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 you had me at... no, you don't have me.; pv nilo

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○ âge : 29 ans.
○ statut : fiancée par arrangement.
○ métier : traductrice (en reconversion)
○ quartier : hôtel de luxe du centre-ville (avec théo a.)
○ informations en vrac : surnom : joe

○ posts : 1279 ○ points : 315
○ pseudo : Eilyam
○ avatar : Keira Knightley
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○ inscrit le : 27/02/2017
MessageSujet: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Mer 31 Mai - 4:15

you had me at... no, you don't have me.;
nilo & jordan
get up, don't get up, i beg you to sit tight. sweet girl, i'll be a ghost, girl. forget it, i am fine, if anything, a witnessing, is all i needed that night.

L'ennui commençait à être de taille. Jordan ne savait plus quoi faire à Island Bay, c'était presque un combat quotidien. Elle avait l'impression d'être allée essayer chaque restaurant, chaque café. D'être allée acheter quelques gourmandises dans chaque supérette. D'avoir fait toutes les boutiques possibles et inimaginables, même une friperie. D'avoir pris toutes les photos de l'océan qu'elle aurait pu prendre. D'avoir nourri bêtement chaque mouette qu'elle aurait pu croiser. Non, vraiment... Jordan avait la furieuse impression qu'il ne lui restait rien à faire ici. Elle mourait, à chaque minute, d'envie de retourner à New-York. Ses amis lui manquaient terriblement, et Théo, bien trop peu présent, ne comblait pas le besoin de présence qui s'était fait sien depuis quelques temps. Ses seules conversations se résumaient à celles, pas très passionnantes, avec son chauffeur personnel. Quelques mots échangés par-ci par-là avec les gens de l'hôtel qui commençaient à avoir l'habitude de la présence de Miss Coalman. Heureusement qu'il lui restait Skype, ainsi que son smartphone... Et aussi, le plus important, son argent. Celui qui lui permettait de s'adonner à toutes sortes d'activités, plus ou moins seule. Lorsqu'elle n'avait personne à voir et qu'elle mourait quand même d'envie de sortir de la suite que Théo leur avait louée, Jordan se dirigeait naturellement vers les luxueuses boutiques du centre d'Island Bay. Il y en avait beaucoup moins qu'à New-York, mais c'était déjà ça, pour une ville touristique. C'était donc dans l'une d'entre elles qu'elle se retrouva cet après-midi là. Errant sans but entre les rayons, attendant qu'on lui serve la traditionnelle coupe de champagne qui accompagnait habituellement ses séances d'achats compulsifs. Lorsqu'elle la reçut enfin, Jordan alla naturellement en direction des sacs à main, qui se trouvaient tous exposés, sans leur prix, non loin des quelques cabines d'essayage dont la boutique disposait. Elle se planta devant les étagères d'exposition en verre, dans une position de réflexion intense, lorsqu'un appel derrière elle la sortit de ses pensées. Cela venait des cabines. Certainement un badaud qui attendait qu'on lui ramène une autre taille de vêtements car il aurait été trop stupide pour prendre directement les bonnes tailles. Les yeux de Jordan roulèrent derrière ses paupières closes, et lorsqu'elle les rouvrit elle se décida quand même, curieuse, de se retourner pour voir ce qui se tramait au niveau des cabines d'essayage. Elle n'allait tout de même pas refuser un peu d'action dans son morne quotidien du moment.

 
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Welcome into the Darkness ○ âge : 38 ans (9 novembre)
○ statut : En couple avec la femme de sa vie même si parfois c'est compliqué...
○ métier : Professeur en photographie
○ quartier : West Bay, appartement #17
○ informations en vrac : Prisonnier sous liberté conditionnelle avec un bracelet électronique autour de la cheville gauche, schizoaffectif, alcoolique, grand fumeur et toxicomane.

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○ avatar : Hayden Christensen
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○ inscrit le : 28/04/2017
MessageSujet: Re: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Mer 31 Mai - 18:27

You had me at... no, you don't have me
Nilo & Jordan

La tête au-dessus de la cuvette des W.C, je reprenais mon souffle. Des larmes coulaient le long de mes joues alors que mon visage était rouge sous le coup des spasmes violents qui maltraitaient mon corps. Mon cœur battait la chamade, et j’enfonçai à nouveau mon index et mon majeur dans ma gorge, poussant ma glotte pour déclencher de nouveaux vomissements. Ce midi, j’avais mangé une salade et une tranche de tarte aux poireaux, ainsi qu’un yaourt à la pêche et au fromage blanc allégé, ainsi qu’une tranche de pain. C’était trop. Beaucoup trop. J’allais grossir, à coup sûr, et ça c’était hors de question. Depuis quelques temps, mon anorexie était revenue me posséder d’une main de maître. On croit à tort que cette maladie n’est réservée qu’aux femmes, les hommes préférant, eux, se muscler à l’extrême. Moi, j’étais dans ces deux cas de figure-là, à vrai dire. Il fallait que je maigrisse, à tout prix, et en même temps je m’efforçais de faire du sport pour avoir une musculature harmonieuse. Seulement voilà, depuis trois jours je n’arrivais plus à faire des abdominaux, des gainages et à courir. La cigarette n’était pas la seule fautive dans cette histoire : en recommençant à me faire vomir, je manquais de faire un malaise au moindre effort. Aujourd’hui, jour où je ne donnais pas de cours à l’université, j’avais décidé de moins me prendre la tête, de faire attention à ce que je mangeais et, surtout à bien me reposer. Après tout, cela ne faisait que deux semaines à peine que j’étais sorti de l’hôpital après ma énième tentative de suicide. J’étais encore fragile, j’en avais conscience, mais pour autant je ne faisais rien pour arranger mon cas et aller dans le sens de la guérison. Si mes pulsions d’automutilation s’étaient à peu près apaisées, l’anorexie, elle, était revenue me percuter de plein fouet. Pourquoi, je n’en savais rien. Tout ce que je voyais dans le miroir, c’était la silhouette d’un homme aux bras entièrement enturbannés pour maintenir les compresses posées sur les points de suture de mes indénombrables scarifications, un torse et un dos mutilés après avoir été frappés à maintes reprises par mon propre père. Et puis je me trouvais trop gros. Certainement une idée que je me faisais là, mais je ne supportais plus de porter une taille moyenne dans mes affaires. Il fallait que je perde… au moins un peu. Je m’essuyai la bouche avec du papier toilette, et me déshabillai pour monter sur mon pèse-personne. Je mesurai un mètre quatre-vingt-huit et pesais à présent… soixante-quatre kilos. Bon. J’avais encore perdu. Me rhabillant d’un jean classique bleu nuit délavé, d’un tee-shirt blanc et d’une chemise noire que j’enfilai par-dessus en la laissant ouverte dans un style jeune et décontracté, je me brossai les dents pour ôter de ma bouche l’infâme goût du vomi, puis me dirigeai vers mon lit sur lequel était posé mon ordinateur. Je me laissai tomber sur celui-ci, m’allongeai et attrapai le clavier pour taper le mot clé «IMC ». Lorsque la page s’ouvrit, je rentrai ma taille et mon poids, avant que s’affiche le message suivant :

Selon la classification de l'OMS, l'interprétation de votre IMC (18.11 kg/m²) est :
Maigreur
Notre recommandation pour votre corpulence :
Surveillez votre corpulence, cet IMC est peu élevé, essayez de rester au dessus de 18.5.


A ce résultat, un sourire de soulagement s’afficha sur mes lèvres. J’étais maigre… et j’en étais heureux. Surtout que mes muscles étaient toujours présents : on pouvait aisément voir mes abdominaux, mes plis de l’aine, ma clavicule, les muscles de mon dos, mes pectoraux et de mes bras, cachés pour ceux-là sous les bandages. C’était pas si mal, non ? En tout cas je me garderai bien de le dire à Tracey, car j’étais absolument certain que ces chiffres l’inquiéteraient. La seule chose qui m’embêtait, c’était qu’il fallait que je rachète de nouveaux jeans. Je pouvais encore porter des hauts un peu amples, ça n’était pas un problème, mais question jeans, même avec une ceinture c’était très limite, et faisaient des plis sous mes fesses. Il fallait donc que j’en change. Pianotant encore un peu sur mon PC portable pour me rendre sur le site de ma banque, je rentrai mon identifiant à plusieurs chiffres ainsi que mon mot de passe pour avoir accès à mes comptes. Bon, ça allait. Même si je n’étais pas du tout riche, j’avais quelques économies devant moi. Il faudrait juste que je freine sur la boisson et sur la drogue ce mois-ci, si je voulais parvenir à payer mon loyer. Je me levai alors de mon lit, attrapai mon portefeuilles et le glissai dans la poche de mon pantalon. Puis j’ouvris la porte pour sortir, vérifiai d’un dernier coup d’œil de n’avoir rien oublié, et, pris d’un doute, tâtai mon autre poche pour savoir si mon portable était dedans. Bon, impeccable, c’était le cas. Je pus donc fermer la porte à clé derrière moi, à la serrure éternellement résistante, et partis tranquillement à pieds sous ce beau soleil pour me rendre dans les boutiques du centre-ville. Les bras croisés, me sentant un peu plus léger après avoir lu les résultats de mon IMC, je laissai mon regard vagabonder librement. Je croisai le regard de deux jeunes adolescentes qui me reluquaient de hauts en bas, et leur rendis un sourire séducteur qui les fit manifestement glousser et rougir. Il était vrai que l’on m’accordait très difficilement l’âge de trente-huit ans. Il me semble, si mes souvenirs sont bons, que l’on me mettait davantage dans la fourchette de vingt-sept/trente-un ans maximum, mais en aucun cas sept de plus. Et cela flattait évidemment mon égo. Car me sentir vieillir était une phobie chez moi. Non pas que je veuille devenir immortel et craigne la mort puisque je l’ai défiée plus d’une fois à partir de l’âge de neuf ans, et ce jusqu’il y a deux semaines en arrière. Non, je préférai rester jeune pour pouvoir tout simplement ne pas faire trop tâche auprès des personnes que je côtoyais. Je pensais notamment à Riley, mon étudiante de vingt ans pour laquelle j’éprouvais des sentiments très contradictoires : en fait, je la détestais autant que j’éprouvais une attirance certaine pour elle. Mais cette histoire était tout bonnement impossible, alors je devais m’efforcer de rayer le visage de la jeune femme de mon esprit. Mais en vain… Pour chasser ces pensées éternellement fatigantes de ma tête, je poussai la porte d’un magasin de vêtements pour hommes et pour femmes, et fut joyeusement accueillies par les vendeuses, et un collègue visiblement très… porté sur l’homosexualité, au vu de ses attitudes très maniérées et, surtout, les regards qu’il me lançait. Un peu gêné mais ayant en même envie de rire face à cette constatation, je me dirigeai vers mon rayon, et flânai en regardant les jeans proposés. Je repérai rapidement un pantalon noir classique, un gris foncé un peu délavé sur les cuisses, et un autre plus banal. Je n’aimais pas vraiment attirer l’attention sur moi, même si malheureusement cela se faisait assez naturellement. J’inspectai surtout bien les bas, pour vérifier de ne pas tomber sur un slim qui révèlerait naturellement mon bracelet électronique que je portais à la cheville gauche. Puis je demandai au vendeur qui ne me lâchai pas d’une semelle, me suivant à la trace avec un sourire Colgate absolument immense et des yeux pétillants. Je sentais qu’il allait me glisser son numéro dans la poche arrière si ça continuait, pensais-je en me retenant d’éclater de rire.
Je pénétrai dans une cabine d’essayage, enfilai le premier pantalon et… bien sûr, pas de miroir dans la cabine, il fallait sortir pour pouvoir s’observer dans celui attaché aux murs qui séparent chacune d’elles. Je sortis, et remarquais que ça n’allait pas.

« Oh, mais quelle taille avez-vous prit ? » Me demanda-t-il.

« Ben… la moyenne, comme d’habitude. » Lui répondis-je, un peu embarrassé.

« Ah non non, mais c’est pas du tout votre taille, hein. Vous êtes en-dessous, vous. Je reviens, je vais vous chercher ce qu’il vous faut. » Me dit-il sur un ton très efféminé en prenant tous les jeans que j’avais choisi.

Je le regardai partir et lâchai un léger soupir, avant de sentir un regard posé sur moi. Je tournai la tête et croisai les prunelles d’une femme absolument… magnifique, oui, c’était le mot. Je lui offris un sourire poli et séducteur à la fois, ne faisant jamais exprès pour que cela soit le cas pour ce dernier point. C’était naturel chez moi.

« Bonjour. » La saluai-je, un peu embarrassé d’attendre planté là comme un idiot.

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MessageSujet: Re: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Lun 5 Juin - 5:05

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Lorsqu'elle se retourna en direction des cabines d'essayage qui se trouvaient juste à côté de l'étagère en direction de laquelle elle mirait précédemment, Jordan se retrouva face à une scène plutôt singulière. L'un des vendeurs de la boutique était presque en train de dévaliser la cabine d'un bel homme dont le jean à l'étiquette dépassant semblait beaucoup trop grand pour lui. Ce dernier leva la tête après le départ du vendeur, et sourit instantanément en croisant le regard de Jordan. Elle fronça légèrement les sourcils et lui rendit son sourire alors qu'il la saluait. Prise sur le fait dans sa curiosité maladive.

- Hum... Bonjour, répondit-elle d'une voix interrogative et désolée à la fois.

Sans trop réussir à comprendre pourquoi il l'avait poliment saluée alors qu'elle était clairement en train de l'épier, Jordan préféra recommencer à s'occuper de ses affaires et se retourna de nouveau vers les sacs à main, guettant d'une oreille attentive le moindre mouvement qui lui indiquerait que l'homme était retourné dans sa cabine et qu'elle pourrait s'en aller subrepticement noyer sa honte dans une autre boutique, mais sans se dire une seule seconde qu'il n'y retournerait certainement pas avant le retour du vendeur qui avait pris une bonne partie si ce n'était pas tout de ce qu'il avait sélectionné pour un potentiel essayage. Se rendant compte de cela, l'anglaise leva les yeux au ciel devant sa bêtise et au même moment, le vendeur apparut dans sa vision périphérique. Jordan le suivit du regard, puis du haut du corps. Le client aux jeans trop grands pour lui ne pourrait la voir lorgner cette scène de sa vie privée, trop accaparé par le vendeur qui semblait bien plus intéressé que par une simple vente de vêtements à un client lambda. Jordan pouvait comprendre cette effusion, il était vrai que l'homme au jean trop grand n'était pas mal du tout. Malgré ses fiançailles forcées qui commençaient à ressembler de plus en plus à des vraies vu le lien qui était en train de naître entre elle et Théo, Jordan s'accordait le droit de regarder les autres hommes, voire de se laisser faire la cour et plus si affinités. C'était ainsi que Théo et elle avaient défini leur relation de toute façon, lorsqu'ils avaient été forcés de se prendre pour fiancé(e) l'un(e) et l'autre. Lui ne s'en privait pas, et même si elle était moins volage que lui, elle n'avait aucune raison de se priver non plus.

 
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Welcome into the Darkness ○ âge : 38 ans (9 novembre)
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MessageSujet: Re: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Lun 5 Juin - 20:45

You had me at... no, you don't have me
Nilo & Jordan

J’étais là, planté devant ma cabine, sans bouger. Qu’est-ce que je pouvais bien faire d’autre, de toute façon ? Les bras croisés sur mon torse, je lâchai un soupir, attendant que le mister Cordula ait fini ses recherches pour voir quel pantalon m’irait le mieux avec ma nouvelle taille. Je risquai un regard vers le miroir, et avais la très nette sensation que, plus je me regardai, plus je grossissais. La maladie. Rien d’autre. Mais c’était honnêtement très chiant, car comment pourrai-je donc réguler mon alimentation si je ne parviens jamais à me voir tel que je suis ? J’avais à présent dépassé la barre de la maigreur, et je me voyais pourtant tel un obèse. Honnêtement. Nouveau soupir, et mon regard croisa celui d’une femme qui semblait m’observer. Pourquoi ? D’un sourire aimable, je la saluai, ce qui semblait avoir eu tôt fait de la déstabiliser. Elle me rendit mon salut, embarrassée. Je ne voyais pas vraiment pourquoi elle l’était, qu’avait-elle fait de mal ? Je ne voyais pas, en tout cas. Je glissai, par habitude à chaque fois que je patientais pour quelque chose, mes mains dans les poches de mon jean qui manqua de se barrer vu la taille. Je retirai aussitôt mes mains pour le remonter et ne pus m’empêcher de rire.

« Gros débile… » Murmurais-je en remontant mon pantalon.

Heureusement que je portais un boxer, tiens… D’ailleurs je croisais le regard du vendeur qui était devenu écarlate, et me retins franchement d’éclater de rire.

« Au moins il y en a qui se rincent l’œil. » Lâchais-je à la charmante jeune femme qui était arrivée à mon niveau.

« Juste une petite question : cela fait longtemps que vous attendez quelqu’un ? A moins que vous ne soyez juste venu pour jeter un œil sur leur marchandise. Parce que je n’ai pas trop l’impression que ça soient des flèches, ici… » Lui dis-je en cherchant l’homme du regard qui avait encore disparu.

« A moins qu’ils ne soient en train de fabriquer le tissu, auquel cas je comprendrai… » Déplorais-je.

Je décidai de m’assoir sur l’un des fauteuils qui était posé entre chaque cabine pour les accompagnateurs, prenant garde de tenir mon jean afin de ne pas me retrouver une nouvelle fois quasiment cul nu. Enfin, « boxer nu ». Je laissai mon dos s’appuyer contre le dossier, et croisai les jambes d’un air nonchalant. Si j’avais su, je ne serai pas venu ici, moi… En plus le bougre était parti avec mon propre pantalon pour modèle dans ses recherches, ne me laissant donc même pas de quoi m’enfuir vu le temps improbable qu’il m’était. En plus le voilà qui venait de s’engager dans une longue conversation avec d’autres vendeurs et de nouveaux clients.

« Non mais c’est une blague, … là ? » Lâchais-je dans un nouveau soupir.

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MessageSujet: Re: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Lun 19 Juin - 4:45

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Intriguée par cet homme qui l'avait poliment saluée et qui semblait s'amuser tout seul au milieu des cabines d'essayage tout en attendant le vendeur qui avait l'air d'avoir pris ses affaires en otage, Jordan prit garde de rester plus près de lui que des sacs à main. L'animation dans la boutique était de loin plus intéressante que la maroquinerie hors de prix. Elle ne comprit pas pourquoi, tout à coup, l'homme aux cabines d'essayage lui lança qu'au moins certains pouvaient se rincer l'oeil. Elle se retourna, prête à demander "Pardon ?" de son air le plus dédaigneux, pensant d'abord qu'il s'adressait à elle, mais finalement elle vit que le vendeur qui s'occupait de l'homme maigrichon n'était pas loin, et rouge. Joe ne put s'empêcher de sourire à son tour devant l'étrangeté de la situation. Elle s'approcha un peu plus de l'homme des cabines d'essayage lorsque ce dernier lui demanda si elle attendait quelqu'un depuis longtemps. Jordan haussa un sourcil avant de répondre.

- Hum, non non... Je regarde, fit-elle en montrant d'un geste l'étagère des sacs à mains qui se trouvait à côté de l'espace essayage.

Elle ne lâcha pas l'homme du regard lorsqu'il s'assit dans le fauteuil qui se trouvait entre sa cabine et celle voisine. Jordan le trouvait vraiment maigre. Avait-il une maladie chronique ? L'entendant soupirer, elle ressentit une pointe de compassion pour lui et s'assit dans le fauteuil voisin. Ils étaient séparés par une cabine, mais elle n'aurait pas à hurler pour se faire entendre, étant donné le silence luxueux qui régnait dans la boutique.

- Vous avez besoin d'aide pour faire votre choix ? Je peux peut-être vous aider.

 
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MessageSujet: Re: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Dim 25 Juin - 16:36

You had me at... no, you don't have me
Nilo & Jordan

S’asseyant dans le fauteuil à à peine un mètre de moi, la jeune femme me demanda si j’avais besoin d’aide pour faire mon choix. C’était sympa, seulement en ce moment ma préoccupation était toute autre.

« Non, à vrai dire j’aimerai peut-être que vous m’aidiez à récupérer mon pantalon pour que je sorte d’ici avant de me transformer en momie. Je ne sais pas si c’est une stratégie pour que les clients ne disparaissent pas le temps infiniment long que ce type met à « m’aider », mais si c’est cela ça marche car je me sens un peu pris en otage à vrai dire ! » Lui dis-je en riant légèrement.

Je poussai un soupir, résigné.

« Je tuerai pour boire une pina colada en plus, mais je suis prisonnier, faut-il croire. »

Mais à peine eussè-je dit ces mots que le vendeur revint enfin et me tendis… cinq pantalon ?

« Tenez, tenez, tenez ! » Me dit-il, tout guilleret.

Je le remerciai et me tournai vers la jeune femme pour lui dire dans un beau sourire soulagé :

« Veuillez m’excuser. »

J’essayai alors en vitesse expresse tous mes pantalons, ceux-ci m’allant bien mieux, devais-je le reconnaître, que celui que j’avais choisi, trop grand pour moi. Je regardai mon reflet dans le miroir, mais ne vit pas d’homme maigre dans le reflet. Heureusement, ma musculature certaine faisait que je n’étais absolument pas rachitique. Juste fin, mais musclé. Je retirai le dernier pantalon pour remettre le mien, et grimaçai en voyant le prix des autres. Bon, je pouvais maximum prendre les deux moins chers si je voulais entrer dans mes prix et avoir en même temps de quoi tourner un minimum. Rien ne m’empêcherait de porter une ceinture avec les anciens pour finir la semaine.
Je sortis enfin des cabines et rendis ceux que je ne prenais pas au vendeur qui s’éclipsa pour encaisser les deux autres sur lesquels j’avais reporté mon choix. Aujourd’hui, il faisait une chaleur extraordinairement terrassante, alors voyant que la jeune femme n’avait pas bougée de sa place, je me tournai vers elle et lui dis :

« J’ai bien envie de chanter « Libéré, délivré », mais j’ai trop peur que l’on ne me scalpe. Ce… ça vous dirait d’aller boire un verre pour fêter la fin de notre séquestration ? A moins que vous n’ayez d’autres choses à faire ou bien pas particulièrement l’envie de me supporter encore un peu, ce que je comprends absolument ! » Riais-je.

J’étais un fervent partisan de l’autodérision. Je ne m’étais jamais pris au sérieux, et ça n’était pas demain la veille que cela allait commencer. En fait, j’avais transformé mon manque de confiance en moi par des piques d’humour bien dosées qui ne laissaient pas paraître mon manque d’assurance, mais qui faisaient tout simplement comprendre que, sans me dénigrer, j’aimais rire de moi. Après tout, se prendre au sérieux était quelque chose que je n’appréciai pas, et trouvai vite les gens qui le faisaient un peu bouffons. Alors ma proposition était à prendre ou à jeter, mais je trouvais qu’il était triste de boire un verre seul à la terrasse d’un café. Surtout après avoir croisé une femme aussi charmante qu’elle l’était.

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MessageSujet: Re: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Ven 7 Juil - 17:19

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Jordan écouta le petit monologue de l'homme torse nu après s'être assise dans le fauteuil voisin du sien et de lui avoir demandé s'il avait besoin d'aide. Il déclina son offre et plaisanta sur les raisons pour lesquelles le vendeur qui était parti lui chercher des affaires mettait autant de temps. Elle l'accompagna dans son rire, puis vit le vendeur revenir, étant donné qu'elle était légèrement tournée vers la boutique. Jordan se redressa, et hocha la tête quand l'homme lui parla de piña colada. Il fallait avouer qu'elle n'aurait pas craché dessus non plus, même si c'était en pleine après-midi, et que d'après elle ce n'était pas encore l'heure des cocktails. Le vendeur tendit ses pantalons à l'homme, qui se retourna ensuite vers Jordan pour lui faire un grand sourire, auquel elle répondit par la pareille, avant de le regarder se re-diriger dans sa cabine.

Jordan se demanda quelques secondes si elle ne devait pas laisser l'homme à son shopping. Le vendeur la regardait d'un air intrigué. Il devait certainement croire qu'elle l'accompagnait en tant que femme, ou petite amie. Elle remarqua d'ailleurs son air pincé, ce qui la fit rire. Elle eut encore plus envie d'attendre que l'homme sorte de la cabine, pour mettre le vendeur en rogne. Justement, il ne mit pas longtemps à essayer tous ses pantalons, car il en sortit bien vite, et après avoir rendu tout ce qui ne lui allait pas au vendeur, il se tourna vers elle. Joe se leva quand il lui proposa d'aller boire un verre, après s'être dit qu'elle le scalperait bien s'il se mettait à chanter pareille infamie.

- Je suis tout à fait disponible pour un verre ! lança-t-elle, enchantée d'avoir trouvé une compagnie pour son après-midi ennuyeux. Elle se mordit la lèvre inférieure avant d'ajouter : "Mais il faut d'abord que vous alliez payer vos pantalons, votre ami le vendeur semble attendre à la caisse..."

 
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MessageSujet: Re: you had me at... no, you don't have me.; pv nilo   Sam 8 Juil - 10:55

You had me at... no, you don't have me
Nilo & Jordan

J’avais ENFIN mes pantalons, et il était temps, sinon j’allais bien finir par prendre racine. Je me permis alors d’inviter la jeune femme pour boire un verre, après que ce soleil cuisait ait fini par me taper sur le crâne. Mais j’oubliai une chose, effectivement, et pas des moindre : payer. Je levai les yeux au ciel en hochant la tête. Plus tête en l’air il n’y a pas.

« Excusez-moi, je fais vite. » Lui dis-je en me retournant pour aller à la caisse et sortir ma carte de crédit.

« C’est votre femme ? » Me demanda le vendeur, bien trop curieux.

« Exact. Sept ans qu’on est mariés, c’est dingue comme ça passe vite ! » Mentis-je en adressant un sourire taquin à ma « promise » qui me le rendit, complice de ce petit mensonge.

Je me retins une nouvelle fois de rire devant son air pincé, et il me tendit ma poche ainsi que le ticket de caisse que je glissai à l’intérieur. Je n’oubliais pas de reprendre ma carte et de la ranger dans mon portefeuille, et vint retrouver mon « épouse ».

« Vite, éclipsons-nous d’ici. » Lui murmurais-je en lui ouvrant galantement la porte pour qu’elle passe devant.

Nous sortîmes au-dehors et je poussai un soupir soulagé, hochant la tête :

« Non mais c’est quoi cette boutique… Je me rappellerai à l’avenir de ne pas y retourner. Je n’ai strictement pas le moindre préjugé sur l’homosexualité, mais il était lourd celui-là c’était impressionnant ! Sans compter le temps passer à patienter pour qu’il revienne avec trois pauvres pantalons. » Lui dis-je.

Je passais une main dans mes cheveux châtains clairs, et lui indiquai un petit bar sympathique et ombragé par des palmiers et une tonnelle en paille type hawaïenne lorsque nous arrivâmes sur une petite place où des musiciens faisaient une animation très agréable.

« Là-bas, ça vous tente ? Ils sont des cocktails avec ou sans alcool aussi bons les uns que les autres. » Lui proposai-je.

Alors qu’elle acquiesça à mon plus grand plaisir, nous nous installâmes sur la terrasse ombragée, et j’observai les joueurs et les deux chanteurs, un homme et une femme, typés Maoris chanter des morceaux qui m’étaient inconnus dans leur dialecte.

« Vous être originaire de la Nouvelle-Zélande ? » Lui demandais-je, vraiment intéressé pour ne moi-même être qu’un pauvre étranger immigré à ma naissance.

D’ailleurs, j’avais encore le léger accent de mon pays d’origine, mes défunts parents ne me parlant que russe lorsque j’étais à la maison. J’avais grandi avec cette langue, et avais appris la locale lorsque je fus intégré à l’école primaire. Ainsi, je parlais l’anglais sans le moindre mal, parfaitement bilingue par excellence, mais le maori, lui, m’était totalement inconnu.


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