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 C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser [Riley]

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MessageSujet: C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser [Riley]   Jeu 15 Juin - 22:11

C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser
Nilo & Riley

Mes bras me brûlaient après avoir fait l’effort de porter une Tracey de quarante-huit kilos tout mouillés. J’ignorais si des points avaient sautés, mais je m’en doutais un peu à vrai dire. J’avais forcé là où je ne l’aurais jamais dû, mais comment faire autrement ? Il fallait la mettre en sécurité des autres et d’elle-même. J’ignore combien de verres elle avait vidé et quelle quantité de drogue elle avait prise pendant mon absence, mais ça serait mentir que de dire que je ne m’inquiétais pas pour elle. Certes à présent elle était en sécurité chez elle, et selon Riley elle était juste dans un état certes minable, mais au moins saine et sauve. Tout ce dont je voulais m’assurer, c’était qu’elle se réveille bien demain matin et ne tombe pas en overdose si elle a ramené deux/trois choses avec elle, comme elle avait l’habitude de le faire. J’avais passé bien des soirées en compagnie de Tracey, et à chaque fois c’était la même chose : on se droguait encore plus une fois arrivés chez elle, avant de terminer dans son lit. Cependant ce soir les choses semblaient être différentes ? J’avais inspecté les poches de sa veste mais n’avais rien trouvé. Je n’allais bien sûr pas fouiller son soutien-gorge dans lequel elle aimait bien glisser deux ou trois paquets, mais une chose était sûre : demain, je la bombarderai de messages pour savoir comment elle va. Même si je doutais qu’elle me réponde… Savait-elle ce qu’il s’était passé tout-à-l’heure entre moi et Riley ? Etait-ce pour cela qu’elle avait consommé à un point tel que je ne l’avais encore jamais vue ? Je n’en savais rien, et je lâchai un léger soupir avant de relever la tête et de regarder le paysage autour de nous. La nuit était noire, et la lune pleine jouait à cache-cache avec les nuages qui donnaient au ciel une teinte orangée. Mais il me manquait quelque chose… Doucement, sensiblement, je glissai ma main dans celle de Riley et entrelaçai nos doigts en lui offrant un beau sourire.

« Je suis bien content que cette soirée soit terminée, pas toi ? » Lui demandais-je.

J’eus un léger rire, et ajoutai :

« Bien que j’admets en avoir particulièrement aimé la fin… » Plaisantais-je.

Enfin, la fin oui, mais pas le détour fait chez une Tracey complètement déchirée. Ça, nous nous en serions tous les deux bien passés. Je lâchai un nouveau soupir, je mordillai la lèvre inférieure, avant d’oser lui dire :

« Certes j’ai eu une vie avant toi, mais je te demande pardon pour tout ce que tu as vu et que j’ai fait. Je n’ai pas toujours un comportement très mature et exemplaire malgré mes trente-huit ans… » Lui dis-je en baissant les yeux pour fixer l’asphalte.

Le fait était que j’avais honte de moi. J’avais honte d’avoir ainsi laissé libre court à ma jalousie, même si elle m’avait laissé gagner le cœur de Riley. J’avais honte d’avoir bu autant d’alcool, malgré tous les médicaments que j’avais pris et qui m’avait poussé à faire n’importe quoi. J’avais honte d’avoir balancé Lucas par-dessus le balcon pour qu’il finisse sa course dans la piscine… même si je gardais pour moi que j’avais trouvé cela particulièrement drôle. Et puis cela m’avait permis de me venger du coup-bas que ce salaud m’avait fait vis-à-vis de Riley. Mais au fond, qui étais-je pour la pousser à tomber dans mes bras plutôt que dans les siens ? Qui étais-je pour l’obliger à se décider d’être avec lui ou avec moi ? Riley était mature depuis quelques années déjà, et suffisamment intelligente et indépendante pour savoir avec qui elle désirait passer son temps. Et peut-être que ça ne resterait pas longtemps avec moi. Peut-être que ce que nous avions ensuite vécu dans la petite salle de bain – ou les grands toilettes, je ne sais pas bien – n’était qu’une passade pour elle qui semblait avoir l’esprit bien plus ouvert que ce que je ne l’aurai pensé. Loin de là l’image du parfait petit ange pur et innocent que son visage de poupée laissait croire à tout le monde, Riley avait en réalité l’esprit bien moins étriqué que ce que j’avais pu croire jusqu’à là. Et pourtant Dieu sait si elle ne m’en avait pas fait voir de toutes les couleurs. Alors peut-être que la sensation de sa main dans la mienne la gênerait à présent. Peut-être que ce moment de pure et intense folie ravageuse et enflammée dans les toilettes où nous avions fait l’amour serait une nouvelle croix qu’elle dessinerait sur le grand tableau de ses regrets. Une chose était évidente : je m’imposais beaucoup trop, malgré moi. Je voulais la petite blonde pour moi tout seul, car en réalité j’étais fou d’amour pour elle. Ça, je le lui avais ouvertement fait comprendre, mais elle, qu’est-ce qu’elle ressentait véritablement ? Je n’arrivai plus à poser mon regard sur elle. L’esprit vagabond, je regardai la devanture des magasins fermés à une heure aussi avancée de la nuit, protégés par une grille de fer qui empêcherait solidement les intrus de pénétrer à l’intérieur. Et enfin, je réussis à percer le silence.

« Je… j’espère que ta soirée n’a pas été aussi cauchemardesque que celle que je t’ai faite passer… Vraiment Riley, je suis navré pour tout. Tu sais ce que je ressens pour toi, mais je n’aurai jamais dû te l’imposer. Tu es libre de tes choix, après tout. Alors dès que je t’aurai ramené, je m’éclipserai et je ne t’embêterai plus, du moins jusqu’à ce que tu reviennes vers moi, si tu le désires. Si ça n’est pas le cas, je le comprendrai. Malgré ce qu’on s’est dit dans les toilettes. Je ne sais pas, tu as pu… te méprendre sur ce que tu m’as avoué. Ou peut-être le regretteras-tu demain à ton réveil. Enfin voilà, comme tu peux le voir je… je suis un peu  largué. » Lui dis-je dans un léger rire en passant mon autre main sur ma nuque, profondément embarrassé.


Dernière édition par Nilo Toskàv le Ven 16 Juin - 22:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser [Riley]   Ven 16 Juin - 22:19

C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser
nilo & riley

Cette soirée est très loin d’être ce qu’a anticipé la jeune femme. Elle s’était attendu à une soirée aussi banale qu’une autre, ne se démarquant pas des fêtes précédentes auxquelles elle a assisté. Et pourtant, dire qu’elle en est surprise serait un euphémisme. Elle ne s’attendait pas du tout à y voir Nilo, et encore moins à s’engueuler avec lui pour finir par lui avouer ses réels sentiments. Le dénouement est très loin de tout ce qu’elle pourrait s’être imaginé. La jeune femme craint toutefois la suite. Maintenant qu’elle a exposé au grand jour ce qui se trouve dans son coeur, aucun retour en arrière est possible Elle ne peut ravaler ses paroles et fuir comme elle aimerait le faire. Malgré le poids dont ses épaules se sont libérées, son coeur n’a pas cessé de battre avec la même frénésie. Il continue de s’exciter dans sa cage thoracique, signe que la jeune photographe demeure toujours aussi chamboulée par ce qui s’est passé. Ils se sont littéralement jetés dans les bras de l’un et l’autre après une féroce altercation qui s’est terminée par leur fusion corporelle et sentimentale. Puis, à son grand malheur, il a fallu prendre soin de l’ivrogne droguée qui s’était physiquement ravagée avec une multitude de substances inconnues qui n’avaient pas été de mains mortes avec elle. C’était à peine si elle était encore consciente, et c’est la raison pour laquelle Nilo a voulu prendre soin d’elle. Conséquemment, ils l’ont ramenée jusqu’à son logement. Riley n’a pas insisté pour qu’il poursuive ses bonnes attentions sur la pauvre intoxiquée, préférant se tenir loin de la lionne qui risquait de lui sauter à la gorge à tout moment. Voyant qu’elle respirait et qu’elle était saine et sauve chez elle, elle a proposé de quitter pour ne pas passer une seconde de plus en compagnie de cette femme pour laquelle elle n’a guère d’affection. Elles se vouent une haine mutuelle qui, le croit-elle, ne s’évanouira pas de sitôt. Elles se livreront un combat sans merci pour un homme dont le coeur est déjà pris. D’ailleurs, elle ne comprend pas pourquoi Tracey s’acharne. Elle a déjà perdu et tous ses efforts demeureront vains. Quoiqu’elle tente, elle repartira bredouille. C’est triste, certes, mais c’est aussi la réalité. La réalité est impitoyable, machiavélique et vicieuse. Il ne faut pas chercher de cherche de fin heureuse, car cela n’existe que dans les contes de fées.
Et la vie est loin d’être un conte de fées.

La paire prend enfin le chemin de West Bay, là où ils logent tous les deux. Ils ont la chance de ne pas vivre très loin l’un de l’autre, bien que leur logement respectif soit très différent. Riley vit dans un milieu plus aisé, car ses parents lui paient le luxueux appartement dans lequel elle vit. Quant à Nilo, il se paie ce que son salaire et sa surconsommation lui permet de s’offrir. Ce n’est conséquemment pas très luxueux, mais c’est suffisamment confortable pour qu’il puisse y vivre sans souci. Le silence ne subsiste pas très longtemps tandis qu’ils entament leur longue marche. En accord avec ses propos, la jeune femme hoche la tête et rigole légèrement, se remémorant de la sauvagesse de leur moment passé dans la salle de bain. “Exactement ce que je disais, t’as le coeur entre les deux jambes”, lui dit-elle en tirant la langue. Ses rires reprennent de plus bel. L’ivresse de la jeune femme n’est plus; son système a très rapidement filtré l’alcool qu’elle a ingurgitée, de même que la drogue qu’elle a prise en début de soirée. De surcroît, la discussion houleuse avec son enseignant l’a rapidement ramenée sur Terre, déchirant impunément les ailes que lui avait offerte cette petite pilule à la composition inconnue. L’expérience sera à refaire...mais ça, elle préfère le garder pour elle-même. “C’est peut-être pourquoi tu aimes les femmes plus jeunes”, justifie-t-elle non sans conserver ce même air taquin. L’heure n’est plus à la dispute, et elle compte bien établir une scission très claire entre ce qui s’est passé précédemment et le moment présent. Toutefois, le sujet discuté plus tôt refait surface. La jeune femme devait s’y attendre après tout. Ils ont des choses dont ils doivent discuter à tête reposée, et ce n’est pas la drogue qui leur aurait permis d’être très lucides. Néanmoins, elle ne reviendra pas sur ce qu’elle lui a avoué précédemment. Malgré son esprit brouillé par les effets multiples des produits chimiques qui avaient pris d’assaut toutes ses fonctions cérébrales, elle avait laissé la vérité parler. Si elle avait de prime abord tenté de se protéger de cet amour qu’elle ressent, les barrières sont très vite tombées pour révéler une réalité qu’elle ne pouvait plus refouler. “Je pense ce que j’ai dit plus tôt. Je ne t’ai pas dit ce que j’ai dit pour que tu me fiches la paix en te donnant raison”, lui avoue-t-elle en baissant ses yeux au sol. Ses doigts jouent nerveusement ensemble tandis qu’elle tente de répertorier les millions d’idées qui s’entrechoquent parmi la confusion qui sème dans sa tête. “Je n’ai pas envie que tu partes, loin de là. Mais j’ai peur de ce que je veux…. De ce que je veux vraiment”, ajoute-t-elle en risquant poser son regard dans le sien. Le réverbère qui peine à étirer ses derniers instants de vie éclaire difficilement mais suffisamment le doux regard de son amant. Tout doucement, elle glisse sa main dans la sienne et noue ses doigts avec les siens dans un ultime geste d'affection désormais avouée.
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MessageSujet: Re: C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser [Riley]   Dim 18 Juin - 20:32

C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser
Nilo & Riley

Je ne pus m’empêcher de rire en levant les yeux aux ciels lorsque Riley me « confirma » que j’avais le cœur entre les jambes.

« Et vous, les filles, vous l’avez où, hein ? Ne me dis pas que tu es toute pure et innocente, tu sais parfaitement bien que je ne te croirai pas ! » Plaisantais-je en passant mon bras autour de ses épaules pour l’attirer contre moi et la décoiffer de ma main libre pour la taquiner.

Je préférais les femmes plus jeunes, dit-elle ? Je réfléchis un instant, plissant un œil en menant ma main au menton d’un air pensif.

« Ce n’est pas que j’aime les femmes plus jeunes, c’est surtout que… j’ai la chance ou pas de ne tomber que sur des plus jeunes. Ça n’est pas un critère de sélection mais la fatalité. A croire qu’à mon âge, les femmes à la peau encore lisse ne sont déjà plus de ce monde. » Ricanais-je en lui pensant la joue, me plaisant dans ce rôle du rustre que je n’étais pourtant pas.

Il était vrai qu’à bien y réfléchir, Tracey avait, si mes souvenirs sont bons, quelque chose comme neuf ans de moins, Jordan… je ne m’en rappelais plus, et Riley dix-huit de moins. Et puis il y en avait eu d’autres, avant elles, lorsque j’étais encore à la fac. Encore au collège et au lycée je sortais avec des filles de mon âge, mais lorsque je fus étudiant, j’avais commencé à creuser un fossé entre elles et moi, la plus jeune ayant… seize ans ? Oh la la, elle avait raison, un vrai puma !
Mais le sérieux regagna la conversation, et j’avouais à Riley ce que j’avais sur le cœur, à savoir de grands doutes. Ceux-ci n’étaient peut-être pas fondés, mais ils me rongeaient toutefois le cœur. C’est donc bien embarrassé et surtout angoissé que je lui dis en quelques sortes que j’espérais dans un premier temps ne pas lui avoir gâché la soirée – bien que je ne regrettais en rien ce que j’avais fait subir à Lucas – mais aussi et surtout que je serai prêt à la laisser vivre sa vie sans y interférer une nouvelle fois si elle ne souhaitait pas que je fasse parti de la sienne. Après tout, nous avions tous deux consommé, et Riley était présente à la fête bien, avant moi. Qui sait si elle n’avait pas bu ou s’était droguée avant que je n’arrive ? Avec « Lucas le protecteur », rien n’était moins sûr. Alors il fallait mettre les choses au clair, et lui dire ce que j’avais vraiment sur le cœur, sans quoi ni l’un ni l’autre ne parviendrait à trouver le sommeil ce soir si l’on sentait qu’il y avait une méprise. Et, à mon plus grand bonheur, Riley me confia qu’elle n’avait pas tenté de se débarrasser de moi en me disant ce que je voulais entendre pour que je lui fiche la paix. Jouant avec ses doigts comme si elle était soudainement gênée, elle avoua qu’elle avait peur de ce qu’elle désirait vraiment. Glissant mes mains dans mes poches, je lui répondis :

« J’admets que ce qui nous arrive n’est pas facile ni commun. Nous avons tous deux une position bien différente, un âge bien différent, et un rythme de vie pas commun. Cependant, et tu me dis si je me trompe, mais comment savoir ce qui est le mieux pour nous… si nous n’essayons pas, tout simplement ? Je ne veux pas jouer le rôle du petit diable en prenant la voix de celui qui désire tellement l’autre qu’il est prêt à faire toutes les conneries du monde, mais… Je ne sais pas, je me dis que ça serait carrément dommage de passer à côté d’une belle histoire simplement parce que nous craignons qu’elle ne nous fasse du mal. Après tout, passer à côté d’elle pour se protéger, ça ne nous ferait pas mal, ça non plus ? » Lui dis-je d’une voix douce en tournant la tête vers elle, échangeant un regard tendre et conciliant.

Je sentis sa main chercher la mienne, et je laissai mes doigts s’entrelacer avec les siens. Je déposai un doux baiser sur le haut de sa main, et lâchai un léger soupir de bien-être. Oui, malgré toutes ces questions, j’étais heureux de marcher là, à ses côtés, ce soir avec elle.
Lorsque nous arrivâmes au carrefour désert à cette heure qui séparerait nos chemins, nous nous arrêtâmes, et je lui dis :

« Tu es sûre que tu ne veux pas que je te raccompagne ? Je ne me sentirai pas rassuré de te laisser partir seule à cette heure-ci de la nuit. Ou plutôt du matin. Surtout vu les types qui trainent là-bas. » Lui dis-je en désignant d’un mouvement de la tête les deux types complètement défoncés qui trainaient dans l’angle de la rue.

Je connaissais sans le moindre doute ce genre de type et savais qu’ils ne nous feraient rien si nous étions ensemble. Cependant je gagerai moins de la bonne sécurité de Riley si elle rentrait toute seule à son appartement…
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MessageSujet: Re: C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser [Riley]   Lun 19 Juin - 0:08

C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser
nilo & riley

Elle est de plus en plus habituée aux longues routes qui la séparent des différents quartiers d’Island Bay ainsi que de Wellington où la majorité des partys ont lieu. La jeune femme ne s’en plaint toutefois pas, préférant les moments de solitude que lui offrent ses fréquentes promenades. L’envie d’avoir un véhicule ne lui a jamais effleuré l’esprit. Ses parents lui ont offert à de multiples reprises l’achat d’une voiture qui ferait de multiples jaloux, mais l’étudiante n’a jamais jugé nécessaire la possession d’une automobile qu’elle n’utiliserait qu’à de rares occasions. Aussi bien épargner la Terre d’un engin polluant supplémentaire: ses jambes et les transports en commun peuvent la mener là où elle le désire. Elle évite également le risque de prendre le volant lorsqu’elle consomme au courant de ses soirées, ce qui s’avère en soi être une bonne chose. Certes, Riley n’est pas sotte et irresponsable. Elle est parfaitement consciente du danger qu’elle encourrait si elle décidait de prendre le volant sous l’influence de substances illicites. Néanmoins, être forcée de marcher pour regagner sa demeure lui semble être plus sûre, surtout qu’elle a toujours l’option d’appeler un taxi si elle décide de quitter avant que le soleil n’ait combattu la pénombre. Heureusement pour elle, elle peut ce soir profiter de la compagnie de son enseignant. Elle aime le temps qu’ils passent à marcher ensemble, à discuter de tout et de rien. C’est ces marches qui les ont de plus en plus rapprochés, leur ont permis de se connaître davantage et d’établir des liens qui se sont fortifiés lors de l’hospitalisation bien malheureuse de Nilo. Ses longues journées passées en sa compagnie ont eu raison d’elle. La naissance de sentiments amoureux s’est produite sans qu’elle n’ait pu la combattre.

Poussé à bout, son coeur a exposé sa plus grande faiblesse. Ses sentiments ont pu s’échapper de la prison dans laquelle elle les enfermait dans l’espoir qu’ils y meurent. La peur nous fait faire des choses irrationnelles, mais elles nous semblent toujours comme étant la meilleure solution, pour ne pas dire l'unique solution. Un amour avec Nilo n’est pas possible; il est son enseignant, il a deux fois son âge, il ne serait aucunement accepté par ses parents et surtout, elle craint être blessée. Riley n’a jamais eu l’habitude d’être en constante compagnie de quelqu’un. Même son seul copain n’occupait pas une place prédominante dans sa vie, car elle préférait inventer des excuses plutôt que de le voir quotidiennement. La simple idée de passer trop de temps avec lui augmentait frénétiquement son taux d’angoisse, sa solitude ne pouvant pas être compromise. Toutefois, avec Nilo, c’en est tout autre. Elle a envie d’être avec lui. Elle n’a pas le sentiment d’étouffer ni d’être dans un atmosphère qui lui est hostile. La présence de Nilo l’enveloppe dans un état de béatitude dont elle ne veut s’échapper, et c’est ce sentiment inconnu qui lui fait peur. Qu’arrivera-t-il si ce bonheur lui est à jamais retiré? Comment peut-elle possiblement croire qu’elle sera heureuse dans une relation qui lui semble sous tous ses angles malsaine? Elle n’y croit pas et elle craint que cette bulle de bonheur fondée sur une illusion parfaitement orchestrée éclatera et la déchirera dans les profondeurs de son âme, lui provoquant des blessures irréparables.

Mais pourtant, elle ne fuit pas. Ses doigts rencontrent les siens à son initiative et elle continue de marcher à ses côtés, harmonisant le moindre de ses pas avec les siens. Ses paroles font écho dans sa tête comme jamais: pourquoi n’essaie-t-elle pas? Comment peut-elle être convaincue qu’elle ne souffrira pas si elle ne donne pas une chance à cet amour qui ne demande qu’à exister? Inversement, comment peut-elle être persuadée qu'elle souffrira dans cette relation? La simple idée de ne pas l’avoir dans sa vie la terrifie; elle ne peut possiblement envisager mettre un terme à ce qu’il partage dans la certitude que sa vie s’en portera mieux. Leur relation n’a rien de saine et de stable, mais peut-être est-ce là la magie qu’ils ont créée? Peut-être parviendront-ils à créer un ordre dans cette confusion que constituent leurs vies? “Tu as raison. Si je laisse la peur me guider, je n’accomplirai rien si ce n’est que mon propre échec”, finit-elle par concilier après quelques instants de réflexion. Son regard n’a pas quitté le sien et doucement, elle dépose un doux et court baiser sur ses lèvres.

Au même rythme que précédemment, ils reprennent leur marche qu’ils interrompent au moment où ils rejoignent le carrefour qui sépare leur chemin. Ses yeux se lèvent vers lui tandis qu’il lui offre de la raccompagner. Elle n’a pas envie de le quitter, pas après ce qui vient de se passer. “Tu veux venir dormir chez moi?”, lui demande-t-elle en l’épiant amoureusement de ses grands yeux bleus attendris par le bonheur qui comble son coeur anciennement solitaire. Sa main ne quitte pas la sienne, déterminée à le garder près d’elle aussi longtemps qu'elle le pourra.
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C'est parce que le cœur ne ment pas qu'il est facile de le blesser [Riley]

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