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 ☼ Les Gallagher en vacances

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○ âge : 18 ans.
○ statut : Célibataire.
○ métier : Etudie l'anthropologie et le cinéma à l'université. Travaille quelques soirs par semaine dans la boutique d'antiquité de Juliet Callahan.
○ quartier : South Bay - #87 avec son père.
○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
○ informations en vrac :

D A D D Y
j'crois qu'on est enfin prêts à s'aimer sans conditions

vit seule avec son père depuis la mort de sa mère puis de ses deux frères ○ n'aime pas le chocolat, ni le poisson ○ fan de cinéma et spécialement de kubrick ○ a des soucis d'ordre alimentaires ○



○ posts : 123 ○ points : 140
○ avatar : Chloé Grace Moretz
○ inscrit le : 07/03/2018
MessageSujet: ☼ Les Gallagher en vacances   Mar 15 Mai - 9:35

Jouant avec son crayon entre ses doigts, Murphy était en train de fixer les lueurs du soleil pénétrant les larges fenêtres de son amphithéâtre. La salle de classe était tranquille, le professeur était prit dans son récit et elle, elle s'imaginait déjà à la fin du cours. La petite blonde ne se priva quand même pas de prendre des notes, il fallait bien qu'elle garde une trace de son cours. Sinon, à quoi bon venir à la fac ? Le professeur traitait de la culture mortuaire dans les petites tribus asiatiques ou latines. C'était passionnant, vraiment, mais la petite Gallagher avait la tête ailleurs. Il y avait quelques jours de cela, son père lui avait parlé d'un week-end professionnel à la campagne. En fait, il avait rendez-vous avec elle ne savait pas trop qui, elle ne savait pas trop où, ce week-end. Voyant ici une occasion de passer du temps avec son père, loin de la ville et de leurs habitudes, la gamine lui avait proposé de l'accompagner. Caïn détestait la campagne et la nature. Pour lui, un week-end comme celui-ci se passait dans le plus luxueux hôtel possible du coin et ça ne devait pas traîner : on fait le rendez-vous et on s'casse. Mais Murphy lui avait avoué avoir envie de passer du temps en dehors de la ville. Non pas qu'elle y étouffe, mais depuis son agression, son regard sur la ville avait changé. Elle se disait que ce type pouvait être n'importe où, qu'il pouvait lui sauter dessus n'importe quand. Mais là-bas, éloigné de tout ça... elle se disait qu'elle serait plus en sécurité. Elle avait donc été checker sur internet pour trouver un petit gite sympa pour le week-end, dans le coin que son père lui avait indiqué. Murphy avait donc regardé autour du Western Lake. Cette région se trouvait à environ une heure et demie en voiture de chez eux, et c'était vraiment dépaysant. Perdu entre des paysages presque écossais et néo-zélandais, c'était vraiment un petit coin de tourisme incroyable en pleine île. Entre les collines verdoyantes, le lac d'un calme plat et les montagnes venant toucher l'eau. La jeune femme avait déjà hâte d'y être. Elle se demandait si elle était déjà partie avec son père, comme ça et elle avait beau se creuser les méninges, elle ne parvenait pas à se souvenir d'une précédente campagne. La sonnerie retenti, c'était l'heure. La jolie blonde ne fut pas la dernière pour ranger ses feuilles et ses crayons dans son sac qu'elle jeta sur son épaule. Se précipitant dans les couloirs de l'université, elle prit la direction du parking où son père devait déjà l'attendre. Caïn s'était proposé pour venir la chercher à la fin de ses cours pour partir directement. Nous étions en plein milieu de l'après-midi, vendredi. Ainsi, ils espéraient ne pas tomber dans les bouchons à la sortie de Wellington. La petite Gallagher avait préparé son sac en avance, et avait demandé à son père de le lui prendre au moment de charger la voiture. Elle avait aussi entrer les coordonnées GPS dans l'outil de son père, afin qu'il soit préparé pour le voyage. Elle était sûre que son père allait avoir lui, préparé un encas pour la route. Quoi que l'idée qu'il y ait des miettes sur ses sièges en cuir lui semblait contraire au personnage de son père. Murphy sourit, elle voyait la voiture de son père au loin, il était sortit, les bras appuyés sur sa portière, scrutant les horizons. Avec son père, ça allait mieux, même après la petite dispute suite à son agression. En fait, ils n'en avaient pas trop reparlé, histoire sans doute, de ne pas rajouter l'huile sur le feu. La gamine sourit de plus en plus en s'approchant de son père. Lorsqu'il croisa son regard, elle lui lança « prêt pour l'aventure Gallagher père ? » rigola t-elle en contournant la voiture de son père pour venir l'embrasser. Passant un bras autour de lui, elle lui fit un calin, posant quelques secondes sa tête contre lui avant de se reculer. Passant devant la grosse voiture de son père, elle demanda « t'es en forme j'espère ? J'ai prévu de la musique pour le voyage ! » lança t-elle avec une tête malicieuse. Elle fit glisser son sac le long de son épaule, ouvrit sa portière et entra dans la voiture. Ouvrant son sac, elle en sortit une clef usb qu'elle plaça tout de suite à l'endroit fait pour sur la voiture de son père. Ensuite, elle fit glisser son sac à ses pieds et s'attacha, tandis qu'elle demandait à son père « ça va ? Ça a été ta journée ? »

@Caïn Gallagher

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Sam 26 Mai - 23:58

Tout était en train de s'accélérer dans la carrière de Caïn. Jusqu'à présent trader dans la banque la plus importante de Nouvelle-Zélande, il avait été démarché par un homme richissime, qui le voulait pour s'occuper de ses investissements. Tous n'étaient pas très légaux d'ailleurs. Il baignait dans des paradis fiscaux, mais ça ne dérangeait pas Gallagher d'être le simple exécuteur des demandes. Avec l'énorme commission et le salaire qu'on lui proposait, il fermerait sa bouche et obéirait volontiers. Seulement, ça n'était pas la seule opportunité qui se présentait à lui. Il avait accumulé pas mal d'argent, grâce notamment à ses grosses performances des derniers mois. La hausse des actions pétrolières ? Il l'avait anticipé, en investissant massivement là-dedans, dès que Donald Trump avait commencé à baver sur l'accord nucléaire iranien. Et aujourd'hui, son flair lui rapportait énormément, tant en commissions qu'en réputation. Tellement, qu'on l'avait abordé pour qu'il devienne le nouveau directeur de la banque en vue du prochain Conseil d'Administration. Et pour couronner le tout, un autre gros client, envisageait quant à lui de fonder une société d'investissement, en duo avec Caïn. Sur son horizon, le blond voyait plusieurs scénarios possibles, plusieurs voies aussi. Il ne savait pas laquelle choisir, pour l'instant. Il laissait tout le monde lui courir après, d'abord parce qu'il aimait cette sensation de puissance et de pouvoir, et ensuite parce qu'il partait du principe que la reflexion demeurait son meilleur atout. Elle ferait grimper les enchères. Le choix final, de toute façon, il le savait, il l'effectuerait pour deux personnes : Murphy, sa fille et Kenny, son petit ami. Son âme restait soumise à la tentation, Caïn n'avait aucun scrupule dès qu'il s'agissait de gagner. Il pouvait commettre des actes mauvais, pour l'emporter et avoir raison. De toute façon, qu'il aille au diable, il n'en avait plus grand chose à foutre !

Il attendait Murphy sur le parking de son université. Sa fille allait à la fac. Son petit ange d'amour... étudiante ! Le temps avait passé si vite ! Il avait l'impression d'avoir perdu tout ce qui aurait pu compter, avec elle, les premiers pas, les premiers mots... même les couches sales, il les regrettait ! Maintenant qu'elle était majeure, elle ne tarderait plus à s'envoler. Et là, il se trouvait au bord d'un gouffre, d'un précipice. Il scrutait les jeunes, avec un regard sombre, glacial... et un peu inquiétant. Lequel de ces garçons tournait autour de sa gosse ? Lequel osait la tenir par la main et lui dire des mots doux ? Lequel allait la lui prendre et la conduire sur d'autres sentiers de vie ? Lequel la rendrait heureuse ? Ou peut-être... laquelle ? La question de Murphy le soir de son anniversaire lui revint en tête. Il s'en voulait. Il avait très mal réagi... mais ce n'était pas si évident de faire autrement, quand on a grandi avec une mère homophobe et que l'on se refoule tous les jours... que l'on assume rien. Il chassa tout ça de son esprit, lorsqu'il vit enfin sa fille adorée s'approcher. Contrairement à d'autres, elle ne se cacha pas pour lui faire un câlin. Caïn apprécia le geste. Il lui mettait un peu de baume au coeur et le regonflait à bloc. Il soutint fermement les quelques regards de gens qui passaient par là. Il n'avait aucun gêne, rien que de la fierté et de la satisfaction d'avoir un tel traitement en public. C'était une sorte de revanche sur tous ces connards bien-pensants.

- Maintenant oui, je suis en forme !

Caïn avait oublié sa mauvaise humeur. En même temps, il était toujours de mauvais poil. Rien ne lui allait, il ronchonnait, il parlait sèchement, il ne souriait pas et n'avait pas non plus envie de faire des efforts. Se comporter comme un connard comportait l'avantage principal de ne pas avoir à sociabiliser ! Cette escapade à la campagne ne l'enchantait guère ! Il se demandait bien comment quelqu'un de riche, pouvait vivre replié dans le trou du cul du monde ! Depuis l'agression de Murphy, il limitait ses déplacements. Kenny l'avait mis au courant de ce qu'il avait trouvé... et il n'avait pas encore trouvé le courage de lui dire la vérité. Il connaissait sa fille. La vérité allait lui déchirer le coeur. Il avait beau ne pas aimer Laszlo et être bien content d'avoir eu raison à son sujet, il ne pouvait décemment pas accepter que Murphy souffre une fois encore. Il voulait le lui épargner, même si un jour, elle devrait connaitre le fin mot de l'histoire. Forcé, pour l'évolution de sa carrière, de partir loin d'Island Bay, il avait donc proposé à Murphy de venir avec lui. Jamais il n'aurait cru qu'elle y mettrait un tel enthousiasme et une telle volonté ! Elle était conquise par l'idée de séjourner avec lui à la campagne. Et elle avait donc voulu gérer les réservations. Soucieux de ne pas la vexer, il ne fit preuve d'aucune ingérence, lui laissant carte blanche. Cela n'empêchait pas le fait que son naturel reviendrait au galop. Il détestait la campagne et ne voyait que par le luxe. Pas sûr que Murphy arrive à le convaincre du caractère génial de leur escapade père/fille. Mais au moins, elle ne renonçait pas et y allait avec entrain. Elle avait tout prévu, même la musique pour le voyage ! Tout deux en place, les sacs chargés dans la voiture, Caïn démarra le moteur et le 4x4 se mit en branle.

- Ca a été comme un vendredi... cloture de la bourse en baisse. Ils ont tous ragé sur leurs pertes. Ils me fatiguent. J'en ai marre de bosser avec autant d'abrutis, incapable d'anticiper les crises... du coup je suis rentré, j'ai mis en place l'alarme à la maison. D'ailleurs, au retour, tu feras attention, j'ai piégé les ouvertures à l'électricité. Le premier connard de cambrioleur qui vient fouiner pendant qu'on est dans le trou du cul du monde finira grillé comme au Vietnam. J'ai averti Kenny aussi, au cas où il veuille voir si tout va bien là-bas. Bref, les sacs sont dans la voiture, j'ai pris un carton avec mes affaires, scotch, post-it, piles, batteries, papier, calculatrice, ordinateur... je t'ai pris une balise GPS aussi, longue portée, modèle militaire. Ne me regarde pas comme ça... si tu sors et que tu te perds, elle te sauvera la vie ! J'ai préparé des sandwichs, ils sont dans la glaciaire, on les mangera en route. Sinon, tu as de l'eau fraîche sous ton siège. Voilà... et toi ? Ca a été tes cours ? Je regardais sortir les autres tout à l'heure, il y en a qui ne se voient pas dans une glace le matin avant de sortir ! Je croyais que la pop avait exterminé les derniers hippies ? Bref...

La circulation en ville était plutôt fluide, peu de voitures. Mais de nombreux feux rouges. Et donc forcément, ils n'avançaient pas vite. Le tapotement régulier et insistant des doigts de Caïn sur le volant, témoignait de son impatience. Il fit l'effort de ne pas trop montrer d'agacement. Il voulait éviter de commencer à pourrir le week-end. Même si, de son avis, il allait de toute façon être pourri !

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○ inscrit le : 07/03/2018
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Dim 27 Mai - 18:15



Son père avait l'air en forme, ce qui plaisait à Murphy. Il serait idiot de croire qu'elle lui voulait du mal, peut-être qu'à une époque ce fut le cas, mais pas à présent. La jeune femme avait fini par comprendre que son père était tout ce qu'il lui restait de précieux. Comme un dernier rempart, comme un dernier pilier qu'on avait bien voulu lui accorder après avoir retiré tous les autres. Son père n'était pas parfait, mais elle non plus et maintenant qu'elle avait comprit ça, la jeune femme essayait d'être le plus agréable possible pour son père. La lecture aléatoire de la clef usb que la petite Gallagher venait d'introduire dans la prise de la voiture s'enclencha sur « just like honey » du groupe Jesus and Mary Chain. Un groupe des années 80 dont Murphy avait découvert la musique il y avait peu de temps et particulièrement celle-ci. Et elle savait que son père allait aimer cette musique, ce n'était pas Bowie, mais c'était cool. Son père ne tarda pas à lui raconter sa journée, alors qu'il quittait le campus universitaire pour rejoindre l'autoroute de la ville. Désireux de sortir de Wellington, Gallagher en profita pour expliquer en détails sa journée. Murphy l'écouta, même si elle ne comprenait pas tout ce qu'il disait. Quand son père parlait de son travail et de la bourse, Murphy avait tendance à revoir les scènes du film « Le loup de Wall Street » et d'imaginer son père en Leonardo DiCaprio. Est-ce qu'il lui ressemblait au travail ? Sans doute, à l'écouter parler et à en voir la villa dans laquelle ils vivaient, ça y ressemblait. Murphy ne connaissait pas les détails de son travail, c'était un domaine particulier qui demandait de s'y intéresser sérieusement et il fallait bien avouer que Murphy et les chiffres... c'était un peu comme Murphy et les hommes. Il ne se passait pas grand chose, sinon rien. La jeune femme connaissait vaguement ce que son père faisait, mais elle serait incapable d'en dire davantage. Parfois, elle avait peur. Peur que son père perde tout, qu'il fasse une erreur, ou qu'il soit dans la truanderie, qu'il fraude, qu'il soit malhonnête et qu'un jour, ils se retrouvent dehors, sans rien. Elle savait que si jamais ça arrivait, son père n'arriverait pas à l'accepter. Son père, il n'acceptait pas l'échec, ni l'abandon -hum- ni la défaite. Il ne pourrait jamais se relever de ça, et pourtant, elle ne l'imaginait pas se suicider non plus. Son père s'aimait bien trop pour s'ôter la vie, et puis... ça serait un échec supplémentaire, non ? La façon qu'avait son père de parler faisait rire Murphy. Grillé comme un Vietnam, il n'y avait que lui pour sortir des trucs pareils. La jeune femme ne se retenait pas de rire à ses blagues, chose qu'elle avait fait par le passé, juste pour lui montrer qu'elle n'avait pas envie de vivre avec lui. Quelle idiote franchement, non ? Son père évoqua ensuite le fait que ce week-end restait néanmoins, un week-end professionnel. Murphy n'avait pas tout comprit d'ailleurs à ce sujet, mais quand il lui avait parlé de partir dans le trou du cul du monde, elle avait évoqué son souhait de se taper l'incruste. Du coup ouais, son père allait devoir bosser, mais au moins, ils seraient ensemble. Et puis ensemble, ailleurs surtout. La gamine rigola de plus belle lorsqu'il lui parla de son GPS militaire « j'espère qu'il a une antenne, ça te rappellera ta jeunesse ! » . Elle savait qu'il était sérieux en plus. Son père avoua avoir préparé des sandwichs aussi et Murphy ne pu que sourire, elle avait vu juste. Lorsqu'il lui dit qu'une bouteille d'eau l'attendait sous son siège, la jeune femme se précipita dessus pour commencer à en boire « ah yes, parfait » tendant la bouteille à son père au cas où aussi. Son père fini tout de même par lui demander si ça allait pour elle, et si ses cours s'étaient bien passés. Gallagher fille répondit alors en soupirant « ouais ça a été... » assez vague. Sa main vint replacer une mèche de cheveux derrière son oreille et son regard se fit un peu vague au dela de la fenêtre du 4x4 de son père. Elle tourna sa tête, sans regarder son père et comprit qu'il en attendait plus. Elle sourit légèrement et lança « c'était surtout des cours d'anthropologie aujourd'hui en fait » et comme le savait son père, c'était pas la matière qui l'intéressait le plus. Elle, elle préférait vraiment plus ses cours sur le cinéma. Plus les semaines passaient, et plus elle adorait ces cours là et avait envie de se spécialiser uniquement dans ce domaine. Mais pour quoi faire ? Il n'y avait pas vraiment de débouchés... alors elle préférait jouer la carte de la sécurité en gardant l'autre matière, moins passionnante, même si c'était intéressant quand même. Après... pour ce qui était de la vie sur le campus... sans Lily... c'était plus pareil. Et ça... elle n'en avait parlé que brièvement à son père. En réalité, elle lui avait dit que Lily et elle s'étaient fâchées, sans lui expliquer la raison. Et quand Lily se pointait à la maison, depuis plus d'une semaine maintenant, elle demandait à son père lorsqu'il était là, de dire que Murphy n'était pas là. En fait, c'était même pas Lily qui était fâchée, juste Murphy qui avait trop honte de ce qu'elle avait fait. Et la raison... elle ne pouvait pas l'expliquer à son père. Il lui avait donné son avis sur les relations homosexuelles. Il ne trouvait pas ça normal, et ne voulait pas que sa fille soit une lesbienne. Alors comment pouvait-elle lui dire qu'elle n'osait plus voir, ni parler à Lily, parce qu'elle l'avait embrassé à la fameuse soirée étudiante où il l'avait laissé partir ? Qu'elle avait bu, fumé et qu'elle s'était perdue dans Wellington sans portable, sans repères, et que c'était un inconnu qui l'avait aidé ? Avec les menaces qu'elle avait reçu il y a peu de temps ? Il allait gueuler, mais même sans ça. La savoir ivre, défoncée, seule dehors en pleine nuit... ouais, il allait criser et Murphy se punissait elle même. Elle ne sortait plus depuis ce soir là, elle allait à la fac, à la BU, et rentrait directement à la maison sans en quitter les murs. Elle ne parlait plus à sa meilleure amie non plus. Murphy s'en voulait d'avoir été si inconsciente, si conne, si naïve. « Mais je suis contente de partir un peu... ça va nous faire du bien de sentir le purin, qu'est-ce que t'en dis ? » demanda t-elle en rigolant. Elle savait déjà que son père n'allait pas spécialement aimer le lieu qu'elle avait choisi. Mais elle voulait quelque chose de simple, pour changer d'air, voir autre chose que de grandes villas luxueuses. Murphy regarda son père conduire, puis la route et finalement, demanda « t'aimes bien cette chanson ? » tout simplement.

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Mar 5 Juin - 23:52

Caïn n'avait aucune connaissance des déboires récents de sa fille et dans un sens ce n'était pas plus mal. Déjà, il évitait soigneusement d'évoquer l'agression dont elle avait été victime. La vérité c'est que depuis l'incident, Caïn craignait de recevoir un appel de Kenny ou d'un hôpital à cause de ça. Il avait pris un énorme risque en faisant confiance à Kenny et en n'appelant pas les flics. Parce que du coup, sa fille pouvait à nouveau subir ce genre d'attaques, sans protection. D'un autre côté, il aurait eu beau gueuler de tout son saoul sur les policiers pour exiger une filature permanente, il n'était pas certain que la police cède à son caprice de père inquiet. Très peu  l'aise dans la gestion de crise dès qu'elle concernait Murphy, Gallagher s'était contenté de garder le silence. Il avait accepté qu'elle sorte, mais il s'était bouffé toute la nuit. Pour tuer le temps, il avait entrepris de faire un ménage complet et intégral de la maison, de fond en comble. Et quand elle était rentrée le lendemain, en vie, il n'avait fait aucune remarque, pour ne pas la braquer et provoquer une nouvelle dispute. Caïn ne montrait rien, mais en réalité, il devenait hyper anxieux dès que quelque chose concernait sa progéniture. Alors s'il avait su que celle-ci s'était retrouvée à découcher, sans portable, en proie à mille dangers, elle aurait passé un sale, très sale quart d'heure. Parce que dès qu'on touchait à sa sécurité et à sa santé, le trader se transformait en quelqu'un d'autre, de beaucoup moins prévisible et de très nerveux. Bref, autant dire que Murphy avait tout intérêt à garder ces frasques pour elle, quitte à les ressortir plus tard, lorsque son père serait devenu à moitié gâteux et sourdingue ! Leur plan pour éviter les bouchons avait plutôt bien fonctionné. Ils avançaient de façon fluide, ce qui évitait à Caïn de s'énerver dans les bouchons. Un bon point pour l'ambiance ! Quand Murphy parla des cours d'anthropologie, il ne put s'empêcher de commenter :

- L'anthropologie, pourtant, c'est une matière passionnante ! Étudier l'homme ! Il y en a des choses à dire dessus ! Tu sais, on apprend beaucoup des comportements humains. Par exemple, une catastrophe naturelle, sur la bourse, ça se traduit par : tout un tas de cons qui se ruent sur des actions du secteur d'assurances et tout un tas d'abrutis qui perdent de l'argent en investissant dans des entreprises "écolos". Alors que la raison dicte d'investir plutôt sur l'industrie pharmaceutique. Quand t'as compris comment fonctionne le cerveau humain, sur l'affect, tu as tout compris à l'homme, en lui-même. Le reste, c'est finger in the noise.

Il était peu probable que cela donne envie à Murphy d'aimer l'anthropologie pour autant ! Mais Caïn tenait quand même à donner sa vision là-dessus, une fois de plus. De toute façon, ce chapitre fut bientôt clos. Murphy évoqua leur week-end et l'odeur du purin. Rien de tel pour rendre son père grognon.

- Ne m'en parle pas... j'espère qu'ils ont au moins l'électricité et l'eau chaude. Je te préviens que s'ils n'ont pas ça, je les attaque en justice pour indécence caractérisée envers la civilisation moderne !

Il avait dit ça d'un ton très sérieux, signe qu'il était parfaitement capable de le faire. Caïn n'avait pas peur des procédures, loin de là. Il était du genre acharné et jusqu'au boutiste, d'ailleurs, Murphy en savait quelque chose. A un moment, sa fille lui demanda s'il aimait la chanson qui était en train de passer. Il n'y avait pas à dire, la playlist lui convenait totalement. Et c'était une agréable surprise. La piste actuelle était "Sweet Caroline" de Neill Diamond. Une balade agréable à l'oreille, qui lui convenait totalement.

- Tes goûts musicaux font ma fierté, tu sais !

Un sourire illumina son visage. La chanson se termina quelques instants plus tard. Dès les premières notes de la suivante, Caïn reconnut Elvis. Il monta le son à fond (ou presque). Il s'agissait d'une reprise de My Way, que le King avait chanté à Memphis, quelques jours avant sa mort, tragique. De l'avis de Gallagher la meilleure reprise de tous les temps. Comme souvent avec le monstre sacré du rock, il régna un silence impérial dans la voiture, durant toute la chanson. Caïn avait horreur qu'on lui pourrisse Elvis. Il aurait pu hurler pour ça ! A la fin de la chanson, il expliqua :

- Tu savais que cette chanson était française à l'origine ? Elle a été reprise et traduite par Frank Sinatra. Rien ne vaut la reprise du king. J'avais écouté la version originale, je ne me rappelle plus le nom du chanteur. C'était un espèce de type bizarre avec des pantalons à pattes d'éléphant... qui dansait avec des filles à moitié à poil, comme une casserole ! Bon sang les français... je n'arrive pas à comprendre comment ils peuvent aimer leurs artistes. La seule qui avait de la voix, c'était Piaf... Enfin bref... j'ai vu le concert où Elvis a chanté cette chanson, à la télévision chez un ami du quartier, parce que ta grand-mère refusait qu'on en ait une. Elle disait que c'était l'outil du diable, pour les éloigner de l'intelligence et de Dieu. Elle n'avait pas tout à fait tort. Elle détestait Elvis d'ailleurs. Elle le trouvait vulgaire. C'est vrai qu'il avait une façon de se déhancher assez... spéciale. A l'époque, ils l'avaient même censuré, en cadrant la caméra au niveau de son torse et de sa tête !

Il en connaissait un rayon sur Elvis, même s'il ne l'avait pas connu. On sentait qu'il était fan. Ils continuaient à rouler, quittant les paysages urbains de la capitale au profit de verdures et de bois magnifiques. Du moins l'étaient-ils pour des gens avec une mentalité inverse que celle de Caïn !

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Mer 6 Juin - 10:17

Son père avait raison, l'anthropologie était une matière très intéressante. Qu'est-ce qui définissait un homme ? Dans sa composition certes, mais dans ses manies, dans ses coutumes, dans ses traditions, son regard envers les siens, envers la mort, envers les dieux, envers la terre nourricière. C'était quelque chose de passionnant, mais ce n'était pas ce qu'elle avait pu imaginer. Alors que ses cours de cinéma... il y avait quelque chose d'autre, ce petit truc qui faisait briller son envie et sa motivation envers cette matière. Son père manifesta de nouveau son angoisse de se retrouver dans le trou du cul du monde, entre une vache et un cochon pour dormir sur la paille. « Non mais j'ai fait attention quand même, il y a un minimum de confort... mais sors de tes zones de confort justement » lança t-elle à son père pour l'inviter à se sortir de ce monde doré de Wall Street. Elle voulait voir son père en jeans, chapeau de cow-boy en train de faire du rodeo. Ouais, ça sentait le purin, ouais, c'était un truc de péquenaud, mais Murphy voulait des vacances réelles, des vacances à la force des bras. Elle ne voulait plus de ces vacances où tout est servi sur un plateau au bord d'une piscine. Ce n'était pas des vacances, ni même du confort, c'était à ses yeux, de l'irrespect. Envers l'autre personne qui nous sert, mais aussi envers la vie en elle-même. Trop fainéant pour se bouger ? Quelle honte. Murphy ne pu s'empêcher de retrouver son sourire lorsque son père lui avoua être fier de ses goûts musicaux. A vrai dire, Murphy avait les mêmes goûts que sa mère, et c'était elle qui lui avait transmis tout ça. A sa mort, Murphy avait continué et puis quand elle s'était rendue compte que son père écoutait la même chose que sa mère... ça lui avait fait bizarre. C'était l'une des premières choses qu'elle avait apprise sur son père et qui lui avait fait dire : c'est un peu de maman qui est toujours là. Un truc de gamine complètement traumatisée d'avoir perdu sa famille en somme. Elle s'était accrochée à ça, comme elle aurait pu le faire sur n'importe quoi d'autre. Lorsque la chanson d'Elvis se termina, son père prit la parole. « Ouais, c'est hum... Claude quelque chose, j'crois que c'était l'Elvis français en... moins rock n' roll... quoi que, il est mort dans son bain avec un sèche-cheveux, c'est bien rock n' roll ça non ? » rigola Murphy en se détestant de rire de la mort de quelqu'un. « En vrai les français sont plus électro que rock n'roll hein... les américains sont rock n' roll, hum... les britanniques aussi ! Et les allemands ! » lança t-elle alors, comme on lance un débat musical. Son père parlait d'Elvis et aussi de la grand-mère de Murphy et là, une question lui brûla les lèvres. « Papa ? » demanda t-elle pour être sûre qu'il l'écoute bien. « Est-ce que j'ai un truc en commun avec ta mère ? Genre, je sais pas, la forme de mon nez... ou bien un trait de caractère... ? » S'interrogea t-elle. Elle attendit la réponse de son père puis se mit à regarder la route, droit devant elle. « J'sais pas si j'ai le droit de te poser la question, mais... tu m'as jamais parlé de ton père... » lança t-elle doucement, tournant sa tête vers son père. Oui, Murphy voulait savoir d'où elle venait, qui étaient ses grands-parents, d'où est-ce qu'elle venait. Elle ignorait déjà le fait qu'elle avait du sang européen dans les veines, son père ne lui avait jamais spécialement dit. « Parfois... je ressens le besoin d'en savoir plus, j'veux dire... pareil pour la famille de maman. J'ai l'impression que j'viens de nul part parfois » lança t-elle avec une moue triste avant de se mettre à rire « enfin je sais d'où je viens hein, toi aussi d'ailleurs mais bref, tu as compris » rigola t-elle alors à voix haute, sans aucune gêne par rapport à sa blague se rapportant aux parties de son père. Quelle honte cette gamine mal élevée ! Voilà ce qu'elle aurait pu dire la mère-grand.

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Lun 11 Juin - 0:22

Quand Murphy évoqua le fait que ce fameux Claude quelque chose s'était tué en faisant tomber son sèche-cheveux dans son bain et qu'elle se permit de faire de l'humour noir là-dessus, Caïn éclata d'un rire franc. Voilà le genre de blagues auxquelles il répondait, ce qui avait quand même de quoi surprendre. Gallagher n'avait pas la réputation d'être d'un naturel joyeux. Il était très terre-à-terre et pas franchement sujet à l'humour. Sauf quand il s'agissait d'autres personnes que lui, étrangères à sa famille, idéalement. Il sortait des énormités et de atrocités sur les noirs, les juifs, les français et ça le faisait bien marrer. Que sa fille ait hérité de cet amour pour l'humour sombre apportait une certaine fierté ! Elle en connaissait un rayon sur la musique et cela ne fit qu'amplifier la sensation du trader. Il avait vraiment une fille de compétition, une digne héritière ! Sa comparaison sur le rock and roll et l'électro en France, le laissait admiratif. Effectivement, le son dans l'hexagone n'avait pas grand chose à voir avec celui des states. En plus de bons goûts musicaux, elle avait une connaissance aiguisée et une oreille fine. Voilà quelque chose qui restait rare, à leur époque. Trop de gens se foutaient la musique à fond en permanence dans les oreilles. Ils se condamnaient à ne plus entendre les subtilités de leurs chansons. Un drame acoustique, pour tout amateur comme eux de cet art noble. La conversation ne s'attarda pas vraiment sur ça, Caïn avait évoqué sa mère et forcément, il aurait du s'y attendre, Murphy posa une question à ce sujet. Qu'avait-elle en commun avec sa grand-mère ? Il n'eut pas besoin de temps pour répondre, ça fusa, même :

- Tu as les mêmes cheveux. Les siens aussi étaient de la même couleur que l'or. Elle les a gardés ainsi jusqu'à sa mort. Elle ne possédait aucun cheveu blanc et ça, sans tricher, car elle n'utilisait pas de coloration. Comme toi, ils étaient soyeux et lui donnaient un air magnifique.

Et puis, vint la question à laquelle il ne s'attendait pas... son père. Caïn détourna le regard sur le côté, et son visage se ferma. Il comprit néanmoins que Murphy n'était pas dans une démarche agressive, simplement qu'elle voulait savoir d'où elle venait. Elle tenta un trait d'humour que Caïn ne comprit pas. Et dans un sens, ça n'était pas plus mal, car il n'aurait pas vraiment accepté qu'ils parlent ainsi de ses parties !

- Je n'ai pas de père. L'homme qui a mis ta grand-mère enceinte n'est pas mon père. A mes yeux, c'est un connard, un salaud qui a eu juste envie de se les vider. Et puis il s'est tiré sans donner de nouvelles. Il n'est jamais revenu. Je sais ce que tu vas me dire... que j'ai fait pareil et que s'il n'y avait pas eu ce jour où ta mère et moi nous sommes recroisés dans la rue, j'aurais été comme lui. C'est sans doute vrai... et ça me pèse d'autant plus aujourd'hui. Je regrette terriblement ce que je t'ai fait subir. En anthropologie, ils appellent ça le mimétisme. Les enfant reproduisent ce que font leurs parents. Je ne sais pas s'il est vivant et je ne veux pas le savoir. Je n'ai rien en commun avec cette ordure et toi non plus.

Il y eut un court instant de silence. Caïn se gara sur le bas côté et prétexta une envie de pisser. Il sortit du véhicule, en demandant à Murphy de ne pas bouger, qu'il n'en avait pas pour longtemps. Il se dirigea vers les arbres pour satisfaire son besoin naturel. Le prétexte était vrai, mais il aurait pu attendre. Deux larmes roulèrent sur sa joue. Le temps ne guérissait pas les blessures. Au contraire, il les envenimaient. Il essuya rapidement et brutalement ses yeux, légèrement rougis puis reprit place dans la voiture, l'air de rien, pour reprendre la route.

- Ta grand-mère s'appelait Alaïna Gallagher. Elle était irlandaise, et elle m'a mis au monde à Cork. Elle était déjà seule, à l'époque... déjà abandonnée. Elle travaillait dans une ambassade, elle ne m'a jamais dit laquelle, mais elle s'occupait des rédactions d'accords internationaux et des rencontres. En Irlande, nous avions une vie agréable. Elle était très pieuse. Elle croyait en Dieu et elle ne ratait jamais une messe ou une prière. J'aimais bien l'Irlande. Il y avait beaucoup de pâturages, de belles étendues d'herbe verte. De fois quand je tonds la pelouse, ça me rappelle tout ça. Je n'ai pas connu mes grand-parents, par contre. Tu vois elle en parlait rarement. Je crois qu'ils sont morts pendant la seconde guerre mondiale, mais je n'en suis pas sûr. J'étais fils unique...

Il marqua une pause. Puisque Murphy voulait en savoir davantage, il allait lui dire des choses. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher d'hésiter sur la suite. Parce qu'en réalité, il aurait du avoir un frère jumeau... un frère qu'il avait tué, selon sa mère, pendant la grossesse. Alaïna lui avait expliqué cela le jour où il avait demandé pourquoi il s'appelait Caïn. Une question dont il aurait volontiers ne jamais entendre la réponse. Jusque dans son baptême, sa mère avait été cherché la religion et pas le personnage le plus fréquentable... Caïn, le fratricide. Il s'abstint de poursuivre sur cette voie là.

- J'avais huit ans, quand je suis arrivé à Wellington. Ta grand-mère avait été mutée dans l'Ambassade d'Irlande ici. Je me suis plutôt bien acclimaté. Island Bay est différente de l'Irlande, mais on s'y sent comme chez soi facilement.

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Lun 11 Juin - 1:42

Leurs cheveux. Murphy avait les mêmes que son père, et elle était la seule tête blonde de la famille, du temps où ses frères et sa mère étaient encore là. Quand elle avait croisé Caïn dans la rue, la toute première fois et que sa mère le lui avait présenté, elle avait tout de suite remarqué cette ressemblance. C'était de son côté qu'elle tenait sa couleur blonde et à en croire les dires de son père, sa grand-mère avait eu les mêmes. Murphy sourit, silencieuse, essayant d'imaginer l'image en 3D de la photographie 2D que son père lui avait montré de sa mère, le jour de son anniversaire. Lorsque Murphy l'interrogea sur son père, Caïn se ferma. Le rire franc qu'il avait eu un petit peu avant avait été laissé au bord de la route, ni plus ni moins. Il retrouvait cet air froid, et distant, que les gens lui attribuaient bien trop souvent. La gamine n'en rajouta pas, s'attendant à ce que son père ignore sa question, qu'il n'y réponde pas. Elle était habituée à ce qu'il fasse ça. Quand il ne voulait pas répondre, il ne répondait pas, point barre. Alors que Murphy allait commencer à se dire qu'il ne répondrait pas, il prit la parole. Elle l'écouta, sentant son cœur se briser dans sa poitrine. Il n'avait pas de père, selon lui. C'était faux, même si notre père est le pire des enculés, il est. Seulement son père lui fit une révélation. Son père l'avait abandonné, du moins, il avait abandonné sa mère. Murphy fut choquée d'apprendre ça. Son père continua à s'expliquer, parlant alors de leur histoire à tous les deux. Mais il avait beau parler, elle se posait quand même ces fameuses questions. Pourquoi avait-il refait ce qu'il avait subi ? Pourquoi ne pas avoir voulu d'elle à sa naissance ? Le jour où elle avait poussé son premier cri aurait dû être le jour où son père aurait du être le plus heureux, mais ce ne fut pas le cas, ce fut même peut-être le pire pour lui, à l'époque. Aujourd'hui, il regrettait, et il essayait de rattraper le passé, mais... est-ce qu'il serait revenu s'ils ne s'étaient pas croisé dans la rue, par hasard ? Caïn avoua ne pas vouloir en savoir davantage sur son géniteur. Mais dans la tête de Murphy, elle restait bloquée sur la nouvelle qu'il venait de lui annoncer. Lui aussi, il avait connu l'abandon, il avait ressenti les mêmes manques et souffrances qu'elle et pourtant, il les lui avait fait subir. Mais en même temps, il était le mieux placé pour la comprendre, pour comprendre sa douleur et même, elle avait eu de la chance, parce qu'au final, il était là. Et s'il n'avait pas croisé sa route ce jour-là, et s'il n'était jamais revenu dans sa vie ? Où serait-elle aujourd'hui ? En foyer ? Perdue dans une famille qui ne s'occuperait pas forcément d'elle ? Elle n'aurait jamais été à l'université et ne mènerait pas cette vie là. Dans sa tête, tout s'embrouillait, c'était terrible d'apprendre ça. Terrible parce que ça remuait plein de choses. Qui était ce grand-père ? Avait-il refait sa vie après ? Et si elle avait des cousins ? Et si son père avait des frères, ou des sœurs ? Et s'ils avaient encore une famille, quelque part ? Peut-être qu'eux aussi ont été abandonnés, et peut-être qu'ils n'ont pas eu la chance de mener la vie qu'ils mènent eux ? Et si... et si. Murphy ne parvient pas à trouver ses mots, ni à répondre quoi que ce soit. Fixée sur sa chaise, elle fixe la ligne d'horizon et reste silencieuse, perdue dans ses pensées qui s'entremêlent. Le silence s'empara d'eux mais très vite, son père lui dit qu'il devait pisser. Il s'arrêta, lui interdisant de sortir. Murphy ne répondit toujours pas. Elle attrapa la bouteille d'eau sous son siège et en bu quelques gorgées, laissant ses pensées se former, se défaire, se mélanger les unes aux autres. Son père avait vécu la même chose qu'elle, mais en pire. Il avait reproduit le même schéma, est-ce qu'elle ferait la même chose ? Est-ce qu'elle allait elle aussi abandonner ses enfants ? Il faudrait pour ça, déjà, rencontrer quelqu'un. Murphy essayait d'imaginer son père enfant, retrouvant ses démons de son enfance pour les coller à l'image de son père. Il avait eu les mêmes questions : pourquoi ? Qui est-il ? Qu'est-ce qui ne lui a pas plu chez moi ? Pourquoi ne m'aime t-il pas ? Qu'est-ce que j'ai fait pour ça ? Où est-il ? Que fait-il ? A quoi est-ce qu'il ressemble ? Toutes ces questions qui la submergeaient étant gamine et qui l'avaient fait beaucoup souffrir, même si sa mère et ses frères avaient fait du mieux qu'ils avaient pu. Son père revint, en silence. Il s'installa à nouveau et alluma le contact de la voiture pour revenir sur la route. Le silence pesait toujours. La musique aléatoire choisie plutôt bien la musique qui s'était lancée pendant que son père était dehors, REM – Everybody hurts. Une chanson que Murphy aimait particulièrement, puisque c'était l'une des favorites de sa mère. C'est sur cette chanson que son père continua à parler. Il parlait de sa mère, il lui donna son prénom. C'était joli. Murphy ne l'avait jamais entendu nul part avant. Et puis aussi, il lui apprit juste après qu'elle avait des origines. Irlandaises ? Elle l'ignorait, elle ne le savait pas. Son père ne lui avait jamais dit. Elle était contente d'apprendre ça, et elle était contente que son père lui parle, qu'il lui parle enfin comme ça. Mais il y avait trop de choses, trop d'aveux, trop d'informations. Il n'avait pas connu la famille de sa mère, avaient-ils là encore, une famille cachée quelque part, en Irlande ? Murphy n'aurait jamais cru que sa grand-mère aurait occupé un tel poste, c'était presque incroyable pour une femme de cette génération. Elle devait être forte, elle devait être indépendante, elle avait élevé son fils seul, et avait traversé la moitié du monde toute seule. Ce n'était pas rien. Pas aux yeux de Murphy. Partagée entre deux feux, la jeune femme était un peu sous le choc de toutes ces nouvelles. Entre l'aveu de son père sur son abandon à lui, sur son père, sa mère, et puis ses origines et tous ces détails. Murphy ne savait plus, ni quoi penser, ni même quoi dire. Son cœur se serrait dans sa poitrine. Parce qu'elle avait peur de dire quelque chose qu'il ne fallait pas, qu'elle avait envie de lui dire plein de choses, mais que rien ne sortait de sa bouche. Sa gorge se noua. Comme si elle faisait bloc, barrage, et qu'aucun mot ne pourrait passer au travers. Elle était toute retournée de cette conversation, si bien que la seule chose qui parvint à sortir, fut des larmes. Des larmes silencieuses, roulant sur ses joues, qu'elle ne tarda pas à effacer d'un revers de manche. D'un côté, elle en voulait à son père de lui avoir fait la même chose, et de l'autre, elle se sentait au plus proche de lui. Parce qu'ils étaient liés par ça, de toutes les façons possibles. Ensuite, elle se sentait reconnaissante d'avoir un père, qu'il soit là, à ses côtés chaque jour, pour prendre soin d'elle. Et puis elle était contente d'en avoir apprit plus sur ses origines, sur sa grand-mère, sur le fait qu'elle était en partie Irlandaise aussi. « On peut parler d'atavisme aussi » finit-elle par dire, la voix tremblante, parce que sa gorge était toujours nouée. Elle toussa pour se l'éclaircir et continua « c'est quand on retrouve des critères hérités de nos ancêtres très lointains et qu'on ne sait pas d'où ça sort » elle marqua une pause et continua « qui auraient du disparaître plutôt ». Merci les cours à la fac. La gamine n'osait pas relever les yeux vers son père, juste à côté d'elle pourtant. La musique continuait toujours, lui laissant un peu de temps pour trouver ses mots. Mais la seule chose qu'elle parvint à faire, c'est de poser sa main sur celle de son père. Elle enroula ses doigts autour de sa large main et la serra. Le jour de son anniversaire, elle lui avait dit que désormais, ça serait du passé, qu'il fallait qu'ils avancent. C'était dur, parce qu'elle avait envie de lui poser plein de questions. Sur son ressenti sur son propre abandon, et ce encore maintenant. Elle essayait de se retenir de les lui poser, alors sa voix trancha « j'ai eu plus de chance » d'une manière douce, mais maladroite. Elle ne parvenait pas à dire ce qu'elle avait vraiment sur le cœur. Elle ne voulait pas le blesser. Elle avait bien comprit que le sujet de son grand-père était un sujet.. difficile. Tenant toujours la main de son père, elle tourna la tête vers lui pour le regarder et lui sourire, légèrement « ça me fait du mal de me dire que... que si on ne s'était pas croisé par hasard ce jour-là, tu ne serai jamais revenu, tu n'aurai jamais été mon père » commença t-elle. Toujours aussi maladroitement, elle continua « mais aujourd'hui j'ai la chance de t'avoir et de mener une belle vie, et même si c'est dur de se dire que ça tient du hasard, y'a beaucoup d'autres choses qui ne tiennent que de toi tu sais ? » et c'était sincère. « Tu m'as pas laissé tomber depuis que tu m'as accepté dans ta vie, au contraire même et sans toi aujourd'hui papa... » elle soupira et essuya une larme. Elle savait très bien où est-ce qu'elle serait, ou pas en fait. Elle aurait fini junkie, à boire et se droguer pour oublier la douleur d'avoir perdu toute sa famille, que personne ne voulait d'elle, qu'elle n'était rien pour personne. Comment son père avait-il fait lui ? Comment avait-il tenu le coup après la mort de sa mère ? Après tout ça ? Comment avait-il fait des études ? « J'suis triste de voir qu'on a encore un autre truc en commun » elle essuya ses larmes définitivement, soupirant alors et rigolant légèrement de honte avant de dire « outre la musique et les blagues racistes » espérant faire retomber un peu la pression. Elle lâcha la main de son père et puis se mis plus à l'aise sur son siège, avant de reprendre « tu... tu as fait comment quand tu t'es retrouvé tout seul ? J'veux dire... elle est morte quand et... de quoi ? » était-elle malade ? Est-ce qu'elle avait un souci dont Murphy devrait s'inquiéter ? Et puis elle voulait savoir comment son père s'était senti, il avait vécu ce qui la terrorisait le plus au monde : se retrouver seule. Et elle lui en avait parlé à son anniversaire, sans se douter de ce qu'il avait vécu. Murphy avait de la peine, son père ne méritait pas ça. Une autre question lui brûlait les lèvres, mais elle connaissait déjà la réponse : ça serait un non catégorique. Il ne voudrait qu'elle se mette en quête d'une possible famille, quelque part en Europe. La jeune femme se sentait profondément triste, et aussi incroyablement plus proche que jamais de son père. Elle avait terriblement peur de le perdre lui aussi. De se retrouver seule. Ca l'angoissait terriblement depuis longtemps et elle ne parvenait pas à être rationnelle. Elle ne pouvait pas imaginer qu'il arrive quelque chose à son père, elle savait qu'elle ne s'en remettrait pas, jamais. Elle n'avait pas sa force, elle ne pourrait pas continuer. Il y avait eu déjà trop de pertes, de douleurs, de souffrances. Sans lui, elle n'y arriverait pas et n'aurait pas envie de continuer, c'était certain.

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Dim 17 Juin - 0:05

- J'ai travaillé... encore et encore, le jour, la nuit, jusqu'à ce que je sois trop épuisé pour tenir et que je finisse par m’effondrer de fatigue. Je serais allé droit dans le mur si j'avais continué comme ça. Un jour ou l'autre, ça m'aurait rattrapé, j'en suis certain. Ta grand-mère fumait comme un pompier. C'est ça qui l'a tuée... une saloperie de cancer des poumons. Le tabac... ça me rendait malade, je n'ai jamais supporté l'odeur... je me rappelle que j'allais acheter des paquets de cigarettes pour les allumer dans la maison... pour faire comme si elle était là... Je vomissais à chaque fois... J'allais acheter des cigarettes pour ce rituel, le jour où je suis tombé sur ta mère et toi. La suite... eh bien tu la connais. J'ai essayé de réparer mon erreur, j'ai essayé d'être un père, avec les échecs que tu sais... mais ce qui est certain, c'est que j'étais seul, dans une spirale et que tu m'en as sorti. Je pense que sans toi, j'aurais fait un burn-out, ou une crise cardiaque et que je serais six pieds sous terre, bouffé par les vers, brûlé par le diable.

Et ça, Caïn le savait. Sa vie avait vraiment changé lorsqu'il avait recroisé son ex petite amie et fait la connaissance de sa fille. Et il voulait que Murphy le sache. Parce qu'il était bien conscient qu'elle vivait la même chose que lui, à la différence près, c'est qu'elle disposait encore de son paternel, aussi maladroit et mystérieux pouvait-il être. Gallagher se rappela de la conversation qu'il avait eu avec Kenny, sur Lazslo... ce week-end n'était pas le bon moment pour lui avouer la vérité. Mais il savait déjà que ce serait terrible, qu'elle allait être profondément blessée. Ca lui minait le moral de lui faire encore plus de mal. Elle souffrait déjà trop pour son âge. Du coup, cela lui évoqua aussi leur autre conversation, sur l'homosexualité. S'il n'était pas encore prêt à s'assumer, Caïn voulait revenir sur des propos qu'il avait tenu. Le moment s'y prêtait, puisque Murphy avait parlé du fait qu'il l'accepte.

- Murphy... à propos de tout ça... je voulais te dire que je suis désolé de ma réaction de l'autre soir... Quand tu m'as dit que tu pouvais peut-être aimer les filles. Je... j'ai dit des choses qui ne sont pas bien... et je m'en excuse. Je t'accepte comme tu es, d'accord ? Je veux juste que tu sois heureuse... alors, si jamais tu venais à éprouver des choses pour une fille, eh bien... ça ne serait pas un problème... pour moi.

A ce moment là, la chanson Fuck you de Lily Allen commença. En entendant les paroles, Caïn fronça les sourcils et jeta un regard à sa fille. Puis il éclata de rire. Il ne voulait pas miner davantage le trajet en continuant à parler du passé. Aussi il enchaina sur des sujet plus génériques, qui ne demandaient pas de réflexion, des concerts auxquels il avait assisté et pour lesquels il aimerait bien revivre le moment, avec Murphy. Il n'aimait pas le cinéma, mais des spectacles musicaux ça le tentait bien. Il souhaitait voir Elton John pour sa dernière tournée internationale. Il aurait voulu y amener Murphy et Kenny... mais comment concilier les deux sans se vendre ? Il devrait y réfléchir à un moment donné. Avec des sujets plus joyeux, le trajet se déroula plus vite. Ils parlèrent tour à tour et avec passion de ce qui leur passait par la tête. Après avoir emprunté des routes de plus en plus étroites, ils arrivèrent à destination. Caïn gara la voiture comme il aimait le faire, à la façon gros connard : en travers sur deux places. Ils sortirent du véhicule. Comme il faisait un peu frais, il tendit sa veste à Murphy pour éviter qu'elle n'attrape froid. Il ouvrit le coffre et sortit les sacs qu'il chargea sur lui. Le soir tombait, la luminosité baissait doucement laissant sur les grands arbres, une teinte légèrement rose. Caïn s'avança vers l'entrée en sortant son téléphone portable. Il grommela :

- Putain de merde... ça commence bien... pas de réseau cellulaire... tu vois, c'est bien joli de vivre parmi les arbres et les oiseaux hein... mais le jour où tu as une tuile, c'est pas eux qui vont te sauver et appeler les pompiers ! Vivre dans des lieux aussi isolés, ça devrait être interdit, je dis...

Il se tourna vers Murphy pour ajouter :

- Ce n'est pas de ta faute, hein... je savais qu'on serait emmerdés pour ça... bon je te suis, c'est toi qui a réservé, je ne suis que ton invité. Enfin, ton chauffeur aussi... oh... et ton bagagiste, maintenant que j'y pense ! Je te préviens, je ne fais pas serveur !

Il esquissa un sourire. Il essayait de plaisanter pour ne pas montrer sa mauvaise humeur grandissante. Il n'était pas bien ici. Il détestait ce calme, ce bruit du vent dans la cime des arbres. Il voulait retrouver sa ville, sa cacophonie, son odeur de gaz d'échappement, ses bruits de klaxons... sa vie quoi... Il maudissait le type qui l'avait invité à venir pour affaires, ici... Il le haïssait même, à cet instant précis ! C'est dire !

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○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Mar 19 Juin - 14:08

Son père lui expliqua qu'il n'y avait eu que le travail, qu'il ne s'était jamais arrêté, jusqu'à atteindre son objectif. Y-avait-il eu des gens qui lui avaient tendu la main à une époque ? Y avait-il eu une école, ou bien avait-il tout apprit tout seul ? Lorsqu'il commença à parler de sa grand-mère qui fumait, Murphy baissa le regard. Elle n'avouerait pas à son père qu'elle se grillait parfois une cigarette, sur le toit, en passant pas la fenêtre de sa chambre. Murphy aimait fumer pour se couper la faim, pour pouvoir sauter un repas, ou deux. Ou juste pour se donner l'air intelligente, comme ça fonctionnait. N'importe quoi. Lorsqu'il lui expliqua qu'il était en train d'acheter des clopes quand il était tombé sur elle et sa maman, Murphy sentit son cœur se serrer. Comme à chaque fois qu'ils parlaient de sa mère. Cela faisait depuis son anniversaire qu'elle n'était pas allée les voir, au cimetière. Elle se sentait coupable de ne pas passer plus de temps avec eux. Parce que même s'ils n'étaient plus là, ils étaient encore là. Quelque part. Silencieux. Lorsqu'il lui dit que si Murphy n'avait pas été là, il ne serait pas là aujourd'hui, ça fit peur à la jeune femme. Elle se rendit compte que ce qu'elle pouvait penser sur son père, sur le fait que si un jour il venait à l'abandonner comme le reste de sa famille, pour l'autre monde, elle ne s'en sortirait pas. Son père venait de lui avouer la même chose, et quelque part, ça l'angoissait. Parce qu'elle avait l'impression d'être le talon d'Achille de son propre père, qu'elle avait l'impression d'être l'élément qui allait déclencher sa perte. Et donc, qu'elle était sa propre angoisse à elle. Elle avala sa salive et lança doucement « pour moi aussi tu sais papa ? » en tournant sa tête vers lui. Ils en avaient déjà parlé, à son anniversaire, de cette angoisse qui la terrorisait : l'angoisse de le perdre. Soit qu'il l'abandonne encore une fois -mais elle n'y croyait plus au fil des jours- ou plutôt, qu'il meurt brutalement, comme sa mère ou bien ses frères. Qu'un jour on lui dise que son père n'est plus là, qu'il ne le sera jamais plus et qu'elle sera toute seule. Une question lui brûla les lèvres, mais son père s'engagea sur une autre conversation. Il parlait doucement, et au fur et à mesure qu'il parlait, un poids semblait se défaire des épaules de la jeune femme. Il n'était pas homophobe, il ne la mettrait pas dehors si elle sortait avec une fille. Dans sa tête, le visage de Lily apparu. Sa meilleure amie lui manquait terriblement elle avait en plus, tellement de choses qu'elle aurait aimé partager avec elle. Sa rencontre avec Bailey, ou bien ce type de la fac... mais elle s'en empêchait. Et le pire, c'était qu'elle demandait à Caïn de la couvrir, sans lui expliquer pourquoi. Quand sa meilleure amie venait sonner chez elle, elle demandait à son père de mentir, de faire croire qu'elle n'était pas là, et cela depuis quelques semaines maintenant. Murphy aurait voulu lui répondre aussi, lui parler de sa soirée avec Lily, de lui expliquer ce qu'il s'était passé, et d'avoir ses conseils, mais elle n'osa pas. L'idée de parler de tout ça dans la voiture, ça n'était pas vraiment son délire. Et puis en plus, ils ne tardèrent pas à arriver à l'endroit arrêté du GPS. Murphy regarda le lieu, ça ne ressemblait pas à ce qu'elle avait vu sur le site, elle fronça les sourcils, mais ne dit rien à son père qui était déjà en train de pester contre le réseau. Elle ne dit rien, ferma sa porte, prit sa veste lancée par son père et puis mit son sac sur son dos. Caïn n'avait pas l'air heureux d'être là, et elle trouvait ça dommage elle aurait aimé qu'il s'extasie, même si au milieu des bois, ça n'était pas du tout envisageable. Lorsque son père reprit la parole, Murphy rigola et elle ne pu s'empêcher de dire « bon aller l'ancien, suis-moi » en rigolant. Elle avança vers l'entrée du bâtiment, une sorte d'accueil géant. Dès l'entrée, on pouvait voir un panneau avec les indications à propos des nuisibles que l'on pouvait rencontrer en ces terres. Murphy sourit à ce panneau qui n'était pas du tout accueillant et se dirigea vers l'accueil « Bonjour, j'ai fait une réservation au nom de Gallagher s'il vous plaît » ne perdant pas de temps avec la fille assise face à elle. La jeune femme lui confirma sa demande et lui donna un trousseau de clefs en lui disant « en sortant, vous prenez le sentier jaune, et ça sera la cabane au bout de votre chemin » sourit-elle. Murphy la remercia et se tourna vers son père « aller, let's go ! » avant de ressortir du bâtiment. N'expliquant pas vraiment à son père pourquoi il fallait ressortir, elle préférait qu'il ait la surprise de la cabane. Après une petite randonnée de dix minutes dans la forêt, sans croiser rien ni personne, les Gallagher tombèrent sur leur cabane. Une cabane gigantesque, semblable à un chalet, qui se trouvait au milieu des bois. La jeune femme sourit à ce spectacle, en plus la nuit tombait lentement, c'était magnifique. Murphy se tourna vers son père, elle savait très bien qu'il n'aimerait pas, mais elle avait prit la meilleure cabane pour qu'il ait un peu de confort quand même et puis, ça lui faisait tellement plaisir à elle, elle voulait vraiment qu'il se sente bien ici. « Tu trouves ça joli, hein ? » demanda t-elle comme une enfant. La gamine se mit à courir vers la cabane, sautant les marches pour venir ouvrir la maison. La porte grinça et... la vision s'ouvrit sur l'intérieur. Il y avait tout le confort d'une maison : canapé, cheminée, meubles et tête d'animaux empaillés, une cuisine équipée, des tapis et des toiles aux murs... c'était une vraie cabane quoi. Murphy posa son sac dans l'entrée et commença à observer la maison, avant de grimper à l'étage pour aller voir les chambres. Heu... « papa ? » appela t-elle en ayant déjà peur de sa réaction. Elle entendit les pas de son père derrière elle et lorsqu'elle tourna la tête et qu'elle vit son visage -et il constatait la même chose qu'elle- la jeune femme lui demanda « je te jure que j'pensais avoir pris deux chambres ! » s'excusa t-elle tout de suite. Et elle était prête à regarder sur ses billets de réservation pour confirmer ça. Elle était vraiment sûre d'avoir prit une cabane avec deux chambres. Et là, il n'y en avait qu'une. Et son père n'allait pas kiffer du tout. Alors elle s'empressa de dire « mais c'est pas grave ! Tu vas prendre la chambre et moi, moi j'dormirai sur le canapé, il... il a l'air vraiment trop cool et puis en plus, j'aurai la cheminée et tout » lança t-elle en descendant déjà dans le salon pour tester le canapé « tu vois ? Il est super ! » et bien évidemment qu'elle prendrait le canapé, et il était hors de question que son père dorme tout le séjour sur le canapé alors qu'il était là pour bosser. Il devait être en forme, et puis elle, elle était jeune, ça lui allait de dormir là-dessus et au fond d'elle, elle trouvait ça rigolo même. Elle sourit en pinçant ses lèvres voyant bien que son père ne kiffait pas vraiment l'endroit. Une mine un peu triste, jouant avec ses doigts, elle lança tout bas « t'aimes pas ? »

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Mar 3 Juil - 22:25

Drôle d'endroit pour un hôtel... Le bâtiment semblait un peu petit pour accueillir des touristes ou des hippies en mal de communication avec Dieu seul savait quels extra-terrestes ! Caïn se doutait qu'il y avait un loup, et pas que dans la forêt. Il la sentait mal, cette affaire ! Déjà, une réception isolée du reste de l'hébergement, ça sentait le roussi. Gallagher suivit sa fille, sans rien dire, le front plissé, signe qu'il était quelque peu contrarié. La route fut longue, entre l'accueil et... la cabane. Pouvait-on plus paumé ? A un moment, il s'éclaircit la gorge pour prendre la parole, mais ils arrivèrent devant le chalet. De l'extérieur, il fallait l'admettre, c'était magnifique ! Le bâtiment dégageait un certain charme et même le trader fut forcé de reconnaitre que ça valait le coup d'oeil. Mais de là à y dormir ? Il se contenta de hocher la tête quand elle lui demanda s'il trouvait ça joli. Oui, faut pas se mentir, c'était beau. Il aurait tenté de lui dire, d'un ton grincheux qu'ils allaient pas dormir devant mais dedans et qu'il y avait intérêt à ce que l'intérieur soit aussi beau que l'extérieur. Il se ravisa. Ca ne servirait à rien de se montrer désagréable et de pinailler. Tant qu'il trouvait un fauteuil au bout, sur lequel poser ses fesses, il ferait mine que ça irait. Murphy ouvrit la porte et il la laissa faire un repérage des lieux. Il posa les sacs à côté des autres et ferma la porte en bois, qui grinça légèrement. Il jeta un coup d'oeil alentour. Bon... c'était rustique. On était loin du confort de sa villa. Mais au moins, c'était joli, surtout les têtes d'animaux accrochées aux murs. Caïn adorait la chasse et qu'on exhibe des trophées, ça faisait gagner des points.

La suite, par contre, lui plut beaucoup moins... Quand Murphy l'appela, il la rejoignit, pour constater qu'il n'y avait qu'une seule chambre. Comment un machin aussi gros ne pouvait contenir qu'une pièce où dormir ??? Voilà un truc qui le dépassait. Et d'entendre sa fille relativiser et évoquer le fait qu'elle dormirait sur le canapé l'agaça copieusement. Il secoua négativement la tête, sans rien dire, le visage fermé. Jamais il n'avait fait dormir sa fille ailleurs que dans un lit. Il était absolument hors de question que ça commence aujourd'hui ! Il eut envie de lui demander combien elle avait payé pour cette fumisterie, mais il s'abstint et prit sur lui. Deux jours... dans deux jours il rentrerait chez lui, avec son luxe et sa villa splendide. Il se résigna à prendre son mal en patience. Un peu tard, car Murphy sembla détecter le fait qu'il n'était pas hyper emballé par les lieux. En même temps, était-elle vraiment surprise ? Elle savait qu'il détestait la campagne. Caïn était un homme de ville, dans ce qu'il y avait de plus détestable d'ailleurs. La nature, l'exotisme, très peu pour lui. Il répondit, d'un ton neutre :

- C'est beau, oui. Je trouve juste scandaleux qu'il n'y ait pas deux chambres. J'en toucherai deux mots plus tard à la "bridée" de la réception. Ici, on est pas en Chine, on entasse pas les gens les uns sur les autres...

Il n'avait pas échappé à Caïn que l'hôtesse d'accueil avait les yeux bridés. Cela suffisait pour qu'il la classe dans le rang des chinoises et qu'il fasse une remarque un tantinet raciste. C'était gratuit, mais en même temps, mieux valait que ça soit elle qui prenne plutôt que Murphy. Caïn ajouta, fermement :

- Il n'est pas question que tu dormes sur le canapé. Il n'en a jamais été question à la maison, alors ici, encore moins. Tu prends la chambre et puis tiens, pour la peine, je te laisse monter tes sacs, ça t'apprendra à me traiter d'ancien !

Il lui fit un léger sourire et sortit son téléphone portable. Toujours pas de réseau... et pas de wifi non plus... Il regarderait ça plus tard. Pour le moment il se sentait un peu crade, même s'il n'avait pas transpiré des masses. Le fait d'avoir été dans la nature lui laissait comme une sensation de souillure. Il récupéra son sac et en sortit une serviette, sa trousse de toilette et des vêtements propres.

- Bon, du temps que tu remplis ton dressing, je vais prendre une bonne douche. Si tu as l'occasion de voir si par le plus pur des hasards, il y a quelque chose à bouffer dans la cuisine, ça serait bien. Mais je suis persuadé qu'on va être invité à faire à l'ancienne, c'est à dire à aller chasser dans la forêt pour bouffer.

Il entra dans la salle de bains, un peu petite, dans laquelle se trouvait une douche un peu à l'ancienne, avec un bac en bois. Il se déshabilla, fit couler l'eau pour qu'elle monte en température et entra pour se laver. Alors qu'il était couvert de savon, l'eau devint subitement glacée.

- PUTAIN DE BORDEL DE MERDE !!! C'est gelé !!! Y'a plus d'eau chaude !

Nul doute que Murphy avait probablement entendu le hurlement, même de l'extérieur. Caïn vociféra un chapelet d'injures dont on va s'éviter la lecture. Il coupa l'eau et sortit du bac, furieux. Sauf que savon et parquet en bois donnent... une bonne glissade. Il tomba lourdement sur le sol, ce qui, là, à cet instant précis, était bel et bien la pire chose qui pouvait arriver... Il attrapa la serviette au cas où Murphy entre.

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○ métier : Etudie l'anthropologie et le cinéma à l'université. Travaille quelques soirs par semaine dans la boutique d'antiquité de Juliet Callahan.
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○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Mer 4 Juil - 16:19

Son père trouvait ça beau, mais Murphy sentait bien que quelque chose au fond le dérangeait sincèrement. Elle savait qu'il n'aimait pas la campagne, qu'il aimait le confort et même au delà de celui-ci, le luxe. Caïn aimait l'argent et tout ce qu'il pouvait s'offrir avec cela. Ici, il n'y avait pas cette notion de confort, ni de luxe. C'était autre chose. Les gens venaient dans cet endroit pour autre chose, et ce petit truc là, avait fait kiffer Murphy lors de sa réservation, mais maintenant que son père semblait si allergique à tout cela, ça semblait beaucoup moins chouette. Son père lui avait interdit de dormir sur le canapé, mais pour elle, c'était plus logique. C'était elle qui l'avait traîné ici, c'était elle qui avait réservé et c'était elle qui était la plus jeune. Elle n'avait rien d'autre à faire que de profiter de ses vacances, alors autant que son père profite du peu de confort pour obtenir ce qu'il était venu chercher ici professionnellement ? Il lui colla les sacs dans les bras sans vraiment lui laisser le choix. Murphy le regarda s'approcher du canapé et ça lui fit franchement de la peine. Les vacances commençaient mal et pourtant, son père réagissait bien. Il ne gueulait pas, enfin pas encore énormément du moins. La jeune femme grimpa les marches pour rejoindre la chambre, avec les sacs sur elle et une fois en haut, elle les fit tomber lourdement. La chambre sentait un peu le moisi, il fallait bien l'admettre. Le lit n,'était pas tout petit, mais pas non plus très grand. A moins que ça soit l'oreiller qui soit énorme. La couverture tressée semblait venir d'une autre époque. Murphy s'approcha de la fenêtre, il y avait une jolie vue sur la forêt et les roches qui surplombaient cet endroit. Elle soupira. Son père lui parla d'en bas, elle pinça ses lèvres, embêtée pour lui. Si ça continuait comme ça, il allait vraiment péter un plomb et prendre ses clics et ses clacs pour se barrer d'ici. Son père lui signala qu'il allait prendre une douche. Elle répondit de sa chambre « d'accord ! » avant que lorsqu'il fut dans la pièce d'eau, elle descende à la cuisine. Ouvrant les placards, elle trouva tout le matériel pour cuisiner, ce qui était une bonne nouvelle. Et elle avait demandé à ce qu'on lui fasse des courses, au moins le minimum, pour ne pas à avoir à se coltiner ça pendant leurs vacances. Ca au moins, ils n'avaient pas merdé. Il y avait de tout, enfin, de ce que Murphy avait demandé sur la liste. Elle sourit, elle se dit que si elle se mettait à cuisiner quelque chose pour son père, il allait être content ? La jeune femme vit quelques légumes dans le bac à légumes, et puis un beau morceau de viande. Elle se dit que ça ferait plaisir à son père de manger une bonne viande bien saignante. Elle la sortit du frigo, ainsi que les légumes. Elle chercha une passoire pour les laver à l'eau et lorsqu'elle les passa sous le jet, un terrible cri se fit entendre. Enfin un cri.. non. Son père qui hurlait en gueulant. Elle s'arrêta sur place, grimaça et éteignit le robinet de la cuisine. En quelques secondes, un énorme bruit sourd se fit entendre. Murphy lâcha la passoire et commença à dire « papa ? Ça va ? » avant de s'approcher de la salle de bain. Elle toqua à la porte sans y entrer, cherchant à se rassurer. « Papa ? » elle toqua à nouveau pour se faire bien entendre. Poussant la porte doucement, au cas où son père serait dans un sale état, ou qu'il chercherait à bondir sur la porte pour la maintenir fermée, elle découvrit son père allongé sur le sol, trempé et plein de savon, en train de pester. Il avait du se faire mal à glisser dans une si petite pièce. « Tu t'es vautré ? » demanda t-elle pour être sûr. Est-ce qu'il devenir si vieux que ça, ou bien est-ce que lorsqu'elle avait tiré l'eau dans la cuisine, ça lui avait coupé son eau à lui ? Probablement. Murphy ne pu s'empêcher de rire et lança « c'est de ma faute, j'ai utilisé le robinet de la cuisine » rigola t-elle avant de dire « tu t'es fait mal ? » sans avancer pour l'aider, elle connaissait son père il avait bien trop de fierté pour se laisser remettre sur pieds comme ça. « L'eau chaude va être revenue, je te laisse finir » avant de refermer la porte en se retenant de rire. C'était drôle, enfin... ça aurait pu être grave, mais son père ne semblait pas s'être blessé. La jeune femme retourna à la cuisine et s'empressa de sortir tout ce dont elle avait besoin. Poêle, casserole, oignons, huile et quelques petites choses. La jeune femme se mit à couper son oignons, laissant sa casserole bouillir d'eau. Dans sa poêle, elle mit d'abord son oignons, le laissant revenir, avant de se mettre à couper quelques morceaux de légumes très petits, pour les ajouter dedans. Elle en plaça d'autre dans la casserole avant de sortir une nouvelle poêle pour faire cuire sa viande. Bientôt, son père arriva dans la cuisine. Il n'était pas spécialement aux anges et elle pouvait le comprendre. Essayant d'être positive, la jeune femme lança, assez fière d'elle « je te fais à manger, histoire que ta journée ne soit pas complètement pourrie... » lançant un regard en sa direction. Elle pinça ses lèvres, elle s'en voulait. Son père n'aimait pas la campagne, elle avait quand même décidé de louer cet endroit, égoïstement... et son père passait un mauvais moment. Elle, elle avait juste voulu qu'ils passent quelques jours loin de tout, juste tous les deux, loin de la technologie, du travail, de la fac, du stress, des emmerdes. Murphy se râcla un peu la gorge et puis lança « j'vais bien m'occuper de toi, tu vas voir » elle lâcha ses fourneaux pour aller vers le frigo, elle en sortit une bière bien fraîche qu'elle décapsula pour son père « j'ai vu que dehors il y avait des transat et une belle vue, tu peux aller te reposer pendant que je cuisine ? » proposa t-elle en voulant vraiment qu'il se détende. Elle voulait vraiment s'occuper de tout ce soir. Bon, la nature, elle savait bien que son père allait kiffer mais pas trop. Murphy avait accusé de coup. Elle aurait voulu s'en passer et ne pas lui donner, mais apparemment, ça allait lui faire plaisir. Avant qu'il ne parte, elle lui lança « j'ai un truc pour toi » avant d'aller fouiner dans son sac de la fac. Cherchant quelque chose, elle fini par lui donner une sorte de clef usb « j'ai un ami à la fac qui m'a donné ça pour toi, normalement tu la branches sur ton ordi et tu peux avoir le wifi partout, même ici » sourit-elle en lui donnant. Elle espérait que ce petit truc allait lui faire plaisir, elle qui n'utilisait ni téléphone portable ni réseaux sociaux, ni rien d'autre... elle espérait que son père serait content de pouvoir être relié à la civilisation. Le laissant partir de son côté, elle retourna en cuisine. Ca allait bientôt être prêt, si bien qu'elle commença à rassembler ce qu'il fallait pour mettre une belle table dehors. Là où son père se trouvait, il y avait une énorme table en bois, la jeune femme y dressa la table, tout en laissant son père faire ce qu'il faisait. Elle découpa du pain, sortit des verres à vin et puis quand tout allait être prêt elle lui lança « ça va être prêt à manger, installe toi, j'arrive ! » Murphy ne faisait jamais la cuisine à la maison. Non seulement parce qu'elle n'aimait pas cuisiner, mais aussi parce qu'elle était nulle et surtout, parce qu'elle avait eu pendant longtemps peur de la cuisine, notamment à cause de ses troubles alimentaires. La jeune femme avait déposé la viande au centre d'un grand plat, avec les légumes tout autour, elle était assez fière d'elle et elle espérait que ça soit bon. Elle traversa la maison pour apporter le repas dehors « tadaaaaam » sourit-elle, comme une enfant. Attendant la réaction de son père, elle commença à le servir avant de se servir elle-même. S'asseyant sur le banc en bois autour de la table, elle regarda son assiette et lança « bon et bien bon appétit ! » d'un air très enthousiaste.

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Jeu 5 Juil - 22:31

- Vautré moi ? Non. Je me suis dit que j'allais profiter du fait que j'étais plein de savon pour servir de putain de serpillère histoire de nettoyer cette saloperie de sol en bois !

Il avait répondit d'un ton cassant et exaspéré. On sentait qu'il était extrêmement tendu. Et le rire de sa fille n'arrangea pas la situation. Il la fusilla du regard et s'il avait pu, psychologiquement, lui en coller une, il l'aurait fait. Caïn cherchait à se relever sans glisser ce qui ne fut pas évident, encore moins quand on essayait de maintenir une serviette autour de sa taille, avec son autre main. De tout temps, Gallagher avait imposé une forme de pudeur à la maison. Murphy ne l'avait jamais vu nu et vice-versa. Cela ne se faisait pas, pas chez lui, quand bien même ils étaient en famille. Il se serait donc gauffré une deuxième fois, volontiers, juste pour préserver son intimité. Un proverbe disait qu'une faute avouée était à moitié pardonnée. La jeune femme lui donna la raison de cette coupure d'eau chaude inoppinée. Elle avait tiré de l'eau dans la cuisine. Caïn s'était remis sur ses pieds, tant bien que mal. Il serra les mâchoires pour ne pas hurler, surtout quand elle se fendit la poire. Il ne comprenait pas ce qu'il y avait de drôle ! Il aurait pu se tuer ! Et alors le pompon, c'est quand elle lui demanda s'il s'était fait mal. Vexé, Caïn répliqua, dans un grognement d'ours mal léché :

- Non, ça va.


Mais dès qu'elle eut fermé la porte, il grimaça en se tenant le bras. Il observa sa peau, rougie par le choc mais sans écorchure. Il lâcha un chapelet d'injures et de gros mots qui auraient eu de quoi effrayer le diable lui-même. Prudemment, il s'essuya sans se rincer. Pas question de remettre les pieds dans ce putain de bac à douche... pas maintenant, pas de sitôt ! Il était tellement irrité, qu'il frotta, accentuant les marques. Il enfila ses affaires propres, un pantalon et une chemise. Même s'ils étaient en vacances, Caïn n'avait pris que des vêtements d'affaire, le reste il avait transpiré dedans, il était absolument hors de question qu'il les reporte. Il sortit de la salle de bains, ses cheveux courts encore mouillés et en bataille sur son crâne. Cela sentait bon, il fallait bien l'admettre. Carnivore invétéré, il reconnut l'odeur de la viande de l'étage. Il descendit les escaliers et s'approcha de Murphy pour superviser son travail. Elle se débrouillait comme un chef. C'était bluffant ! Elle avait amélioré ses compétences en cuisine en un rien de temps ! Il tirait toujours la gueule, c'était trop tôt pour qu'il lui dise merci. Et quand elle lui dit qu'elle allait bien s'occuper de lui, il ne put s'empêcher de dire d'un ton sarcastique et rancunier :

- Oh oui ! Après m'avoir coupé l'eau chaude et t'être copieusement foutu de ma gueule, putain de Dieu, j'ai hâte de voir la suite !

Il prit la bière, sans sourire. Elle le connaissait, mieux valait le brosser dans le sens du poil quand il était comme ça. Et ne pas répondre à ses piques. Caïn avait un caractère de merde légendaire. Keny s'en était arraché les cheveux tant de fois déjà ! Il asséna, quand elle lui proposa d'aller dehors :

- Bonne idée, au moins les transats et la belle vue vont pas ricaner, eux.


Mais au moment où il allait sortir, Murphy sortit son joker, celui qui allait effacer l'ardoise et plus vite que prévu. Une clé wifi. Le visage de Caïn reprit vie, il lui arracha presque le précieux sésame des mains et s'empressa de récupérer son ordinateur. Il sortit à l'extérieur avec tout son matériel et s'installa sur un transat. Il alluma son ordinateur brancha la clé et attendit quelques minutes avant de dire :

- Bordel ! ENFIN ! LA CI-VI-LI-SA-TION !!!

Aussitôt connecté à Internet, il se rendit sur le site de la bourse et commença à tout analyser. Pendant dix bonnes minutes, il se coupa littéralement du monde. Il se mit à noter les chiffres sur ses petits papiers, à un moment il sortit une calculatrice, puis se replongea dans les courbes. Intuitivement, il passa ses ordres, vendant, achetant, là où son flair le guidait. Un flair infaillible, jusqu'à présent. Il enchaina avec l'actualité, marmonnant des propos incompréhensibles, seul dans son coin. Lorsque Murphy l'interpela pour lui dire qu'ils allaient manger, il venait de terminer ce qu'il avait à faire. Il s'installa à table et reçu un SMS de Keny. Celui-ci lui demandait si tout allait bien et lui disait qu'il lui manquait. Caïn lui répondrait plus tard, sa fille arriva avec ce qu'elle venait de préparer. Il remarqua alors qu'elle avait dressé la table comme une pro, tout était impeccable, même la disposition des couverts. Et là dessus, Gallagher pouvait se montrer particulièrement casse-couilles ! Pour appâter le lion grincheux qu'il était, rien de tel qu'un bon morceau de viande bien présenté et bien préparé. Murphy avait fait mouche. Et son père lui répondit enfin sur un ton normal. La vexation était terminée, oubliée.

- Merci ! Toi aussi ! C'est superbe ! Tu t'es littéralement démenée !

Il coupa un morceau de sa viande, saignante, comme il l'aimait. Il la porta à sa bouche et à la tête qu'il fit, on sentait qu'il l'appréciait.

- Bon sang... la cuisson est juste parfaite... et le morceau est tendre, comme il faut ! Tu m'avais caché ces talents de cuistot ! Rien que pour ça, ce chalet valait le coup !

Il ne fit pas de sentiment. Son morceau de viande y passa en quelques minutes. Il s'en resservit un deuxième de la même taille, picorant des légumes par ci par là. Le cadre était idéal pour qu'ils parlent de quelque chose qui tenait à coeur de Caïn. Il ajouta, l'air de rien :

- J'ai reçu un SMS de Keny, qui me demandait si tout se passait bien. Il est persuadé que je vais rentrer avec un bonnet en raton laveur. Mais je n'ai pas de fusil, ça va être difficile d'aller chasser.

Et de toute façon, il était peu probable qu'il en est le temps. Il marqua une petite pause, avant de continuer :

- En ce moment, son boulot ne marche pas aussi bien que prévu... il a beaucoup de difficultés et ça le met dans l'embarras, financièrement. Du coup, pour l'aider, je lui ai proposé d'emménager à la maison, le temps qu'il se refasse, tu vois ? Et qu'il puisse partir sur de bonnes bases pour la suite. Qu'est-ce que tu en penses ? Si cela t'ennuies, je comprendrais. Par contre, si tu es d'accord, je préfère te prévenir, il n'est pas question que tu passes tes soirées à zoner avec lui devant la télé. Tu as tes études à privilégier !

Dans sa tête c'était clair. La présence de Keny ne devait pas impacter sur la réussite de sa fille et il voulait plus que tout le lui rappeler. Il attendait de voir sa réaction. Savait-elle ce qu'il se passait entre eux ? Il la scrutait, d'un air un peu trop inquisiteur pour que ça ne soit pas gênant. Il paraissait calme, mais son coeur battait à tout rompre et prêt à exploser. Murphy ne s'en rendait pas compte mais sa réaction, sa réponse, allaient être très importantes pour son père, qui se lançait dans une route sans lumière pour le guider.

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○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Jeu 5 Juil - 23:01

Son père avait l'air d'apprécier le repas et de s'être calmé. La clef wifi avait du faire mouche, Murphy avait prévu le coup. Quelques jours dans la campagne étaient déjà une épreuve pour son père, mais si en plus de ça, il n'y avait pas de réseau ni d'internet... il aurait fini par mourir en pleurant dans son lit. Donc oui, elle avait prévu ce petit cadeau mais n'avait pas du tout prévu de sortir sa carte magique aussi tôt. De ce fait, elle espérait sincèrement que la suite du séjour se passe bien, parce que sinon, elle n'avait plus de carte à sortir de ses poches. Durant le dîner, que son père dévorait littéralement comme un ogre, il évoqua avec elle un sujet semble t-il, important. Murphy l'écouta avec attention alors qu'elle reprenait quelques légumes. Son père lui expliquait que Keny allait emménager chez eux. Etonnée, la jeune femme ouvrit grand ses sourcils et fini par pouffer de rire. Elle imaginait déjà les soirées avec le meilleur ami de son père, devant la télé. Mais très vite, son père la rappela à l'ordre et tua ses idées dans l'oeuf. Elle ferma les yeux en haussant les épaules et répondit enfin « ça nous fera de la compagnie, et puis Keny est cool » avoua t-elle. Depuis que Murphy avait connu son père, elle avait très vite fait la connaissance de son meilleur ami. Un grand blond fortement sympathique. Keny avait toujours le mot doux pour apaiser les tensions, un geste bienveillant ou bien encore, une petite blague quand il le fallait. A plusieurs reprises, elle avait fait appel à lui quand son père n'était pas dispo. Que ça soit pour venir la chercher parce que son père avait eu un empêchement -et ce n'était arrivé qu'une fois, parce que son père s'était détesté de ça, ou bien encore quand il y avait eu l'agression sur le campus. Keny avait été là, avant tout le monde, et sa présence lui avait fait du bien. Néanmoins, le meilleur ami de son père était au courant des joints qu'elle avait eu à un moment. Il n'avait apparemment rien dit à son père, parce que sinon Murphy ne serait plus là pour en témoigner, mais la jeune femme se sentait redevable envers lui. Elle avait peur qu'il vende la mèche, aussi, ou qu'il y aille de ses conseils de vie. Murphy n'avait qu'un père. Keny, c'était le tonton cool mais qui n'a pas son mot à dire, et pour la jeune femme, elle espérait que ça continuerait ainsi. « Tant qu'il ne me donne pas d'ordre, moi j'm'en fous » avoua t-elle mi sérieuse, mi blagueuse. Picorant dans son assiette, la jeune femme était songeuse. D'ici quelques semaines, elle allait devoir rendre ses travaux pour valider son année. Il y avait les examens écrits, bien sûr, mais il y avait aussi un projet qu'elle devait réaliser pour son cours de cinéma et pour l'heure... elle n'était pas bien inspirée. La jeune femme repensait à cette histoire avec Lily et son départ précipité. Elles n'avaient pas pu se revoir, trop honteuse, elle n'avait pas laissé Lily revenir vers elle. Sa meilleure amie était partie, Murphy pensait que c'était pour les vacances sauf que non. Lily ne reviendrait pas. La jeune blondinette soupira, laissant les pics de sa fourchette jouer sur la peau croquante des légumes. « J'vais passer beaucoup de temps à la maison de toutes façons » avoua t-elle comme une plainte. La maison était cool, mais toute seule... les journées étaient parfois longues. Son père bossait beaucoup... c'était pas toujours très facile. Mais si Keny était là, ça lui ferait du bien, d'avoir une présence dans cette maison « faut que je révise et puis... Lily est partie maintenant ». Sa voix s'était éteinte. Depuis leur dispute, enfin... leur baiser, la jeune femme avait juste dit à son père qu'elle ne voulait plus voir Lily. A de nombreuses reprises, Caïn avait du mentir envers la jolie blonde Pemmerton, pour cacher la présence de sa fille. Il n'avait pas vraiment posé de questions, et elle ne lui avait jamais vraiment raconté ce qu'il s'était passé. Parce que la conversation qu'ils avaient eu l'avait refroidit. Mais durant le trajet son père avait ajouté quelque chose. Quelque chose qui mettait Murphy sous de meilleures conditions pour lui parler « papa ? » lança t-elle en levant les yeux vers lui pour capter son attention. « Y'a un truc que j'aimerai bien te dire mais j'ai un peu peur de ta réaction... » commença t-elle en posant sa fourchette pour joindre ses mains ensemble sur ses cuisses, laissant le haut de son corps se retenir par la table. « Tu sais que Lily et moi on s'est fâchées... je t'ai demandé de mentir, je sortais plus, je n'allais plus chez elle, et elle ne venait plus non plus... » elle balaya la table des yeux et sentit son cœur battre fort dans sa poitrine. Elle voulait reculer, ne pas lui dire, mentir et raconter autre chose. Se défiler. Elle avait tellement peur qu'il la rejette, qu'il ne l'aime plus, qu'il lui demande de quitter la maison. Et s'il faisait ça, et que Keny ne vivait plus en dehors, comment ferait-elle ? Elle déglutit et reprit, la voix peu assurée « à la soirée où l'on a été, tu te souviens ? » demanda t-elle alors. « En fait... j'ai beaucoup bu » elle releva les yeux et lança « oui je sais ce n'est pas bien » à toute vitesse avant d'humidifier ses lèvres et de reprendre plus calme « et... je l'ai embrassé » avoua t-elle pleine de honte, dans un murmure à peine audible. Elle baissa imédiatement la tête, et donc les yeux, comme pour se cacher, comme si elle avait fait une bêtise. Elle attendait que son père réagisse, mais elle avait trop peur de relever la tête pour l'affronter. Il devait être dégoûté par elle, elle devait le répugner. Elle déglutit difficilement cette fois et reprit la voix tremblante « je... je voulais voir si... parce qu'on était très proches et que j'ai cru que... » elle soupira et lança « mais en fait non » comme si cela pouvait le rassurer. Elle releva le visage vers son père et lança timidement « j'voulais pas te le dire parce que... » elle haussa les épaules « j'avais peur que tu m'aimes plus » comme une enfant. Elle fini par se sentir soulagée, même si à présent la peur contrôlait tout son corps. « Maintenant elle est partie... j'ai même pas pu lui dire au revoir... » et pour elle, c'était un vrai regret. Elles avaient été très proches pendant de longs mois, elle avait été sa seule amie, sa confidente, elles avaient tellement partagées de choses ensemble... Murphy se sentait presque abandonnée et surtout, coupable de n'avoir pas su profiter d'elle pendant qu'elle était là. Encore une fois un être proche l'abandonnait. Oui, elle était encore en vie, mais elle était repartie en Angleterre maintenant. La jeune femme soupira, comme si sa malédiction avait encore sonnée. Une de plus. Ou plutôt, une de moins. A qui le tour ?

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Sam 7 Juil - 0:09

Il avait été facile de dire dans la voiture que si Murphy aimait les filles, il s'en moquait mais vivre comme ça en direct son coming-out... Il se rendit subitement compte qu'il n'y était pas préparé du tout. Il fronça les sourcils, son visage se ferma, une ombre passa dans ses yeux... Il avait arrêté de manger et son regard restait focalisé sur sa fille, comme si à tout moment, il allait lui sauter dessus pour s'énerver et lui en coller une. En réalité des émotions contradictoires le traversaient. Il encaissa jusqu'à ce que le silence s'installe. Et il se plongea dans le tumulte de ses pensées. Un véritable cyclone. Murphy avait donc bel et bien une attirance pour les filles, pour cette Lily plus précisément. Aussitôt qu'il le constata, les paroles terribles de sa mère lui revinrent en tête, à propos des homosexuels et des enfants. La grand-mère Gallagher n'avait de cesse de répéter que les "pédés" n'avait pas le droit d'avoir d'enfant car s'ils en avaient ce serait pour les rendre aussi malades, mentalement qu'eux. Et Caïn se sentit forcément coupable, même si c'était complètement irrationnel. Il joignit ses poings et les mit sur sa bouche. Cela annonçait une tempête... une grosse tempête... Il prit une profonde inspiration et se dit qu'avant de commencer par des reproches, il devait essayer de ne pas perdre pied et se maîtriser. Il répondit donc, d'un ton étonnamment calme :

- Je ne sais pas quoi te dire... et en même temps, je pense que ça n'est pas plus mal, parce que je ne voudrais pas te blesser. Je ne sais pas par où commencer. Ta grand-mère doit se retourner mille fois dans sa tombe, mais j'accepte... tu as embrassé une fille, tu éprouves des sentiments pour elle... ok ! Je veux dire, que ce que je t'ai dit dans la voiture tout à l'heure, je le pensais. J'aurais aimé que tu sois heureuse... et je suis sincèrement désolé que tu n'aies pas pu l'être par ma faute. Car c'est bien de ça qu'il s'agit, j'ai dit des choses, que je ne pensais pas... enfin si, sur le moment je les ai pensées... c'est compliqué à expliquer... mais si je n'avais pas réagi comme ça le soir de ton anniversaire, rien de tout ça ne serait arrivé, nous en aurions au moins discuté et j'aurais essayé de t'aider.

Il posa sa main sur son épaule, pour essayer de la réconforter. Il ajouta :

- Si tu veux, nous irons en Angleterre, lui rendre visite. J'y ai des clients qui optimisent leur argent dans la banque, pour ne pas payer d'impôts là-bas. Ce sera l'occasion de les rencontrer pour moi et pour toi, tu auras l'opportunité de lui reparler.

Il se garda bien d'expliquer qu'il mettrait un détective privé à ses basques pour la traquer et la retrouver. Ce serait vendre la mèche au sujet de Laszlo, du temps où il était encore vivant et où Caïn cherchait à trouver la moindre petite faille pour obtenir la garde exclusive de sa fille. Là-dessus, Galagher avait eu raison de suivre son instinct. Laszlo avait été une belle pourriture... et le détective un incapable, d'ailleurs. Il règlerait ça plus tard, de toute façon il n'avait pas l'intention de dire quoique ce soit sur le sujet à sa fille. Pas tout de suite. Il ne voulait pas lui briser le coeur encore une fois. Il retira la main de son épaule et reprit, la voix, beaucoup plus dure et impitoyable.

- Mais, en attendant... tu es privée de sortie jusqu'à nouvel ordre. Oh et ne me regarde pas comme ça, tu devrais t'estimer heureuse que je ne te prive pas d'autre chose ! Ca t'apprendra à te bourrer la gueule ! Et CHUT, pas un mot... parce que je t'assures que je me contiens pour ne pas exploser tellement je suis furieux d'apprendre que tu n'es pas responsable et que tu ne sais pas te maîtriser ! Je tâche de ne pas gâcher le moment, parce que si je le fais, on a beau être dans le trou du cul du monde, on va m'attendre depuis Wellington... Je ne t'ai peut-être pas appris quand chose, bien que j'ai fait ce que j'ai pu, mais ta mère n'aurait jamais accepté que tu rentres à la maison complètement torchée ! Et ne me sors pas le coup que tu es majeure, surtout pas. Parce que le droit de boire de l'alcool te donne la responsabilité de ne JAMAIS en abuser. Et tant que tu vivras sous mon toit et tu te comporteras comme une gamine immature, tu obéiras à mes règles. C'est clair ?

Le sermon avait été si violent et le regard de Caïn si dur, qu'il était difficile de croire qu'il avait parlé calmement de son coming-out. Il ne lui en voulait pas pour ça, mais bien pour son état d'ébriété. C'était la première fois, dans la vie de Murphy, que son père se montrait aussi sévère avec elle et qu'il la punissait. Il avait toujours tout laissé passer : les insultes, les remarques désobligeantes, les excentricités. Mais là, sa fille venait de franchir une ligne rouge et il ne pouvait pas laisser passer ça.

- Tu l'aimes vraiment ? Lily ?

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○ métier : Etudie l'anthropologie et le cinéma à l'université. Travaille quelques soirs par semaine dans la boutique d'antiquité de Juliet Callahan.
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○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
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j'crois qu'on est enfin prêts à s'aimer sans conditions

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MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Sam 7 Juil - 20:06

Le visage de son père se ferma d'un coup. Son regard était sombre, ses traits étaient tirés. Il écoutait sa fille, mais il bloquait. Il devait être sous le choc, ce que Murphy imaginait bien. Surtout qu'il n'y a pas si longtemps, il avait un avis très tranché sur le sujet. Murphy croisa son regard et immédiatement, elle se sentit coupable. Coupable d'avoir ressenti le besoin d'embrasser Lily, pour voir, pour savoir. Coupable d'avoir réellement hésité sur la question. Pourtant, Murphy était née dans une famille très ouverte d'esprit, absolument pas homophobe. Il n'y avait pas de couples hétérosexuels ou homosexuels, il n'y avait que des couples, que de l'amour. Mais son père était carrément homophobe, il n'y avait pas d'autres mots à ce propos. Quand il prit la parole, elle comprit tout de suite qu'elle l'avait déçu et qu'il la considérait comme une personne malade, une personne que l'on se doit d'aider, de sortir de son « problème ». Sincèrement, elle soupira. Ca ne servait à rien. Il était borné, il ne changerait pas d'avis, il ne serait pas ouvert sur ce sujet, elle avait commis une erreur oui, en voulant le mettre dans la confidence. Plus il parlait, plus Murphy se sentait mal, plus elle se sentait réellement malade. Est-ce qu'il avait raison ? Est-ce que quelque chose clochait chez elle ? Murphy avait juste voulu savoir, elle avait voulu savoir si c'était de l'admiration qu'elle éprouvait envers Lily, ou bien si c'était de l'amour. Ne connaissant pas l'amour, elle avait juste voulu savoir. Elle avait tout perdu en embrassant la jolie blonde : non seulement sa meilleure amie, mais aussi sa dignité -comme le laissait entendre son père- et puis le regard, l'amour et la confiance de son père. Génial. Murphy sentait son ventre et l'angoisse aussitôt revenir. Elle n'aurait pas du l'ouvrir, elle aurait du garder ce truc en elle, et le laisser mourir en elle, jusqu'à ce qu'il disparaisse. Mais non, il avait fallu qu'elle se confie à son père, mais comme à chaque fois, ça ne servait à rien. Pourquoi persister à le faire ? Lorsqu'il parla d'aller en Angleterre, et qu'il posa sa main sur son épaule, Murphy se sentait tellement mal et regrettait tellement lui avoir parlé qu'elle fit un non de la tête et se dégagea de dessous sa main, en jouant légèrement avec sa fourchette posée sur la table. Non, elle n'avait pas envie d'y aller. Comme le pensait son père, elle était folle, sûrement une montée de fièvre. C'était une erreur, ça ne se reproduirait plus jamais. Elle oublierait Lily et cette histoire, point. Il fini par retirer sa main, et son ton brisa le calme et la tranquillité du lieu. Caïn Gallagher, dans toute sa splendeur. Il était en train de la punir. Elle leva les yeux vers lui, la bouche entrouverte. Elle trouvait ça abusé. Il la punissait pour l'alcool, ou parce qu'elle avait embrassé Lily ? L'alcool n'était qu'un prétexte, elle le savait très bien. Il ne voulait pas que ça se reproduise. Putain, beh heureusement qu'elle lui avait rien dit pour les joints, mais l'envie de lui lancer ça dans les dents se fit ressentir. Elle avait le cœur qui battait à mille à l'heure. Elle était en colère, vexée, déçue, dégoûtée. Une douleur naquit en elle, lorsqu'il parla de sa mère. Elle ferma la bouche, serrant la mâchoire, essayant elle aussi de se contenir, de ne rien dire. Pourquoi est-ce qu'il faisait ça ? Pourquoi est-ce qu'il parlait de sa mère ? Murphy essayait vraiment de ne pas réagir, c'était ce qu'elle avait prévu de faire, c'était ce qu'il aurait fallu faire, mais là, c'en était trop. Il était en train de la traiter de gamine immature, était-il sérieux ? Elle avait le coeur au bord des larmes. C'en était trop. Vers qui se tourner dans ce trou à rat, alors qu'il n'y a rien, qu'il n'y a que lui, son bourreau ? Elle est à priori punie de sortie, alors que doit-elle faire ? Fermer sa gueule et dire merci ? C'était donc ça qu'il attendait ? Elle avait envie de lui jeter son assiette au visage, elle aurait eu envie de lui interdire de parler de sa mère, elle aurait eu envie de l'insulter d'homophobe et de gros connard républicain, elle aurait eu envie de lui dire qu'elle aurait préféré que ça soit lui plutôt que sa mère. Mais non, elle n'était qu'une gamine. Serrant les dents au point de se casser chacune de ses dents les unes contre les autres, elle ne dit pas un mot. Il prit la parole après l'avoir bien enfoncée au plus loin dans la honte et la culpabilité. Elle avait envie de rire à ce qu'il demandait. Quel gros con. Murphy lança simplement sans le regarder « qu'est-ce que j'y connais à l'amour ? J'suis qu'la gamine d'un homophobe moi », prenant alors ses couverts pour les mettre dans son assiette, elle quitta la table. Elle n'avait même pas envie de rester une minute de plus ici. Elle savait très bien qu'il allait gueuler, qu'il allait lui rajouter une sanction « et tu peux me rajouter autant de punition que tu veux, j'en ai rien à foutre ». Elle n'avait PLUS D'AMIS putain, c'était quoi qu'il ne comprenait pas dans ce cri du cœur qu'elle avait essayé de lui lancer ? Mais qu'est-ce qu'il était con putain. Une vraie brèle. La jeune femme essayait de garder le peu de dignité qu'il lui restait, mais c'était franchement dur. Dur de ne pas tout lui balancer dans la gueule à ce gros connard de merde. Elle quitta la table et alla dans la cuisine pour jeter ses restes et mettre son assiette dans le lave-vaisselle. Elle avait tout préparé, il allait ramasser, c'était pas sa bonniche. Elle qui avait voulu être gentille, putain... paye ta gentillesse. La jeune femme lança tout de même « moi qui pensais que l'honnêteté payait, j'te confierai plus rien, t'inquiète pas va » tout en grimpant à l'étage. Une fois dans sa chambre, elle prit ses affaires pour aller à son tour prendre une douche. Enfermée dans la salle de bain à double-tour, elle alla dans le bac à douche. Il pouvait bien lui couper l'eau chaude, elle s'en fichait, elle n'était pas comme lui. L'eau gelée elle s'en fichait elle. Se regardant dans la vitre et voyant à quel point elle lui ressemblait... ça la dégoûtait. Rageant, elle laissa l'eau couler sur elle, froide, presque tiède. Et sans qu'elle ne s'en rende compte, elle se mit à pleurer. Pleurer de tristesse, pleurer d'entendre des paroles pareils de la part de son propre père, pleurer de ce sentiment de culpabilité qu'il avait fait naître en elle, pleurer de honte, de regret, de colère surtout, de frustration aussi. De ne rien avoir pu lui dire, parce qu'il se fichait très bien de ce qu'elle pensait dans le fond. Elle qui voulait tout lui dire, ne rien lui cacher pour créer une vraie relation... super. Elle ne lui dirait plus rien. Il irait bien profondément se faire foutre ce gros connard putain. Elle ne voulait plus lui parler, et le séjour ne venait que de commencer... quelle loose. Terminant sa douche -froide- la gamine fini par enfiler son pyjama, ce qui voulait dire un short noir et un tee-shirt de l'université de sa maman. Laissant ses cheveux encore mouillés dans son dos, elle prit toutes ses affaires dans ses bras et grimpa de nouveau l'escalier pour aller dans sa chambre. Il était à peine vingt et une heure et elle allait déjà se coucher. L'enfer commençait. Ici ou chez eux, ça allait être la même chose. Et le pauvre Keny qui allait se retrouver là. Il allait prendre le parti de son père, comme d'habitude. Keny ne prenait jamais position quand les Gallagher s'énervaient, pourtant elle sentait qu'il était souvent de son côté. Elle voulait qu'il réveille son père, qu'il porte ses couilles quoi. Mais non, Keny, c'était pas son genre. Fermant sa porte derrière elle, elle étendit sa serviette dessous sa fenêtre, jeta ses fringues dans sa valise ouverte sur le sol et alla se poser sur son lit. Pas de télé, pas d'internet, pas de bouquin. Ah si, elle avait ses trucs de la fac du coup, dans son sac à dos. La gamine alla chercher les quelques livres qu'elle avait, assise en tailleur sur son lit, sentant la tristesse la submerger.

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