, Ezekiel & Sara
○ inscrit le : 05/02/2017
MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Jeu 16 Mar - 10:24

Un peu plus d’un mois en Angleterre pour me ressourcer. Je ne parle pas de mes parents parce qu’ils ne sont pas vraiment un moyen de ressource. Mais j’ai revu quelques amis, j’ai pris du temps pour moi, j’ai même été jusqu’à revoir une de mes anciennes conquêtes avec qui j’ai passé une nuit. Je me suis bien gardée de lui dire que c’est le visage de Niamh que je voyais lorsque je fermais les yeux. Me voilà de retour à Island Bay, retour à la réalité, à ma vie maritale. Savoir que je suis de nouveau plus près de Niamh me fait frissonner à sa simple pensée. « Tu m’as manquée tu sais. » Lewis enlace mon corps en se positionnant derrière moi, face au miroir dans lequel il peut croiser mon regard. J’esquisse un sourire sans pour autant lui répondre. « Et si on allait se balader un peu ? J’ai envie d’aller prendre un peu l’air. » Il hoche la tête et embrasse mon cou tendrement, ne me provoquant absolument aucune sensation agréable. Mon coeur se serre à cette simple pensée, alors que je repense aux étreintes charnelles de Niamh, et ce baiser que nous avons échangé. Je ferme les yeux une seconde en me remémorant le goût de ses lèvres et mon coeur s’emballe instantanément. Le problème c’est qu’en réouvrant les yeux, c’est au reflet de mon mari et moi que je fais face. Je n’ai pourtant qu’une envie, être dans les bras de Niamh. Cette escapade à Londres m’a permis de prendre un peu de recul sur tout ça, et je ne fais que penser à elle, je ne vois pas comment je pourrai prendre la décision qu’elle ne fera plus jamais partie de ma vie. Je pense que je suis prête à passer après sa fille, prête à essayer de me sortir de là, mais comment ? Tout ça me semble encore insurmontable, mais elle a dit qu’elle serait là. « Y’a le marché ce matin, tu veux qu’on y aille ? » Je hoche la tête. « Oui, le marché c’est parfait ! Je finis de me préparer et on y va. » Un nouveau baiser dans mon cou et Lewis s’éclipse pour me laisser finir de me préparer. Pas loin d’une demi-heure plus tard, vêtue d’un simple jean slim noir,  d’une chemisette écru et d’une veste en jean. Décontractée. Je ne bosse pas, je n’ai pas besoin d’être tirée à quatre épingles. Je laisse mes cheveux détachés et leurs boucles naturelles, tire un léger trait d’eye liner sur mes yeux et descends après avoir enfilé une paire de bottines à petits talons. Une fois en bas, je rejoins mon mari et nous montons dans son 4x4 dernier cri, même si franchement je doute que ce soit l’idée du siècle, il va encore râler parce qu’il aura eu du mal à se garer. Je le laisse grommeler pour finalement choisir le parking sous terrain au coeur de ville. « Je te laisse commencer, je vais retirer du liquide. » Je hoche la tête simplement et commence le marché, lunettes sur le bout du nez. C’est au détour d’une allée que j’entends mon nom d’une petite voix. « Mme Prescott ? » Je me tourne et relève mes lunettes pour découvrir le visage d’Ailina, la fille de Niamh. Mon coeur s’emballe immédiatement à l’idée que la femme de ma vie ne soit elle aussi dans les parages. Naturellement je balaye les alentours du regard avant de lui répondre dans un sourire qui se veut chaleureux. « Ailina ! C’est marrant de se croiser ici. Tu vas bien ? » Elle hoche la tête en souriant. « Oui, merci. Vous êtes rentrée ça y est ? Vous nous avez manquée, faut dire que votre remplaçant est loin d’être aussi agréable ! » Je ris un peu, amusée et flattée par son compliment. « Oui ça y est, je reprends mes fonctions dès cette semaine. » « Je me suis entraînée sur la partition que vous m’avez donné. » Je lui souris de plus belle. « Ah oui ? Et tu t’en sors ? » Elle hausse les épaules et n’a même pas le temps de me répondre que j’entends une nouvelle voix, une voix que je reconnaitrai entre mille. « Lina, faut que t’arrêtes de me… Kenlee, qu’est-ce que tu fais là ? Euh, excusez-moi, Ailina m’a dit que vous étiez absente depuis la rentrée et elle ne m’a pas prévenue que vous étiez de retour. Vos représentations se sont-elles passées comme vous le souhaitiez ? » Mon coeur tambourine à tout rompre dans ma cage thoracique et je me sens fébrile. Comment peut-elle elle aussi belle ? Je me racle un peu la gorge, essayant de garder contenance, ne prenant pas conscience totalement de ce qui est en train de se passer, ni même du regard interrogateur de la jeune fille sur sa mère et sur moi, tour à tour. Mon regard n’est posé que sur Niamh, c’est dingue l’effet qu’elle me fait. Je tente un sourire. « Oui, de retour ça y est, et mes représentations se sont bien passée, je vous remercie. » La vouvoyer est un supplice. Je repose finalement mon regard sur la jeune blonde aux traits fins. Elles se ressemblent tellement, maintenant que je les vois côte à côte. « Ailina m’a dit qu’elle avait commencé à travailler la partition que je lui ai donnée, elle se débrouille bien ? » Je n’en doute pas vraiment, elle a un vrai potentiel, et de qui tenir, c’est une certitude. Mon regard croise à nouveau celui de Niamh et s’illumine d’un milliard de petites étoiles sans que je ne puisse rien y faire. J’espère seulement que sa fille n’y comprendra rien, qu’elle n’y verra que du feu.
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Jeu 16 Mar - 20:13

Mon regard était fixé sur la grande brune faisant face à ma fille. Elle avait oublié ses tenues strictes de musicienne hors-pair pour enfiler une veste en jean, signe d’un moral bien meilleur.  Mais surtout, pour la première fois depuis nos retrouvailles, elle avait laissé ses cheveux tomber librement dans son dos. A l’époque, je l’embêtais toujours à piquer ses élastiques pour admirer ses boucles tomber sur son visage. Elle me faisait un effet indescriptible à chaque fois qu’elle s’approchait de moi en se détachant les cheveux et ça ne semblait pas s’être arrangé avec le temps. J’aurais sans doute pu rester à la regarder pendant des heures si je n’avais pas senti la curiosité de plus en plus intense de ma fille s’interposer entre nous. L’espace d’une seconde, je me détournai de Kenlee pour lui faire face et regrettai presque aussitôt. Ses lèvres commençaient déjà à s’entrouvrir, prête à me noyer sous des questions auxquelles je ne pouvais pas répondre. J’eus envie de plaquer ma main sur sa bouche, de la supplier d’arrêter, mais elle saurait lire à travers ces gestes. Si je me laissais aller à l’impulsivité, elle comprendrait immédiatement la raison de cette tension qui transformait mon visage. Foncer tête baissée n’était pas une solution raisonnable à ses côtés, je venais d’en subir de nouveau les conséquences malgré toutes les erreurs que j’avais pu faire lors de nos premières années à se découvrir. « Oui, de retour ça y est, et mes représentations se sont bien passée, je vous remercie. » Dans mon effort de concentration, je fermai les yeux un peu trop longtemps pour éviter de grimacer en l’écoutant me vouvoyer. Heureusement, Kenlee avait fini par se tourner vers Ailina et celle-ci ne semblait pas avoir remarqué ma réaction. « Ailina m’a dit qu’elle avait commencé à travailler la partition que je lui ai donnée, elle se débrouille bien ? » Je lui fis un sourire lumineux en voyant son intérêt sincère sur l’évolution de notre fille. Peut-être était-ce simplement sa façon d’esquiver de potentielles suspicions de la blonde, mais je pouvais tout de même entrevoir une réelle attention de sa part. « Plus que bien, mais je ne sais pas si l’avis d’une mère est vraiment objectif. De ce qu’elle m’a laissé écouté, elle ne bloque que sur les dernières mélodies, mais elle est tellement têtue qu’elle devrait les maîtriser d’ici le milieu du mois. Elle est plus patiente que moi pour refaire le même petit bout pendant des heures. » Je ris avec amusement en me rappelant nos séances devant le piano où je finissais toujours par faire voler mes partitions sous l’impatience alors que Kenlee se contentait de détendre ses bras pour recommencer encore et encore. « Je suppose qu’elle vous a dit qu’elle était loin de le réussir ? C’est son mauvais côté ça, toujours à se sous-estimer, hein Lina ? » Avec un sourire taquin, je vins la chatouiller au niveau des côtes. Seulement, je reçus un retour complètement silencieux. Elle resta de marbre, sans s’écarter, ni râler contre ma façon de la voir encore comme une enfant. Elle ne daigna même pas lever les yeux au ciel pour montrer son agacement. « Quelles représentations ? Comment tu es au courant ? Et… Kenlee… » Sa voix était devenue un murmure alors qu’elle baissait ses yeux vers le sol avant de se tourner doucement vers sa professeur de musique avec une expression de surprise mêlée à de l’émerveillement. Rapidement, elle attrapa mon bras et me fixa, le souffle coupé. « Est-ce que c’est… ? » Je n’avais pas besoin d’entendre la fin de son interrogation pour savoir ce qu’elle avait déjà deviné. La panique commença à m’envahir alors que je tentai de réfléchir à toute vitesse pour la convaincre d’un mensonge honteux. Ne trouvant qu’une seule solution pour m’en sortir, je la fusillai du regard comme si elle venait de faire une gaffe devant une inconnue. « Ailina O’Neill, combien de fois je vais devoir te répéter de ne pas être aussi malpolie ?! Je suis au courant pour les représentations de Mme Prescott parce qu’elle m’avait parlé de cette opportunité lors de notre réunion. Si tu n’étais pas partie aussi vite, tu l’aurais su toi aussi. » Je fis une grimace d’excuse en direction de mon ancienne compagne, mais l’adolescente ne semblait pas en avoir encore fini avec son attitude déplacée. Il suffisait de voir son visage renfrogné pour comprendre qu’elle n’était pas convaincue par ma réprimande. « Tu ne m’as pas répondu, est-ce que c’est elle ? » Elle croisa les bras contre sa poitrine, signe qu’elle ne me laisserait pas tranquille tant que je ne répondrais pas. Prise de court, je laissai glisser mon regard entre elle et Kenlee. « Ah te voilà chérie, j’ai cru que je ne te retrouverais jamais. » Mon attention fut attirée par un homme en costard qui vint à notre rencontre et posa une main sur la taille de la brune. Le cœur lourd, je ne parvins pas à me détourner de ce contact. Ce fut le mouvement vif du bras de ma fille contre le mien qui me fit revenir à la réalité et j’aperçus alors la déception sur son visage. Je me rapprochai d’elle et vins poser ma main sur son épaule. « Je suis désolée Lina, ça m’a perturbé moi aussi. Tu pourras peut-être la rencontrer un jour, mais il faut que tu sois patiente. » Je ne pus m’empêcher d’essayer de croiser le regard de Kenlee, comme si elle pouvait me donner un espoir que je n’étais pas en train de mentir à ma fille. Je ne faisais plus attention à la présence de son mari, je voulais juste sentir que je n’étais plus seule dans cette situation, je voulais croire qu’elle serait bientôt à nos côtés.



Dernière édition par Niamh O'Neill le Mar 23 Mai - 20:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Ven 17 Mar - 17:58

Je sens le regard plus présent de Niamh sur moi, comme si elle m’inspectait sous toutes mes coutures à la quête de détails qui pourraient lui donner des indices sur mon moral, si je vais mieux ou non. Je crois que oui, un peu du moins, c’est sans doute parce que j’ai préféré enfouir tout ça en moi le temps de quelques semaines, le temps de penser à autre chose, le temps de penser à elle, certainement. J’essaie de faire comme si de rien n’était, comme si je ne sentais pas une chaleur indescriptible en moi par le simple fait du regard de Niamh posé sur moi. Je lance la discussion sur la partition que j’ai donnée à Ailina avant de partir. « Plus que bien, mais je ne sais pas si l’avis d’une mère est vraiment objectif. De ce qu’elle m’a laissé écouter, elle ne bloque que sur les dernières mélodies, mais elle est tellement têtue qu’elle devrait les maîtriser d’ici le milieu du mois. Elle est plus patiente que moi pour refaire le même petit bout pendant des heures. » Je mêle mon rire au sien, doucement, mon regard alternant entre celui de la mère et celui de la fille. « Je ne doute pas que tu y arrives rapidement. C’est un morceau digne des plus assidus. » Dis-je à la jeune femme en lui adressant un clin d’oeil complice. Je me souviens encore de toutes ces heures à travailler ce genre de morceaux, lorsque je gardais patiente et que Niamh la perdait en un temps record. « Je suppose qu’elle vous a dit qu’elle était loin de le réussir ? C’est son mauvais côté ça, toujours à se sous-estimer, hein Lina ? » « Elle n’a pas eu le temps de me répondre que vous êtes arrivée. » Le vouvoiement est tellement difficile que je bute presque dessus. Mais je me dois de rester crédible, je n’ai pas vraiment envie que la jeune femme comprenne qui je suis pour sa mère, il me semble qu’il est encore trop tôt pour ça. « Quelles représentations ? Comment tu es au courant ? Et… Kenlee… Est-ce que c’est… ?» Ailina a beau parler doucement, certainement pour que sa mère soit la seule à entendre, mais elle oublie que l’oreille d’une musicienne est fortement développée et que de ce fait, j’entendrai une mouche voler à plusieurs dizaines de mètres. Un vent de panique s’insinue en mon corps et je tente de jouer la surprise, fronçant légèrement les sourcils comme pour essayer de comprendre le comportement plutôt étrange de la jeune femme. « Ailina O’Neill, combien de fois je vais devoir te répéter de ne pas être aussi malpolie ?! Je suis au courant pour les représentations de Mme Prescott parce qu’elle m’avait parlé de cette opportunité lors de notre réunion. Si tu n’étais pas partie aussi vite, tu l’aurais su toi aussi. » J’assise à la scène de réprimande et lorsque Niamh m’adresse une grimace désolée, je me pince les lèvres et hausse les épaules l’air de dire que je ne comprends pas bien ce qui se passe. Une carrière d’actrice est-elle en train de naître ? Cela dit, avec ce que je traîne depuis des années, je crois que je peux prétendre à l’oscar. « Tu ne m’as pas répondu, est-ce que c’est elle ? » Mon coeur s’emballe encore à l’idée qu’elle ait compris, qu’elle ait vraiment compris. Je ne me sens pas encore prête à ce qu’elle me regarde comme une potentielle deuxième mère étant donné que je ne me sens pas encore légitime de l’être. Mais avant que quelque chose d’autre ne se passe j’entends une voix qui m’est de loin familière. « Ah te voilà chérie, j’ai cru que je ne te retrouverais jamais. » Cette rencontre subite est en train de devenir un réel cauchemar. Lewis glisse sa main à ma taille comme pour affirmer étrangement sa propriété, et je me racle la gorge, mal à l’aise. « Je suis là. » Il affiche un sourire en direction des deux blondes en face de nous et je me sens obligée de faire les présentations. « Je te présente Ailina, une de mes jeunes élèves du conservatoire, qui a un don certain pour le piano, et sa maman. Mme O’Neil. » Mon regard vers Niamh traduit mon mal être, je déteste la présenter de cette manière, faire comme si elle n’était rien pour moi, alors que s’il s’avait, s’il savait que je pense à elle jour et nuit depuis que je l’ai retrouvée. « Et voilà Mr Prescott. Mon mari. » Je me pince un peu les lèvres pour éviter de montrer que je suis vraiment mal à l’aise. Lewis se veut souriant et enchanté. « Je vais profiter que tu discutes pour aller voir l’expo de vieilles voitures juste là bas. Ça te dérange pas ? » Je secoue la tête. « Non bien sûr. Vas-y. » Je lui adresse un fin sourire et le baiser qu’il pose sur mes lèvres me laisse pantoise. Il aurait pu s’abstenir. Niamh s’adresse discrètement à sa fille et je tente de ne pas y faire attention mais c’est plus fort que moi, d’autant plus lorsque l’amour de ma vie vient croiser mon regard comme pour attendre une approbation de ma part. Qu’est-ce que je dois répondre à ça moi ? Je me contente de la remercier de mon regard de me laisser encore du temps. L’avenir est incertain mais je ne ferme pas la porte, et je sais qu’elle sait lire en moi, mieux que personne. « Je ne reprends mes fonctions que la semaine prochaine, si tu veux je peux essayer de t’aider un peu avec les dernière mélodies ? J’ai une méthodologie qui aide pas mal. Enfin, si tu as le temps bien sûr. » Ailina tourne la tête vers sa mère, et la déception inscrite sur son visage semble s’estomper légèrement, au profit d’une mine de petit chien qui quémanderai un biscuit. Je ris légèrement. « Sauf si tu as beaucoup d’autres matières à réviser, je n’ai pas envie que tu échoues au lycée au profit des leçons de piano. Surtout que c’est le bac cette année ! » Je penche la tête et lui adresse un sourire bienveillant. Niamh accepte ma proposition et je souris de voir Ailina sautiller de joie. Je crois qu’elle aime véritablement la musique, comme je l’aime et comme l’aime aussi sa mère. Un téléphone sonne et la jeune femme s’excuse, elle doit décrocher. Pour se faire, elle s’éloigne de nous, concentrée sur son appel. Une fois seule avec Niamh, je souffle un peu. « J’ai bien cru qu’elle allait vraiment deviner. » Je passe une main nerveuse dans mes cheveux et secoue la tête. « Je crois que je suis pas encore prête pour ça. » L’utilisation du mot ‘encore’ est voulue, je ne ferme pas la porte.
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mar 21 Mar - 0:33

Tout était allé si vite, je ne savais plus comment faire pour me sortir de cette situation. Au début de cette journée, j’avais simplement l’idée de pousser ma fille à sortir du studio et de profiter des derniers beaux jours avec elle. C’était une de nos occupations favorites, prendre le temps de faire le marché pour nous concocter des plats innovants et complètement inimaginables. Cependant, on ne pouvait pas dire que notre attention était tournée vers les stands installés autour de nous, j’étais bien trop occupée à essayer de ne pas trahir Kenlee malgré la curiosité bien trop poussée de ma fille. Du moins, c’était ce qui me préoccupait jusqu’à ce qu’un nouvel arrivant me fige brusquement. Sa main posée sur mon ancienne compagne me révéla bien vite son identité et ses paroles ne furent qu’une confirmation non obligatoire. « Je te présente Ailina, une de mes jeunes élèves du conservatoire, qui a un don certain pour le piano, et sa maman. Mme O’Neil. » D’un mouvement automatique, je relevai la tête vers le couple sans parvenir à poser mon regard sur l’homme. Toute mon attention se tournait vers la brune alors que je me rendais compte de sa façon détournée pour me présenter sans préciser mon prénom. J’eus soudain un doute sur le fait qu’il puisse connaître mon existence sans pour autant pouvoir m’identifier par mon nom de famille. Pourtant, à voir le malaise sur le visage de Kenlee, je ne devais pas faire partir d’une vieille histoire dont elle serait fière et heureuse de lui raconter à la lumière d’un feu de cheminée. « Et voilà Mr Prescott. Mon mari. » Je m’obligeai à me tourner vers lui le temps de lui faire un sourire poli, je ne voulais pas rendre cette rencontre inattendue plus inconfortable qu’elle ne l’était déjà. « Je vais profiter que tu discutes pour aller voir l’expo de vieilles voitures juste là bas. Ça te dérange pas ? » Je levai les yeux au ciel tout en crispant ma mâchoire. Je ne comprenais même pas comment il pouvait être aussi souriant alors qu’il était évident que sa femme se sentait mal. Qu’il s’en aille, il ne faisait que déranger inutilement, sa présence était loin d’être appréciée. Pour éviter de me laisser aller à des commentaires discourtois, je me rapprochai d’Ailina pour essayer de lui remonter le moral. L’interruption de Monsieur le mauvais mari m’avait fait oublié pendant un temps bien trop long sa déception flagrante et je devais me rattraper avant que les événements n’échappent à mon contrôle. Je ne pouvais pas laisser les circonstances mettre ma fille à la seconde place, elle était celle qui avait le plus besoin de moi, toujours. Maladroitement, je tentai de la rassurer malgré toute l’incertitude qui me tenaillait sur les attentions de Kenlee. Je ne pouvais pas lui donner trop d’espoir, mais je ne pouvais pas non plus lui dire qu’elle ne pourra jamais rencontrer sa mère, pas quand elle se trouvait en face d’elle. Mais un soulagement bienfaiteur m’envahit lorsque je ne la vis pas se raidir alors que je croisais son regard dans la recherche d’un indice sur ses pensées. Ce n’était pas beaucoup, certes, mais c’était bien plus que son rejet brutal lors de nos retrouvailles. « Je ne reprends mes fonctions que la semaine prochaine, si tu veux je peux essayer de t’aider un peu avec les dernière mélodies ? J’ai une méthodologie qui aide pas mal. Enfin, si tu as le temps bien sûr. » A la simple entente de sa voix, mon sourire revint de plus belle, surtout en les imaginant travailler ensemble et créer un lien spécial. Presque aussitôt, Ailina se tourna vers moi pour me faire ce regard qu’elle savait bien trop craquant pour que je refuse. Et je me mis à rire au même moment que Kenlee, détruisant toute trace de tension de mon visage. « Sauf si tu as beaucoup d’autres matières à réviser, je n’ai pas envie que tu échoues au lycée au profit des leçons de piano. Surtout que c’est le bac cette année ! » J’eus un nouveau rire en voyant Lina lever les yeux au ciel, c’était exactement la réaction que je m’attendais à voir de sa part. « Je crois que tu connais déjà ma réponse, je ne vois pas comment je pourrais dire non. Mais attention, ce n’est pas une raison pour mettre de côté le reste. » Je m’arrêtai sur les avertissements, je ne faisais que perdre de la salive inutilement vu comment la demoiselle sautait dans tous les sens sans écouter un seul mot de ce que je pouvais lui dire. Je secouai doucement la tête avec un sourire alors qu’elle décrochait rapidement son portable pour raconter la bonne nouvelle à je ne savais lequel de ses amis. J’en profitai pour reposer mon attention sur mon ex qui semblait reprendre son souffle pour la première fois depuis mon arrivée. « J’ai bien cru qu’elle allait vraiment deviner. Je crois que je suis pas encore prête pour ça. » Je lui fis un sourire et m’avançai légèrement vers elle pour poser une main rassurante sur son bras. « Elle avait deviné et je ne sais pas si j’aurais pu lui enlever cette pensée de la tête. Heureusement, ton mari est arrivé juste à temps… » Je coupai alors le contact entre nous et détournai le regard avec frustration. Ça me coûtait tellement d’avouer qu’il leur avait sauvé la mise alors qu’il n’était même pas capable de se rendre compte de ce qu’il se passait juste sous ses yeux. Mais je ne pouvais pas le laisser me détruire la belle journée que j’avais prévu et, même si elle ne commençait pas selon mes plans, je pouvais encore la transformer de façon agréable. Je glissai mes mains dans ma veste et plongeai mes yeux dans les pupilles noisettes de Kenlee. « Ça te dit de marcher un peu ? Ailina risque d’en avoir pour un moment, autant en profiter pour faire le tour ensemble, tu ne penses pas ? » Je me mis alors à marcher vers elle tout en l’observant avec un sourire chaleureux pour la pousser à me suivre. Lorsque je fus certaine qu’elle m'emboîtait le pas, je me déplaçai vers les tréteaux disposés à quelques pas de nous, mais je n’étais toujours pas concentrée sur les produits présentés. Je me contentai de toucher certains légumes à ma portée, comme pour observer leur maturité, sans pour autant avoir l’attention de les acheter. Un feijoa à la main, je jetai un regard tendre à la brune. « Merci… Pour Ailina et ta proposition, tu n’étais pas obligée de faire ça. Tu peux venir à la maison l’aider si tu veux, pour éviter un malaise chez toi ou le problème des horaires au conservatoire. Sauf si tu regrettes ? Ce que je comprendrais très bien et je trouverais une excuse pour toi, ne t’en fais pas ! Et tu as peut-être d’autres représentations à faire en Angleterre ou ailleurs ? Enfin, je comprendrais si tu n’as pas trop le temps. » Je me tus d’un coup en me rendant compte le flux de paroles que je venais de sortir en un temps trop court. Un gros coup de stress m’était tombé dessus sans prévenir, j’avais presque peur de me retrouver seule avec elle et de me rendre compte que son temps de réflexion l’avait convaincue que sa vie était très bien comme elle l’était actuellement.



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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Jeu 23 Mar - 21:46

J’avais presque oublié que Lewis existait, et l’espace d’un instant, je sens un vent de malaise s’emparer de moi. Mon mari devrait être mon repère, celui qui m’aide à me centrer, à me sentir moi-même. Mais là j’ai juste envie qu’il reparte, qu’il me laisse seule avec Niamh et Ailina. Heureusement il propose de s’éclipser pour aller voir les voitures et je laisse échapper un petit soupire de soulagement une fois qu’il est reparti. Sans attendre, je propose à la jeune fille de lui donner quelques tuyaux pour le morceau qu’elle a voulu travailler d’elle-même, et elle semble en joie, demandant à sa mère la permission d’un simple regard. Je souris de les voir faire. « Je crois que tu connais déjà ma réponse, je ne vois pas comment je pourrais dire non. Mais attention, ce n’est pas une raison pour mettre de côté le reste. » La petite blonde lève les yeux au ciel et je ne peux réprimer un petit rire. Sans tarder, elle s’éclipse pour un coup de téléphone et me laisse seule avec sa mère, pour mon plus grand plaisir. La jolie blonde pose une main sur ma main et je sens une succession de frissons s’emparer de moi. « Elle avait deviné et je ne sais pas si j’aurais pu lui enlever cette pensée de la tête. Heureusement, ton mari est arrivé juste à temps… » Je hoche la tête, juste assez, pensant au plus profond de moi qu’il fallait bien qu’il serve à quelque chose. Mais je me retiens de dire à voix haute tout ce que je pense tout bas. « Ça te dit de marcher un peu ? Ailina risque d’en avoir pour un moment, autant en profiter pour faire le tour ensemble, tu ne penses pas ? » Je lui souris, agréablement surprise de sa proposition, et hoche la tête de manière positive. « Oui, avec plaisir. » Je me tourne pour me mettre dans le même sens qu’elle et nous commençons à marcher côte à côte. Le plus naturellement du monde, nous déambulons autour des étales du marché, silencieusement, avant que Niamh ne reprenne la parole. « Merci… Pour Ailina et ta proposition, tu n’étais pas obligée de faire ça. Tu peux venir à la maison l’aider si tu veux, pour éviter un malaise chez toi ou le problème des horaires au conservatoire. Sauf si tu regrettes ? Ce que je comprendrais très bien et je trouverais une excuse pour toi, ne t’en fais pas ! Et tu as peut-être d’autres représentations à faire en Angleterre ou ailleurs ? Enfin, je comprendrais si tu n’as pas trop le temps. » Je m’arrête et la regarde, voyant qu’elle comprend rapidement que le flot de ses paroles ont visiblement dépassé sa pensée. Je la connais assez bien pour savoir que ce genre de réaction ne résulte que d’un coup de stress soudain, et c’est à mon tour de poser une main tendre sur son bras, serrant à peine ce dernier sous mes doigts et lui adressant un sourire qui se veut rassurant. C’est le monde à l’envers je dois dire. « Je ne regrette pas d’avoir proposé ça à Ailina, ça me fait plaisir, elle a beaucoup de talent et si je peux l’aider à devenir meilleure, alors je le ferai. » Je souris de plus belle et lâche finalement le contact de ma main sur son bras. « Je n’ai pas de représentations en Angleterre avant le mois prochain, j’ai tout mon temps. Et peu importe pour moi, on peut travailler dans mon studio, ou je peux aussi venir chez vous. » Je m’arrête et ne la lâche pas des yeux, pas un seul instant. « Comme ça t’arrange. » J’avoue qu’au fond, j’ai la curiosité de me rendre chez elles, voir où elles vivent, ce qui fait leur environnement de vie. Je sais aussi qu’il n’y aura pas de soucis pour que la petite blonde se rende chez moi pour les leçons particulières, ce n’est pas la première fois qu’il m’arrive de donner des cours particuliers. « Disons que si je viens, j’aurai peut-être la chance de te croiser ..? » Ce serait le point qui ferait la différence. Mais je ne compte pas m’attarder sur ce point. « Enfin, c’est comme tu veux toi. » Je viens placer mes mains sur mes bras désormais croisés et baisse un peu la tête avant de replonger mon regard dans celui de cette femme que j’ai aimée plus que de raison. « Merci, pour tes messages la dernière fois. C’est sans doute pas grand chose pour toi, mais ça m’a beaucoup aidée. Je sais pas pourquoi mais ce soir là j’avais besoin de ce genre de mots. Les tiens. » Je rougis presque un peu et esquisse un sourire, mal à l’aise de cette déclaration sous-jacente et pas vraiment assumée. Il fallait pourtant que je lui dise que j’avais apprécié notre échange de sms.
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mar 4 Avr - 21:22

Maintenant que j’étais seule avec Kenlee, le stress avait balayé toutes les autres émotions que j’avais pu ressentir. Je n’étais pourtant pas du genre à être anxieuse et je n’avais pas peur de me retrouver seule avec quelqu’un d’autre, ça m’arrivait trop souvent dans la semaine pour que ça m’influence d’une quelconque façon. Seulement, la brune parvenait à jouer un rôle à merveille lorsque cela lui permettait de ne pas révéler certains de ses secrets et je ne savais pas si elle était vraiment heureuse de me revoir ou si elle allait enfin enlever son masque. Je lui avais toujours dit qu’elle n’avait pas besoin de faire semblant avec moi, je voulais être avec elle, qu’elle soit de bonne ou de mauvaise humeur. Mais cela signifiait aussi qu’elle pouvait disparaître à tout moment, elle pouvait définitivement venir me dire que je n’en valais pas le risque. Et pourtant, elle resta à mes côtés, elle s’approcha même de moi pour poser sa main sur mon bras et ancrer son regard dans le mien. « Je ne regrette pas d’avoir proposé ça à Ailina, ça me fait plaisir, elle a beaucoup de talent et si je peux l’aider à devenir meilleure, alors je le ferai. » Elle parlait avec son amour pour la musique, sans même penser à ce qui la liait à ma fille, mais cela me suffisait pour calmer mon hésitation et me faire sourire. « Je n’ai pas de représentations en Angleterre avant le mois prochain, j’ai tout mon temps. Et peu importe pour moi, on peut travailler dans mon studio, ou je peux aussi venir chez vous. Comme ça t’arrange. » Sans lâcher ses yeux, j’essayai de ralentir le rythme de mon cœur par une respiration contrôlée. Même si elle comptait retourner en Angleterre pour quelques concerts, elle restait ici le reste du temps, elle restait à quelques minutes de chez moi. Et, plus que tout, elle semblait parfaitement à l’aise à l’idée de venir nous retrouver à la maison. « Disons que si je viens, j’aurai peut-être la chance de te croiser ..? » Ce n’était vraiment pas la phrase à dire si elle voulait m’aider à calmer les battements de mon cœur, mais, par contre, c’était assez efficace pour faire briller mes yeux. Son retrait timide et ses bras qui se croisèrent contre sa poitrine ne purent réduire ma joie, il était trop tard pour revenir sur la proposition. « C’est décidé alors, tu viendras à la maison ! Ça m’évitera de venir récupérer Lina et de l’entendre râler parce qu’on parle. En plus, tu risques d’avoir du mal à la faire se concentrer dans ta villa. » Les doutes n’avaient plus aucune influence sur moi, j’avais enfin retrouver mon assurance et mon franc-parler. Il fallait juste que je garde en tête qu’elle restait mariée et qu’elle venait simplement donner des leçons de piano, elle ne venait pas pour recoller les morceaux. Je reposai le fruit que j’avais à la main avec les autres et m’apprêtai à repartir quand je vis que Kenlee n’avait toujours pas bougé. Je me tournai vers elle avec un doux air interrogateur. « Merci, pour tes messages la dernière fois. C’est sans doute pas grand chose pour toi, mais ça m’a beaucoup aidée. Je sais pas pourquoi mais ce soir là j’avais besoin de ce genre de mots. Les tiens. » Je lui dis un tendre sourire avant de me rapprocher d’elle. J’eus envie de caresser son visage du bout des doigts, mais je n’eus pas le choix que de me retenir. « Les spectacles t’angoissent toujours autant, hein ? Je n’ai pas oublié tu sais, le fourmillement qui me faisait frémir d’impatience avant de monter sur scène. Mais quand on attendait ensemble dans le jardin, je ne pensais plus à la peur de rater une note, j’avais juste hâte de jouer avec toi. » Mon regard dériva lentement vers ses lèvres alors que la proximité me réchauffait de plus en plus. Je ne pouvais pas faire ça, je n’avais pas le droit. Et pourtant, ce n’était pas l’envie qui me manquait. « Eh Niamh, viens que je te fasse goûter ma nouveauté du jour à toi et ta copine. » Je me reculai brusquement d’un pas et tournai la tête sur le côté pour voir un des marchands habituels me faire un signe. Je lui fis un sourire avant de prendre la main de Kenlee et de me précipiter vers lui. « Salut Silas ! Qu’est-ce que tu nous as encore inventé ? Tiens, goûte. Tu verras, c’est une tuerie ses plats. » Je pris la cuillère que me tendait le commerçant et la donna à la brune avant de récupérer la deuxième. A peine avais-je posé la spécialité inconnue sur ma langue que j’émis un léger gémissement. « Punaise, mais comment tu fais pour que ce soit aussi bon ?! J’ai beau essayé les recettes que tu me donnes, il me manque toujours un truc ! Alors, qu’est-ce que tu en penses ? » J’observai mon ancienne compagne avec un sourire en attendant son verdict. J’avais bien remarqué le sourire en coin de Silas, mais je ne voulais pas le corriger de peur que Kenlee se sente mal-à-l’aise à cause de son sous-entendu. Avec un peu de chance, il n’essayerait pas de faire son curieux aujourd’hui.


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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mar 4 Avr - 22:54

Tout ça n’est pas facile à gérer. Savoir que je suis mariée, ne pas savoir exactement ce que je veux. Mais étrangement quand elle est là, tout s’estompe autour d’elle, je ne vois que son visage fin, la couleur de ses yeux et le contour de ses lèvres. Je ne pense plus à rien et me concentre seulement sur ce qu’elle pourrait me dire, sur ses sourires minces et les miens en guise de réponse. Je me sens le besoin de me justifier, comme si j’avais peur qu’elle imagine que je n’ai pas envie de voir sa fille, celle qu’elle estime être ma fille aussi d’ailleurs. Pour le moment, il est encore trop tôt pour moi, pour que j’assume être la mère d’une enfant que je n’ai pas portée, enfant qui n’en est plus vraiment une d’ailleurs. Bien sûr que nous l’avons désirées, autant elle que moi, à l’époque, mais les choses ont tellement changé depuis. Je sens le regard de Niamh changer lorsqu’elle comprend que ça me ferait plaisir de la voir, dans un autre contexte, chez elle, chez elles. « C’est décidé alors, tu viendras à la maison ! Ça m’évitera de venir récupérer Lina et de l’entendre râler parce qu’on parle. En plus, tu risques d’avoir du mal à la faire se concentrer dans ta villa. » Je ris légèrement, imaginant très bien le manque de concentration de la jeune femme, j’en ai fait les frais plusieurs fois en cours, et il faut dire qu’elle a de qui tenir. Je ne tarde pas à changer de sujet, la remerciant pour ses mots bienveillants avant que je ne monte sur scène. « Les spectacles t’angoissent toujours autant, hein ? Je n’ai pas oublié tu sais, le fourmillement qui me faisait frémir d’impatience avant de monter sur scène. Mais quand on attendait ensemble dans le jardin, je ne pensais plus à la peur de rater une note, j’avais juste hâte de jouer avec toi. » Mon regard oscille entre ses yeux, ses mots me ravissent le coeur, je ne peux pas le nier. Je vais pour ouvrir la bouche et lui répondre, mais je n’ai pas le temps que déjà j’entends le prénom de la blonde, me faisant tourner la tête vers un homme à un étalage un peu plus loin. « Eh Niamh, viens que je te fasse goûter ma nouveauté du jour à toi et ta copine. » Sa copine ? Je n’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps que la main de Niamh s’échoue dans la mienne et déjà mon coeur s’emballe. Mélange entre le bien être que cela me procure et l’angoisse d’imaginer que n’importe qui pourrait nous surprendre, Ailina et Lewis entre autre. Pourtant, je serre sa main dans la mienne, pour le peu que ça durera, et la laisse me guider jusqu’à l’étalage de cet homme qu’elle semble assez bien connaître. « Salut Silas ! Qu’est-ce que tu nous as encore inventé ? Tiens, goûte. Tu verras, c’est une tuerie ses plats. » Je récupère la cuillère que me tend Niamh et après un léger sourire, je goûte ce qu’il y avait dans ladite cuillère. Je regarde la blonde fermer les yeux et son léger gémissement me fait frissonner, c’est plus fort que moi. « Alors, qu’est-ce que tu en penses ? » Je hoche vivement la tête en souriant. « C’est délicieux, bravo ! » Je souris au jeune homme et lui commande même de quoi faire un repas pour deux, ça m’évitera de faire le repas pour ce midi. Niamh commande aussi ce dont elle a besoin et je sens le regard insistant du jeune homme sur ma personne. Après l’avoir remercié, nous avançons un peu plus loin, et une fois assez loin, je demande quand même à Niamh. « Il a bien dit ‘ta copine’ ? » Je tourne les yeux vers la blonde et vois son petit sourire en coin. Je lève les yeux au ciel en laissant échapper un léger rire, frôlant sa main dans le vouloir lorsque notre démarche nous a laissé le droit d’un simple contact impromptu. Un nouveau frisson me parcourt j’ai envie de recommencer mais une une voix me tire de la bulle que j’étais en train de reformer avec Niamh. « Maman ! » Je sursaute et me tourne en même temps que la blonde pour faire face à ma jeune élève. « Je peux aller rejoindre des amis ? Ils sont dans le parc juste à côté, je serai rentrer pour le déjeuner ? Et puis, c’est pas comme si je te laissais toute seule… » Elle m’adresse un sourire presque complice et mes lèvres s’étirent à peine en leurs extrémités. J’attends que Niamh réponde à sa fille, espérant du plus profond de mon coeur que mon ‘cher et tendre mari’ prenne tout son temps avec ses voitures à la noix.
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Ven 14 Avr - 19:58

Pourquoi fallait-il toujours que je me mette dans une position inconfortable comme maintenant ? J’avais beau plus qu’apprécier le plat de Silas, son regard scrutateur ne cessait de me rappeler la proximité qui m’avait liée à Kenlee pendant quelques minuscules secondes. En plus, à cause de lui, j’avais la sensation d’avoir un manque depuis que la brune m’avait lâché la main une fois arrivées devant son stand. S’il ne m’avait pas appelée et attirée à lui, je n’aurais pas eu le réflexe de la prendre et je ne serais pas là à me battre pour ne pas glisser une main dans son dos ou faire un autre de ces gestes tendres qui m’étaient interdit. Enfin, c’était tout de suite plus simple de me retenir quand je l’entendis commander une portion pour deux, clair rappel de sa situation personnelle. Je m’éloignai un peu le temps qu’il la serve et qu’il encaisse son achat et essayai de repérer les caisses qui se cachaient derrière son matériel de cuisine. « Tu cherches quelque chose peut-être ? T’as de la chance, il me restait encore trop de provisions cette semaine, tiens. » Il se pencha et attrapa une caisse en bois remplie de légumes de saison. « Merci Silas, tu me sauves la vie ! Je n’avais aucune envie de faire un tour au supermarché prendre leurs produits chimiques. Je vais aussi te prendre deux portions de ton plat du jour, je pense que Lina en raffoler. » Le commerçant ne mit pas longtemps à froncer les sourcils et à se tourner en direction de Kenlee avec un air d’incompréhension. « Oui, oui, je te dirai ce qu’en a pensé son mari, mais t’en fais pas, tout le monde aime tes recettes. » Avec l’oreille attentive de la musicienne à quelques pas de nous, je n’avais trouvé que ce subterfuge pour lui faire comprendre la situation et éviter les commentaires fâcheux. Ce n’était pas le moment d’avoir un scandale au marché, pas quand ce fameux mari était dans les parages et qu’elle était loin d’être prête à entendre la moindre suggestion en public. Le passionné de cuisine sut se faire discret pour une fois, mais son expression semblait vouloir me faire comprendre qu’il n’était pas totalement dupe. Je me dépêchai de le payer et de le remercier pour m’éloigner et retrouver la liberté dans les allées du marché. « Il a bien dit ‘ta copine’ ? » Ça ne lui avait donc pas échappé. Je fis mon possible pour me retenir de sourire en la voyant se tourner vers moi, mais c’était quasiment impossible en sachant que ça ne l’avait pas crispée. « Que veux-tu, il désespère de ne pas savoir à qui appartient mon cœur et en me voyant aux côté d’une magnifique femme, il ne pouvait que penser que tu étais l’élue. Même si l’idée de me déplaît pas du tout, je devais lui dire la vérité. J’espère qu’il ne sera pas déçu lui aussi lorsque je lui présenterai quelqu’un. » J’avais parlé sur le ton de l’humour et je gardai une légèreté naturelle, mais cette pensée me troublait bien plus que je ne le laissais paraître. Son rire, son frôlement de main qui me fit frissonner agréablement, je voulais en provoquer d’autres pour en profiter encore et encore. Je voulais avoir la possibilité de le vivre à chaque instant de ma vie, sans obstacles, ni doutes. « Maman ! » Dans un retour brusque à la réalité, je sursautai et me retournai vivement pour voir Ailina se précipiter vers nous. « Je peux aller rejoindre des amis ? Ils sont dans le parc juste à côté, je serai rentrer pour le déjeuner ? Et puis, c’est pas comme si je te laissais toute seule… » Certes, je n’étais pas seule, mais elle me laissait au bord du précipice, celui qui me plongerait sans merci dans une addiction par la torture insoutenable et pourtant si vivifiante de sa présence, ni trop proche, ni trop éloignée. « Comme si je pouvais refuser devant ta prof… Vu que ça va forcément arriver, essaye de m’envoyer un message dès que tu sais que tu ne rentreras pas pour midi. Et reviens pour le dîner, notre soirée films nous attend. » La blonde hocha vivement la tête avant de m’embrasser sur la joue, saluer poliment Kenlee et disparaître en direction du parc. « Et dire qu’elle habite encore à la maison, c’est à se demande ce que ça va être quand elle va déménager. Enfin, il est encore beaucoup trop tôt pour penser à ça ! Tu as ton portable sur toi ? » Sans prévenir, je me tournai vers mon ancienne question et me retins à ma caisse en attendant sa réponse. A son regard interrogateur, je me mis à rire doucement. « T’inquiète, je ne vais pas te demander ton numéro et te harceler, je peux déjà le faire. J’pensais juste qu’on pouvait profiter du beau temps pour aller poser tout ça dans ma voiture et aller faire un tour à la plage. Je connais un coin tranquille où les promeneurs et les coureurs ne viendront pas nous embêter. » Ça, par contre, ça sonnait un peu plus comme un essai de drague si on ne connaissait pas notre histoire, mais ce n’était pas ce que j’avais en tête. Enfin, presque pas.

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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mer 26 Avr - 13:07

Je laisse Niamh s’occuper de faire ses provisions, et m’amuse de voir à quel point elle est pointilleuse sur ce qu’elle mange, elle n’a pas changé à ce sujet, et j’ai gardé les mêmes habitudes qu’elle m’a transmises. Mais lorsque la blonde demande à son ami commerçant deux portions de son plat, je vois son regard légèrement suspicieux, presque même déçu. « Oui, oui, je te dirai ce qu’en a pensé son mari, mais t’en fais pas, tout le monde aime tes recettes. » Si ce n’était pas une manière détournée de lui dire que non, nous n’avons pas le lien qu’il semblait vouloir chercher, alors je me fais nonne dès demain. Nous repartons toutes les deux et je ne tarde pas à lui demander si j’ai bien entendu la question du commerçant, cherchant sans doute des explications. « Que veux-tu, il désespère de ne pas savoir à qui appartient mon cœur et en me voyant aux côtés d’une magnifique femme, il ne pouvait que penser que tu étais l’élue. Même si l’idée de me déplaît pas du tout, je devais lui dire la vérité. J’espère qu’il ne sera pas déçu lui aussi lorsque je lui présenterai quelqu’un. » Si mon coeur s’est emballé au début de son explication en entendant les éloges qu’elle faisait de moi, je sens mes entrailles se remuer sur la fin de sa tirade, imaginant déjà quelqu’un dans ses bras, la toucher, l’embrasser, l’aimer comme j’ai pu l’aimer. Mon regard s’assombrit très légèrement et le rictus au coin de mes lèvres a perdu de sa vigueur. Heureusement, Ailina vient briser cet instant hors du temps, je pense qu’il valait mieux avant que je ne fasse des bêtises. Je laisse la jeune femme faire les yeux doux à sa mère, et je dois avouer que la scène est attendrissante. J’ai cru comprendre que ce n’était pas une période facile pour toutes les deux, l’adolescence de la jeune fille est visiblement difficile à vivre pour chacun des deux, mais je suis sûre que ça finira par s’arranger. Ailina dépose un baiser sur la joue de sa mère et m’adresse un signe de main auquel je réponds accompagné d’un sourire tendre, la regardant d’éloigner en trottinant. « Et dire qu’elle habite encore à la maison, c’est à se demander ce que ça va être quand elle va déménager. Enfin, il est encore beaucoup trop tôt pour penser à ça ! Tu as ton portable sur toi ? » Je ris un peu à l’entendre imaginer déjà le futur. « Oui, laisse-toi du temps. » Lorsqu’elle me demande si j’ai mon portable, je penche la tête légèrement sur le côté, surprise de sa question. « Oui mais, enfin pourquoi tu..? » « T’inquiète, je ne vais pas te demander ton numéro et te harceler, je peux déjà le faire. J’pensais juste qu’on pouvait profiter du beau temps pour aller poser tout ça dans ma voiture et aller faire un tour à la plage. Je connais un coin tranquille où les promeneurs et les coureurs ne viendront pas nous embêter. » Mon regard ancré au sien, j’ai du mal à faire les connexion dans mon cerveau. L’envie de m’emparer de ses lèvres se fait plus présente et ce n’est rien comparé à ce feu d’artifice à la fin de sa phrase qui sous-entend beaucoup plus de choses qu’elle ne semblait vouloir dire. Un léger sourire étire mes lèvres et je ne peux m’empêcher de planter mes dents dans ma lèvre inférieure, avant de jeter un oeil à ma montre. « Laisse-moi une seconde. » Je récupère mon portable dans la poche de mon trench et compose le numéro de de Lewis. Il décroche assez rapidement et c’est en plongeant mon regard dans celui de Niamh que je m’adresse à mon mari. « Oui chéri, je suis désolée j’ai dû partir en catastrophe, Jessica m’a appelée paniquée je sais pas trop bien ce qu’il s’est passé, un souci avec son nouveau mec. Bref je pouvais pas la laisser toute seule. Tu m’en veux pas ? Merci, oui je te tiens au courant ! Moi aussi. » Je raccroche et arbore une petite moue de gamine ayant menti à ses parents pour sortir avec la personne qu’elle convoite. « Je suis toute à toi. » Et si cette phrase n’est pas remplie de sous-entendus, je ne sais pas comment le dire autrement. D’ailleurs, le pétillement de mes yeux en dit long sur mes sentiments.
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mar 9 Mai - 21:29

Le doute dans son regard m’amusa, il ressemblait tellement à celui qu’elle m’avait fait la première fois que je lui avais posé la même question. Avec le temps, sa réponse était bien plus agréable à entendre, même si sa méfiance agressive m’avait tout de suite plu à l’époque. Je la rassurai rapidement le sourire aux lèvres, je voulais simplement profiter d’une belle journée avec elle. Impatiente d’entendre sa réponse, j’étais prête à la faire changer d’avis si elle évoquait ne serait-ce que l’ombre d’un non. Il était hors de question qu’elle s’échappe maintenant que j’avais réussi à la revoir, je ne pouvais pas me contenter de cinq minutes de discussion, c’était trop peu. Surtout quand ses lèvres m’hypnotisaient ainsi, ses dents venant les mordre délicatement. « Laisse-moi une seconde. » Son geste pour récupérer son portable me fit relever mon regard et je me concentrai difficilement pour ne plus lâcher le sien. Si elle voulait une relation sans aucune ambiguïté entre nous, elle allait devoir faire un effort pour ne pas me séduire. Et pas d’excuse d’inconscient, elle savait parfaitement ce qui pouvait me faire craquer. « Oui chéri, je suis désolée j’ai dû partir en catastrophe, Jessica m’a appelée paniquée je sais pas trop bien ce qu’il s’est passé, un souci avec son nouveau mec. Bref je pouvais pas la laisser toute seule. Tu m’en veux pas ? Merci, oui je te tiens au courant ! Moi aussi. » J’eus le droit à un nouveau refroidissement rapide de sa part, son mariage restait inlassablement entre nous comme un juge venant faire sa loi à tout instant. Heureusement pour lui, j’étais d’humeur à rester sage, je ne le provoquerais pas tout de suite. Et si je me fiais aux picotements qui me parcouraient en tout sens, cela me rappelait que trop vivement cette période électrisante de notre début d’histoire. La raison devrait me rappeler à l’ordre, me faire comprendre que je n’avais plus l’âge pour ces gamineries. « Je suis toute à toi. » Mais la raison n’avait jamais eu son mot à dire quand Kenlee était dans les parages. Je profitai encore quelques instants de ce regard de feu qu’elle m’offrait avant de me tourner sur le côté et de reprendre ma marche en direction des voitures. Si on y faisait attention, mon pas pouvait révéler mon côté encore enfantin par son avancé légèrement sautillant. Arrivée à la voiture, je balançai ma caisse sur le toit et me mis à fouiller vaillamment dans mon sac. « Foutues clés, toujours à se cacher au pire endroit. » Mon ancienne compagne n’avait pas besoin d’avoir peur de ne pas me reconnaître, je n’avais définitivement pas changé sur certains points. Je m’étais toujours trois fois plus de temps à trouver mes affaires qu’à les ranger. Et la suite ne fit que le confirmer alors que j’ouvrais précipitamment le coffre pour y poser sans un regard mes courses. Je me reculai afin de lui laisser la place de faire de même. « Par là. » Je lui désignai une rue tranquille qui descendait vers la plage. Tout au long de notre marche, je laissai ma main basculer près de la sienne sans jamais oser la prendre. Chaque chose en son temps. Je tournai vers la gauche et avançai encore un peu avant de repérer mon passage préféré. Si je passai devant, je ne me précipitai pas pour dévaler les rochers, prenant le temps d’aider la brune à emprunter le même chemin que moi. « Attention, la dernière pierre glisse… Tiens. » Je lui tendis ma main pour qu’elle y prenne appui, mais ne la lâchai pas lorsqu’elle m’eut rejoint sur le sable. D’abord paume contre paume, je finis par décaler ma main pour entremêler nos doigts. Son toucher et sa chaleur réveillèrent une multitude de sensations qui transpercèrent ma peau. Malgré toutes mes aventures, jamais personne n’avait réussi à me faire sentir aussi vivante. Pas de cette façon-là, pas aussi intensément. J’avais fini par me convaincre que je ne le retrouverais plus et que les autres femmes pouvaient me faire découvrir d’autres plaisirs tout aussi agréables. Seulement, je ne voyais plus comment le concevoir maintenant que j’y avais de nouveau goûté. Arrivées au bout du banc de sable, à l’abri de rochers abrupts et de l’eau, je laissai tomber vers le sol et coupai notre contact pour enlever mes chaussures. Aussitôt fait, je plongeai mes pieds dans le sable pour apprécier la chaleur de chaque grain sur ma peau. « Enfin seules ! » Je posai mes bras derrière moi, le regard tourné vers Kenlee, un grand sourire aux lèvres. Je n’avais pas tenté une nouvelle approche, j’avais envie que cela vienne d’elle cette fois-ci.

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Dernière édition par Niamh O'Neill le Mar 23 Mai - 20:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Lun 22 Mai - 23:21

Je suis toute à toi. Mais n’importe quoi ? Qu’est-ce qui me prend exactement ? Je suis en train de redevenir une adolescente avec son crush, je suis vraiment ridicule. Le sourire qu’elle m’offre me laisse comprendre qu’elle aime cette alternative. Nous prenons le chemin de sa voiture et je la suis sans broncher, sentant pourtant une vague de chaleur m’envahir, du simple fait d’être en sa présence. Seule en sa présence. Une fois aux abords de sa voiture, je la laisse chercher ses clés et souris de la voir peiner à les trouver. « Foutues clés, toujours à se cacher au pire endroit. » Je ris cette fois, me souvenant de tous les instants où elle avait l’habitude de tout perdre quand nous étions ensemble. Si nous étions toutes les deux rêveuses, j’étais sans doute la partie la plus terre à terre de notre couple. Une fois nos courses déposées dans le coffre de sa voiture, je la laisse refermer cette dernière pour que nous puissions partir en direction de la plage, là où elle semblait vouloir m’emmener. Je me laisse guider, sans un mot, juste appréciant notre proximité retrouvée. A un moment, j’aurai juré sentir le frôlement de sa main contre la mienne, mais l’électricité qui m’a parcourue me laisse un certain doute, me demandant simplement si je ne deviens pas juste folle, l’envie certaine de la sentir prendre ma main à sa guise. « Attention, la dernière pierre glisse… Tiens. » Elle me tend la main pour m’aider et je ne me fais pas prier, prenant appui sur cette dernière pour éviter de me casser la figure. Même si le sable ne doit pas être un si mauvais tapis d’atterrissage, autant éviter. Volontairement je ne lâche pas sa main, et sentant qu’elle entremêle nos doigts me fait me sentir étrange, faisant surtout battre mon coeur plus vite qu’à l’accoutumée. Une fois sur le bord de l’eau, Niamh rompt le contact pour s’asseoir dans le sable chaud avant de retirer ses chaussures pour plonger ses pieds dans le sable. Je la regarde faire en souriant, ayant l’impression de retrouver une nouvelle jeunesse. Je l’imite alors, retirant mes sandales et soupirant de sentir le sable entre mes orteils, et je rejoins finalement la blonde, assise près d’elle, je pose mes mains dans le sable chaud avant de venir volontairement chercher sa main, délicatement, caressant ses doigts du bout des miens, les yeux rivés vers l’eau et le clapotis des vagues. J’ai l’impression de me sentir à nouveau dans une bulle à son contact, mieux que toutes ces années loin d’elle. Le silence de ce moment n’est pas du tout pesant, bien au contraire, il a un bienfait sur moi, et ça a toujours été comme ça, d’aussi loin que je me souvienne. Nous n’avons jamais eu besoin de nous parler pour nous comprendre réellement. L’espace d’un instant, une question fuse dans mon esprit, mais ce n’est pas le genre de question que l’on pose à vois haute. J’aimerai simplement comprendre pourquoi il m’a toujours été impossible de l’oublier, comme si elle me suivait, chaque jour, chaque nuit, parfois un peu plus et parfois un peu moins. Mais je n’ai pas envie de plomber l’ambiance, et je dois réfléchir à ce que j’ai envie de lui dire. Je me sens encore tellement perdue dans ma vie, je sais que mes sentiments pour elle n’ont jamais été que sincères, et rien ne pourra changer ça, mais aujourd’hui les choses sont tellement compliquées que je peine à savoir ce que je veux. Pourtant, l’envie de plaquer à nouveau mes lèvres sur les siennes n’est pas vaine, j’en suis consciente. Et à cette simple pensée, je laisse échapper un petit rire amusé, ce qui attire le regard de Niamh sur moi. Je me pince alors les lèvres et secoue légèrement la tête. « J’étais en train de penser que… c’est idiot, je me sens comme une adolescente, à pas savoir comment me comporter avec toi, c’est ridicule je sais… » Je la regarde et souris, avant de me perdre dans la contemplation de ses lèvres qui me font de plus en plus envie. Une mèche de ses cheveux blonds vient se coincer au coin de ses lèvres et je relève ma main pour la délivrer, frôlant sa joue au passage. « J’ai… » Mon regard se fond de nouveau dans le sien avant que je ne taise la fin de cette phrase, préférant passer directement à l’action. Doucement, je m’approche de son visage, fermant les yeux par peur certainement d’avoir à comprendre son regard ou essuyer un refus, et délicatement mes lèvres viennent se poser sur les siennes, créant en moi un frisson inégalable.
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mar 23 Mai - 21:56

Le soleil encore chaud, l’océan à quelques mètres, personne aux alentours et, surtout, Kenlee debout juste à côté de moi, je n’aurais pas pu rêver mieux comme journée. Une pensée plus rêveuse encore menaça de réduire le merveilleux de l’instant, mais je la détruisis avant sa réelle arrivée et appréciai ce qui m’était offert, tout simplement. La brune ne tarda pas à suivre mon exemple et enlever ses sandales pour redécouvrir la chaleur agréable du sable. Je fermai les yeux lorsque son soupir de bien-être s’envola vers moi avant de se mêler au vent frais. Avec le besoin insupportable de devoir l’oublier, j’en avais effacé tous les effets qu’elle parvenaient à provoquer sans même en prendre conscience. Un sourire vint se figer sur mon visage en la sentant s’installer près de moi. Je n’avais même pas besoin d’ouvrir les paupières pour savoir qu’elle était bien là, qu’elle n’avait pas profité pour fuir, sa présence émettait une force invisible et mon cœur battait toujours plus vite lorsque celle-ci m’enveloppa. Il faillit exploser de bonheur alors que mon corps fut parcouru de frisson dû aux douces caresses de Kenlee sur ma main. Si cela avait été un autre jour, à un autre moment de la journée, dans d’autres circonstances, mon esprit aurait bouillonné de questions, mais rien ne venait perturber ce silence apaisant. Les doutes ne pouvaient plus prendre le dessus sur moi, je me sentais trop bien avec elle pour encore me laisser emporter par des questionnements incessants. Je savais ce que je souhaitais et je ne pouvais que lui laisser le temps d’arriver à ce même point. Il n’y avait rien que je pouvais faire pour la faire réaliser si ce n’était être présente dès qu’elle en ressentait l’envie et avancer au même rythme qu’elle. Son rire cristallin et totalement inattendu ne fit que renforcer ce sentiment, je rouvris les paupières avec un grand sourire et me tournai vers elle en relevant un sourcil curieux. « J’étais en train de penser que… c’est idiot, je me sens comme une adolescente, à pas savoir comment me comporter avec toi, c’est ridicule je sais… » Finalement, j’allais peut-être faire en sorte qu’elle prenne confiance plus rapidement histoire de ne pas lui sauter dessus et me faire rejeter violemment. Je mordis discrètement ma lèvre pour ne pas céder à mes désirs et me forçai à garder les yeux levés vers les siens. Si seulement elle pouvait arrêter de fixer mes lèvres, ma retenue n’était que limitée et je frôlai un peu plus la limite à chaque seconde qui passait. Je bougeai légèrement ma tête pour prolonger le contact de sa main sur ma joue. « J’ai… » Mes yeux brillèrent d’un désir de feu avec l’espoir d’avoir deviné le reste de sa phrase. Je me figeai sur place en la regardant s’approcher doucement vers moi, les yeux fermés. Je ne fermai les yeux qu’au dernier moment, n’y croyant qu’à peine, avant de m’avancer imperceptiblement et sentir ses lèvres sur les miennes. Une explosion de chaleur m’envahit aussitôt et je vins glisser ma main contre sa nuque pour l’embrasser amoureusement. Lorsque je m’éloignai légèrement pour la regarder, un sourire heureux illuminait mon visage et je vins caresser doucement sa joue. « Je suis tellement bien avec toi, je n’échangerais ce moment pour rien au monde. » Je me penchai de nouveau vers elle pour l’embrasser tendrement. Je ne parvenais pas à comprendre comment j’avais pu oublié ce bonheur, comment j’avais pu vivre toutes ses années sans elle. C’était elle et personne d’autre. Ça avait toujours été elle. Je ne me séparai d’elle que pour mieux me rapprocher, la faisant s’allonger sur le sable et venant caler ma tête dans son cou, le regard tourné vers le ciel. Ma main vint chercher la sienne avec délicatesse. Profiter de chaque instant sans chercher à avoir plus, c’était ce qui me procurait le plus de joie. « Eh regarde, on dirait une tortue, tu ne trouves pas ? » Je pointai mon index libre vers un nuage passant au-dessus de nous, une lueur amusée dans le regard. Profiter, c’était aussi ne pas chercher à poser des questions sans réponses, à lancer une conversation qui ne nous ferait que du mal au final. C’était se laisser aller à nos envies et j’avais envie de passer une belle après-midi avec elle. Je n’avais pas besoin de comprendre ce qu’il se passait dans sa tête, j’accepterais tout ce qu’elle voudrait bien me donner aujourd’hui, même si ce n’était que ce baiser. Tant qu’elle ne repartait pas les larmes aux yeux, mais le sourire aux lèvres, elle aura fait ma journée.  

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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mer 24 Mai - 14:08

Je me sens différente à ses côtés, comme si tout ce qui existait autour n’avait plus aucune espèce d’importance. Comme si tout ce qui importait pour moi se trouvait là, tout près, à portée de main. Je profite de notre proximité pour jouer de mes doigts sur les siens, bougeant mes pieds dans le sable comme une enfant avant de prendre la parole pour lui avouer que je me sens comme une adolescente. Je sourire qu’elle m’offre me rassure et m’emplit d’un bonheur inouï. Mais lorsqu’elle se met à mordiller sa lèvre inférieure, je perds pieds. Elle a toujours eu cet effet sur moi, et je n’ai jamais cherché à comprendre. Un geste tendre, un échange de regards brûlants, puis un baiser. Impossible de me retenir plus longtemps, il faut dire que j’en ressentais l’envie depuis trop longtemps. Le besoin même. Sa main glissée dans ma nuque me fait frissonner et déjà un ballet de sensations s’invitent dans mon ventre, comme un millier de papillons qui fourmillent et me chatouillent. Ses lèvres s’éloignent à peine des miennes et le sourire qu’elle m’offre me ravit le coeur. « Je suis tellement bien avec toi, je n’échangerais ce moment pour rien au monde. » Mon regard se met à briller d’avantage, perdu dans la profondeur du sien, avant qu’elle ne vienne chercher mes lèvres à nouveau, me laissant échapper un simple soupir de bien-être. Ces simples petites attentions m’ont manqué bien plus que je ne le laisse sembler. Avec personne d’autre qu’elle ne ne me suis sentie aussi bien, et les regrets grondent encore dans tout mon être. Heureusement, Niamh les fait taire en me faisant m’allonger sur le sable, les yeux rivés sur le ciel et ces quelques nuages qui couvrent à peine un ciel d’un bleu pur. Sa tête dans le creux de mon cou, je penche la mienne pour caler ma joue contre sa chevelure blonde. Nos doigts se mêlent à nouveau et je regarde sa main libre se tendre vers le ciel. « Eh regarde, on dirait une tortue, tu ne trouves pas ? » Je me laisse aller à un éclat de rire naturel et sans aucune retenue. Je me fous ouvertement d’elle, en toute bienveillance. « Une tortue ! N’importe quoi ! C’est un éléphant, t’as pas le compas dans l’oeil. » Il y a si longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien, aussi sereine et en phase avec moi même. Je m’efforce de ne pas penser, ne pas réfléchir, et profiter simplement de cet instant pour le moins grisant. « Mais regarde, il a une trompe, c’est pas une tortue ça, les tortues ont pas un cou long comme mon bras ! » Je continue de rire alors qu’elle mêle son rire au mien, et nous nous battons en riant sur la perception de ce nuage qui est déjà en train de change de forme. « Et là c’est devenu un… cul d’hippopotame ! » Et nous voilà repartie dans un nouveau fou-rire à nous en faire mal au ventre et je me tords pour finalement me mettre dans ses bras, ma jambe remontant sur la sienne. Nos rires se calment doucement et je me redresse sur mon coude, juste assez pour la surplomber légèrement et venir poser ma main sur son ventre. « J’ai attendu ça si longtemps… » Mon regard plongé dans le sien, je lui offre un sourire empli d’un amour sincère et qui n’a pas faibli avec les années. Et sans réfléchir, je fonds à nouveau sur elle, remontant ma main à sa joue, glissant dans la naissance de ses cheveux. Je n’ai pas envie de me retenir, je veux pouvoir profiter de cet instant comme il se doit, et c’est donc sans une once d’hésitation que je mets un peu plus de langueur dans ce baiser, venant chercher la chaleur de sa langue du bout de la mienne, le coeur battant la chamade.
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MessageSujet: Re: Poisson pas frais ou conversations embarrassantes ? A chacun son choix le jour du marché - Keniamh    Mer 7 Juin - 21:22

J’avais à peine pointé le nuage du doigt en lui décrivant ce que mon imagination me laissait voir que Kenlee se mit à rire sans aucune retenue. Je détachai mon regard du ciel bleu et le posai sur son visage, le sourire aux lèvres. « Une tortue ! N’importe quoi ! C’est un éléphant, t’as pas le compas dans l’œil. » Une expression choquée transformation mes traits alors que je déviai sans cesse mes yeux entre elle et la masse blanche loin au-dessus de nous. « Mais regarde, il a une trompe, c’est pas une tortue ça, les tortues ont pas un cou long comme mon bras ! » « Qu’est-ce que t’en sais, il n’y a pas de tortues à Londres. Enfin, si, dans les zoos ou des domestiques, mais elles sont réduites pour faire craquer les enfants, c’est pas comparable. En plus, c’est pas un cou, mais un palmier qui protège la tortue ! » Je tendis de nouveau la main pour lui montrer les différentes formes qui déviaient dans le ciel. Sauf qu’il n’y avait plus vraiment de palmier ou de carapace pour que je puisse défendre ma vision et Kenlee ne se retint pas de se moquer un peu plus de moi. Je laissai retomber mon bras avec un grand rire. « Et là c’est devenu un… cul d’hippopotame ! » « T’es sûre que tu n’as pas une insolation toi ? Non, parce qu’entre l’éléphant maigrichon et le cul d’hippopotame, il y a de quoi s’inquiéter. » Je vins la chatouiller doucement tout en riant de plus belle. En la voyant se tordre légèrement, je crus pendant un instant qu’elle allait riposter et je commençai à placer mes bras de façon à ne lui laisser aucune brèche, mais elle vint simplement se poser dans mes bras. Mon souffle s’accéléra vivement en sentant sa jambe se glisser sur la mienne avant de se bloquer pour la faire basculer vers moi. Au contact de sa main sur mon ventre, celui-ci se contracta aussitôt alors que tous mes autres muscles furent libérés de toute tension. « J’ai attendu ça si longtemps… » Je posai doucement la tête contre le sable, un fin sourire s’étira sur mon visage. Je n’avais pas de mots pour lui répondre, pas même un geste, juste un sourire de bonheur. Elle se pencha vers moi et je me relevai légèrement pour répondre à son baiser. Un frisson d’allégresse me parcourut à la sensation de sa main dans ma chevelure. Je vins faire une pression contre le bas de son dos, quand bien même je ne pourrai pas la rapprocher plus de moi. Ses lèvres s’entrouvrirent en me laissant redécouvrir le contact de sa langue contre la mienne et je l’entourai de mes bras pour la faire basculer sur le dos. Des vagues de chaleur m’envahirent alors que je tentai de retenir mes mains avant qu’elles n’aillent retrouver la douceur de sa peau. Tout en retenue, je vins frôler son bras avant de saisir sa nuque et l’embrasser avec passion. Un bruit faible de conversation fit accélérer soudain les battements de mon cœur et je dus m’éloigner à contre-cœur. « Il fallait qu’il y ait des touristes curieux juste aujourd’hui, j’y crois pas. » Je pris tout de même le temps de lui faire un tendre baiser sur la joue avant de me remettre assise et l’aider à faire de même. Malgré l’interruption non souhaitée, je restai toujours aussi heureuse et mon regard ne la lâcha pas une seule seconde. « Est-ce que tu as prévu un concert en à Island Bay ou Wellington ? J’aimerais t’entendre jouer. » Je finis par détourner mes yeux pour regarder un couple passer à travers les hautes herbes nous séparant du chemin. Je les vis tourner la tête vers la plage, mais les tourtereaux semblaient trop absorber par leur conversation pour faire vraiment attention à nous. Mon expression devint plus malicieuse lorsque je me remis face à la brune. « Rien ne vaut l’ouïe d’une musicienne pour ne pas se faire attraper en flagrant délit : épreuve passée avec succès ! Et je me rajoute un point de discrétion, te dépassant toujours avec puissance. » Je lui jetai du sable sur les jambes en relevant ma main et vins la poser près de la sienne, glissant mon pouce contre sa paume.   

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