AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 ☼ Les Gallagher en vacances

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 35 ans
○ statut : Célibataire
○ métier : Trader
○ quartier : South Bay - #87
○ posts : 184 ○ points : 60
○ pseudo : Pierrot
○ avatar : Chris Hemsworth
○ inscrit le : 06/05/2017
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Dim 8 Juil - 0:13

En entendant le qualificatif d'homophobe, Caïn resta scotché. Il ne comprenait pas pourquoi elle lui disait ça... avait-il prononcé des mots inappropriés ? Il tenta de repasser le film dans sa tête pour détecter le moment où il avait merdé. Il acceptait la situation... à quoi s'attendait-elle ? A ce qu'il saute de joie et qu'il fasse la fête jusqu'au matin ? C'était trop lui en demander pour le moment. Il essayait de montrer une ouverture, une tolérance et quand il lui proposa d'aller en Angleterre, c'était absolument sincère. Il se tenait prêt à le faire pour elle si ça lui permettait d'aller mieux et d'avancer. Pourtant son offre fut balayée d'un revers de main. Tout le reste, il l'ignora. Il ne l'entendit même pas. Murphy venait de gagner par KO en se considérant comme la fille d'un homophobe. Si cela le heurtait autant, c'était sans doute parce qu'il y avait une part de vérité là-dedans, mais aussi et surtout parce qu'il avait fait des efforts, pour réagir correctement, pour ne pas la rejeter. Ce n'était pas parfait, certes, mais par rapport à ce fameux soir où il avait rejeté en bloc l'idée que sa fille puisse être lesbienne, on pouvait constater une évolution, plutôt positive. La cerise sur le gâteau, qui lui fit reprendre le fil de la réalité, ce fut la petite phrase de sa fille avant qu'elle ne rentre et ne monte dans sa chambre. Piqué au vif, Caïn répondit en levant la voix :

- Eh bien ne me confie plus rien dans ce cas ! Surtout si c'est pour m'envoyer chier derrière ! Et le fait que tu n'en aies rien à foutre, de la punition, ça ne changera rien au fait qu'elle existe. Point final.


Il tapa sur la table, en lâchant un "fais chier". Le calme retomba. Caïn débarassa et attendit qu'elle ait fini de se doucher avant de faire la vaisselle. Quand tout fut propre et rangé, il retourna à l'extérieur, pour prendre l'air. Il le savait que venir ici était une très mauvaise idée. Il n'était pas fait pour vivre en dehors de la ville. Et si c'était à refaire, il aurait envoyé chier son client et se serait abstenu de faire ce voyage aussi stupide que nul. Sous la colère se cachait aussi la peine. Il ruminait le terme d'homophobe dans sa tête. Le recevoir au moment où il s'ouvrait ça lui faisait terriblement mal. Surtout quand cela venait de sa propre fille. Il regarda le ciel étoilé, où les étoiles étaient quasiment toute visibles. Quelle beauté... C'était juste magnifique. Il laissa le chalet, pour aller marcher un peu. Il n'était pas adepte des promenades, mais il avait besoin de se retrouver seul et de ne pas errer dans cette maison, comme un être solitaire. Il avait laissé son téléphone et son ordinateur. Il suivit un petit sentier en pente, jusqu'à arriver à un rebord escarpé, où la pierre se jetait dans le vide. Il devait y avoir une hauteur de quinze mètres. Il s'assit au bord du vide et continua de contempler les étoiles. Il situa la Croix du Sud et d'autres astres. Il n'y avait pas de lune, ce soir, mais l'intensité de la lumière dans le ciel, suffisait à diffuser une lueur d'un bleu foncé.

Caïn balaya mentalement sa vie, son parcours. Il affichait bientôt la quarantaine. Sa vie familiale était un immense gâchis. Sa vie professionnelle ne lui apportait plus de satisfaction particulière. Quant à sa vie sentimentale... il ne savait pas trop comment il allait tenir sa promesse. Il aimait Keny, mais comment communiquer avec Murphy, si elle le voyait comme un homophobe ? Il regarda le vide sous lui. Il aurait été simple de sauter pour clore tous les débats et achever son calvaire intérieur. Très simple même, il n'y avait qu'à donner une impulsion du bras et c'était bon. Gallagher y songea sans trop s'y attarder, parce que ça n'était pas dans son caractère que d'opter pour la facilité. Il ne renonçait jamais. Il se battrait jusqu'à ce que l'autre connard de Dieu décide de sa mort. Mais il ne ferait pas ce cadeau de disparaitre de lui-même, à personne. Il n'avait pas terminé de faire chier ses contemporains. Pour l'heure, il ne savait pas du tout ce qu'il allait advenir avec Murphy. Il restait certaine d'une chose : il n'irait pas s'excuser. Il estimait n'avoir rien fait de blessant, qui méritait que sa fille le qualifie d'homophobe. Ca, ça n'était pas prêt de passer et d'être oublié. Il le ruminerait longtemps sans le digérer, entretenant la rancune, ce poison violent qui resurgissait principalement dans les moments les plus sombres. Appuyant son dos contre la paroi en pierre, il ferma les yeux. Et il se mit à parler, doucement :

- J'espère que tu te marres bien de là-haut... que tu jubiles de me pourrir la vie au quotidien... alors jubile tant que tu le peux... parce que je jure sur la vie de ma fille que le moment venu, j'irais faire un tour dans ton putain de paradis pour tout  bruler et pour tout ravager. Je te rendrais au centuple tout ce que m'as fait subir. J'irais en enfer, ouais... mais au moins là-bas, il n'y a pas de rejet... Toi et maman... allez tous les deux vous faire enculer.

Il écrasa son poing rageur sur le sol. Il ne rentrerait pas, ce soir. Il n'avait pas envie de dormir, ni de voir Murphy. A vrai dire, il voulait qu'on le laisse seul et que plus personne ne lui adresse la parole. Le silence retomba, tandis qu'il avait toujours les yeux fermés. La nuit serait longue...

_________________


Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 18 ans.
○ statut : Célibataire.
○ métier : Etudie l'anthropologie et le cinéma à l'université. Travaille quelques soirs par semaine dans la boutique d'antiquité de Juliet Callahan.
○ quartier : South Bay - #87 avec son père.
○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
○ informations en vrac :

D A D D Y
j'crois qu'on est enfin prêts à s'aimer sans conditions

vit seule avec son père depuis la mort de sa mère puis de ses deux frères ○ n'aime pas le chocolat, ni le poisson ○ fan de cinéma et spécialement de kubrick ○ a des soucis d'ordre alimentaires ○



○ posts : 123 ○ points : 140
○ avatar : Chloé Grace Moretz
○ inscrit le : 07/03/2018
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Ven 20 Juil - 10:47

Murphy grimaça. Allongée dans son lit, ce fut la lumière du jour qui l'extirpa de son sommeil. Pendant quelques secondes, elle avait oublié. Oublié où est-ce qu'elle était, qu'elle avait mal au dos, qu'elle avait le visage triste. Pendant quelques secondes, elle se serait presque sentie bien, elle aurait presque pu sourire. Et puis lorsque ses yeux s'ouvrirent sur cette chambre tout lui revint en mémoire. La dispute avec son père la veille, qui fit naître en elle, une boule au ventre. Cette nuit elle s'était levée pour aller chercher de l'eau, elle n'avait pas vu son père sur le canapé. Elle ne l'avait pas vu du tout. Alors un peu paniquée, elle s'empressa de se lever, la gueule encore endormie, pour avancer vers sa porte. Tournant lentement la poignée, la jeune femme grimaça lorsque la porte grinça. Elle ignorait l'heure qu'il pouvait être, le soleil était bien haut, il semblait faire beau, c'était tout ce qu'elle pouvait dire. Ses pieds nus marchèrent sur le parquet de l'étage, se rapprochant de la mezzanine. Personne. Pas un bruit. Murphy fronça les sourcils et descendit les marches pour regarder dans la salle de bain, la cuisine et puis vers la terrasse. La baie vitrée était entrouverte, mais le chalet était silencieux. Murphy croisa ses bras contre elle, il faisait frais. Elle avança vers l'extérieur du chalet pour faire le tour, histoire de vérifier partout. Mais son père ne semblait pas être là. Etait-il partit ? Il y avait ses affaires qui étaient là. Ses pieds nus jonchèrent la terrasse, lentement, tandis qu'elle surveillait les alentours de la maison. Le silence de la forêt était apaisant certes, mais l'absence de son père depuis la veille ne la rassurait pas du tout. Est-ce qu'il s'était barré en la laissant là ? Est-ce qu'il lui était arrivé quelque chose ? Avait-il eu un accident ? La gamine pensa tout de suite à ça. Une marche, énervée, rapide, où l'on ne fait pas très attention à nos pas et puis un cailloux, un trou, une branche et l'accident arrive. Elle voyait déjà son père au fond d'un ravin, si bien que le cœur battant, elle retourna à la maison pour enfiler ses baskets, gardant son pyjama, pas le temps de se changer. N'ayant pas de téléphone portable, elle partit sans rien, laissant le chalet ainsi. Après tout, qu'est-ce qu'elle risquait dans le fond ? Marchant sur les épines des pins tombées au sol, la mousse de la forêt bien verte, la jeune femme essayait de regarder partout autour d'elle « papa ? » appelait-elle doucement, comme si elle avait peur de crier, peur de paniquer. Continuant à marcher entre les arbres, la jeune femme essayait d'être prudente, de faire attention à où est-ce qu'elle marchait. Mais au fur et à mesure du temps et de la marche, son cœur se mit à battre plus fort. Son père n'était pas là. « Papa ?! » demanda t-elle plus fort, sentant que la panique commençait à naître en elle. L'avait-il abandonné ? Est-ce qu'il s'était barré en la laissant là, en se disant qu'il n'en pouvait plus d'elle ? Dans sa tête, elle revoyait la scène de la veille, de leur dispute. Il avait juré, et puis il lui avait surtout dit que non, elle ne devait plus rien lui raconter. Et ça lui avait fait de la peine à Murphy, parce que s'ils mettaient encore plus de distance entre eux... ils ne s'en sortiraient pas. Après son anniversaire elle avait eu le sentiment d'être au plus proche de lui. Et puis encore une fois, elle s'était énervée, encore une fois ils s'étaient disputés et encore une fois il était partit. Décroisant les bras pour se tenir aux troncs des arbres qu'elle croisait, la jeune femme accéléra le pas. « Papa ?!! » continuait-elle de gueuler, plus fort à présent. Aucune réponse, aucun bruit, aucun craquement. Parfois, elle se retournait, comme si quelque chose avait attiré son attention ailleurs, derrière, mais en fait non, il n'y avait rien, personne. La jeune femme sentait à présent son cœur battre plus fort. Est-ce que son père était mort dans un fossé ? Cette idée se creusa en elle, forcément, parce que les minutes passaient, les mètres défilaient, et qu'elle ne voyait pas, ni n'entendait pas son père. Depuis la veille au soir. Dans sa tête, tout se bouscula, et si son père était mort tout seul, dans la forêt, ici ? Et si hier soir était la dernière fois qu'elle l'avait vu ? Alors ça allait être là dessus que tout se serait fini ? Murphy, sous la peur de revivre encore et encore ce même schéma, sentit son angoisse de le perdre être plus forte que tout le reste. Elle sentait qu'elle était désorientée, qu'elle avait peur, qu'elle perdait ses moyens. Son cœur battait la chamade, et la peur la fit pleurer. « Papa ? » appelait-elle doucement, sans crier, comme si à présent, elle était ailleurs. Ses mains et ses jambes tremblaient, parce qu'elle ne voulait pas croire à ce qu'elle était en train de vivre. C'était de sa faute, c'était elle qui avait voulu venir ici, alors que son père n'aimait rien de tout ça. C'était à cause d'elle s'il était partit hier soir, en colère. Tout était de sa faute, c'était à cause d'elle tout ça. Tournant sur elle-même, retrouvant un peu d'équilibre en se tenant aux troncs, la jeune femme essayait de se retrouver, ou de trouver la figure de son père dans cet endroit. Mais tout devenait oppressant, presque étouffant. Elle fit quelques pas sans trop regarder où elle mettait les pieds et puis très vite, sans qu'elle ne s'en rende compte, son pied rencontra une racine. N'arrivant pas à se raccrocher à l'écorce de l'arbre à ses côtés, elle perdit lentement l'équilibre, tombant en arrière. Ses fesses heurtèrent d'abord le sol, puis son coude avant que très rapidement, elle ne déboule. Son corps semblait tourner sur lui-même, avant de chuter, lamentablement. Murphy termina sa chute dans une fosse, tout près d'un énorme rocher. Elle ne se rendit même pas compte de la chance qu'elle avait eu dans sa chute, de ne pas heurter le rocher. Allongée sur le sol, sur les feuilles mortes et les épines, la jeune femme grimaça légèrement, perdue entre le cauchemar et la réalité. Elle semblait ne plus différencier les deux. Elle se releva alors et même si sa cheville lui faisait un petit peu mal, elle se rendit compte qu'elle n'avait rien. Observant l'endroit, elle vit qu'elle était tombée dans une sorte de ravin, où était posé là un énorme rocher qui en vérité était un morceau -détâché- de la falaise qui bordait la forêt. La hauteur du fossé était bien trop haute pour qu'elle l'atteigne. Comment sortir d'ici ?

HRP : Je me suis enflammée pour mon retour de vacances hihi

_________________
you're my only family
Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 35 ans
○ statut : Célibataire
○ métier : Trader
○ quartier : South Bay - #87
○ posts : 184 ○ points : 60
○ pseudo : Pierrot
○ avatar : Chris Hemsworth
○ inscrit le : 06/05/2017
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Sam 21 Juil - 21:51

Caïn ne s'était pas endormi de suite. Le sommeil n'avait voulu de lui que tardivement, comme si lui aussi, il le considérait comme un gros connard dont personne ne veut. Et le trader avait du trouver une occupation pour ne pas littéralement péter un câble. Muni d'une pierre aux bords coupants il s'était acharné sur un arbre voisin, brisant son écorce, tailladant sa chair comme s'il avait voulu se mutiler lui-même. Ca sentait la sève. Il en avait d'ailleurs sur les doigts, séchée, dure. Il mériterait une bonne douche plus tard. Il avait ensuite passé le reste du temps à graver sur la pierre, de façon laconique le mot "homophobe". Et peu avant l'aube, épuisé, il s'était assoupi, sans rien voir venir. Il se réveilla un peu en sursaut, en entendant un bruit non loin, comme s'il y avait eu un éboulement. Il ouvrit les yeux et tendit l'oreille. Il lâcha la pierre qu'il tenait encore dans la main et passa sa peau marquée par les arrêtes marquées du minéral. Un peu engourdi, il se releva et son premier réflexe fut de regarder vers la forêt. Il n'y avait personne. Son regard se dirigea vers la "falaise". Il n'entendait plus rien. Peut-être que son imagination lui jouait des tours ? Il regarda sa montre. Il était pratiquement dix heures. Il ne pensait pas avoir dormi autant ! Il passa une main sur ses yeux. Il entendit un léger bruit en contrebas et forcément, il regarda. Quand il vit Murphy, tout en bas, son coeur manqua lui sortir de la poitrine. Il ne put s'empêcher de dire :

- Putain de bordel de merde ! Murphy !!! Tu n'as rien ?

Mais là n'était pas la question. Sa fille était en bas et à priori, elle avait chuté, c'était ça qu'il avait entendu à son réveil. Il se plaça juste au bord de la falaise pour analyser la façon dont il pouvait descendre. Comme toujours, il n'eut guère besoin de réfléchir mille ans. Son intuition le guida, il s'accrocha à la paroi et comme s'il avait fait ça toute sa vie, il commença à descendre. Quelques secondes lui suffirent pour atteindre Murphy. La suite fut moins maîtrisée. Sitôt qu'il eut les deux pieds sur le sol, Caïn palpa sa fille aux bras, à la tête et aux jambes à plusieurs reprises, pour s'assurer qu'elle n'avait rien. Il l'examina sous plusieurs angles pour vérifier qu'elle ne saignait pas. D'un geste un peu brut, constatant qu'elle allait bien, il la serra contre lui. Il ne se rendait pas compte qu'il manquait l'étouffer.

- Mais enfin qu'est-ce que tu fous ici ? Et en pyjama ?

Il se détacha et examina une nouvelle fois sa fille, histoire de vérifier qu'il ne soit pas passé à côté d'une blessure. Ils n'allaient pas rester ici et attendre que le temps passe. Il fallait remonter et pour cela, pas d'autre choix possibles : ils devaient escalader. Caïn jeta un oeil à la paroi. S'il avait pu descendre, la remontée s'avérait possible. Comme Murphy était somme toute assez légère, et sans lui demander, il la prit sur son dos et lui demanda de bien s'accrocher. Il prit appui sur ses pieds pour attraper une première prise et commença à grimper. Le poids de sa fille se fit vite sentir sur ses muscles. Mais Caïn n'avait qu'une idée en tête, monter et mettre la jeune femme en sécurité. Il souffrait à chaque mouvement, car en plus de maintenir une accroche, il devait aussi garder l'équilibre. Lorsqu'il ne manqua plus qu'un mètre, le trader reprit la parole :

- Je n'ai pas de prise pour aller plus loin. Tu vas t'appuyer sur mes épaules et grimper sur la corniche.

Il joignit le geste à la parole, en la soutenant d'un bras pour qu'elle monte. Quand ce fut fait, il essuya son front couvert de sueur et respira longuement. Ca faisait beaucoup d'effort physique au petit matin ! Après quelques instants, il fit un léger bond pour se hisser à son tour en sécurité, à l'endroit où il avait passé la nuit. Il s'appuya contre la paroi rocheuse, le souffle court, comme après une séance de sport intensive.

- Faudra... noter... sur la black-list... l'escalade...

Caïn tenait une liste noire de tout ce qu'il "interdisait" à la maison. Il s'agissait surtout de règles destinées à ne pas gêner son travail. Ainsi il défendait à quiconque de toucher à ses post-its, ou d'utiliser son ordinateur portable. Mais on y trouvait aussi un "défense d'utiliser des pistolets à eau" ou encore "défense de faire des putains de bulles de savon". Il faut dire que pour le dernier point, il avait bien failli se tuer en se vautrant après avoir violemment glissé sur un résidu au sol, laissé par Murphy, plus jeune. Kenny avait quant à lui ses interdictions particulières : partir avant telle heure, ne pas se montrer aux voisins, et plus drôle, ne pas dormir du côté du réveil dans le lit de Caïn.

_________________


Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 18 ans.
○ statut : Célibataire.
○ métier : Etudie l'anthropologie et le cinéma à l'université. Travaille quelques soirs par semaine dans la boutique d'antiquité de Juliet Callahan.
○ quartier : South Bay - #87 avec son père.
○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
○ informations en vrac :

D A D D Y
j'crois qu'on est enfin prêts à s'aimer sans conditions

vit seule avec son père depuis la mort de sa mère puis de ses deux frères ○ n'aime pas le chocolat, ni le poisson ○ fan de cinéma et spécialement de kubrick ○ a des soucis d'ordre alimentaires ○



○ posts : 123 ○ points : 140
○ avatar : Chloé Grace Moretz
○ inscrit le : 07/03/2018
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Sam 21 Juil - 22:55

Cette falaise semblait trôner en cette forêt contre vents et marées et à cet instant, il était inconcevable pour la petite blonde de se sortir d'ici. Comment allait-elle sortir de cette histoire ? Elle était déjà en train de conclure sur son funèbre sort lorsqu'une voix la fit revenir à la réalité. Une voix qu'elle connaissait, qu'elle reconnaissait. Une voix qu'elle avait apprit à connaître et à reconnaître. Immédiatement, elle se tourna vers son père. Au delà des questions d'usage du style « qu'est-ce qu'il fout ici ? » ou « putain de hasard », ce fut surtout un sentiment profond de soulagement de le voir en vie, sur ses deux pieds et même le fait qu'il l'engueule, ça lui faisait presque du bien. C'était bien lui et pas un mirage, ou une hallucination, ou bien un rêve. En fait, pour Murphy, il se passait pas mal de choses en ce moment. Passer de la peur d'avoir perdu son père durant la nuit, à se perdre dans cette forêt pour finalement tomber ici et se croire morte, avant de tomber sur son dit père. Alors entre l'ascenseur émotionnel qu'elle était encore en train de subir, la jeune femme y laissait des plumes, forcément. Son père était débout, en haut d'un pan de la falaise. Il venait de lui demander si elle n'avait rien. Complètement à côté de la plaque, la jeune femme se regarda brièvement avant de répondre, à l'ouest « j'ai déchiré mon pyjama... ». Son regard était vague, elle était désorientée et c'était tout à fait normal après autant d'émotions contradictoire et ces angoisses qui l'avaient saisies à la gorge comme un barbier fou. Murphy n'allait pas spécialement bien, elle était sous le choc de sa chute, de ses angoisses qui ne l'avaient pas encore quittées, si bien qu'elle ne vit pas vraiment son père essayer de descendre la falaise. Si elle avait été réellement consciente à ce moment-là, elle aurait encore plus paniquée, elle aurait eu peur pour lui, forcément. C'est dans ce genre de moments que se déroulent les drames, pas vrai ? L'adolescente, toujours aussi perdue et désorientée, ne réalisa pas que son père venait la rejoindre, si bien qu'elle semblait surprise de le voir devant elle après quelques minutes. Inquiet de nature -et encore plus en cet instant, Gallagher père, brutalement, vint vérifier l'état physique de sa fille. Murphy était un peu comme un vieux chewing-gum, si bien que lorsque son père lui soulevait les bras, ils retombaient lourdement dans le vide alors que la jeune femme semblait chercher quelque chose. Finalement, après quelques instants, son père l'attira contre lui. Il sentait la sueur, et l'écorce d'arbre. Mais ça ne dérangeait pas Murphy, au contraire, ça l'encrait dans la réalité. Il était vraiment là. Elle sentit ses bras se serrer un peu trop fort autour d'elle, mais en fait, en cet instant, ce n'était pas dérangeant, et ça aurait pu même être trop peu. Ses mains vinrent chastement se coller contre le tee-shirt de son père. Elle sentait sa peau et sa présence physique sous sa paume, ce qui eu pour effet de la soulager davantage. La jeune femme se colla davantage contre son père, sans gêne, alors qu'il était en train de lui demander ce qu'elle fichait là et en pyjama. L'adolescente ne perdit pas une seconde, retrouvant ses esprits contre son père, pour lui répondre terrifiée « j'me suis inquiétée... » serrant ses poings contre son père « je te voyais pas rentrer... j'ai eu peur que tu ai eu un accident dans la forêt... » allait-il comprendre qu'elle parlait d'un réel accident ? Comme ceux qui l'angoissent au plus profond d'elle-même le concernant et dont elle lui avait fait part le jour de son anniversaire ? La peur réelle de le perdre. Un peu trop brutalement pourtant, il se détacha d'elle, la contemplant de nouveau. Très vite, il fit quelques pas afin d'observer la pente qu'il venait de descendre. Murphy la regarda à son tour, puis regarda son père. Est-ce qu'elle allait devoir grimper ça ? Franchement, même sous le choc, elle était lucide sur le fait que ça allait être très compliqué pour elle. Son père se tourna vers elle, avec son regard déterminé, vous savez, celui qu'il a quand il a trouvé la réponse à sa question. Comme un pacte avec lui-même, une fierté aussi, quelque part. Murphy essaie de comprendre où il veut en venir, mais elle n'y parvint pas. Son père fait les quelques pas qui les sépare et en quelques secondes, la voilà juchée sur son dos, comme un petit singe. Ses bras autour de la nuque de son père, ses jambes serrées autour de sa taille, la jeune femme était en cet instant en train de se dire que oui, c'était cruellement dangereux ce à quoi il pensait. Mais en même temps, il y avait aussi une part de fierté. Son père était un homme courageux et il n'avait pas peur de prendre des risques pour elle. Et ça, ça lui faisait plaisir -dans la mesure du possible vu le contexte. Son père se mit donc à la grimpe, Murphy comprit vite qu'il fallait qu'elle desserre l'emprise qu'elle avait autour de sa taille et de sa nuque. Presque plongés dans le vide, sans protection, sans filet, sans harnais, Murphy avait terriblement peur. Qui aurait pu lui en vouloir ? Elle ferma les yeux aussi fort qu'elle le pu, laissant à son père la dure et cruelle tâche de les sortir de là. Plaçant sa confiance aveugle en lui, elle lui confiait littéralement sa vie. Autant mourir ensemble si cela devait arriver. Elle n'avait personne d'autre à part lui. Murphy sentait le corps tendu de son père sous ses bras et ses jambes reliées. Elle sentait sa respiration, ses contractions musculaires et respiratoires, ses difficultés à grimper aussi. Silencieuse, les yeux toujours fermés aussi fort que possible, elle essayait de se faire le plus discrète et légère possible, voulant aider à sa manière son père sans que cela ne soit vraiment possible. C'est la voix de son père qui lui fit ouvrir les yeux. Elle ne voyait pas son visage, et ça l'angoissait un peu. Ce que demandait son père lui semblait impossible à réaliser. Murphy fronça les sourcils et comme une idiote, regarda en bas. Son cœur se mit à battre plus fort. Elle ne se sentait pas capable de faire ce que son père lui demandait « j'vais pas y arr... » ta gueule Murphy. Obéis. Surtout après ce que ton père vient de faire. Il fallait qu'elle fasse vite, qu'elle fasse bien, et elle n'avait pas le temps de réfléchir et c'était peut-être ça qui l'avait sauvé. Son père ne lui laissait pas le choix. Sans savoir trop comment s'y prendre, elle prit appui sur les épaules de son père, grimpant littéralement sur lui. Elle avait terriblement peur. Elle aurait pu se pisser dessus de peur, certainement. La jeune femme savait qu'elle faisait mal à son père en lui grimpant dessus comme ça, mais surtout, elle avait peur de le faire chuter. Qu'il tombe, qu'il se blesse, ou qu'il meurt. Angoissée, la jeune femme attrapa la roche dès qu'elle le pu et aidée par son père et la force de l'un de ses bras, elle se hissa jusqu'au bord de la falaise. Presque tout de suite après ça, elle se tourna vers son père et se surprit à prier pour qu'il arrive à remonter ici lui aussi. Son père ne tarda pas à la rejoindre et lorsqu'il se fut éloigné de la pente, alors qu'il prenait appui contre la roche, essayant de reprendre son souffle, épuisé par l'effort, Murphy se jeta littéralement contre lui. Ici, ils étaient à présent en sécurité et c'était comme si les alarmes et les signaux de danger allumés chez Murphy s'étaient enfin arrêtés. Elle était en sécurité -grâce à son père- et le danger n'existait plus. S'accrochant à son père, la jeune étudiante le serra aussi fort qu'elle le pu alors qu'elle enfouissait son visage dans le corps transpirant de son père. Murphy avait réellement eu peur. Peur de le perdre. Peur qu'il lui soit arrivé quelque chose cette nuit, peur qu'il tombe de la falaise, peur qu'hier soit soit le dernier. Elle n'aurait jamais pu se remettre si hier soit avait été leur dernière soirée. « Papa j'suis désolée » s'empressa t-elle de dire, comme si le danger était encore là, tout près, et que cet instant de répit n'en était finalement qu'un. « J'suis désolée pour hier soir... avec ce que tu as dit à mon anniversaire... ça m'avait fait beaucoup réfléchir... et j'voulais pas admettre que tu avais réfléchi aussi de ton côté » elle parlait vite, comme si le temps lui était compté. Comme si c'était les dernières secondes qu'elle partageait avec lui. Ses poings se refermèrent sur le tee-shirt de son père alors qu'elle ne se décollait pas de lui et il n'avait certainement pas intérêt de le faire lui-même. « Et puis j'm'en fous de ça en plus, j'suis pas lesbienne, je m'en fous, papa j'suis désolée de ce que je t'ai dit » avoua t-elle encore, perturbée par la peur qu'elle avait encore en elle. « Cette nuit j'me suis levée et j'ai vu que t'étais pas là » expliqua t-elle encore vite, « et ce matin je t'ai cherché et... et dans ma tête c'était soit tu étais partis, ou soit t'étais mort dans les bois tout seul » avoua t-elle, même si ce n'était pas plaisant pour lui. « Papa j'ai cru que t'étais mort » avoua t-elle en se mettant à pleurer à chaudes larmes. Et alors qu'elle disait cela, elle était en train de commencer à réaliser ce que son père avait fait, là, tout de suite, pour elle. Il l'avait sorti de son pétrin, sortit de la merde, mais surtout, il venait de lui sauver la vie. Si son père n'avait pas été là, qu'aurait-elle fait, que serait-elle devenue ? La jeune femme ne pouvait pas retenir ses larmes. Parce qu'après la mort de sa maman, puis de ses frères, elle était encore très fragile quant à ce sujet-là. Et puis l'idée de perdre son père n'était pas réelle pour elle. Murphy voyait son père comme un immortel, tout en sachant qu'il pouvait partir à chaque seconde et c'était dans ces moments là -de lucidité, qu'elle se mettait a paniquer. Et la situation de ce matin s'y prêtait malheureusement. Son père n'était pas immortel, il pouvait mourir à tout moment et la laisser là toute seule. Mais aujourd'hui, son père n'était pas mort, et il ne l'avait ni abandonnée, ni laissée là, toute seule. Il s'était conduit comme un véritable héros même et c'était ce qui fusait dans l'esprit de la jeune femme tandis qu'elle ne parvenait pas à lâcher le tee-shirt de son père. « Je t'aime papa » souffla t-elle comme si c'était la dernière fois qu'elle pouvait le lui dire.

_________________
you're my only family
Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 35 ans
○ statut : Célibataire
○ métier : Trader
○ quartier : South Bay - #87
○ posts : 184 ○ points : 60
○ pseudo : Pierrot
○ avatar : Chris Hemsworth
○ inscrit le : 06/05/2017
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Dim 22 Juil - 0:41

Caïn n'avait pas été sans reste côté émotions, lui non plus. Devoir réaliser le sauvetage impromptu de sa fille au réveil, avec ces courbatures terribles liées à une bien mauvaise position nocturne, voilà qui n'aidait pas forcément à faire la part des choses. Il mit donc du temps à se calme et à retrouver une respiration régulière. Il était en nage. Son t-shirt était trempé et franchement, même si ça ne gênait personne ici, il avait vraiment besoin d'une bonne douche. Ou de tremper son cul dans une rivière ! Et il avait soif en plus de ça ! En même temps, quelle idée de partir en forêt sans rien ! La colère s'avérait décidément très mauvaise conseillère. Caïn se rendit compte en tout cas, à quel point sa fille avait angoissé et regretta amèrement ce choix de s'éclipser. Il resta silencieux lorsqu'elle lui expliqua être désolée. Il faudrait du temps pour que Gallagher n'éprouve plus de rancune. Mais pour le moment, c'était frais, beaucoup trop frais pour qu'il en reparle. Murphy l'avait blessé, vexé. Et quand Caïn se trouvait dans cet état là, il n'y avait pas grand chose qui pouvait améliorer la situation, à part laisser couler. Le trader pouvait s'avérer extrêmement caractériel. Quand il faisait la gueule, ça se voyait. Il resta donc silencieux jusqu'à ce qu'elle parle de sa "disparition". Bonne idée que de détourner le sujet de la conversation, ça éviterait un calme pesant.

- Je suis désolé de t'avoir inquiétée. Je suis sorti pour prendre l'air. Je ne pensais pas m'assoupir dehors ! Je n'ai rien vu venir. C'est le bruit que ça a fait quand tu es tombée qui m'a réveillé. J'ai vu l'heure et effectivement, heureusement que je n'avais pas de rendez-vous d'affaires ce matin.


Comme elle pleurait, il la consola en frottant doucement sa main dans son dos. Il fut tenté de lui répondre que mort, au moins, il ne serait ni homophobe, ni un connard. Mais il s'abstint. Murphy avait de la chance d'être sa fille, il pouvait tout lui passer et il lui épargnait beaucoup de choses. Car le reste du temps, pour tous les autres, il s'avérait invivable. Caïn ne s'entichait pas de plaire aux gens. Il avait un caractère de merde, un franc-parler et une tendance à faire l'ermite. Ses amis étaient peu nombreux. On les comptait sur les doigts d'une seule main. S'il consolait sa fille et s'excusait de ne pas être rentré, il n'allait certainement pas présenter des excuses pour être parti. Il ne fallait pas trop lui en demander. Les mots de la jeune femme lui firent quand même du bien. C'était important de compter pour quelqu'un même si les rapports n'étaient pas toujours au beau fixe avec la personne.

- Je t'aime aussi, mon coeur. Même si tu penses vraiment que je peux mourir comme un con dans les bois aussi facilement. Tu m'as pris pour quoi ? Une chiffe molle ? Attends, je suis le pire des casses-couilles de mon vivant, je compte bien être encore pire pour ma mort. Le monde ne sera pas débarrassé de moi si facilement. Je n'ai pas fini de le faire chier.


Il se mit à rire. Il fallait bien relativiser un peu et relâcher la pression. Il n'aimait pas que sa fille pleure, même si là, pour le coup, il n'était pas loin de penser que c'était quand même bien fait pour sa gueule et que ça lui avait remis les pendules à l'heure. Oui, Caïn avait la rancune tenace et la seule raison pour laquelle il se censurait, c'était parce qu'il s'agissait de Murphy. Elle en avait, de la chance ! Ils restèrent quelques minutes blottis l'un contre l'autre. Il caressait doucement ses cheveux. Au bout d'un moment, ils se séparèrent et Caïn en profita pour se relever.

- Bon, il va falloir rentrer maintenant. Attends-moi quelques instants, il faut absolument que j'aille pisser.

Il s'éclipsa pour se mettre derrière des buissons à l'abri des regards et satisfaire son envie pressante. Si elle regardait attentivement autour d'elle, Murphy pourrait prendre conscience de la raison pour laquelle son père sentait la sève d'arbre. Le magnifique chêne avait son tronc défoncé, entamé, meurtri brutalement par la pierre. La même pierre avec laquelle il avait gravé le fameux "homophobe" de manière très lisible et permanente sur le sol. Cela donnait un aperçu du théâtre de sa nuit en extérieur. Quand il revint au bout de deux minutes, délesté de quelques litres, il s'engagea sur le chemin pour rentrer, en faisant signe à Murphy de le suivre. Et tandis qu'ils marchaient, Caïn décida de parler d'un truc plus léger :

- J'en reviens pas que tu te sois lancée en expédition en pyjama ! Et le pire c'est que tu as mis tes baskets ! Tu cherches à lancer une nouvelle mode vestimentaire ?


_________________


Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 18 ans.
○ statut : Célibataire.
○ métier : Etudie l'anthropologie et le cinéma à l'université. Travaille quelques soirs par semaine dans la boutique d'antiquité de Juliet Callahan.
○ quartier : South Bay - #87 avec son père.
○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
○ informations en vrac :

D A D D Y
j'crois qu'on est enfin prêts à s'aimer sans conditions

vit seule avec son père depuis la mort de sa mère puis de ses deux frères ○ n'aime pas le chocolat, ni le poisson ○ fan de cinéma et spécialement de kubrick ○ a des soucis d'ordre alimentaires ○



○ posts : 123 ○ points : 140
○ avatar : Chloé Grace Moretz
○ inscrit le : 07/03/2018
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Dim 22 Juil - 17:27

Dans les bras de son père, la jeune femme l'écouta lui expliquer qu'il s'était endormi dehors, d'un coup. Murphy avait beaucoup de mal à imaginer son père dormir dehors, en pleine nature. Avait-il construit un abris ? Il n'avait pas pu dormir à même la terre, pour Murphy, ce n'était pas possible ça. Mais surtout, alors qu'elle avait toujours la joue collée contre son tee-shirt, elle se dit que son père avait préféré passer une nuit dehors, en pleine forêt, plutôt que dans la même maison qu'elle. La jeune femme ne se rendait pas compte que la dispute de la veille avait autant marqué son père. En fait, ce n'était pas tant ce qu'il avait dit hier soir qui lui avait fait péter un câble comme ça. C'était le cumul : ce qu'il avait dit le jour de son anniversaire, ou bien dans la voiture, ou même encore hier. Il n'avait pas un discours très cohérent. Un jour il est totalement contre, triste et déçu et puis ensuite il revient en arrière, mais toujours de sa façon. Cette façon qui était de dire « oui-oui » mais avec cette pointe de déception dans la voix, et de tristesse. Comme si elle le décevait en permanence, quoi qu'elle puisse bien faire. Murphy n'était pas du tout la jeune fille parfaite. Elle n'avait aucun ami, ce qui révélait chez elle une introversion maladive presque. Elle n'avait pas confiance en elle, suite à la mort de sa mère et de ses frères, un profond sentiment d'abandon avait fait pourrir en elle sa confiance. Elle n'était pas digne : de quiconque, de la vie, des autres. Elle ne supportait pas de décevoir, ou d'avoir ce sentiment de voir sa vie dirigée par tout le monde, sauf elle. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle avait arrêté de s'alimenter quand son père avait voulu sa garde. Tout se jouait dans son dos, une vraie partie de cartes pour sa vie, sans qu'elle ne puisse participer. Ce sentiment de frustration, elle l'évacuait en arrêtant de se nourrir comme si cela lui redonnait une forme de contrôle sur sa vie. Et puis ces angoisses, qui venaient la terrifier un peu tout le temps, n'importe où, avec n'importe qui. La peur de ne pas réussir, la peur de finir seule, la peur d'être ce qu'elle était : un putain de boulet qui a peur de tout. Elle a peur de choisir de ne faire que des études de cinéma, alors elle suit des cours d'anthropologie. Elle a peur de la sociabilité, alors elle n'a ni téléphone, ni réseaux sociaux : ça lui permet de ne créer, ni ne conserver aucun lien. Elle a peur de l'amour, alors elle s'isole et fait fuir ceux qui lui viendraient en aide comme Bailey. Elle a peur de la vie, des autres, et en même temps, elle fait tout pour que le seul homme de sa vie la déteste. Murphy aime son père plus que tout, mais fait tout pour qu'il la rejette, qu'il la mette dehors, qu'il l'engueule et la punisse. Au final sa punition, elle en serait presque contente, au moins elle aurait une excuse pour ne plus sortir de chez elle, sans que cela ne paraisse anormal. Pour son père, son angoisse de le perdre la fait agir ainsi. Murphy est persuadée que son père va lui aussi l'abandonner subitement, alors pour se faire, elle fait tout pour que ça se passe maintenant, comme si elle parviendrait mieux à le gérer si c'était elle qui décidait de quand cela doit se passer. Bref, c'était Murphy quoi. Punir son père, sans arrêt. Une seconde, elle essaya de se mettre à sa place. Un enfer. Travailler sans cesse, ne rencontrer personne, ne pas vivre une relation amoureuse, s'enfermer dans une routine, avec ses post-it, sembler dur comme le roc et puis finalement... s'en prendre plein la gueule par sa fille. Pourtant il s'occupe d'elle, il lui fournit tout ce dont elle a besoin : il lui paye ses études -même si maintenant elle bosse un peu à la boutique d'antiquité, il la loge, la nourrit, la blanchit, l'écoute, l'emmène en week-end et puis elle... elle se plaint. En permanence. Rien n'est jamais assez bien, ou comme il le faudrait. Pourtant des deux, c'est elle qui est la moins à plaindre. Quelle ingrate, quelle petite conne. Son père avait raison, si sa mère la voyait... elle aurait honte. Ses frères aussi. Pensant à eux, et à cette constatation, elle se sentit encore plus triste et ne pu retenir ses larmes, enfouissant son nez dans le tee-shirt puant la sueur de son père. Elle n'avait que lui, pourquoi passait-elle son temps à le défoncer ? En cet instant, Murphy réalisa qu'elle n'allait pas bien. Qu'elle se punissait elle-même de tellement de choses, et qu'elle faisait payer aux autres le malheur qu'elle s’infligeait. Ce n'était pas une vie. Non. La jeune femme sentit son cœur se serrer dans sa poitrine lorsque son père lui dit qu'il l'aimait, lui donnant ce petit surnom qu'elle faisait si souvent semblant de détester. Jamais personne ne l'appellerait comme ça, il n'y avait que son père au monde qui pouvait le faire. Etait-elle malade ? Est-ce que toute sa souffrance depuis le décès de sa mère était en train de remonter ? Fallait-il encore qu'elle soit descendue à un moment donné. Murphy réalisait en cet instant que non, elle ne s'en était jamais remise, qu'elle avait toujours tout refoulé et qu'il serait peut-être temps de faire quelque chose pour ça... non ? Elle ne pu s'empêcher de sourire légèrement lorsque son père lui rappela à quel point il était fort, et que non,  une forêt ne parviendrait pas à le mettre en pièce. Il avait raison, oui, et le lui avait bien prouvé à l'instant même, mais Murphy était réaliste, son père n'était pas intouchable, ni immortel. Lorsqu'il rigola, elle sentit les pulsations de son rire dans sa tempe, ça lui faisait autant de bien que de peine. Elle ne parvenait pas à rire. Elle sentait sa main frictionner son dos, puis ses cheveux et ce geste avait quelque chose d'apaisant chez elle. Elle aurait pu rester des heures comme ça, mais son père fini par se reculer, lui avouant avoir envie de pisser. Elle le regarda s'éloigner et se tourna, machinalement, parce qu'elle savait que son père était pudique. C'est à ce moment là qu'elle vit quelque chose sur un tronc d'arbre, ainsi que sur le sol, dans la pierre. En lisant ce mot, elle sentit son cœur exploser en elle, lentement, appuyant sur chaque douleur. Elle lui avait fait du mal, beaucoup de mal. Et il lui avait menti. Il n'était pas tombé de sommeil. Il n'avait pas voulu revenir. Etait-elle en train de le perdre, est-ce qu'elle était enfin « parvenue » à le faire fuir ? Maintenant que c'était le cas, elle s'en mordait les doigts. Au sol, il y avait une pierre, sûrement celle qui avait servi à déchirer l'arbre et gravé la pierre. Murphy se pencha pour la ramasser et l'observer. Il y avait tout un angle arrondi, à force d'avoir travaillé la roche au sol. Ses doigts glissèrent dessus et alors que son père l'appelait, elle mis la pierre dans la poche de son pyjama et alla rejoindre son père sur le chemin, silencieuse. Ce dernier lui fit une remarque sur son look. Murphy se força à sourire en replaçant une mèche de cheveux et continua sa marche. Plutôt, elle suivait son père parce qu'elle était complètement perdue dans cette forêt elle. Elle ne savait pas vraiment quoi lui répondre. Dans sa tête et dans son cœur, c'était bien trop le bordel pour qu'elle parvienne à faire de l'humour. Elle décida donc de sourire à nouveau fugacement, gardant le silence comme réponse. Elle repensait à tout ça, à tout ce qu'il s'était passé, à ce qui avait été dit, et ce qui n'avait pas été dit. Jusqu'au chalet, elle resta silencieuse. Lorsque ce dernier apparu devant eux, elle se sentit presque soulagée. La jeune femme entra par la baie vitrée dans la maison et retira toujours en silence ses chaussures pour les ranger précieusement près de la vitre. Elle se sentait mal à l'aise, presque de trop, comme si elle n'avait plus sa place. En fait, elle avait besoin de parler de quelque chose à quelqu'un. « Papa ? » demanda t-elle alors finalement, presque honteuse « je peux utiliser ton téléphone cinq minutes s'il te plait ? » espérant qu'il ne demande pas pour quoi, ni pour qui. En fait, Murphy voulait téléphoner, ou envoyer un sms à Keny, pour lui demander quelque chose. Keny, c'était un peu comme un tonton. Le genre de gars qui est là dès qu'on a besoin de lui, pour tout et n'importe quoi. C'était quelqu'un de fiable à qui elle pouvait se confier, et qui apparemment, ne la trahissait pas. Et puis Keny, c'était le seul adulte qu'elle connaissait et en qui elle avait confiance, autre que son père. Et comme son père ne voulait plus qu'elle se confie à lui... Attendant la réponse de son père, la jeune femme alla à la cuisine pour se servir un jus d'orange. Ca serait la seule chose qu'elle ingurgiterait aujourd'hui. Essayant de prendre le moins de place possible pour ne pas embêter davantage son père. Comme si la crise était passée et qu'elle s'en voulait et qu'elle se le faisait payer. A croire que c'était vraiment ça, et que donc oui, Murphy était malade. Mais est-ce que c'était une bonne idée de mêler Keny à ça? Après tout... il avait ses problèmes lui aussi. Son père lui avait dit hier soir qu'il allait emménager chez eux, parce qu'il galérait avec son boulot... non, ce n'était pas une bonne idée en fin de compte. « En fait non, laisse tomber, ce n'est pas grave » mentit-elle en se forçant à nouveau à sourire avant d'aller s'asseoir sur l'un des transat au soleil, sur la terrasse dehors face à l'immensité de cette forêt opaque qui se dessinait devant elle.

_________________
you're my only family
Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 35 ans
○ statut : Célibataire
○ métier : Trader
○ quartier : South Bay - #87
○ posts : 184 ○ points : 60
○ pseudo : Pierrot
○ avatar : Chris Hemsworth
○ inscrit le : 06/05/2017
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Ven 10 Aoû - 23:14

De retour au chalet, Caïn retira ses chaussures sans même prendre la peine de défaire les lacets. Il les projeta plus loin, comme de vulgaires objets sans valeur, lui qui pourtant restait très soigneux avec ses affaires. Il fonça à l'évier et se passa le visage sous l'eau après s'être lavé les mains. La barbe dégoulinante de quelques gouttes, il revint dans le salon et se massa le dos. Il s'installa sur le canapé, en lâchant un soupir de satisfaction. Il était content de retrouver un toit. Cette nuit dehors serait la dernière. Déjà parce que ces vertèbres n'avaient qu'une envie, lui botter le cul sans ménagement pour le supplice infligé et puis parce qu'il fallait qu'il dorme pour être en forme. Gallagher ne s'attendait pas à ce que sa fille lui demande son téléphone. Et là, il fut bien emmerdé... Pourquoi le voulait-elle ? Sans doute envoyer un SMS ou passer un coup de fil. Peut-être à sa "petite-amie"/"meilleur amie" avec laquelle elle était en froid ? Comme elle partait dans la cuisine, il déverrouilla son appareil et se hâta de supprimer tous les textos échanges avec Keny. Il ne manquerait plus qu'elle tombe sur leurs échanges... ou pire sur les dick-pics que Caïn envoyait fréquemment au blond pour l'allumer. Historique et photos nettoyés, il rangea à la hâte son téléphone dans sa poche, juste à temps car Murphy revint dans la pièce. Elle semblait avoir changé subitement d'avis. Sérieusement ? Maintenant qu'il s'était débarrassé du cul nu de son petit ami ??? Caïn fronça les sourcils. N'importe qui d'autre aurait pris une bonne gueulante bien nourrie, mais encore une fois il s'agissait de sa fille. Elle s'éclipsa pour aller se mettre dehors sur un transat. Il attendit quelques minutes pour ne pas se faire trop invasif. Puis il finit par sortir :

- Tiens, mon téléphone. Promets-moi de ne pas le casser ! C'est le seul lien qu'il me reste avec la civilisation dans ce monde sauvage ! Je vais aller me prendre un bon bain, parce que je crois que je l'ai mérité. Sois gentille, évite de me couper l'eau chaude cette fois-ci ! Putain je pue... c'est une horreur...

Il leva les yeux au ciel en sentant son t-shirt. Il laissa le téléphone à sa fille et retourna à l'intérieur pour prendre un bon bain chaud. L'espèce de bassine en bois était petite, il avait les jambes repliées mais tant pis. Il se cala dans l'eau, posant sa tête sur le bois épais. Alors qu'il lavait ses cheveux avec la mousse, son esprit suivit des méandres profonds, vers une réflexion des plus intenses. Il devait la vérité à Murphy sur deux choses. D'abord sur son frère, Lazslo, qui au final était bien une pourriture. Caïn se trompait rarement quand il avait une intuition, et jamais il n'avait apprécié le garçon. Ce n'était pas un hasard s'il souhaitait lui coller un procès et s'il avait payé un détective pour enquêter sur lui. C'était explosif à dire. Il devait d'abord préparer Murphy et il prit la décision de ne pas le lui dire maintenant. Le séjour s'avérait suffisamment merdique ainsi. Ensuite, il faudrait qu'il fasse son coming-out. Et là, il ne savait pas du tout comment l'annoncer... ni quand... alors il reportait encore l'échéance. S'assumer était l'étape la plus difficile, la finale. Une fois que ça serait fait, il serait libre, mentalement. Il se serait accompli en tant qu'homme, en vivant comme lui-même et non comme le fils indigne d'une mère ultra-conservatrice et sévère. De toute façon, le diable avait déjà son âme. Il entretenait délibérément un mauvais karma comme pour aller jusqu'au bout du concept. Il avait fallu qu'un homme croise son chemin et chamboule tout. Cet homme, c'était Keny.

Qui aurait pu se douter qu'ils se rencontreraient un jour et tomberaient amoureux ? Certainement pas Gallagher. Le trader trouvait l'amour nul à chier. S'attacher à des gens ? Pour quoi faire ? Et pourtant, maintenant il ne pouvait plus se passer de Braxton. Il le trouvait beau, en dehors comme en dedans, parfait. Il savait le faire rire et il ne fuyait pas quand il s'énervait. Et on ne pouvait pas dire que Caïn soit un être facile à vivre. Colérique, très dur, peu expressif, il ne faisait pas bon être dans les parages quand il pétait un câble. Mais son petit ami restait. La tension récente entre eux, qui avait duré quelques semaines, fit prendre conscience au trader qu'il était tombé sur la bonne personne. Ses pensées se mirent à divaguer doucement sur Keny. Il imagina son sourire, ses mains se posant sur lui. Le contact doux et chaud de leurs peaux, l'une contre l'autre... Petit à petit, les images devinrent de plus en plus obscènes, à tel point que Caïn dut mettre la tête sous l'eau pour calmer ses ardeurs. Il entreprit de se rincer et de sécher. Il mit pas mal de temps à se calmer et à être convenable. Quand ce fut le cas, il descendit, tout habillé et parfumé. Murphy n'avait pas bougé du transat. Il récupéra une bière dans le frigo, une pomme et la rejoignit. Il s'installa à son tour sur le transat en croquant dans le fruit.

- Ca fait du bien ! Mon contact a appelé pendant que j'étais dans la salle de bains ? J'espère qu'il ne m'a pas collé un lapin... Je suis pas venu dans le trou du cul du monde pour me faire traiter pire qu'une pute !


C'était crû mais en même temps l'inverse eut été étonnant !

_________________


Revenir en haut Aller en bas

avatar

Voir le profil de l'utilisateur

○ âge : 18 ans.
○ statut : Célibataire.
○ métier : Etudie l'anthropologie et le cinéma à l'université. Travaille quelques soirs par semaine dans la boutique d'antiquité de Juliet Callahan.
○ quartier : South Bay - #87 avec son père.
○ orientation sexuelle : A embrassé son ancienne meilleure amie qui a mis un terme à leur amitié, n'a pas tant aimé que ça.
○ informations en vrac :

D A D D Y
j'crois qu'on est enfin prêts à s'aimer sans conditions

vit seule avec son père depuis la mort de sa mère puis de ses deux frères ○ n'aime pas le chocolat, ni le poisson ○ fan de cinéma et spécialement de kubrick ○ a des soucis d'ordre alimentaires ○



○ posts : 123 ○ points : 140
○ avatar : Chloé Grace Moretz
○ inscrit le : 07/03/2018
MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   Sam 11 Aoû - 17:42

Son père arriva finalement à sa hauteur, alors qu'elle était toujours étendue sur le transat' en plein soleil. Il lui parlait comme si rien ne s'était passé, comme si tout allait bien. Fallait-il faire semblant ? Elle ne savait pas trop en fait. C'était toujours autant le bordel dans sa tête, parler de ses réflexions à quelqu'un, ou bien tout garder pour elle ? Lorsqu'il lui donna son téléphone, c'était cette question qu'elle se posait. Parler au meilleur ami de son père... à quoi ça allait lui servir ? Se sentir soutenue ? Epaulée ? Aidée ? Mais putain Murphy, tu as dix-huit ans, agit comme une adulte et arrête de te comporter comme une gamine. Parce que tu ne fais que ça. Sans arrêt à se plaindre, sans fournir le moindre effort, en faisant toujours la gueule, en n'étant jamais contente de rien, en demandant de l'aide autour d'elle en permanence. Comme si le fait de perdre sa famille justifiait tout et n'importe quoi, comme si l'abandon de son père lorsqu'elle était gamine justifiait également tout et n'importe quoi. Murphy se cachait derrière des excuses parce qu'elle avait très peur de grandir, mais dans le fond, n'était-ce pas tout simplement ça le problème ? La petite blonde tenait le portable de son père entre ses mains, le faisant glisser entre ses doigts tout en laissant son regard se perdre sur le reflet du soleil sur l'écran. Que faisait-elle ? Allait-elle agir comme elle l'avait toujours fait, c'est-à-dire comme une enfant ? Ou bien allait-elle grandir ? Se débrouiller seule, tenter quelque chose, essayer de comprendre le problème qui sommeillait en elle ? Elle releva les yeux vers le paysage qui se dessinait devant elle, face à cette immense forêt qui semblait protéger ses montagnes majestueuses, elle semblait s'inspirer de cette vue. Ce monde était tellement vaste, et elle n'avait jamais rien vu d'autre qu'Island Bay. Qu'était-elle en ce monde ? Pas grand chose, finalement, n'est-ce pas ? Mais pour son père, elle ressemblait sans doute à l'une de ses montagnes. Une montagne néfaste, pesante, lourde, insurmontable. Il fallait qu'elle change, qu'elle grandisse. Elle conserva le portable dans sa main, mais n'en fit rien. L'idée d'appeler Keny lui passa. Elle se débrouillerait seule, en agissant comme une adulte. Et dans sa tête, le schéma était clair : il fallait qu'elle aille voir un psychologue. Elle avait toujours renié cette science, elle avait toujours rejeté le fait qu'elle en avait besoin, mais aujourd'hui, totalement dépourvue de moyens, qu'avait-elle à perdre à tenter sa chance ? Et puis comme elle travaillait dans la boutique d'Antiquité, Murphy avait un petit d'argent. Pas grand chose, environ 300$ par mois, mais ça pourrait sûrement couvrir les frais de ses séances, pas vrai ? Personne n'en saurait rien, ni son père, ni Keny, ni le peu d'amis qu'elle pouvait avoir à l'heure actuelle. Il fallait qu'elle tourne la page avec ses angoisses, avec son passé, avec ses douleurs qu'elle avait tenté de camoufler. Alors qu'elle réfléchissait à tout cela, le téléphone de son père se mit à vibrer dans sa paume. Surprise, elle regarda l'écran en plissant les yeux. Elle ne savait pas qui c'était, malgré le nom de l'interlocuteur inscrit sur le portable de son père. La jeune femme posa son doigt sur l'écran et décrocha l'appel « Allô ? » lança t-elle peu sûre d'elle. « Je suis sa fille, il... il est occupé pour le moment, je peux lui transmettre un message ? » demanda t-elle poliment. Elle fronça les sourcils, essayant de se concentrer sur ce qu'il disait, puis répondit « d'accord, je lui dirai y'a pas de souci, bonne journée à vous, au revoir » lança t-elle avant de raccrocher. La jeune femme alla très vite dans sa chambre pour chercher de quoi écrire sur ses cahiers de fac pour ne rien oublier. Finalement, elle prit ses cours et les descendit sur la terrasse. Installée sur le transat', ses cahiers et ses livres ouverts, la jeune femme se sentait motivée à travailler un peu pour ses exams. Après tout, ça allait venir vite, et elle n'avait rien de mieux à faire ici. Sans rire, si elle voulait agir comme une adulte, il fallait qu'elle réussisse ses études. Cette matinée avait jouée un rôle important pour Murphy, sans même qu'elle comprenne trop le pourquoi du comment ; c'était comme un élan de motivation, de maturité. Peut-être que ça ne durerait pas ? Peut-être que ce n'était que passager, elle ne pouvait être sûre de rien. La jeune femme se mit donc à relire ses notes, tout en prenant de nouveau des notes sur une autre feuille. En faisant le résumé du résumé, elle parvenait à retenir ses leçons. Finalement, elle entendit que son père venait la retrouver, une bière à la main, une pomme dans l'autre, il se laissa tomber sur le deuxième transat' et croqua dans le fruit défendu avant de demander si son contact l'avait appelé. Toujours un peu ailleurs, pas très expressive donc, elle ne rigola même pas à sa phrase et lança simplement en tirant le papier sur lequel elle avait écrit les informations « si hum... il a dit qu'il t'attendait à son hôtel... Le Chateau Ton...gariro à 20 heures, pour un dîner d'affaire » lança t-elle alors en lui tendant le papier. « Il a dit que si tu préférais à un autre moment, il fallait que tu le rappelles ». Son père étant en contre-jour, elle grimaçait un peu lorsqu'elle levait les yeux vers lui. Et puis très vite, elle récupéra le portable de son père qui s'était retrouvé sous ses livres, pour le lui tendre. Elle ne l'avait pas utilisé, mais elle ne lui ferait pas cette précision. Son père était intelligent, s'il voulait savoir quelque chose, il trouverait le moyen de savoir. Et puis très vite, elle se remit à lire son cours, perdue dans ses pensées. Elle se sentait triste. Déçue d'elle-même, déçue de la situation, déçue par tout ce qu'elle faisait de travers. Elle avait de la peine pour son père, parce qu'elle n'était pas fière d'elle, mais qu'elle se sentait bloquée dans son orgueil. Alors elle étudierait. Et elle fermerait sa gueule. Et elle ferait sa punition.

_________________
you're my only family
Code by Joy
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: ☼ Les Gallagher en vacances   

Revenir en haut Aller en bas
 

☼ Les Gallagher en vacances

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» Brendan Gallagher
» (M) ADAM GALLAGHER
» Vidéo : La signature de Brendan Gallagher
» 16 Janvier
» La grève!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Island Bay ::  :: entire world-