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 « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn

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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Jeu 13 Juil - 18:15




❝ YOUHOU, LE CHIEN... ❞


Assis là, avec la chaleur contre sa nuque, Qaïn observe calmement le phénomène qui se met en mouvement devant lui sans aucun stress apparent. Incroyable. Il a bien noté sa réaction quand il a parlé du syndrome de Stockholm et à le voir faire,  ce cher petit psychiatre semble bien souffrir d'un interêt certain pour sa personne, mais quant à savoir le type d’intérêt tout était envisageable. Alors le grand blond l'observait. Chacun de ses gestes, entre fume et café noir bien chaud. Il avait une manière de parler incroyablement poli. Personne ne serait revenu ici après le traitement de faveur que lui avait fait Qaïn, personne de sensé du moins. Et ça l'intriguait encore plus. Que croyait-il trouvé ici ou que pensait-il pouvoir trouver? Sa vie était-elle si ennuyeuse au point de choisir la solution la plus suicidaire? L'allusion à sa nuit passée plus sympathiquement qu'il l'aurait passé. Ce Peter avait une capacité étonnante pour masquer ses émotions, mais il n'était pas sans faille. Il avait frôler l'une d'elle en parlant du syndrome, ça le faisait sourire en coin en y repensant. Ben voyons, le remercier. Qaïn commença à se dire lequel des deux étaient le plus atteint. De quoi? De l'avoir attacher? De lui avoir foutu les jetons? De... hein? Cru sa version de l'histoire? Ah non, il se plante, il en est pas encore certain, juste qu'il ne le prend pas pour une menace pour le moment donc il a la vie sauve. Ce Psychiatre est de plus intéressant. Le diner? Il l'avait séquestré et lui, il revient le lendemain même, avec un repas en plus? Bon il avait rien de prêt et c'était une merde en cuisine, donc ce n'était pas pour lui déplaire mais ça remontait à sacrément longtemps ce genre de choses. Ouais, c'est sûr c'est empoisonné. Ah Peter Peter, il va devoir t'en coller une si tu le trahis avec si peu de tact. Est-ce comme ça que tu le remercies de t'avoir laisser partir, et prêter son lit? Qaïn ne conclut pas trop néanmoins et continue de l'écouter sans même un mot, se grattant la gorge de ses doigts râpeux, la clope à la bouche.

"J'ai toujours faim..." qu'il lâche juste en tapant sa clope sur le coté de son fauteuil dans un gros cendrier en verre, qui abrite une dizaine de mégots supplémentaires. Il se lève enfin et siffle à la fenêtre. Le chien dresse les oreilles en entendant son maitre et arrête de pisser partout, courant dans tous les sens entre les arbres. Un second sifflement et il se met à avancer droit cette fois-ci. Il faut vraiment qu'il régule son hygiène de vie à ce clebs, mais bon, il ne l'a pas vu faire, donc il ne sait pas. Pendant que le chien tarde à venir, Qaïn a quitté la fenêtre ouverte sur le coté du petit parc boisé, avec vu sur la rue, pour rejoindre l'ancien séquestré. Il voit le paquet de croquettes neuf et plisse les yeux en taclant sa clope par une seconde fenêtre qu'il vient d'ouvrir pour aérer un peu plus. Il a amené à bouffer au chien en plus, c'est quoi ce bordel? Cette attention serait-elle maquillé d'une autre intention? Perplexe, il s'avance et s'arrête sur le coté de Peter, enfonçant ses mains dans ses poches de jean déchiré sur une cuisse, ses gros godillots à crampons faisant office d'énormes panards à coté des pieds du psychiatre, plus classiques diront nous. Il descend un regard sur lui sans aucun honte pour la proximité avec lui.

"Pourquoi t'es là au juste? La vérité." Il passe derrière lui, d'un pas lent et s'arrête juste dans son dos, sa voix grave et rocailleuse s'enfilant dans ses oreilles comme le sifflement d'un fléau. "Des croquettes pour mon clebs. Tu penses que je m'en occupe mal? Un repas et des excuses? T'as peur que je débarque chez toi en pleine nuit pour en finir?" Il ne bouge pas un instant attendant de voir ce qu'il a à dire pour sa défense, alors que le chien entre en secouant la queue, surtout attiré par le repas alléchant. C'est pas Qaïn qui va cuisiner comme ça c'est sûr, adepte des gros steaks, de la bouffe en boite de conserve et du bon gros pain européen. Cliché mais que pouvait-il y faire? Il se penche sur le plat après avoir dépasser la jeune psy et prend un morceau de poulet avec les doigts, pour le sentir, et le donner à Machin.

"Si c'est empoisonné, tu seras coupable de la mort de mon chien." Radical, comment faire plus simple? Visiblement Machin a pas l'air de crever sec, il en redemande. Qaïn hausse un sourcil en regardant l'animal qui saute sur une chaise dans l'optique d'envahir la table avec ses poils et sa bave. Le grand blond prend un torchon pour s'essuyer les doigts. "Hey. Non. Tu descends p'tit con." Le chien obéit mais tourne et retourne autour de la table. Bordel ce chien l'épuise, il est hyperactif, il le fatigue rien qu'à le voir sauter partout en permanence. Il l'entend parfois faire les cent pas la nuit et est obligé de gueuler pour qu'il se couche. Qaïn regarde la nourriture, puis Peter, et plisse les yeux, soupçonneux d'un quelconque motif secondaire à sa venue ou cette offre. "Fallait le dire si tu voulais un rancard avec un taré."

Il s’assoit. Il en loupe jamais une, on peut au moins lui reconnaitre ça. Toujours à faire fuir son prochain ou montrer le pire coté. Au moins, il n'est pas emmerdé outre mesure, c'est pas plus mal. Sauf quand on tombe sur un Peter. Accoudé à la table, il sort une bouteille de vin blanc de bon cru et pose deux verres qui attendent à hauteur de bras juste derrière lui. "A une condition. Tu bois au moins un verre. Et arrete de faire ta pucelle. Si tu veux manger ici, tu bois au moins un verre et j'arrête de dire que ta bouffe est empoisonnée."

ça s'appelle un compromis. Si si. Il se fout bien de s'il boit ou pas. Lui ne bouffe pas la nourriture des autres non plus, alors à exception, exception s'en suit. "Au pire si t'es bourré, tu connais le chemin." Avec l'option je me viande la tronche dans les marches, parce que le grand légionnaire ne se voyait pas le porter tous les soirs, il est pas psysitter non plus. Il sert deux verres bien remplis et trinque dans le sien. "A ton masochisme et à mon estomac." Le chien est toujours pas crevé. Bah oui parce qu'il le surveille quand même histoire de savoir s'il va devoir lui péter les dents ou pas au chihuahua. Y'a rien qui puisse le tuer visiblement sauf si c'est des brocolis tueurs. Vu le repas, sans nul doute son auteur est un adepte de l'hygiène de vie et du bon manger diététique. Qaïn s'en fout un peu , du moment que ça lui remplit l'estomac. "Alors. Pourquoi t'es revenu. Me prends pas pour un con."

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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Jeu 13 Juil - 20:17



Qu'il m'observe, puisqu'après tout entre deux couverts placés, je faisais de même de mon côté. Bien que je présume que nos pensées devaient être à l'autre bout l'une de l'autre, je me plaisais à croire qu'il commençait à me considérer autrement maintenant qu'il me laissait aller et venir comme bon me semble. A moins que ce ne soit encore un piège. Son côté paranoïaque après tout, ne m'avait pas échappé. Quoiqu'il en soit, je peine à retenir un rire au fond de ma gorge lorsqu'il m'annonce sans gêne aucune son appétit vorace. L'image d'un adolescent plein d'hormones incapable de se refréner, ou celui d'un homme d'âge mûr palliant ses besoins émotionnels par de la nourriture est un paralléle qui occupe pendant de longues minutes mon esprit sans que je ne puisse rien faire pour en changer. C'était presque...touchant à dire vrai. Après tout, tant qu'il n'avait aucun problème de santé lié à une trop grande consommation de glucides ou de lipides, pourquoi s'en priver ? Non ce qui me dérangeait le plus en fait était cette odeur de fumée infecte qui se répandait dans l'air. Un bref coup d'oeil en direction du cendrier m'indiquait la fréquence à laquelle il portait ses bâtons enfumés à ses lèvres. Trop souvent. Quant à la boisson, j'avais eu un bref aperçu de son amour inconditionnel pour la bouteille hier soir. Deux habitudes qui à la longue lui seraient forcément fatales. Une autre raison qui m'avait conduit ici ce soir. L'aider, à ma manière, à cesser de jouer avec le feu, sans aucun jeu de mots, et de boire au biberon au risque de faire une overdose des deux un jour prochain. En attendant, monsieur a enfin quitté son trône pour aller ouvrir les quelques fenêtres du salon, à mon grand soulagement. Ce n'est pas que l'odeur m'incommode autant que cela, mais ayant été asthmatique, je n'avais pas envie que mon traitement de fond de la maladie n'est servi à rien en redéclenchant par malheur tout le processus à cause d'un trop plein de fumée nocive à des poumons trop fragiles. Alors qu'il contourne la pièce, je l'observe toujours de dos la plupart du temps, amené à m'interroger sur les blessures qui parcouraient sa peau par endroits. Des questions que je n'oserais lui poser directement. Pas en l'état actuel des choses en tous cas où j'essuierai forcément une rebuffade de sa part. Après tout, que savait-il de moi et moi de lui ? Il fallait nous faire confiance, mutuellement. Dans son cas, il me faudrait faire preuve de patience et d'une grande force mentale pour accepter ce tempérament un tantinet grognon d'ours mal léché. Encore qu'au moins, il avait de la conversation, c'était déjà ça. Imaginez s'il ne prononçait qu'un mot tous les quarts d'heure...je crois que j'aurais abandonné la partie depuis longtemps.

Devant la table, occupé aux derniers préparatifs, je garde mes yeux devant moi alors qu'il se place à mes côtés. Malgré ce regard bleu glacé que je sens river sur mes épaules, je continue à occuper mes mains, indifférent en apparence à ce gardien qui me dépassait de trente bons centimètres. « Pour le repas. Je n'ai pas encore dîné et je meurs de faim. » manquais-je presque de l'interrompre en relevant la tête vers lui, tout sourire. Je n'allais pas me répéter tout de même. J'avais bien conscience qu'il ne me croyait pas, mais je ne vois pas en quoi le fait d'insister pour le convaincre davantage, alors tant qu'à faire, autant jouer un peu sur la corde sensible et vérifier ses réactions. Mes sourcils se froncent, rien qu'à l'évocation du sac de croquettes que j'ai ramené avec moi. Aurais-je manqué de politesse ? Prenait-il mon envie de l'aider comme une offense personnelle ? Sur le coup, un doute m'assaille, que j'estompe aussitôt en me retournant pour lui faire face. Malgré sa haute stature, je ne suis plus aussi impressionné que la veille. La preuve, j'ose même poser une main à plat sur son torse pour le repousser de quelques centimètres en arrière afin que son corps cesse de se heurter au mien. « Je suis persuadé que vous vous occupez très bien de cet animal. Sincèrement. La preuve il n'a pas peur de vous et semble très heureux dans votre...jardin. » J'aurais toujours du mal avec ce mot compte tenu des mottes de gazons et de la boiserie du terrain de cette propriété, davantage similaire à un champ qu'à un véritable jardin. « Ces croquettes sont pour me faire pardonner de la ... frayeur que je lui ai inspirée hier en cherchant... à l'attraper. » Mensonge. Je ne les avais rapportées avec moi que pour subvenir aux besoins alimentaires de l'animal. L'alcool, je regrette, n'est pas de la nourriture pour chiens, pas plus que les chats d'ailleurs. Mes joues rougissent à vue d'oeil, et je préfère baisser les yeux, signe révélateur que je ne disais pas la vérité. A dire vrai, je n'avais jamais su mentir. Cependant, pour le reste, je campe sur mes positions. Immobile et le défiant à nouveau de mes yeux d'un bleu océan, j'ajoute, à la fois ferme et amusé par ses insinuations. « Je n'ai pas peur de vous, monsieur Qaïn. Enfin, plus maintenant dirons-nous. Et vous ignorez mon adresse exacte, monsieur Qaïn. C'est un peu vague West Bay, ne trouvez-vous pas ? » le taquinais-je d'un sourire alors que Machin vient tout juste d'entrer et se tenait maintenant auprès de son maître, le museau relevé, visiblement en attente de son futur repas et de l'odeur alléchante qui en émanait.

Tiens, encore une menace. Décidément, c'est la journée. Les bras croisés contre mon torse, je soupire mais ne réagit pas devant sa main qui se tend vers l'animal qui croque sans attendre dans le morceau de viande. « Je ne sais si je dois me montrer atterré du fait que vous puissiez jouer avec la vie de cette pauvre créature innocente pour prouver ma culpabilité, ou être vexé que vous pensiez que je puisse décemment gaspiller de la nourriture, rien que pour avoir le plaisir de vous empoisonner. » soufflais-je en levant les yeux au ciel. Quelle tête de mûle celui-là, non pas vraiment ! En tous cas, le chien semble apprécier ma cuisine, au dépens de son maître si paranoïaque. Haussant un sourcil comme pour lui dire « Alors, convaincu ? » je finis par m'asseoir sur la première chaise de libre, attendant que le grand blond en fasse de même à son tour. « Donc, vous vous jugez « taré » c'est bien cela ? » répliquais-je en commençant à me servir de riz et de légumes, oubliant la viande puisque de toutes façons j'étais végétarien jusqu'au bout des ongles. Quant au présumé rencard auquel il faisait allusion, je fis exprès de ne pas répondre à sa suite, histoire de le prendre à son propre jeu. Mes sourcils se froncent pourtant lorsqu'une bouteille – d'alcool évidemment – s'invite à notre table. Alcool et familiarités de langage font bon ménage visiblement. « Un demi-verre et pas plus. » soufflais-je en plissant le nez. Les boissons fortes – si le vin est une boisson forte à mes yeux – ne me réussissait pas du tout. Outre le fait que je débitais des bêtises à n'en plus finir, ma mémoire flanchait tellement que j'oublais tout une fois le soleil levé. Autre raison qu'il n'est pas censé savoir et que jamais il ne saurait, c'était qu'après l'accident d'Emilie, j'avais trouvé refuge dans l'excès. Et que je n'en étais pas ressorti très fier, loin de là. Pas question que cela se reproduise, c'était une promesse que je me suis faite depuis lors. « Je ne serai pas bou... enfin saoul. » lâchais-je comme un avertissement en plissant les yeux au cas où il aurait eu dans l'idée d'ajouter quelque chose à mon verre pour me rendre plus drogué encore que je ne l'étais la veille. « A votre estomac, surtout. » Parce que je ne suis pas masochiste, quoiqu'il puisse en juger. Ainsi donc nous pouvons commencer à nous sustenter. Sauf qu'à peine ais-je fourré la fourchette dans ma bouche que le discours reprend, redondant dans ses moindres détails. « Oh God, c'est incroyable à quel point vous pouvez être méfiant et têtu. Alors dîtes-moi, pourquoi serais-je revenu selon vous, puisque vous ne me croyez pas ? » finis-je par soupirer, alors qu'un sourire amusé et mimant l'exaspération étirait mes lèvres. « Dîtes-moi, monsieur Qaïn, quelle serait votre version de l'histoire si la mienne est fausse ? » répétais-je en reprenant une bouchée de brocolis.



@Qaïn Heinck
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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Jeu 13 Juil - 22:24




❝ YOUHOU, LE CHIEN... ❞


Ce type ne savait pas mentir, et on apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. Qaïn en avait derrière le dos des années d'expérience sur le comportement humain et lui, en face, il en avait quoi... quinze ans tout au plus? Quinze, ce n'est pas quarante, et dans deux mondes bien différents. Qaïn n'avait fréquenté que les pires saloperies, et ramasser les restes des crimes de ce qu'ils avaient faits. Au début on en chiale et après, ça fait tellement mal que ça ne fait plus mal. Alors on oublie tout ce qu'on pensait savoir et on rapprend l'humain sous un autre angle. Un angle qui ne plait pas à ceux qui n'ont pas encore eu assez mal, comme celui qui se trouvait en face de lui. Et se faire comprendre de ces êtres là étaient bien complets. Tout comme ça l'était de vivre au milieu de 90% de cette population qui se mentait à penser que tout ça n'existait que dans les films. Une belle connerie. Les croquettes du chien, il savait pourquoi c'était. Il n'était pas con, de même qu'il n'avait pas oublié qu'il avait évincé les remarques sur le syndrome ou encore sur certains passages de ses phrases. Que fuit-il ce psy? Que cherche-t-il aussi? Il a peur d'une chose qu'il recherche sans même s'en rendre compte mais il était trop tôt pour lui foutre dans les dents, alors il faisait celui qui va dans son sens, à sa manière bien sûr. Parce qu'un mec comme lui ne pouvait jouer le caméléon que dans une certaine mesure, après quoi, ça lui foutait la gerbe.

"Ce que tu appelles jardin est un terrain sauvage boisé et bien des bestioles en ont besoin, contrairement à tous ces peteux qui pensent apporter un équilibre avec leur pelouse parfaite. Pour mon chien, avant de juger... il était abandonné et déjà accroc avant que je le trouve. C'est lui qui me chourre l'alcool, pas moi qui le nourrit à ça et je crois pas qu'il soit maigre. Il est timbré et ça date de bien avant qu'il foute les pieds ici. Il m'a choisi et pas l'inverse. C'est le seul truc que j'tolère chez moi."

Qaïn ouvre un couteau qu'il a toujours sur lui depuis des années et qui n'a jamais connu la prison. Il pique un morceau de poulet dans le plat , et le regarde, puis jette un oeil à Peter qui s'entête à lui dire qu'il n'a pas peur de lui. Oh vraiment? Pourquoi se sent-il obligé de lui dire alors? C'est pour se conforter qu'il est plus puissant que lui alors que non? Pour se dire qu'il ne mourra pas aujourd'hui? Ou qu'il n'aurait jamais peur de celui qui lui fait face. Un rictus anime ses lèvres du coté gauche, et un oeil se plisse sous la révélation.

"Bien. Dans ce cas, t'y vois aucun inconvénient si je reprends où j'en étais hier?"
A ces mots, il met le morceau de poulet et la lame dans sa bouche, l'estomac torturé par une journée sans avaler grand chose, quand il s'arrête et hausse un sourcil. Putain c'était bon ce truc. Il reprend son masticage sans un mot , pendant que son vis à vis continue de parler et repique un morceau se demandant ce qu'il y a là dedans. La cuisine n'a jamais été son fort, mais alors pire que ça en fait. C'était un coup à crever de manger ce qu'il cuisinait franchement , et le chien avait l'estomac sacrément solide, parce que même des trucs qu'il avait testé en repas, Qaïn l'avait recraché avec un "ah putain c'est dégueulasse, comme tu peux bouffer ça machin." mais après coup, sachant que le chien bouffait ses propres cacas, ça paraissait assez clair. Ça en disait long sur la capacité à cuisiner du grand baraqué.
Et puis , par rapport au fait qu'il ait testé la bouffe sur le chien, c'était à peter de se sentir coupable si le chien crevait , pas à lui. Après tout, il avait pas cuisiner quoi que ce soit de ces plats lui, il y pouvait rien. Le chien aurait trés bien pu voler dans le plat aussi donc non, c'était pas lui le coupable. Il avait bien assez de trucs qu'il pouvait se reprocher, mais pas ça. Mais dans tout ça, Qaïn dit simplement en relevant des yeux assez sérieux sur Peter, qui n'avait qu'une assiette de légumes et riz devant lui.

"44 , west bay. Autre chose? " Après quoi, il s'en suivit un court silence, puis il posa son couteau et prit carrément sa fourchette et le plat pour en verser la moitié dans son assiette et même chose pour le riz. Les brocolis, on verrait une autre fois hein, c'était pas un lapin. Voyons voir ce qui allait se passer après cette petite annonce imprévue. Qaïn avait noté qu'il n'avait pas utilisé le mot bourré. Il y avait-il d'autres significations à ce mot. Plus les discussions passaient et plus Qaïn commençait à être certain d'une chose. Ce mec en face de lui, ce mec qui avait morfflé la veille n'était pas purement hétéro et ça , c'était une certitude absolu. Un hétéro ne voyait aucune connotation bizarre dans le mot bourré face à un homme, sauf en étant soi-même un peu plus que ça. A moins qu'il le soit mais dans ce cas, c'était encore plus intéressant. Un bi refoulé?

Qaïn ne s'avançait sur rien mais ça lui tirait le sourire à l'intérieur. Dans ce cas, le fameux syndrome était une possibilité et la seule manière de savoir semblait incontestablement de pousser le test plus loin. Ah la beauté de refouler son masochisme , c'était maintenant sûr aussi sur ce sujet. Ce psy était un condensé de mille choses non assumées et ça ne donnait que plus envie à l'ancien légionnaire de savoir ce qui se cachait dessous, mais pour le moment , encore une belle assiette , un bon vin et une compagnie assez distinguée, il n'avait pas vu ou vécu ça depuis bien des années. Il arrivait que les belles femmes étrangères sollicitent les militaires du coin pour des soirées sympathiques assez fastes, mais jamais chez lui. Personne ne s'y risquait en général, encore moins les femmes. Visiblement les chihuahua n'avaient aucun sens du danger. Un peu comme son clebs. "Il y a une différence entre être tétu et avoir raison. T'amenes des repas à tout ceux dont tu écrases le chien, la grand mère ou à qui tu fais tomber un pot de fleur?" Ok la comparaison entre tuer une grand mère et faire tomber un géranium n'était pas super, mais puisque Peter ne semblait plus étonner de rien, ça ne devait pas le surprendre si? Et pendant ce temps, le chien tournait et tournait autour de la table, en couinant, jusqu'à venir se frotter contre les jambes de Peter, sachant que son maitre ne lui donnait rien quand il mangeait , question de hiérarchie. Le cocker était loin d'être con, il savait à qui il avait affaire. Un mec qui avait survécu à son maitre lui donnerait bien un truc à bouffer non? Qaïn lui, a mélangé le riz avec une partie du riz et mange avec appétit comme s'il n'avait pas bouffé depuis deux jours, ce qui d'un point de vue reculé, n'était pas si faux, mais ça c'était parce qu'il avait soit trop bossé soit trop bu.

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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Ven 14 Juil - 14:04



Il était certain que Qaïn et moi n'avions pas vécu les mêmes épreuves, deux expériences de vie totalement opposées qui séparaient nos deux univers. Pour autant, l'homme devait bien se dire que mon âge ne voulait pas forcément dire que je manquais de jugeote, ou que mon expérience, si minime soit elle, n'avait existé que le bonheur le plus complet. Comme lui, j'avais ma part d'ombres, comme lui il m'arrivait de me réveiller en sursaut la nuit et de ne pas pouvoir me rendormir. La différence principale au fond entre nous étant que nous n'avions pas appris à gérer le stress de la même manière. Du fait de nos professions respectives sans nul doute qui nous avaient conditionné à un certain type de comportement, mais également au regard de nos tempéraments et de notre environnement socio-culturel. Quoiqu'il en soit, loin de moi l'idée ou l'envie de le juger malgré ses travers. Je n'avais pour lui qu'un intérêt purement professionnel, d'un psychiatre pour un patient qui n'en est pas vraiment un et qui sans doute ne prendrait jamais cette place. Les mots tombent, tranchants, alors que je perçois dans son timbre de voix comme une note salée. L'aurais-je vexé ? Peut-être un peu. Mon intention avait été toute autre pourtant. Immobile, je ne le quitte pas des yeux alors qu'instinctivement mes mâchoires se contractent. Je prends sur moi pour ne pas répondre à l'appel. Il n'avait pas besoin que je l'analyse, et sûrement pas plus envie d'entendre mon opinion ou mes excuses, j'en suis persuadé. « Et où en étiez-vous resté hier ? Je ne m'en souviens pas, j'étais endormi. » murmurais-je en lui jetant un bref regard, faisant subtilement référence à ma surprise au matin lorsque je m'étais découvert presque totalement nu au creux de ses draps. Peut-être aura t-il le culot de m'en parler, de m'expliquer ce pour quoi il m'avait retiré le reste de mes vêtements, en plus de ma chemise. A ce propos, où est passé mon pullover ? Je ne l'ai pas trouvé au réveil et je ne le vois pas plus ici. Etrange. « Vous m'avez suivi. Sinon, je ne vois pas par quel moyen vous pourriez savoir où je réside. » lui reprochais-je en plissant le front. A moins qu'il ne bénéficie d'outils dont je n'avais aucune idée. Après tout, je ne le connaissais pas suffisamment pour prétendre lui trouver des qualités d'enquêteur qu'il ne possédait peut-être pas. Dans tous les deux, je n'appréciais pas vraiment de savoir qu'il pouvait venir me trouver quand et comme bon lui semblerait. Ce pouvoir qu'il possédait et que je ne lui avais jamais offert de plein gré me dérangeait. Parce qu'en tant que psychiatre, j'avais évidemment déjà eu affaire à des patients dont les troubles pouvaient s'avérer dangereux si on n'y faisait pas attention. Imaginez qu'un jour l'un de ces patients découvre mon adresse et décide de me faire une visite surprise ? Imaginez la suite et vous aurez une petite idée de ce que je ressentais à l'heure actuelle. Les yeux braqués sur Qaïn, me demandant si je devais le menacer tout de suite de prévenir la police s'il s'avisait un jour de venir me trouver directement chez moi, ou si j'attendais de mieux jauger l'énergumène. Allons bon, de nature altruiste et particulièrement optimiste, j'optais pour la seconde option. Une façon de lui laisser une chance, même s'il ne le concevrait sûrement pas ainsi. En tous cas, la nourriture et ma cuisine semblaient lui plaire. A la fois flatté et fier, je me refusais pourtant de sourire afin de ne pas gêner sa mastication et ses élans plus que voraces vers chaque plat, tandis que, plus posément, j'avalais mes dernières bouchées en l'observant, avec un œil presque protecteur. A le voir manger avec autant de rapidité, et sans aucune manières par ailleurs, on avait l'impression qu'il était complètement affamé. Un regard autour de moi me laissait même à penser qu'il ne devait pas passer beaucoup de temps devant les fourneaux. Un piège à creuser que celui de l'attirer grâce à son estomac ? J'y penserai. « Je n'ai jamais fait aucune des choses que vous venez d'évoquer. » répliquais-je calmement en attrapant mon verre de vin pour y avaler une gorgée. Biensûr que je le titillais, j'avais très bien compris là où il voulait en venir. Sauf qu'il se trompait. Forcément qu'il se trompait me répétais-je intérieurement sans pour autant y croire totalement. Après tout, pourquoi me serais-je déplacé si ce n'était pour me faire pardonner mon intrusion d'hier ? Sauf que bon, je devais l'admettre, je ne connaissais pas beaucoup de monde, personne à dire vrai, qui serait revenu après avoir été à ce point malmené. N'importe qui aurait déjà prévenu la police pour un crime qui n'avait pas eu lieu, mais uniquement en se référant à la peur qui les avait émoustillé. Je n'étais pas de ce genre-là. Ma profession sans doute, qui m'amenait à côtoyer toutes sortes d'individus, mais aussi et même si un homme comme lui ne pourrait le concevoir sans tiquer, parce que je souhaitais l'aider. A ceux qui me demanderaient pourquoi, je leur répondrais sûrement « pourquoi pas ? ». « Je n'avais pas encore dîné, et j'ai pensé que vous accepteriez un peu de compagnie. » finis-je par résumer en abaissant les yeux vers Machin qui me faisait les yeux doux dans l'espoir que je lui donne quelque chose à manger. Une façon subtile de faire comprendre à Qaïn que moi aussi, je vivais seul. Et que la solitude pouvait être un poids parfois. « Oui, toi aussi tu as faim mon beau. C'est normal. On dîne et on ne te donne rien, ce n'est pas très gentil, hum ? » lui murmurais-je en me penchant vers l'animal pour ébourrifer les poils sur son crâne. « Viens...Machin...viens avec moi... tiens, regarde ce que je t'ai rapporté. » Ouvrant le sachet de croquettes, j'en retire une pour la tendre au chien, non sans jeter un regard à son maître au passage. « Ca ne vous dérange pas si je lui donne à manger ? » préférais-je lui demander en cherchant déjà des yeux une gamelle, un bol...n'importe quoi qui pourrait faire office de réceptable pour ses croquettes. « A propos, pourquoi ce nom : « Machin » ? » Non je ne rirais pas, non je ne rirais pas...



@Qaïn Heinck
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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Ven 14 Juil - 16:30




❝ YOUHOU, LE CHIEN... ❞


Où en était-il resté hier? Quoi il ne se souvient pas? Ah oui, c'est vrai. Il l'a drogué. Enfin, l'utilité première de la pommade n'était pas de le droguer, mais le peu de résistance  du petit brun avait eu raison de son corps, et de sa raison au passage. Une conversation qu'ils n'avaient pas fini, et des questions auxquelles il n'avait pas répondu aussi. Cela aurait été inutile vu l'état du blessé. Il n'avait même plus conscience que l'origine de tout ceci était un chien.

"Tu n'étais pas endormi mais défoncé." La morphine fut autrefois une drogue si puissante qu'à la seconde guerre mondiale on prit conscience de sa dangerosité, quand les soldats des tranchées qu'on soignait avec étaient devenus totalement accroc à la substance. Avant cela jamais on aurait imaginé que ce bienfait puisse être aussi un poison tant elle soulageait les malades. Mais à l'armée, quand on a pris une balle, on ne peut pas rester allongé à se remettre, on doit continuer sans se poser de question. La morphine n'a donc jamais été banni de l'armé, et fourni aux soldats sous doses condensées, ou pommade si la plair était inexistante. Et Peter en avait fait l’expérience. Heureusement que la plupart des militaires avec une carrure plus imposante, sinon les unités se transformeraient régulièrement en petit troupeau de hippies armés. Le manque de douceur de vocabulaire de Qaïn n'est plus une nouveauté et Peter devrait s'y habituer s'il voulait perdurer dans l'environnement du légionnaire, qui avale encore une fourchette de pitance, succulente au passage, mais la fierté rend muet les plus bruts. Et quand il émet l'hypothèse qu'il l'ait suivi, Qaïn hausse un sourcil en finissant ce qu'il a dans la bouche. Il se fout de lui?

"J'ai mes sources, c'est tout. Si t'avais pas eu de domicile, je t'aurais bouffé en steak ce soir avec tes brocolis."

Une plaisanterie de mauvais gout qui ne l'était qu'à moitié. Il aimait aggraver ses vices pour voir la réaction des autres. Loin d'être cannibale quoi qu'il avait déjà vu des spécimen du genre dans d'autres pays, lors de missions crades, il l'aurait quand même bien dégommé c'était certain. Certains avaient voulu faire leur place dans sa vie, s'infiltrer pour mieux le niquer, mais on ne lui fait plus au vieil ours. Peter ne s'en rendait pas compte mais il marchait sur un territoire tellement bafoué que cela rendait encore plus dur son avancée, mais ce n'était pas Qaïn qui allait lui dire, doutant encore de la confiance qu'il pouvait lui accorder.

L'assiette se vide peu à peu quand il lui sort la remarque sur la vieille et le pot de fleur et sa grande surprise, Peter ne s'offusque pas ouvertement , mais rentre dans son jeu , ce qui a le don de l'intriguait un peu plus sérieusement. Entre aujourd'hui et la veille et bien que tout cumulait, c'était peu de temps, le comportement de Peter se recoupait et restait logique. Perplexe, il reste silencieux un instant à son désir de compagnie. Il n'était pas franchement le genre de compagnie que l'on recherche, encore moins pour passer un bon moment ou pour apprécier la vie. Alors pourquoi. Cet homme était borné à souhait. Bien plus qu'il ne voulait le reconnaitre ou alors foutrement naif, ce qui jetait un regard nouveau sur un masochisme inconscient. Peut-être ne se rendait-il même pas compte de ce qu'il faisait ici, et peut-être était-il simplement attiré par la complexité que Qaïn pouvait représenter.

Ne sachant quoi penser de ce petit homme qui semblait si calme comparé à la veille, il le regarde parler au chien. Le blond pose la fourchette et reprend son couteau pour replanter un morceau de viande qui reste, l'estomac apaisé comme il ne l'a pas été depuis un moment. Pourtant il n'est pas sans finance, il ne prend juste pas le temps de se nourrir, sauf quand il commande ou achète du tout prêt. A sa question de lui donner à manger le légionnaire fait un geste du couteau pour signifiait son accord, surtout pour le chien qui le fixe avec une tête de petit chien battu. Il déteste quand il fait cette tête. On dirait une bonne femme, elles font pareil pour avoir un truc, c'est déloyal. Il montre la gamelle vide à coté de la porte à Peter, une gamelle en aluminium. Pour l'eau, il en avait dehors dans le petit ruisseau qui passait au fond du soit disant jardin et s'y roulait aussi ce petit malin, histoire de revenir plein de boue et tout dégueulasser un peu plus dans ses journées d'intelligence.

"Il répond qu'à ça." La vérité c'est qu'il avait complètement oublier les noms qu'il avait tenté de lui donner ensuite, alors machin était venu comme une évidence quand le chien avait répondu à l'appelant par défaut comme ça. Possible que son maitre passé n'était pas mieux en appellation. C'était peut-être le chien d'un ancien alzeimer alcoolique. Le cas de l'ancien maitre de ce cocker s'aggravait de jour en jour décidément.

" Pourquoi Dieu a-t-il fait l'homme d'après toi, doc?"  demande-t-il sans raison apparente, sauf celle connue de lui. Il se sort une clope et l'allume, se reculant sur sa chaise, le verre de vin à moitié plein dans la main, observant le liquide clair rouler sur la paroi transparente. Il souffle une fumée lourde sur le coté , en observant son chien qui se rue sur la gamelle comme s'il n'avait pas bouffé depuis plusieurs jours. Sale traitre, il avait eu une gamelle pleine de pates et de viande la veille... il allait éclater de gourmandise un jour. Pourquoi cette question philosophique ou plutôt existentielle? Et bien. Peter n'était-il pas venu pour creuser son esprit?

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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Ven 14 Juil - 21:13



Oui enfin endormi ou défoncé, le résultat était le même, je ne savais toujours pas ce qui s'était passé après que je sois tombé dans les pommes, pendant béatement au bras de Qaïn. Faisait-il exprès d'éviter de répondre à mes questions ? S'agissait-il d'un jeu dont les règles n'étaient connues que de lui seul ? Une moue boudeuse, presqu'agaçée prend alors place sur mes traits, signe que je ne plaisantais pas à ce propos. Attention, monsieur Qaïn, car aussi intéressante que puisse être votre conversation, je ne tolérais pas que l'on me manque de respect, encore moins de profiter de mon corps lorsque celui-ci n'est pas à même de se défendre. Des paroles que je ne prononçais pas. Pas encore. Je le défiais silencieusement du regard, m'attendant à tout instant à ce qu'il m'annonce qu'il me narguait, qu'il ne s'était rien passé. Au lieu de quoi, j'apprenais que mon adresse exacte ne lui était pas étrangère. De mieux en mieux. « Ben voyons. » lâchais-je presque sur un air blasé en finissant le contenu de mon assiette. Désolé Qaïn, mais vous ne parviendrez pas à me faire croire en votre amour du cannibalisme, ou de toutes autres formes de vices liés à la consommation de chair humaine. Un peu puéril dans mon intonation, je demeure pourtant grave, à l'écouter mastiquer, à apprécier de le voir déguster avec un plaisir non feint la nourriture que je lui avais préparé, me surprenant à lui trouver une sorte de charme tout à fait singulier. Rien à voir avec celui qu'éprouvent les amoureux l'un pour l'autre. Plutôt une sorte de fascination pour l'animal – et non je ne fais pas référence à son chien en l'occurence – qui se restaurait sous mes yeux à la vitesse d'un ours sur le point d'hiberner. C'en était presque...pathétique, au sens littéral du terme. La compassion pouvait prendre différents visages. A mes yeux et face à ce spécimen assez rare, j'envisageais déjà de lui apporter une aide régulière. Pas d'un point de vue financier, naturellement, puisque j'imaginais mal un homme qui qu'il soit d'ailleurs, accepter de recevoir une quelconque somme d'argent de la part d'un autre. Sans doute se demanderait-il quelle serait la contrepartie. Et s'il n'y en avait aucune, de penser que j'éprouvais de la pitié pour l'individu alors qu'au fond, ce n'était pas exactement le sentiment qui prédominait mes pensées. Mon aide s'avérait plus...spirituelle, en un sens. Et je ne fais pas référence à des débats stériles autour d'un café sur la condition humaine, mais bien d'expérimenter concrètement mon sujet. A savoir, découvrir si derrière l'animal se cachait un homme apte à changer. A vouloir changer, pour être plus précis. Car ne me dîtes pas qu'il appréciait de vivre ainsi ? Dans un habitacle certes propre et bien rangé mais sans aucune aménagement de confort, sans compagnie aucune sinon celle d'un chien légèrement détraqué, sans télévision ni téléphone visiblement, juste des bouteilles d'alcool à n'en plus finir et des paquets de cigarettes qui terminaient leurs courses dans la poubelle au bout de quelques heures à peine. Une vie malsaine, tant du point de vue psychologique que physique. A la longue, et je m'en reférais sur ce point sur mes compétences médicales avancées, ce style de vie le détruirait.

Versant quelques croquettes dans la gamelle disposée à un mètre de là où je me situais grâce à l'homme qui me permit sans un mot de nourrir son chien, un sourire étire mes lèvres suivi d'un petit rire éphémère lorsque j'apprends que l'animal avait fait son choix de prénom presqu'au dépens de son propriétaire. A chacun ses goûts après tout. « Vraiment ? Eh bien ma foi... » finis-je par soupirer en donnant une accolade amicale sur le flan de Machin, avant de froncer les sourcils en découvrant que... « Machine aurait peut-être été préférable si j'en juge par l'anatomie de l'animal. » énonçais-je alors avec une touche d'humour en visualisant clairement l'absence d'un certain appendice, ce que je n'avais pas remarqué jusque-là. « C'est une femelle, monsieur Qaïn. » repris-je, au cas où je n'aurais pas été suffisamment clair. « Une très belle chienne, d'ailleurs... » soulignais-je en repassant mes doigts dans la fourrure de l'animal avant de m'appliquer à me laver les mains à l'eau chaude et au savon pour aller récupérer les desserts patientant au frigo. Deux crêmes brûlées. J'espère qu'il apprécierait autant le salé que le sucré.

Entre temps, il soulève une question philosophique qui me laisse perplexe. Quel est son objectif au fond ? Car avec lui, j'étais persuadé qu'il y avait un but à toutes choses et à toutes idées qu'il avait l'honneur de poser sur la table. Songeur, je m'assieds, poussant vers lui une cuillère et la crème dessert, avant de croiser les bras contre mon torse, en pleine réflexion. « Tout dépend de ce que vous entendez par « l'homme », pour commencer. S'agit-il de l'homme en tant qu'individu sexué ou de l'humanité en règle générale ? » Retirant l'aluminium sur le haut du bol, je trempe ma cuillère dans la crème, goûtant entre mes lèvres sa texture onctueuse légèrement caramélisée. « C'est une vaste mais intéressante question. Si l'on se refère à la Bible, originellement l'homme fut créé par Dieu qui cherchait à reproduire son image dans un être fait de sang et de chair. Un être en tous points parfait. Sauf qu'Adam, se plaignant de sa solitude, Dieu décida alors de lui donner une compagne, Eve. Celle-là même qui, d'après les écrits bibliques, aurait trahi Dieu le père et son compagnon en croquant dans un fruit défendu, entraînant Adam et le reste de leur future descendance dans le péché. On en retira la leçon que tout homme est imparfait, influençable et sa volonté trop faible pour qu'il puisse contenter son créateur qui, miséricorde, accepterait de pardonner ses fautes à condition qu'il demeure à jamais sur Terre et expie ses pêchés jusqu'au jugement dernier. Si j'en juge uniquement par ce récit, monsieur Qaïn, je dirais donc que Dieu a créé l'Homme pour qu'il accepte et endure la souffrance qu'engendrent tous actes répréhensibles à ses yeux divins. » expliquais-je en cessant subitement de profiter de mon dessert pour ancrer mon regard océan au sien. « Etes-vous croyant, monsieur Qaïn ? Moi, je le suis. Malgré ma profession, j'ai été élevé dans la religion catholique. Mais voilà, je suis aussi médecin et à ce titre, un scientifique également. Il m'est donc difficile de trouver une réponse qui puisse tout à fait me satisfaire dans les explications des Chrétiens ou celles de la science. Je possède mes propres convictions, issues de mon expérience personnelle de l'homme en tant qu'individu, mais je ne saurais hélas parler pour l'ensemble de l'humanité. » concluais-je en esquissant un timide sourire. « Permettez-moi de vous retourner la question, monsieur Qaïn. Que pensez-vous de l'homme, pour commencer ? De l'homme en tant qu'individu d'abord, de la société ensuite ? Et à vos yeux, pourquoi Dieu, si vous croyez en lui, l'a t-il créé ? »



@Qaïn Heinck
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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Sam 15 Juil - 0:19





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Comment ça une femelle. C'était sérieux? Machin était une fille? Qaïn fronce les sourcils et penche la tête en tapant sa clope. Putain la friponne, il comprend mieux pourquoi elle disparaissait des fois pendant presque trois jours sans nouvelles. Elle allait se faire... Il hausse les sourcils et se frotte les sourcils avec le pouce et l'index de la même main qui tient sa cigarette, l'autre main posée sur sa large cuisse. Un an et il a pas vu que c'était une femelle. Elle aurait pu lui pondre des petits n'importe quand. Au moins, il avait la certitude qu'elle était stérilisée. Mais c'était un peu dramatique en fait , parce qu'elle buvait du whisky. Un mâle qui en buvait bon, mais une femelle. Il voit bizarrement ça différement. Probablement son machisme, mais là pour le coup, c'était pas bon si elle avait des petits. Il allait devoir faire gaffe à ses vols réitérés dans les placards. Mais plus encore que cette nouvelle surprenante, qui passa vite, après tout ça restait un chien, donc fille ou mâle, c'était un peu la même c'était machin le cocker dingue. Non , plus encore que ça, c'était le Monsieur Qaïn qui l'avait interloqué. Etait-il sérieux avec cette forme de respect? D'où venait-il? Un homme qui sait faire la cuisine, psychiatre et dont la personne entière dégageait une certaine prestance modeste. Plus ça allait, et plus il était intrigué en effet , et c'est pour cette raison qu'une question lui vint.

Toutes les questions que Peter lui avait posé la veille n'étaient pas tombé dans l'oublié et il savait qu'il reviendrait un jour, parce que ce type, en plus de refouler son masochisme souffrait d'une terrible curiosité qui ne pouvait que l'attirer dans les méandres d'un terrain qu'il n'avait jamais osé aborder.  Le petit psychiatre mettait les pieds dans un esprit qui allait l'aspirer dans une course effrenée à la survie psychologique sans qu'il ne s'en rende compte. Qaïn voulait lui épargner cet espoir vain de trouver en lui quelque chose de bon, et lui avait donc poser cette question. "Pourquoi l'homme a-t-il fait Dieu." Réponse qui ne tarda pas, ou plutôt ne tardèrent pas. A l'image de l'idéaliste que Peter était, si bon, si naïf et si prude en apparence, cultivé et sincère. Un homme bon à marier aurait dit certains, mais ceux comme Qaïn aurait probablement plutôt dit qu'il était une proie idéale à avaler et bien mâcher jusqu'à digestion totale. Le type parfait de personne qu'un prédateur aurait envie de torturer et manipuler jusqu'au bout. Pourtant Qaïn n'en avait pas ce projet, pas pour l'heure du moins. Il allait le mettre devant le mur, le sien, et pas celui de la déontologie médicale ou des principes généraux de l'espèce humaine.

Pendant son explication et après avoir croiser plusieurs fois son regard, et reçut des questions en retour, le blond se lève, pour s'éloigner de la table, cigarette aux lèvres, cherchant quelque chose dans une bibliothèque recelant bien des ouvrages diablement serrés et étouffés. Il en sortit un lourd dossier de 3 cm d'épaisseur, le résumé d'une vie lourde, tout ce qu'il avait pu retrouver et garder dans un coin pour ne jamais oublier, en dépit des différents confidentiel qui apparaissaient en noir, comme photocopies outrageantes des traces de ses actes et devoirs d'autrefois. Il ne dit pas ce dont il s'agissait pour le moment. Il avait payé pour tout ceci depuis longtemps, mais son corps lui, n'oublierait jamais , pas même ce reflet qu'il voyait chaque matin dans le miroir. Il revint à table, devant ce dessert qui paraissait appétissant à souhait, et dont l'odeur lui paraissait si loin en souvenir.
"Vos propres convictions, issues de votre expérience personnelle de l'homme en tant qu'individu? La voilà mon expérience."

En même temps qu'il ouvre la crème brulée, il pousse de l'autre main le lourd dossier vers la main libre du jeune psychiatre. Il mange sans se préoccuper de sa réaction, appréciant franchement le met qui lui est offert, comme un réconfort interne dont n'a pas idée le psy, mais peut-être que Peter lui va perdre l'appétit. A l'intérieur du dossier figure des signatures de contrats à la légion étrangère, son changement d'identité, et des ordres de missions. Puis des photos, prises par les soldats en douce pour se souvenir de ce qu'ils avaient commis mais surtout vu et de tenir encore plusieurs mois, en se disant que leur cause est juste ... des enfants morts, des charniers, des femmes africaines avec un sein en moins, du sang et encore du sang et des hommes avec des balles dans les têtes. Des restes de village, des jungles étouffantes, des photos de leurs camps, précaires, d'autres de leur unité en mission, embourbée ou encore à noël au milieu du désert, avec des bandages sur les bras, ou le crâne et ces sourires douloureux de frères d'armes. Et encore des photos de personnes mutilées, restes de la guerre, des immeubles écroulées. Des ordres de missions, encore et encore, plus de 20 ans de dossier, et à la fin, des articles de journaux. La condamnation pour homicide....

Qaïn finit sa crème laissant tout le loisir à l'homme de prendre connaissance de son album de souvenir de famille, et se recule sur sa chaise, pour finir sa cigarette, repu, le fixant, la voix froide et tranchante.
"Dieu n'a créé l'humain que pour se divertir." Il le regarde , absorbé, lisant chacune de ses mimiques, chaque détail. "Dis moi quel dieu mérite qu'on le prie pour ça? Si ton dieu a créé l'humain à son image, alors c'est un bel enfoiré."  Il tape sa clope, le visage fermé et finit son verre en expirant profondément. "Tu crois franchement que tu peux sauver mon âme? Je suis déjà foutu depuis un bye, doc." Le chien le fixe, sans agiter la queue, comme s'il comprenait et Qaïn se lève pour aller rajouter une buche dans le gros poele du feu, puis se tient devant la fenêtre alors que la brume prend possession comme à son habitude, du sous bois environnant. "Tu n'auras jamais assez d'une vie pour voir toutes les horreurs que j'ai vues, ramassées et commises... C'est trop tard pour changer. J'ai signé pour couler, en échange de quoi d'autres vies ont pu garder la tête hors de l'eau. Ça marche comme ça. J'm'attends pas à ce que tu comprennes, mais peut-être que ça va te mettre du plomb dans la tête. Et t'excuses pas encore une fois ou j'te fais avaler toute la bouteille."

Au moins c'était dit. "Soit tu restes la nuit, soit tu rentres. Mais si tu t'engages sur ce terrain, doc, fais attention, t'en sortiras pas indemne." finit-il par dire en se retournant vers lui, son épaule appuyé contre la fenêtre. Le chien gratta à la porte pour aller pisser, et Qaïn lui ouvrit en le regardant sortir. "Une chienne...putain j'en reviens pas.."

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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Sam 15 Juil - 9:29



Soucieux de savoir si Qaïn partageait mon opinion à propos de l'être humain en tant qu'une part de la société, je lui renvoyais la question, m'astreignant à rester assis sur ma chaise, les bras reposant en évidence sur mes jambes que j'avais croisé l'une sur l'autre, les mains jointes, attitude inconsciente que je prenais souvent au cours de mes séances de thérapie face à mes patients. Le suivant du regard jusqu'à une sorte de placard fermé, il en tire une espèce d'énorme ouvrage qu'il me tend après s'être remis à table. D'abord surpris, la curiosité reprend bien vite le dessus alors que je m'abstiens au préalable de décachetter ses souvenirs, absorbé par la vision de l'homme dont les traits s'étaient brusquement durcis, presque par réflexe. Négligeant mon dessert en le poussant devant moi, j'attrape alors sa biographie, découvrant les premières photos, des lignes noircies ici et là, sur certains documents toute une page, sur d'autres des éléments me faisant peu à peu prendre conscience du tempérament, des souffrances et de la vie de celui dont je partageais actuellement le repas. Seul le bruit de sa langue qui apprécie la crème casse le silence lourd de la pièce désormais. Durant trente minutes, peut-être plus, mes yeux se noient dans cet abîme de violence. Parfois, mes paupières papillonnent, incapable de croire ce qui est écrit. D'autre fois, elles se ferment complètement, inaptes à supporter la vision de ces corps mutilés, de ces vies détruites. Les pages continuent à tourner, et mon cœur se serre, peu à peu. Un goût étrange au fond de la gorge, amer et désagréable. J'ai la nausée, mais je n'en démords pas pour autant, je lirais jusqu'au bout. Rien dans mon attitude ne laissait pourtant entrevoir le choc qui me bousculait à chaque fois que je me penchais sur son curriculum. Quelques mimiques, des grimaces de dégoût et d'aberration, une inspiration plus élevée, mais pas plus. Mes lèvres demeuraient irrémédiablement scindées entre elles, et mon corps ne bougeait pas d'un cil. A la fin, j'ouvre enfin la bouche, pour ne prononcer que du vide. Touché au plus profond de mon être, moi qui avait passé ma vie à soigner les âmes détruites, à tenter de changer le monde en quelque sorte, le rendre meilleur, venait de me rendre compte que je me trouvais exactement face à mon opposé. Le yin et le yang. Mes doigts, tremblants alors, referment d'un coup sec l'oeuvre de sa vie, mais, encore incapable de lui faire face sans que mon regard, même involontairement, n'en vienne à lui reprocher ces crimes abominables, je n'ose lever la tête. Seules mes jambes me portent ailleurs, jusqu'à l'une des plus proches fenêtres. Dehors, la brume envahissait, comme chaque soir, le jardin boisé. Comme chaque soir, il n'y avait plus un bruit, pas âme qui vive. On se croirait presque dans un cimetière. Ses mots résonnent encore dans ma tête à propos de la question que je lui avais alors posé avant de commencer ma lecture. Concernant la religion, concernant l'homme et ses travers. Je m'étais bien douté que Qaïn, un homme comme lui ne pouvait avoir la même vision qu'un homme comme moi. Et puis une question. Une question qui me heurte et me chagrine à la fois. « Tu crois franchement que tu peux sauver mon âme? Je suis déjà foutu depuis un bye, doc. » Je n'y réponds pas encore, trop perdu dans mes pensées pour émettre un seul son. Et s'il avait raison ? Et si je me trompais ? Toutes ces femmes, ces enfants, toute cette violence qu'il avait commise, au nom de quoi ? Parce qu'il faisait partie de l'armée ? Parce qu'il n'avait fait qu'obéir aux ordres ? Etait-ce une excuse valable ? Si on en juge par l'histoire, non ça ne l'est pas. Erick Priebke, soldat SS durant la grande guerre avait tenté de justifier l'inqualifiable au cours de son procès pour crimes contre l'humanité. « Je n'ai fait qu'obéir aux ordres. » avait-il osé prononcer. Comme si c'était suffisant, comme si l'excuse pouvait être valable. Obéir aux ordres pour ne pas subir le châtiment fatal, éviter de penser plutôt que d'assumer ses responsabilités. Qaïn faisait-il partie de ce même genre de monstres ? Si c'était le cas, alors non, je ne pouvais rien faire pour son âme, pas plus que pour le reste d'ailleurs. Car si la rancune ne faisait pas partie de ma nature, le pardon lui exigeait du mérite. Qaïn méritait-il d'être pardonné ses péchés ? Bras croisés contre mon torse, je réfléchis. Dans certains articles de son « journal », j'avais cru comprendre qu'il n'avait pas toujours fait ce que ses chefs lui avaient réclamé. Qu'il avait agi pour sauver des populations, qu'il avait cherché à aider d'autres personnes. En somme, qu'il n'était pas aussi mauvais qu'il semblait le prétendre. Il reprend, et je l'écoute toujours avec une oreille attentive, bien que mon regard lui ne flanche pas, refusant encore de se confronter au sien. Une insulte, encore. Du plomb dans la tête, j'accuse le coup, à la fois amusé et agacé, presqu'en colère par cette capacité qu'il maintient à vouloir m'infantiliser en raison de mon âge et d'une expérience moins riche que la sienne. Mais voilà, s'il a vécu, j'ai appris. S'il a détruit, j'ai créé. S'il se cache, je m'élève. Nos méthodes différaient en tous points. Et pour ne pas le vexer dans sa fierté de mâle, j'en resterais là. Inutile qu'un débat s'engage à ce sujet, je savais que je ne gagnerai pas sur ce plan. Qaïn gardait bien trop de rancoeur vis à vis de sa propre personne pour voir au delà de ses opinions, pour penser qu'un autre pouvait l'aider, comme s'il était juge, bourreau et partie. Au final, un sourire étreint à nouveau mes lèvres, lorsque je me rends compte de son courage. Il aurait pu me laisser dans l'ignorance ou me faire croire à n'importe quoi. Tout, mais pas cette vie dont il savait qu'elle ne plairait à personne. Un gage de confiance, c'est ainsi que je le concevais. Comme s'il venait de faire un premier pas. Un test, sûrement, encore une fois, mais aussi une preuve qu'il voulait s'en sortir. Parce qu'il acceptait de partager un peu de son histoire avec l'étranger que je représentais. Psychiatre ou non, je ne sais si cela aurait changé quelque chose, mais je me plais à croire qu'il veuille me tendre la main et moi de la serrer pour le libérer de ses chaines.

Je me retourne et lui fais enfin face. Mon regard s'était assombri, mes mains tremblaient signe d'une certaine nervosité qui n'avait rien à voir avec de la peur ou de la colère émanant de ce que je venais d'apprendre. Ce n'était qu'une façon pour moi de gérer mes émotions, de me préparer à l'inévitable à présent que j'avais pris ma décision. « Je vais rentrer chez moi. » énonçais-je d'une voix plus grave que d'ordinaire en m'avançant pour récupérer son bol vide de toutes substances, lui laissant le mien à moitié plein au cas où il aurait encore un creux. Je n'aimais pas gaspiller de la nourriture. Avant de partir, je jette un dernier regard en arrière, contemplant l'homme en détaillant longuement ses traits. « Je reviendrai demain, si vous acceptez de me recevoir. » Il était sans doute surpris, ou peut-être pas au fond. Qu'importe. « Je n'oserai vous mentir en prétendant ne pas avoir été choqué par ce que je viens de lire, monsieur Qaïn. Souvenez-vous juste de la Bible. Quelles que soient vos convictions ou les miennes, une chose est certaine : je ne suis pas Dieu. Et vous n'êtes pas ma créature. Aussi, je ne suis pas ici pour juger vos actes ni même vous punir pour vos péchés. Je pense que tout homme au contraire a le droit à une seconde chance, pour peu qu'il veuille la saisir. » murmurais-je en plissant les yeux, afin qu'il comprenne que c'était bien de lui dont il était question. A savoir : accepterait-il la chance qu'il lui était offerte ? « Vous n'êtes pas obligé de me croire sur paroles, ni d'accepter mon aide, mais je veux que vous sachiez que quelles que soient les atrocités que vous avez commises par le passé, ou celles dont vous avez vous-même été victime, vous avez payé le prix fort pour vos erreurs. Je ne connais pas l'univers carcéral, mais je doute que ce fut une partie de plaisir. » repris-je, très sérieux. « Le passé est derrière vous désormais, monsieur Qaïn, c'est à vous de décider ce que vous comptez faire de votre présent, et du futur. Est-ce que vous préférez vous résigner à vivre dans les remords et les regrets en pensant que c'est le seul avenir que vous méritez, ce que personnellement je ne crois pas, ou me laisserez-vous vous apprendre qu'une vie n'est pas faite que de souffrances et que la rédemption passe aussi par le fait de se libérer d'hier ? » lui demandais-je avant de refermer la porte derrière moi. Il avait toute la nuit pour y réfléchir. Demain, lorsque je reviendrais, il me ferait ainsi part de sa décision.


@Qaïn Heinck
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MessageSujet: Re: « Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn   Sam 15 Juil - 11:36






❝ PUTAIN DE PONEYS ❞


Ainsi donc il avait décidé de rentrer. Rentrer loin de cet endroit un peu sinistre, qui lui avait serré le ventre. Plus les minutes étaient passé et plus Qaïn avait vu le visage de Peter changer. En d'infimes endroits, des ridules de réactions apparaissaient par moment. Ce regard. Qaïn l'observait en fumant, sans chercher plus que ça l'analyser, mais il était assez étonné de la façon avec laquelle il contenait ses émotions pour une fois. A croire que la seule chose qui le faisait paniquer jusque là c'était quand sa vie était en danger, mais le reste, il semblait gérer assez bien.

Néanmoins... a présent il en était sûr, les patients de ce petit homme n'étaient que du menu fretin à coté de lui, sans quoi il aurait su gérer la situation face à laquelle Qaïn le mettait. Calmement, mais surement, il le voyait tourner les pages. Il ne finira pas son dessert, mais il va lui laisser, de même que le reste des plats. Il va donc revenir. Il le sait avant même qu'il ne lui dise. En réalité, il savait qu'il allait revenir bien avant tout ça. Parce que Qaïn le sait, il a piqué la curiosité viscérale de l'homme, qui bien que son estomac lui soit aux bord des lèvres à l'heure actuelle, ne s'avouera pas vaincue. Ce n'est pas un gosse. Même si Qaïn est plus vieux que lui de plus de 10 ans minimum, il sait que ce chichuahua n'a pas l'intention d'abandonner, sans quoi il acceptait la défaitre et sauf erreur, un psychiatre n'est pas un bon psychiatre si c'est pour abandonné à la première difficulté, sans compter que... ce genre de boulot vous envahit jusqu'à ce que vous en soyez envahi dans votre vie privée, chose difficile pour l'entourage.

Alors oui, il reviendrait , parce que résoudre une énigme, c'était dans ses veines. Ce Peter était surprenant. Avant de partir, il avait eu l'audace de maintenir son opinion sur ce qu'il pensait. Le pardon. Se libérer. Qaïn n'en voulait pas, pourquoi cherchait-il à lui expliquer qu'il y avait droit et qu'il avait payé le prix? Le prix pour? Avoir évincer de la terre des enfoirés? Non, il ne devait pas avoir compris. Peut-être qu'une mise au point la prochaine fois ne serait pas de trop. A son comportement, c'était comme s'il le rendait responsable de ces morts monstrueuses. Et ça , il ne le tolérerait pas plus que ça. Muet, fumant toujours, il le regarde s'éloigner par la fenêtre, le regard toujours aussi fermé, un soupir silencieux s'échappant de sa gorge. Encore un qui avait vu la mort et qui n'avait pas encaissé. Il verrait bien. D'ici là, il avait une crème brulée à finir.



~ END ~

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« Youhou, le chien...viens...viens ici mon pépère... » ft. Qaïn

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» Je ne te connais pas... d'où viens tu?(Coeur boiteux )
» Viens prendre ta claque !!!
» Pour une personne admirable et exceptionnelle. ♥ [ Viens vite, grognasse. ♪ ]

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