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 Run Boy Run (Nilo)

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○ âge : Vingt ans de rires, de pleurs, de remise en question
○ statut : Nouvellement casée avec un homme de deux fois son âge.
○ métier : Étudiante en photographie. Elle veut vivre de sa passion.
○ quartier : West Bay, #36. À la recherche d'une coloc!
○ informations en vrac : Éternelle solitaire, préférant la compagnie de sa caméra ou de son chat Albert; n'a jamais été amoureuse jusqu'à ce qu'il débarque; elle est la perle de papa et maman; plus rebelle que ce qu'elle a l'air.

○ posts : 486 ○ points : 225
○ pseudo : andywolf
○ avatar : Elle Fanning
○ DC : Billy Tomson & Julian Alves-Ziegler
○ inscrit le : 06/03/2017
MessageSujet: Run Boy Run (Nilo)   Sam 10 Juin - 23:40

Run Boy Run...
nilo & riley

Tout doucement, ses paupières dévoilent deux iris d'un bleu profond qui composent un regard endormi. Celles-ci papillonnent lentement, s'adaptant aux rayons du soleil relativement perçants malgré le froid automnial. Sa main caresse le bras de Nilo entouré autour d'elle, alors que se dessine sur ses lèvres un sourire épanoui. La chaleur de son corps la berce comme jamais, et elle combat avec difficulté le sommeil qui tente de l'emprisonner pour encore quelques heures. Malgré qu'elle soit tentée de s'abandonner à l'envie tenace d'y rester, la jeune femme a une grosse journée devant elle. Aujourd'hui a lieu l'exposition des étudiants de première année qui, avec grand bonheur, achèvent leur premier semestre universitaire dans le programme de photographie. Riley a travaillé si fort au courant des dernières semaines pour capturer des clichés mémorables qui, par le message qu'ils véhiculent, marqueront les esprits curieux des visiteurs. Il ne faut toutefois pas penser qu'elle soit excitée par la soirée; elle en est plutôt terrifiée. Elle craint ne pas être à la hauteur des attentes de ses parents et de ne pas épater la galerie. Car très certainement, la jeune prodige cherche à se démarquer. D'ailleurs, on remettra un prix à l'étudiant s'étant le plus démarqué au courant du semestre, et ce serait mentir que de dire qu'elle ne yeute pas ce prestigieux prix qui garnirait avec honneur son curriculum vitae. Toutefois, elle n'aimerait pas l'emporter en se doutant que Nilo ait pu dire quoi que ce soit qui aurait fait osciller la balance. Tout ce qu'elle désire, c'est que les astres se soient alignés pour elle; ni plus, ni moins. Son esprit compétitif sera mis à rude épreuve au courant de cette soirée chargée, mais elle accueille ce défi dans la seule et unique optique qu'elle ne peut qu'en sortir gagnante, de par l'expérience professionnelle qu'elle en aura acquise. C'est plutôt inusuel pour elle de penser ainsi, mais elle travaille de plus en plus sur elle-même, devant embrasser la critique plutôt que d'en être offensée.

La nuit n'étant plus, elle doit se résoudre à quitter les bras de son amoureux qui, au courant de la nuit, a décidé de la rejoindre dans son profond sommeil. Il lui arrive de faire de même à l'occasion, appréciant particulièrement l'apaisement que sa présence lui apporte. Cette cohabitation, bien qu'imprévue, amène une touche distincte dans son quotidien, et elle ne peut que l'apprécier. Pouvoir se réveiller dans ses bras et passer plus de temps en sa compagnie s'avère être un réel cadeau du Ciel dont elle tente de profiter au maximum, sachant qu'il ne s'agit que d'une situation temporaire. Tout doucement, elle se défait de son étreinte, devant se raviser à entamer cette journée à l'horaire chargé. Malgré ses mouvements exécutés avec délicatesse, elle le sent se réveiller à son tour. "Je suis désolée, je ne voulais pas te réveiller", souffle-t-elle avant de se pencher pour lui donner un doux baiser. "Bon matin", lui dit-elle avant de se redresser et de filer sous la douche, déterminée à donner le coup d'envoi à cette aventure qui sera pour le moins rocambolesque!

"Vite, vite! Tu dois filer bientôt avant que mes parents ne passent me chercher", lui lance-t-elle alors que Nilo attache avec habilité sa cravate. Il se tourne vers elle, fin prêt, et ses yeux se posent sur son homme dont l'allure parfaite est pour le moins incontestable. Ses petites mains parcourent le moindre repli de sa chemise afin de s'assurer que tout est en place et que son enseignant fera bonne figure. "Vous êtes magnifique, monsieurs Toskàv! Puis-je vous dire que j'ai envie de vous retirer vos vêtements tant vous êtes séduisant?", lui dit-elle en levant un sourcil en guise de sous-entendu. Elle rigole légèrement puis cherche sa bouche qu'elle capture vivement, lui offrant un baiser amoureux avant de le forcer à prendre le chemin de l'université. "Allez, va! Le plus vite cette soirée se termine, le plus vite je peux te retirer cet ensemble", s'exclame-t-elle à la blague tandis qu'elle le suit jusqu'à l'entrée. Ils s'échangent un dernier baiser puis se quittent. La jeune femme ferme la porte dernière lui et, une fois son appartement plongé dans un silence écrasant, tout ce qu'elle entend sont les battements de son coeur qui tambourinent avec vigueur dans ses oreilles.

Vers sept heures trente, le véhicule familial se gare dans le stationnement de l'université de Wellington. Les mains tremblantes, le coeur affolé et la tête bousculée par l'angoisse, la jeune femme marche tranquillement vers la salle d'exposition suivie de ses deux parents. Lorsqu'ils pénètrent la pièce, les invités commencent à peine à arriver. Son regard se pose immédiatement sur ses photographies qui sont fièrement exposées non loin de l'entrée et, après quelques mots échangés avec ses parents, elle file au poste pour présenter ses oeuvres aux curieux qui, elle l'espère, seront nombreux. Plantée devant ses clichés comme une soldate au garde à vous, elle lance un furtif coup d'oeil à Nilo qui reçoit les invités d'un sourire charmeur qui en fera tomber plus d'une. Dommage qu'il soit déjà pris...

"Alors ma grande, tu nous présentes tes photos?", lui demande son père au même moment où elle sent Nilo s'approcher de plus en plus de son kiosque, semblant inspecter chacune des présentations au peigne fin. Il fait croire que le moment fatidique arrivera plus vite que prévu.

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Welcome into the Darkness ○ âge : 38 ans (9 novembre)
○ statut : En couple avec la femme de sa vie même si parfois c'est compliqué...
○ métier : Professeur en photographie
○ quartier : West Bay, appartement #17
○ informations en vrac : Prisonnier sous liberté conditionnelle avec un bracelet électronique autour de la cheville gauche, schizoaffectif, alcoolique, grand fumeur et toxicomane.

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○ avatar : Hayden Christensen
○ DC : Un gamin paumé et sans défense...
○ inscrit le : 28/04/2017
MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Dim 11 Juin - 14:17

Run boy run
Nilo & Riley

Je dormais profondément. Très profondément. Après avoir remué toute la nuit dans mes couvertures car je n’arrivais pas à trouver le sommeil, je pris quelques gouttes de somnifères et de benzodiazépines en plus, espérant qu’ils m’aideraient. Mais en vain. Je tournai en rond comme un poisson dans son bocal, avant de lâcher un très profond soupir d’agacement. J’attrapai mon MP3 posé sur la table de nui et me résolus à écouter des musiques diverses et variées, espérant qu’elles m’aideraient. Mais il fallait croire que pour ce soir, ça serait peine perdue. Je tournai la tête vers le réveil, et vis qu’il était déjà trois heures du matin bien passé.

« Putain… » Grommelai-je en me redressant pour quitter le lit et me diriger vers la fenêtre dont j’ouvris légèrement les volets pour voir la lune bien haute dans un ciel si noir.

Il n’y avait qu’un remède à mon insomnie : Riley. Non je n’allais pas l’agresser sexuellement à une heure pareille, je n’étais pas un chien, mais j’avais tout simplement l’envie et dirai-je même le besoin de me joindre à elle pour espérer fermer les yeux. C’est comme ça, sa présence seule savait m’apaiser. Alors je quittai la chambre qu’elle me louait gracieusement, caressai le petit Albert qui vint faire affectueusement le dos rond contre mon tibia pour que je m’occupe quelques secondes de lui, avant que je ne pénètre sur la pointe des pieds, torse-nu comme à chaque fois que je me couchais, dans la chambre de Riley. Je m’allongeai très doucement à côté d’elle pour ne pas la réveiller, et me collai à elle en passant mon bras autour de son corps. Je la sentis remuer alors, et lui glissai dans un tendre murmure :

« Chut, ce n’est que moi. Rendors-toi. » Lui dis-je en déposant un baiser sur sa joue.

Ma blondinette ne se fit pas prier, et retrouva aussitôt le sommeil. Je gambergeai encore une bonne demi-heure lorsqu’enfin Dieu merci, je parvins moi aussi à m’endormir. Et heureusement, car si j’avais fait nuit blanche avant cette journée de fou qui débuterait demain – ou plutôt aujourd’hui, vu l’heure – je serai mal barré. Tout ce que j’espérais, c’était de ne pas avoir la tête cernée d’un zombie au réveil. Et enfin, il faut temps d’émerger. Je sentis ma princesse s’échapper doucement de mon étreinte, et parvins difficilement à ouvrir les yeux avant de m’étirer et de bâiller en plaçant poliment ma main devant la bouche. Elle s’excusa de m’avoir réveillé, ce à quoi je lui répondis d’une voix endormie :

« T’inquiète… »

Oui, même un seul mot était difficile à prononcer. Je sentis tout à coup ses lèvres se poser sur les miennes, et un large sourire encore dans le pâté se dessina sur les miennes, lorsque je lui rendis un petit « coucou ».

Je pris le temps de me réveiller lorsqu’elle fonça sous la douche, me faisant couler un café long enfin digne de ce nom dans sa machine de luxe. Décidément, sa famille devait bien gagner sa vie. Mais vu le ton non pas précieux car ce serait exagéré de le définir ainsi, mais tout du moins élégant et classieux de sa mère que je pus entendre lorsque je m’étais caché dans le placard il y a très peu de jours de cela, je me doutais que Riley venait de la bourgeoisie. Je pris une pomme que je croquais avec délice, jetai le trognon lorsque je l’eus finie et lavai enfin la tasse pour que tout soit propre avant de l’essuyer et de la ranger dans le bon placard. Puis, lorsqu’elle sortir de la salle de bain, je pris ma housse dans lequel était rangé le costume que je porterai aujourd’hui, et glissai à mon tour sous la douche après avoir pris soin de fermer la clé derrière moi. Je fis le plus vite possible, n’ayant pas besoin heureusement de me laver les cheveux car je l’avais fait hier soir. Une fois sorti de la douche, je m’essuyai et enfilai mon costume noir ainsi que ma chemise blanche que je passai proprement dans mon pantalon, avant de faire glisser une ceinture en cuir dans les passants de celui-ci. Je me brossai les dents, me coiffai avec du gel puis ouvris la porte de la salle de bain, réalisant que j’avais oublié ma cravate dans la chambre. Je partis la chercher et entrai dans la chambre d’une Riley déjà presque prête, afin de pouvoir me voir dans le miroir mural de la tête aux pieds qui revêtaient de belles chaussures en pointe faites de cuir noir. Je nouai attentivement mais rapidement ma cravate, avant que Riley ne me prévienne que je devais me dépêcher si je ne voulais pas me retrouver nez-à-nez avec sa famille.

« Message reçu cinq sur cinq. » Répondis-je en faisant un clin d’œil par le biais du miroir.

Puis je me tournai vers elle, et lui demandai :

« Comment tu me trouves ? »

Elle arrangea deux petits plis de ma chemise, et me dit avec une conviction réelle que j’étais non seulement magnifique, mais, qu’en plus, elle aimerait bien me retirer tous mes vêtements.

« Et bien Mademoiselle Harris, vous aurez tout le temps de les faire valdinguer ce soir, mais en attendant je vais filer car je tiens tout de même à ma vie ! » Lui dis-je en faisant référence à son paternel en particulier.

Je savais, sans le connaître, que ce type-là travaillait dans le milieu de la justice. Quel métier, je ne m’en rappelais pas, mais une chose était certaine : je devais me méfier de lui. Sait-on jamais. Elle m’embrassa avec amour, sensation qui me donnait toujours l’impression de revivre. Je riais à sa nouvelle remarque, et m’éloignai d’elle à reculons, capturant un dernier baiser avant de lui faire signe de la main que je lui en envoyais un nouveau.

« A plus tard, ma beauté. » Lui dis-je avec tendresse, avant de m’en aller.

Mon sac à bandoulière sous l’épaule, je marchai tranquillement en direction de l’université. Une longue journée de cours m’attendait, cependant j’étais d’office porté absent pour les deux derniers cours de cette après-midi, afin que je m’occupe de l’organisation de l’exposition qu’il fallait finaliser. Mes cours se déroulèrent sans encombre, alors que je recevais deux classes de travaux dirigés de futurs doctorants, ainsi qu’une classe de troisième année. Puis je pris la direction de la grande salle d’exposition et d’art qui faisait la fierté de l’université, réquisitionnée pour l’exposition photo des premières années, dont Riley. Je vérifiai que tout soit bien organisé, que chaque cadre soit parfaitement propre et que chaque photographie soit mise en valeur, avant que les photos de ma princesse me passent sous le nez. Je retins de sourire, et les laisser être installés à leur tour. Je n’allais pas privilégier Riley par rapport aux autres étudiants. Ce serait dégradant pour elle, je le savais, et si elle devait gagner ce soir – car je n’avais pas encore les résultats – ça devrait être seulement grâce à son travail et non pas parce qu’elle couchait avec le professeur.
Puis enfin, vint l’heure. Sept heures. Les parents arrivaient déjà, habillés tous avec chic, ce qui prouvait la fierté et l’implication qu’ils possédaient pour leur enfant. Je me souvins que, lors de ma première année à Wellington, ma mère m’avait jurée qu’elle viendrait me voir. Je quittai alors l’exposition pour la rejoindre, pris d’un mauvais pressentiment. Oui, je partis, ignorant que j’avais eu la seconde place. Au lieu de cela, j’avais déboulé dans le taudis qui nous servait de maison, et avais vu ma mère, le visage ensanglanté et des ecchymoses sur tout le corps. Je m’étais juré de la venger, mais mon géniteur était parti pour picoler et pour se taper quelques prostituées. Je l’avais alors attendu toute la nuit afin de lui hurler dessus à son retour, et échanger des coups de poings violents et virulents malgré les supplications de ma mère qui voulait que l’on cesse. Je sentis quelqu’un me tapoter dans le dos, et retrouvais l’un de mes collègues, celui qui avait d’ailleurs bien failli nous surprendre à un moment fatidique dans mon bureau, Riley et moi.

« Tu t’occupes des arrivées ? » Me demanda-t-il, tout sourire.

J’acquiesçai, et me postai à l’accueil afin d’accueillir les étudiants et leurs parents d’un sourire ravissant et naturellement charmeur. Seulement, pendant mon temps d’absence, Riley était déjà entrée dans la salle, accompagnée de ses deux parents. Nous échangeâmes un regard et un sourire furtif, puis elle retourna à son poste, comme chacun de ses collègues de cours, devant ses propres tableaux dont elle devait faire la promotion. Voyant que la plupart des personnes était déjà entrée, je me préparai à aller la rejoindre, avant de faire rapidement volte-face lorsque je vis son père aller à sa rencontre pour lui demander de lui présenter ses œuvres photographiques. Putain… je n’étais pas physionomiste pour deux sous, mais lui… Oh oui, je le connaissais. Je déglutis avec peine, revoyant dans ma tête les scènes des procès dont je fus l’objet. Après tout, on ne décide pas d’envoyer une personne en prison en ne la voyant qu’une fois. Non, il fallait plusieurs procédures pour cela, dans lesquelles son père eut un poids plus que considérable. Et bien sûr dans la partie adverse…

« Excusez-moi, jeune homme. C’est vous le professeur de notre fille ? » Me demanda-t-il d’une voix puissante et affirmée.

Le cœur battant je me retournai et leur offris à tous les trois un franc sourire, bien que mon cœur battait la chamade sous le coup de l’angoisse.
Allez Nil, tu n’avais que vingt-deux ans quand il t’a vu… Il t’a certainement oublié… Il en a vu d’autres…

« Effectivement, c’est moi. Enchanté Monsieur Harris. Madame. » Leur dis-je en serrant tour à tour leur main.

« C’est étrange, votre visage m’est familier… Comment vous appelez-vous, déjà ? » Me demanda-t-il.

Et merde…

« Toskàv… Nilo Toskàv… » Me présentais-je, le cœur sur le bord de l’implosion.

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○ âge : Vingt ans de rires, de pleurs, de remise en question
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MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Dim 11 Juin - 23:18

Run Boy Run...
nilo & riley

La jeune femme entend le ronronnement de la BMW de son père qui se gare doucement dans l'entrée de l'immeuble à logements. La fenêtre grande ouverte du salon laisse pénétrer les bruits ambiants tout en invitant la fraîcheur de l'extérieur à calmer l'esprit fulminant de l'étudiante angoissée. Tant de choses accentuent cette peur qui lui tord les entrailles et elle n'a pas l'impression d'être en mesure d'assiéger son pouvoir sur cette dernière qui s'avère être monstrueusement tenace. Conséquemment, elle fait les cent pas dans son logement, cherchant désespérement à calmer son coeur qui n'a cessé de battre à un rythme effrené depuis que ses yeux se sont ouverts le matin même. Lorsque retentit la sonnette du logement, son organe cardiaque manque un battement et elle sursaute. Se forçant à rassembler le peu de contenance qu'il lui reste, elle prend une grande respiration, esquisse un sourire parfaitement feint sur son visage et ouvre la porte. "Ma puce!", lui dit sa mère en ouvrant les bras pour l'y accueillir. Riley se serre contre elle et tente une ultime fois de trouver un peu de sérénité à travers cette éteinte chaleureuse. Elle les invite à entrer dans son logement afin qu'ils partagent un déjeuner tel que  convenu. En parfaite hôtesse, elle leur offre à boire et prépare une carafe d'eau chaude et y entame l'infusion d'un thé noir. Son adoration pour le thé ne vient pas de très loin, même si son père préfère davantage un bon café corsé. Tandis que sa mère s'affaire à cuisiner un généreux déjeuner digne de ses talents cuilinaires incontestables, la jeune femme met la table tout en discutant avec son père de son travail qui s'avère souvent être leur principal sujet de conversation. Non pas qu'il ne soit pas en mesure de discuter d'autre chose, mais parce que sa fille lui pose toujours une série de questions auxquelles son esprit curieux désire des réponses concrètes et élaborées. À chaque fois, elle le lance dans un long monologue explicatif à travers duquel elle reconnait la même passion consumante que celle qu'elle ressent pour la photographie. Une passion puissante qui la propulse vers le succès qu'elle convoite tant et qu'elle sait qu'elle peut (et doit) atteindre.

Une fois le repas prêt, la petite famille prend place à table et savoure les tortellinis aux quatre fromages délicieusement préparées avec une sauce blanche garnie de légumes frais. C'est tout à fait appétissant! Son père s'empiffre en parfait glouton, tandis que Riley et sa mère mange à une vitesse raisonnable, question de goûter chacune des bouchées qu'elles prennent. Pour dessert, ils se contentent d'un plateau de fruits qu'ils trempent dans une sauce chocolatée préparée de chocolat d'haute qualité ramené de Belgique par sa mère lors d'un de ses précédents voyages. "Ta cuisine me manquait tellement!", lui dit une Riley avec la bouche pleine, ce qui lui attire le regard réprobrateur de son père. "Je ne comprendrai jamais comment ta mère et toi demeurez si fines en mangeant comme de vrais orgres!", siffle son père d'une voix faussement jalouse. L'étudiante sourit de toutes ses dents en guise de réponse tandis que sa fourchette pique impitoyablement sa prochaine victime qu'elle trempe généreusement dans le chocolat. Ses papilles gustatives dansent de joie tant ce petit délice est exquis bien que très copieux!

Quand ils arrivent à la salle d'exposition après une journée relativement posée, la jeune femme prend place à son kiosque où sont exposées ses photos afin de les présenter à qui le veut bien. Ses grands yeux bleus parcourent la grande pièce et observèrent les oeuvres de ses collègues, se permettant de se dire que son travail est mieux exécuté que certains. Ses parents décident de commencer leur tournée en visitant les kiosques un à un et, lorsque vient le tour de leur petite fille chérie, lui offrent toute l'attention du monde. Son père lui demande de lui présenter ses photographies, ce qu'elle fait sans se faire prier. Riley est fière de son travail et il n'y a rien qu'elle voudrait plus que de sentir qu'ils sont également fiers d'elle, malgré qu'elle n'ait pas choisi le parcours professionnel qu'ils auraient voulu. "... puis la dernière parle d'elle-même. J'ai rencontré Mike, un itinérant bien connu de Wellington, au courant de mes premières semaines d'études. Il est toujours souriant malgré qu'il soit dans la rue depuis des années. Il m'a demandé de le photographier tout en s'excusant d'avoir mauvaise allure, car "prendre une douche dans la rue n'est pas chose évidente". J'ai nommé cette photo "Authenticité", car malgré la difficulté de sa vie, il demeure toujours l'homme souriant et taquin qu'il a toujours été. Son authenticité est demeurée malgré qu'il ait tout perdu en se retrouvant à la rue. Depuis, je lui achète à manger à chaque fois que je le croise. Il le partage avec son labrador, Rupert, avec lequel il pose sur cette photo. Ils sont inséparables!" Elle termine sa présentation avec un sourire satisfait, sentant dans le regard admiratif de son père l'épanouissement d'un homme à la progéniture accomplie. Toutefois, sa vision périphérique lui annonce la venue imminente de Nilo, qui en est désormais à la visite de son kiosque, ce qui ranime l'angoisse qui s'était récemment endormie. Il se présente à ses parents tandis que la jeune photographe tente de ne pas tourner au rouge pivoine. "Ahh oui, c'est mon professeur qui était en train de me lécher la turlupette quand vous êtes arrivés hier!", se dit-elle intérieurement, agacée par la situation.. "Tu as peut-être vu certaines de ses photos", justifie la jeune femme lorsque son père prétend avoir déjà entendu ce nom. Elle trouve néanmoins curieux que son paternel, totalement ignorant du domaine photographique, puisse avoir la moindre connaissance d'un ou des photographes. "Alors, ma fille réussit-elle bien?", demande sa mère en jetant un regard complice à sa fille, ne s'attendant à rien d'autre qu'une réponse positive.

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MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Lun 12 Juin - 13:49

Run boy run
Nilo & Riley

Je leur serrai tour à tour la main, espérant que la mienne ne soit pas moite dû à l’angoisse innommable qui m’envahissait. C’était il y a plus de seize ans et demi, mais pourtant je ne l’avais pas oublié. Non, je me rappelais très bien de cette personne dont le nom m’avait déjà fait tiquer quand j’eus découvert l’identité de Riley. Ce nom m’avait été familier, mais pas assez pour que je reconnaisse aussitôt qu’il était le même que celui de cet horrible type qui avait tout fait pour me faire sombrer dans un puit sans fond aux abysses ténébreuses dont je ne pensais jamais pouvoir en sortir. A l’origine ma peine avait été de quinze ans. Grâce à lui, j’en avais finalement écopé de vingt. Et ça n’était pas sans dire que lorsque l’on désira de me placer sous liberté conditionnelle, il fulminait de rage. Il ne savait pas ce que c’était que d’endurer tous les insultes épouvantables et les coups à répétition d’un homme au plus bas sur l’échelle de la déchéance. Il ne savait pas ce que c’était que d’être haïs par tous et par toutes rien que parce que l’on vient des quartiers pauvres où traine la racaille et où la prostitution fait loi. Et surtout, il ne savait pas ce que c’était que de voir sa mère se faire assassiner sous ses yeux par son propre paternel, nous rendant fou au point de nous venger de sang-froid. Car oui, c’est ça que Monsieur Harris avait mis en avant : le sang-froid. Il m’avait passé pour un meurtrier malade et instable psychologiquement, résultats de tests psychologiques à l’appui, pour prétendre pouvoir prouver que j’étais un sanguinaire qui tuait sans état d’âme, et qui était suffisamment dangereux pour recommencer sans problème. Mais avait-il raison ? Aussitôt que je pensais à cela, je me revis jeter Lucas du balcon le soir de la fête, sans prendre le temps de réfléchir et en laissant mon cœur, mes peurs, et mes émotions parler. Etais-je donc réellement capable du pire sous le coup du ressentiment… ? Mais lorsque j’entendis sa voix me héler, je n’eus pas d’autre choix que celui de me tourner lentement vers eux en prenant ma respiration, et leur offrir à tous les trois un sourire que j’essayai de travailler pour faire bonne figure et pour ne pas paraître louche.
Je m’avançais vers eux, et vins les saluer en leur serrant tour à tour la main, évitant le plus possible le regard de Riley pour que cet homme à l’observation et à l’intelligence redoutable ne se doute de rien de ce qui se passait entre nous. Il me demanda tout d’abord si j’étais bien le professeur de la miss, ce que je confirmai, avant de me demander à nouveau mon nom, mon visage lui semblant familier. L’angoisse était si forte que j’eus craint de lui vomir sur les chaussures. Et s’il me reconnaissait aussitôt ? Mais me défiler serait encore plus objet à questionnement et à suspicion, alors je jouais avec mes doigts discrètement, pour essayer de reporter toute ma peur sur ce geste et non sur une voix par exemple qui risquait d’être… étrange. Je me présentais sur un ton affirmé et serein, dont je ne sus même pas comment il était arrivé là. Son père plissa légèrement les yeux en m’observant des pieds à la tête, et je déglutis avec peine avant de poser mon regard sur une Madame Harris avide de savoir si sa fille était aussi talentueuse qu’elle le pensait. A ces mots, j’offris un regard qui se voulait plus professionnel qu’intime à Riley, et répondis :

« Votre fille est une excellente étudiante, et je parle au nom de tous ses professeurs. Comme vous avez pu le voir, il est évident qu’elle a un certain talent artistique. Cela demande encore du travail mais je suis très confiant quant à elle. Elle est sérieuse, déterminée et passionnée, en plus d’avoir l’œil artistique, ce qui est, comme vous pouvez le deviner, les qualités essentielles à posséder dans le milieu. Sans oublier qu’elle n’est encore qu’en première année. » Expliquais-je avec sincérité.

Je ne la complimentai pas seulement parce que je couchais avec, non. J’étais suffisamment intelligent pour mettre mes ressentis et mes émotions personnels à la porte pour la juger avec le plus d’objectivité possible.

« Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur le prix ? Elle a toutes ses chances, n’est-ce pas ? » Me demanda sa mère, les yeux pétillants.

Je ne pus m’empêcher de rire avec elle sur cette question, et haussai les épaules afin de lui répondre :

« Personne ne connait encore les résultats, Madame. Une chose est cependant sûre, elle y a toutes ses chances. Vous aurez les résultats dans un peu moins d’une heure, il vous faudra patienter, j’en suis navré, mais sachez que moi-même je ne sais pas qui va l’emporter. Un jury extérieur va venir d’ici quelques minutes, ils ne sauraient plus tarder, pour étudier les clichés avec le plus d’objectivité possible. Par la suite, ce seront eux qui remettront les prix au gagnant ou à la gagnante. Je suis navré, il n’y a rien que je puisse faire de plus. »

La mère de Riley semblait être sous le charme, là où son père, lui, continuait à me dévisager lourdement.

« Bien, je vous présente toutes mes excuses mais il faut que j’aille à la rencontre de mes autres étudiants. Passez une agréable soirée, des petits fours et des rafraîchissements vous attendent sur le buffet en face. »

Je partis, non sans lâcher un long soupir de soulagement. L’épreuve Harris était terminée. Du moins l’espérais-je. Je risquai un discret coup d’œil vers ma belle, et nos regards se croisèrent. Je lui offris un clin d’œil complice, et vins à la rencontre de la mère célibataire, bien sûr, de l’une de mes étudiantes allumeuses qui s’étaient prêtée au shooting de nu que j’avais fait il y a environ un mois. Blonde platine décolorée, jupe rouge sang assortie à son rouge à lèvre et un décolleté vertigineux donnant pleine vue sur sa poitrine pour le moins généreuse entièrement refaite pour être gonflée à bloc de même que ses lèvres. Décidément, la soirée risquait d’être longue.

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MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Mer 14 Juin - 19:22

Run Boy Run...
nilo & riley

En compagnie de ses deux parents, Riley se sent différente. Elle n’est plus la jeune femme rebelle qu’elle est devenue à Island Bay, ni cette femme fatale aguicheuse en présence de Nilo. Non, elle est tout simplement la petite princesse si parfaite aux yeux de ses géniteurs. Elle est calme, souriante et se tient la tête haute malgré l’embarras que lui cause la situation. Elle ne peut risquer que ses parents soient mis au courant de son nouveau rythme de vie, sans quoi ils la ramèneraient à la maison sans se poser davantage de questions. Ils ne désirent qu’avoir une fille qui réussit et qui épate la galerie afin qu’ils puissent exposer leur progéniture comme un trophée. Ils l’adorent et en sont fiers, et ne se gênent pas pour faire l’éloge des talents incontestables de leur petite princesse. C’en est parfois embarrassant, mais elle se contente de sourire en demeurant droite et fière à leur côté. C’est d’ailleurs ce qu’elle fait lorsque ses parents discutent avec ses enseignants, notamment Nilo qui est le second à venir les voir. Ils se présentent et, à la grande surprise de Riley, son père manifeste la familiarité du visage de son professeur. La remarque est curieuse, mais l’étudiante n’en fait pas un cas. Il voit tellement de gens dans le cadre de son travail qu’il peut très bien le confondre avec un autre homme. Entre avoir passé ses débuts d’avocat à la couronne puis maintenant à la défense, nombreux sont les cas dont il s’est occupé et multiples sont les visages qu’il a eus à croiser au fil des dossiers. Conséquemment, elle n’est pas surprise qu’il puisse sembler lui être familier. Autrement, il pourrait avoir vu l’une de ses photos lors d’une exposition quelconque, mais cela serait surprenant étant donné que son père n’y connait rien en photographie. Malgré tout, c’est l’excuse qu’elle sort, son père pouvant parfois être trop envahissant dans ses questions lorsqu’il cherche à avoir des réponses concrètes. Sa mère demande alors si Riley réussit bien, ce qui empourpre les pommettes de l’étudiante. Bien sûr que cette question allait venir! La réponse minutieusement formulée satisfait pleinement sa mère, de même que Riley qui ne peut s’empêcher de sourire à l’entente de ses mots. Elle sait qu’il est sincère et qu’il croit en elle, et il n’y a rien qu’elle pourrait demander de plus de part. “On reçoit une bonne éducation ici. Il est certain que cela me permet de m’améliorer et de me dépasser”, renchéritt-elle en soutenant son regard, se retenant de ne pas lui faire un clin d’oeil. Ses parents étant à côté d’elle, il serait beaucoup trop risqué de faire un tel geste. Elle ne désire quand même pas attirer les soupçons de son père, l'esprit analytique de cet homme étant infaillible.
Le prix de la soirée est évoqué dans la conversation, ce qui cause un peu de stress chez la jeune femme. Oh lala, qu’elle aimerait le gagner! Mais elle doute fortement, et ce, même si Nilo semble dire le contraire. Il y a beaucoup de jeunes photographes hors pairs dans sa cohorte dont les talents ne sont plus à prouver, et il faudrait vraiment qu’elle se soit démarquée aux yeux des juges pour espérer gagner ne serait-ce que le vote de trois d’entre eux. Avec sept juges, tous des professeurs impartiaux de troisième année, il faut que la balance pèse lourde.

À peine quelques instants plus tard, Nilo quitte pour passer au prochain kiosque. Son regard le suit alors que ses pas se multiplient. Évidemment, il faut que la prochaine étudiante soit nulle autre que Courtney, l’une de ces pimbêches qui n’ont jamais cessé de lui faire de l’oeil. Même encore aujourd’hui, elles continuent leur petit jeu de séduction qui, décidément, ne leur rapporte pas les résultats escomptés. Tant pis pour elles! La mère de la poufiasse inspecte l’enseignant de haut en bas avant d’étirer un sourire qui n’est nul autre que celui d’une femme charmée. La tigresse va frapper et Riley n’aime pas ça. “Il est pas mal mignon ton professeur. Si seulement j’étais plus jeune”, lui souffle sa mère à l’oreille d’une voix presque inaudible, question que son mari n’intercepte pas ce petit secret gênant. L’étudiante se contente de ricaner à sa remarque sans y répliquer, ignorant quel genre d’attitude adopter vis-à-vis un tel commentaire. De toute façon, son cerveau n’a guère le temps de réfléchir à quoique ce soit puisque l’entièreté de sa concentration converge vers le regard aguicheur que lance la mère de Courtney à Nilo. Sa profonde jalousie récemment découverte reprend du terrain, mais elle ne peut laisser libre cours à ses pensées malsaines qui assaillent l’ensemble de ses capacités cognitives. Elle doit demeurer calme et ne pas causer une scène, sans quoi ils seraient tout deux grillés. Conséquemment, elle ne fait que la jauger de ses grands yeux bleus, tentant tant bien que de mal de réprimer les éclairs que ses pupilles dilatées lui lancent. S’éloignant légèrement du champ de vision de ses parents, elle prend son téléphone et envoie un message texte à Nilo avant que celui-ci ne change de kiosque, toujours retenu par la conversation qu’il entretient avec cette femme à l’appétit manifeste. “Tu devrais lui dire que ce ne sera malheureusement pas elle qui caressera ton entre-jambe ce soir”, écrit-elle dans un langage non censuré. Ses yeux se lèvent vers lui, attendant bien sagement où il se décidera à prendre son portable pour lire le message tout juste reçu.

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MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Mer 14 Juin - 22:01

Run boy run
Nilo & Riley

Le regard insistant que posait sur moi Monsieur Harris m’indisposait, mais j’essayais de paraître le plus naturel possible. Heureusement, les questions que me posait la mère de Riley m’aidaient à détourner l’attention de lui et à paraître le plus naturel possible. J’étais professionnel, droit et strict, et surtout complètement objectif quant au travail de ma « plus qu’étudiante ». Effectivement, Riley réussissait bien, et c’était là le consensus de tous ses professeurs, ce que je ne manquai pas de dire. J’aperçus du coin de l’œil mon étudiante rougir timidement, mais j’essayais de ne lui accorder que peu de regards tant je me sentais scruter par son paternel. Je sentais que ce type que j’avais parfaitement reconnu et qui ne tarderait plus à m’identifier – ça n’était qu’une question de temps – m’observait avec un aplomb de fer. Il ne me lâchait pas le moindre instant, et je surveillais chaque mot que je prononçais pour ne pas paraître louche. Mais était-ce seulement efficace ? J’en doutais. C’est pourquoi je m’excusai auprès d’eux et prétextai avoir d’autres étudiants à visiter pour qu’il me lâche enfin. Je m’éloignai, non sans un dernier regard discret pour Riley ainsi qu’un sourire mutin, et pris la direction de… eh merde, pas elles…

« Oh, Monsieur Toskàv ! Venez, venez, ne soyez pas timide ! » Dit une femme liftée à mort, abordant une fière cinquantaine non assumée.

Moi ? Timide ? Non, c’est juste que je ne peux ni t’encadrer toi ni ta fille, mais sinon tout va bien. Et ça, je rêvais de le lui dire, sauf que là, je serai grillé. Il fallait que je sois le plus transparent et le plus objectif possible. Et, malheureusement, il fallait bien avouer que s’il y avait deux étudiantes qui rivalisaient quant à la qualité de leur travail… et bien c’était bien Riley et Courtney Raven. Alors il fallait que je fasse mon travail de professeur, et mette mes a priori quoique justifiés, de côté pour ce soir. Mais de toute façon je ne la côtoierai pas longtemps, puisque je faisais parti du jury qui remettrait le trophée au meilleur étudiant du semestre de cette première année universitaire. Alors je prenais mon mal en patience, et je discutai avec Madame Raven qui me dévorait littéralement du regard, sans se gêner pour me le faire savoir. Elle se mordillait la lèvre lorsque je m’adressai à elle en papillonnant du regard, laissait son regard courir sur mon corps des pieds à la tête en poussant un soupir entendu… Rien que sa fille ne faisait pas non plus. Non mais… où étais-je, là, franchement ? J’avais presque envie de lui montrer ma cheville et de lui hurler un gros « BOUH !! » pour la faire déguerpir. Tout à coup, je sentis mon portable vibrer dans ma poche. Sauvé par le gong ! Je m’excusai auprès de ces « charmantes jeunes femmes » qui se ressemblaient d’ailleurs comme deux gouttes d’eau, et me mis légèrement à l’écart pour lire le SMS… de Riley ? Je l’ouvris, curieux, et ne pus m’empêcher de me mordre la lèvre pour me retenir de rire, avant de risquer un discret regard vers elle. Je hochais la tête d’un air de dire « t’es vraiment pas croyable », et lui répondis à mon tour :

Je ne faillerai pas de le lui dire, à moins que tu ne veuilles t’en charger ? Chérie ?


Nous échangeâmes tous deux un dernier regard entendu, et je montai sur l’estrade pour discuter avec mes collègues. Je m’étais baladé avec un petit carnet tout le long de la soirée, et avais noté les bons points et les défauts de chaque étudiant. Tout le monde en avait, même Riley, et si je voulais être le plus objectif possible, ce que j’expliquai à mes collègues, la qualité du travail se départageait entre Chris Simons, Courtney Raven… et Riley Harris. Tous hochèrent la tête, et nous nous concertâmes tandis que les coupes de champagne et les petits fours étaient distribués à tous nos invités qui pouvaient ainsi se restaurer le temps que nous décidions qui serait l’heureux gagnant. Maintenant, il s’agissait d’être impartial. Je me devais de laisser mes sentiments pour Riley de côté, afin d’offrir le prix du meilleur apprenti photographe à celui ou celle qui le méritait le plus. Pire que ça, si elle venait à gagner, je ne voulais pas qu’elle croit que j’ai tout misé sur elle et entrainé ses autres professeurs dans mon point de vue parfaitement subjectif et intéressé. Car je savais pertinemment combien elle désirait gagner, même si elle ne le formulait pas à voix haute. Je connaissais ce regard brûlant de désir, ces gestes anxieux et cet air déterminé qu’elle adoptait ce soir et même depuis ce matin lorsque nous nous étions réveillés dans le même lit. Alors nous mîmes une bonne heure à nous décider, et, une fois le choix finalement fait, je vins m’assoir à la longue table où les huit professeurs étaient réunis. Je triturai mes doigts d’un air nerveux, ne sachant pas comment elle prendrait la décision… Le directeur de la promotion et professeur d’histoire de la photographie – cours aussi intéressant que barbant tant sa voix était monotone et vieillissante – se leva et toussota dans le micro pour attirer l’attention du public. Aussitôt le silence se fit. Je n’osai pas croiser le regard de Riley tant je craignais sa réaction. Et c’est alors qu’il dit :

« Messieurs, mesdames, mesdemoiselles, bonsoir. Je parle au nom de mes collègues et ensemble du corps enseignant dans la promotion 2017 de première année de photographie, en vous disant que nous sommes très heureux de tous vous accueillir parmi nous, élèves comme proches de ceux-ci. Ce premier semestre a été riches en émotions et en apprentissage, et très vite nous avons pu constater avec quelle implication et application vos enfants et étudiants ont pu se donner à cœur joie dans cette exposition de photographie qui vise à décerner le prix du meilleur photographe dans des styles hétéroclites et variés. Je vous passerai donc les longs discours barbants – et c’est bien la première fois que j’offre cette chance à mes étudiants – et transmets la parole à mon ami et collègue qui a organisé d’une main de maître ce concours : Monsieur Nilo Toskàv. »

Je me levai sous les applaudissements intimidants de la foule, et pris la place de mon collègue en le remerciant d’un sourire et d’une franche poignée de mains. Je m’approchai du micro, et déclarai :

« Bonsoir à tous. Je ne vous cache pas que le gagnant ou de la gagnante a été très difficile à départager. Sachez tous que vous avez accompli des travaux tout à fait époustouflants pour une première année, qui plus est un premier semestre à peine. C’est en ce sens qu’à nos yeux vous êtes tous vainqueurs. Mais cependant il a fallu faire un choix, et celui-ci serai le suivant. Je remets ce magnifique trophée à… »

Je laissais un instant le suspens monter, et priai tous les dieux pour que Riley ne m’en veuille pas. J’y étais après tout pour pas grand-chose… j’avais simplement donné ma voix, et contre sept autres personnes je ne faisais pas la majorité. Je pris alors le trophée et posai mon regard sur…

« Riley Harris. » Déclarai-je avant qu’un tonnerre d’applaudissement ne monte.

Pourvu qu’elle ne m’en veuille pas… Non je n’avais pas voté pour elle parce que nous partagions parfois le même lit, non pas parce qu’elle m’avait recueilli, et non pas parce qu’elle était ma petite amie, mais parce qu’elle le méritait, tout simplement. Et puis je savais aussi combien elle avait en horreur que l’attention soit portée sur elle. Et là pour le coup, si elle souhaitais être discrète, c’était loupé !

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MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Mer 14 Juin - 23:15

Run Boy Run...
nilo & riley

Elle doit se calmer un peu et cesser de se laisser submerger aussi facilement par la jalousie qui la conquit à chaque fois sans qu’elle ne lève les armes. Elle n’aime pas que les autres femmes l’approchent ainsi et lui fassent de l’oeil, et c’est encore plus difficile pour elle d’assister à une telle scène sans pouvoir manifester son existence et réclamer sa possession. Car oui, il est à elle. Depuis qu’ils ont décidé d’officialiser leur relation*, elle ne le partage plus avec aucune femme. Ils se sont voué fidélité, et même si elle lui fait confiance, elle ne peut possiblement faire confiance à toutes ses femmes qui tentent de visiter son lit. Conséquemment, les yeux de l’étudiante louchent vers la mère de Courtney qui ne cesse de glousser comme une poule. On sait maintenant d’où provient le rire irritant de sa fille! Sans aucune gêne, elle se met légèrement en retrait pour éviter le regard curieux de ses parents et lui envoie un message texte teinté d’une jalousie manifeste. Elle rigole légèrement en voyant sa réponse à laquelle elle répond d’un sourire rempli de malice. Oh, comme elle aimerait donc lui dire ce qu’elle en pense! Si ce n’était pas de l’endroit où ils se trouvent, elle ne se serait pas gênée pour l’embrasser à pleine bouche.

À son grand bonheur, Nilo quitte le kiosque de Courtney et rejoint les autres juges. Ils se mettent ensuite à discuter entre eux du travail des étudiants. L’angoisse s’empare rapidement d’elle, suscitant l’émergence d’émotions contradictoires. Elle a terriblement envie de gagner, mais sait très bien ce que cela signifierait: elle aurait à se présenter devant une foule de gens qui l’épieraient sans merci, décuplant une angoisse déjà très virulente. Elle déteste avoir plusieurs pairs d’yeux postées sur elle, si bien qu’à chaque fois elle tente de fuir au meilleur de ses capacités. En classe, cela peut passer: n’étant pas devant tout le monde, elle peut tenter de dévier sa concentration des étudiants qui la regardent et prétendre que seulement elle et son interlocuteur n’existent. Mais quand elle se retrouve sur un podium devant une large audience, les choses en sont toute autre. Il est difficile de faire abstraction de toute l’attention que sa prise de parole suscite, et il faut croire que tous les efforts fournis pour limiter son angoisse seront éternellement vains.

Au risque de prétendre prétentieuse, c’est sans grande surprise que son nom est prononcé lorsque vient le temps d’annoncer le choix final des juges. Son regard croise celui de son enseignant lorsque son nom sort finalement de sa bouche, et l’étudiante en vient même à se demander si sa victoire n’aurait pas à faire avec quelconque magouille. Les applaudissements s’élèvent et grondent dans la pièce, tandis que des centaines de paires d’yeux convergent vers une seule et unique personne qui se sent soudainement si frêle: Riley Harris. Ses jambes ramollissent d'un seul coup tandis que ses parents l’enlacent en lui offrant leurs plus franches félicitations. Il faut carrément qu’ils la poussent pour qu’elle s’avance vers le podium, ce qu’elle fait à reculons. Dessinant un sourire sincère sur ses lèvres, elle serre la main de chacun de ses enseignants en terminant par Nilo qui tient entre ses mains le trophée doré d’un métal bon marché. Elle ne sait pas trop quel coup d’oeil lui envoyer, étant tout à fait embêtée par l’authenticité de sa victoire. Ainsi, elle ne fait que le considérer comme un autre parmi la masse et se retourne pour faire face à la foule qui remplit la salle. Tant de gens se sont déplacés pour encourager leur ami ou enfant, et c’est tout à fait impressionnant de voir tout le support que ses collègues peuvent recevoir. Chacun de ses membres tremblent violemment tandis qu’elle prend parole pour remercier le jury ainsi que ses parents. Elle ne souhaite pas s’éterniser et se permet même d’ajouter “n’être pas tout à fait à l’aise à être le centre de l’attention, préférant ainsi demeurer derrière la caméra”, ce qui fait naître quelques rires parmi l’audience. Elle descend du podium et regagne ses supporters, c’est-à-dire papa et maman, qui observe son prix avec une fierté non feinte. “Bravo, ma puce”, lui dit son père avant de l’embrasser sur le front.

La soirée tire presque à sa fin. Riley remballe ses photographies fièrement exposées et, une fois le travail terminé, les achemine jusqu’à un local prévu à l’entreposage des oeuvres. Elle informe ses parents qu’elle passe à la salle de bain avant de les rejoindre au véhicule. Ils ont tardé plus que les autres qui ont commencé à défaire leur kiosque avant elle, les parents de la jeune femme ayant décidé de parler davantage avec ses enseignants. La réussite de leur fille est importante, et son père veut s’assurer qu’elle ait tous les outils pour l’aider, et ce, même si cela veut dire qu’il devra se mettre quelques renommés du milieu dans sa poche. Lorsqu’elle sort de la toilette après avoir effectué sa besogne, elle croise Nilo qui, lui aussi, émerge de la salle de bain. “Tu viens chez moi ce soir?”, lui demande-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine, s’attendant à une réponse positive de sa part. Ils ont des choses dont ils doivent discuter, notamment de ce trophée qu’elle ramène à la maison. L’a-t-elle gagné avec l’entière intégrité et objectivité de Nilo ou a-t-il tout mis en oeuvre pour que le vote penche de son côté? Elle a besoin d’une réponse honnête, sans quoi elle continuera de songer que le mérite ne lui revient pas.


*Un RP flashback suivra sur l'officialisation de leur relation (wiiiiiii )

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MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Jeu 15 Juin - 18:51

Run boy run
Nilo & Riley

La révélation du nom du gagnant avait fait l’effet d’une bombe. Tout le monde applaudissait, nous plongeant dans un brouhaha que je ne tolérai que maigrement. Je préférai le calme, ou bien alors de bonnes musiques techno balancées dans les enceintes d’une boîte de nuit. Mais les effusions de ce genre-là, très peu pour moi. J’avais l’impression d’être retourné en prison, là où les détenus applaudissaient et tapaient en hurlant contre les barreaux de leur cellule lorsqu’avait lieu une baston qui finissait généralement à la morgue pour l’un des deux partis. Souvenir funeste qui me hantait jour et nuit alors que je ne craignais constamment qu’une seule chose : devoir y retourner. Cela me pendait au nez, et je repensé à ce que m’avait dit Sasha il y a quelques jours : c’était le mensonge dans lequel je m’étais enfoncé en m’improvisant professeur qui finirait tôt ou tard par me tomber sur le coin de la gueule. Et vu l’homme qui était présent ce soir dans le public et, qui plus est, qui s’avérait être le paternel de Riley, je sentais que si révélation il y avait, elle serait cuisante. Si je perdais Riley, je perdais ce que j’avais de plus cher au monde, mais je m’étais bien trop enfermé depuis tant de temps dans ce mystère, dans ce mensonge, que je ne pourrai dorénavant plus faire marche arrière.
Voyant que la famille Harris, haute, fière et digne se précipitait à la rencontre du corps enseignant, je décidai de m’éclipser en douce et me rendre aux toilettes pour m’abreuver d’autres chose que du champagne ou du jus d’orange âpre à souhait. Et je devais bien avouer que c’était surtout pour leur échapper sans paraître étrange. Quoi de plus normal que d’aller aux toilettes, plutôt que de sortir au-dehors, se rafraîchir certes la tête et les idées, mais affronter surtout des étudiants aussi enchantés par cette soirée que furieux du résultat qu’ils ne comprennent pas. Et je pensais là à Courtney, bien évidemment. J’avais vu son regard mitrailler celui de Riley à l’annonce du nom de certes dernière, et s’il s’était aussitôt adouci en me voyant, je doutais qu’elle ne me fasse pas quelconque réflexion.
Je m’enfermai donc dans les toilettes, et m’aspergeai le visage d’eau froide, ce qui me fit le plus grand bien. Je lâchai un profond soupir, mains placées de chaque côté du lavabo, poings serrés à m’en faire pâlir les jointures. Et si Sasha avait raison ? Et si je devais tout avouer à Riley avant qu’il ne soit trop tard ? Mais que se passerait-il ensuite ? Je serai à nouveau à la rue. Qui dit rue, dit saleté. Qui dit saleté dit mauvaise réputation. Qui dit mauvaise réputation dit bureau du président, et qui dit cela dit… renvoi. A moins que de Riley je ne passe directement par la case renvoi, ce qui était aussi tout à fait envisageable. Dans tous les cas j’étais cuit, et si ce mystère venait aux oreilles de son père, je retournerai directement en prison, c’était là chose sûre. Et pour combien de temps ? Longtemps, ça c’était certaine. Je finirai d’une part ma liberté conditionnelle là-bas, ce qui faisait donc quatre ans, et je paierai pour mon mensonge. Et là il faudrait au moins compter… Quatre/cinq ans de plus ? Au moins, oui. Ce qui ferait que je sortirai de là à… punaise, entre quarante-six et quarante-sept ans… Et surtout je repartirai à la case départ, c’est-à-dire sans un rond et sans logement. A ce prix-là, il valait mieux rester en prison, non ? Au moins j’y étais nourri, logé et blanchit. Et puis qui voudrait employer quelqu’un de mon âge à présent ? Personne, surtout avec un C.V pareil. Et pire que cela j’aurai perdu celle que j’aimais comme jamais je n’avais encore jamais aimé. Et ça, je n’étais pas sûr de pouvoir vivre avec sur la conscience. Je connaissais bien une femme qui m’accueillerai les bras ouvert, sans citer de nom car il me parait évident, mais si je l’aimais aussi, devais-je l’avouer, elle n’était pas ma Riley.
Je poussai un long soupir, pris une serviette en papier et m’essuyai doucement le visage pour ne pas être rouge comme un feu stop. Je sortis de la salle de bain et me stoppai tout net lorsque je rencontrai Riley, précisément. Les bras croisés, elle me demanda si je rentrerai chez elle ce soir. Je sentais dans le ton de sa voix qu’il y avait une forme de rancune, et je devinais bien de laquelle il s’agissait. C’était précisément celle que j’avais crainte toute la soirée. Je lâchai un léger soupir et lui souris bien tristement, encore accaparé par mes pensées :

« Oui, oui, je serai là. A moins que tu ne le désires pas. Pars avant moi et envoie-moi un message pour me dire quand tu seras seule. OK ? »

Je traçai ma route, retournai vers mes collègues et, après avoir échangé deux mots et vus que la famille Riley s’était éclipsée, j’aidais tout le monde à remettre la salle propre à neuf. Et enfin, je reçu un texto de ma blondinette pour me dire qu’elle était enfin seule. Je finis ce que j’avais à faire, et lui répondis :

« D’accord, je pars dans deux minutes. »


Deux minutes presque montre en main, je saluai tout le monde, leur souhaitai un bon weekend, et partis pour prendre la direction de l’appartement luxueux de Riley. La lune pleine était déjà très haute dans le ciel, et, à la lueur des réverbères, je jetai un coup d’œil à ma montre pour voir qu’il était une heure et demie du matin passée. Je fus pris d’un frisson lorsqu’une brise glaciale se leva, maltraitant les branches des arbres secoués par la bourrasque. Ma veste fermement fermée contre moi, je continuai à avancer, les yeux plissés tant le froid était mordant. Une petite demi-heure me séparait à pieds de son appartement. Et lorsque j’y parvins enfin, je pris le double des clés qu’elle m’avait confié et ouvris la porte qui menait au grand hall de l’immeuble avant de monter les escaliers pour me réchauffer un peu. Je frappai à la porte de son appartement pour me signaler, car je n’habitais bien sûr pas pour autant chez elle – j’y étais seulement hébergé – et il me semblait que c’était la moindre des choses de ne pas y rentrer comme dans un moulin. Je pénétrai dans l’appartement, encore éclairé.

« Tu n’es pas encore couchée ? » Demandais-je à Riley qui était allongée sur son canapé Albert roulé en boule sur son ventre, ronronnant à ses caresses.

« Tu veux qu’on parle, je suppose ? Très bien, on va parler. Si tu le permets, je vais juste prendre un verre d’eau avant. » Lui dis-je en me dirigeant vers la cuisine.

Je pris un verre dans le placard et pris la bouteille d’eau pour le remplir. Je bus quelques longues gorgées, le nettoyai ensuite puis l’essuyai avant de le remettre à sa place. Je lâchai un léger soupir, et me dirigeai vers le canapé. Là, je déposai un petit baiser sur son front et m’assis à côté d’elle, sur l’autre côté du canapé d’angle qui trônait au milieu du salon.

« Bien, ne me dis rien, je sais exactement la question que tu vas me poser, et la réponse est non. Non je n’ai pas donné ton nom pour le prix car je ne voulais pas que tu crois un seul instant que je l’ai fait parce que nous sortons ensemble. Si j’ai voté pour toi, c’est uniquement, et je te le jure, parce que tu le méritais plus que les autres. En toute honnêteté, j’ai même hésité entre toi et Chris Simons. Courtney, j’y avais pensé, mais ses photographies n’étaient pas aussi propres que vous deux, quoique ses sujets étaient plus qu’intéressants. Chris, c’était plus une faute de goût avec un style cependant très propre et épuré. Quant à toi, il y avait à la fois le sujet, le regard artistique et la netteté que nous attendions. Et, pour tout te dire, sur les huit enseignants moi y compris, nous avions était cinq à voter pour toi. Alors non, je t’assure que ça n’est pas pour que tu « caresses mieux mon entre-jambe ce soir » comme tu l’as suggéré dans ton texto que j’ai fait cela. A dire vrai, j’ai même énormément angoissé quand ce fut à moi d’annoncer qui serait le gagnant car j’étais sûr que d’une manière ou d’une autre tu aurais été aussi fière que farouchement agacée par mon acte. Mais je l’assume et s’il faut que je te mette à dos de moi parce que tu mérites ce prix, alors je prends le risque. Je n’ai fait que ce qui me semblait être juste. Voilà. »

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MessageSujet: Re: Run Boy Run (Nilo)   Jeu 15 Juin - 22:38

Run Boy Run...
nilo & riley

La soirée se termine sur l’annonce de la gagnante qui n’est nul autre que la blondinette qui, malgré le bonheur qu’elle ressent lorsque retentit son nom, ne peut s’empêcher d’avoir un léger doute quant à l’authenticité de sa victoire. Les bras croisés sur sa poitrine, elle demande à Nilo s’il viendra dormir chez elle, même si la réponse en soit est plus qu’évidente. Il n’a nulle part où aller pour le moment, et la jeune femme a bien compris qu’il devrait possiblement rester pour encore quelques jours, c’est-à-dire d’ici à ce qu’il remette un peu de l’ordre dans ses finances. D’une certaine façon, elle sait que sa propre présence pourra adoucir sa forte consommation de stupéfiants, et elle est tout à fait prête à l’aider à modifier ses habitudes dévastatrices. D’ailleurs, ce serait un mensonge de dire qu’elle n’est pas contente de passer un peu plus de temps avec lui. Sans grande surprise, il l’informe qu’elle peut compter sur sa présence, ce à quoi elle répond d’un simple hochement de tête. Ils s’entendent qu’elle lui enverra un message texte une fois ses parents partis puis s’éclipse vers la sortie pour les rejoindre dans la rutilante BMW. Sans plus attendre, ils prennent le chemin de la maison.

“Nous sommes très fiers de toi, ma puce”, lui souffle sa mère qui se retourne vers la jeune photographe assise à l’arrière, le regard perdu dans le paysage qui défile sous ses yeux. Les paroles la sortant de sa rêverie, elle pose ses grands yeux bleus sur ceux de sa mère et lui sourit. Entendre ses parents lui dire une telle chose lui apporte un immense sentiment d’épanouissement. Il n’y a rien qu’elle désire plus que de les rendre fiers et de voir qu’elle ne s’est pas trompée en décidant de poursuivre ses études dans le domaine photographique. Ils ont eu leurs doutes lorsqu’elle leur a annoncé sa décision de lâcher l’école de la médecine pour s’engager dans des études plus… inusuelles. S’ils n’ont pas apprécié cette soudaine décision, ils ont fini par capituler devant l’insistance probante de leur prunelle. Elle ne désirait rien d’autre que de vivre de ce qui la passionne et leur a fait clairement comprendre qu’elle ne reviendrait pas sur sa décision. Ils n’ont désormais aucun doute quant au talent de leur fille et sa capacité à réussir dans son domaine de prédilection, et ce prix qu’elle tient entre les mains semble être la preuve qu’elle saura se démarquer jusqu’à l’obtention de son diplôme. “Ça me fait plaisir de l’entendre”, dit-elle avant de joindre sa main à celle de sa mère qui lui est tendue. Les deux femmes s’échangent un sourire complice tandis que son père demeure concentré sur le chemin, non sans jeter un regard attendri à sa fille unique. Ses parents sont tout ce qu’elle a et elle les aime d’un amour inconditionnel, si bien qu’elle se sent terrible de leur cacher un grand secret, c’est-à-dire sa relation avec l’un de ses enseignants. Elle ne se voit toutefois pas les mettre au parfum de cette situation quelque peu inhabituelle, sachant très bien qu’ils n’accepteraient pas cette liaison malsaine. Conséquemment, elle préfère se taire et poursuivre ce qu’elle partage avec Nilo dans un silence complet, ne se risquant pas de le révéler au grand jour.

Lorsque le véhicule se gare dans le stationnement extérieur du logement, Riley invite ses parents à prendre le thé avant que ceux-ci ne rentrent à leur hôtel pour quitter très tôt le matin prochain, sa mère devant attraper un vol pour les États-Unis. L’étudiante partage un moment de complicité et de rires avec ses deux parents avant ce ceux-ci ne lui disent leurs derniers au revoirs avant de rentrer à la maison. Riley n’est peut-être pas affectueuse envers les autres, mais quand il est question de ses parents, son attitude est tout autre. Elle les serre très fort dans ses bras, tandis qu’ils lui redonnent le même amour. Ils sont très proches tous les trois, et ce n’est pas ses nouvelles habitudes de jeune rebelle qui dénaturera leur relation. Un dernier signe de main et ils disparaissent dans la noirceur que les réverbères peinent à briser; la jeune blonde agrippe son portable et envoie un message texte à son amant, l’invitant à rentrer quand bon lui semblera.

“Ils sont partis”

Elle dépose son portable sur le dossier du canapé et file sous la douche avant de décider d’attendre Nilo en compagnie de son chat qui s’enroule sur son ventre afin de recevoir d’apaisantes caresses de la part de sa maîtresse. Musique classique en fond, elle ferme les yeux et attend patiemment, s’engageant dans un dur combat contre la fatigue qui l’attaque avec virulence. Les grincements de la porte se font entendre et la sortent de sa somnolence. Instinctivement, elle lève les yeux vers lui et se résout à attendre quelques instants avant d’entamer la conversation. Certes, elle n’a aucunement envie de se chicaner avec lui de quelconque façon, mais ne désire qu’avoir une réponse sincère de sa part. “Non, je t’attendais”, se contente-t-elle de lui répondre en continuant son attaque de caresses sur son matou entièrement assujetti. Il est parfaitement conscient qu’ils auront une discussion, et sais pertinemment sur quoi elle portera. Elle s’assoit sur le canapé pendant que Nilo boit un grand verre d’eau, sûrement déshydraté par tout le blabla qu’il a dû faire au courant de la soirée. Son verre terminé, il prend place sur le second canapé du salon. Leur regard se croise et il ne se fait pas prier avant de prendre parole, dévoilant en un seul monologue dont la sincérité est indubitable, qu’il n’a en aucun cas leurré les autres juges pour que le prix lui soit offert. La jeune femme hoche la tête lorsqu’il se tait, prend Albert dans ses bras et le dépose au sol avant de se lever et d’aller s’asseoir sur les genoux de son amoureux. “Je voulais juste que tu sois sincère avec moi, c’est tout ce que je demandais. Je désirais savoir si je mérite ce prix ou non”, lui dit-elle avant de déposer un baiser sur ses lèvres. “Maintenant, viens…. On va aller dormir”, ajoute-t-elle avant de se lever puis de prendre sa main pour qu’il la suive jusqu’à sa chambre. Cette nuit, elle veut dormir dans ses bras.

FIN

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Learning to fly
A soul in tension that's learning to fly. Condition grounded but determined to try. Can't keep my eyes from the circling skies. Tongue-tied and twisted just an earth-bound misfit


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Run Boy Run (Nilo)

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